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Charles II (duc de Parme)

Charles-Louis (roi d'Étrurie puis duc de Lucques)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles II.

Charles II de Parme
Charles-Louis de Lucques
Charles-Louis d'Étrurie
Illustration.
Charles II de Parme.
Titre
Duc de Parme et de Plaisance
Charles II

(1 an, 2 mois et 25 jours)
Prédécesseur Marie-Louise d'Autriche
Successeur Charles III
Duc de Lucques
Charles-Louis

(23 ans, 6 mois et 22 jours)
Prédécesseur Marie-Louise de Bourbon
Successeur Suppression du titre
Roi d'Étrurie
Charles-Louis[1]

(4 ans, 6 mois et 13 jours)
Régent Marie-Louise d'Étrurie
Prédécesseur Louis Ier
Successeur Élisa Bonaparte comme grande-duchesse de Toscane
Biographie
Titre complet Duc de Parme et de Plaisance
Duc de Lucques
Roi d'Étrurie
Dynastie Maison de Bourbon-Parme
Nom de naissance Carlo Ludovico Ferdinando di Borbone
Date de naissance
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Nice (France)
Père Louis Ier d'Étrurie
Mère Marie-Louise Ire de Lucques
Conjoint Marie-Thérèse de Savoie
Enfants Louise de Bourbon
Charles III Red crown.png
Héritier Ferdinand-Charles
Religion Catholique

Charles II (duc de Parme) Charles II (duc de Parme)
Duc de Parme et de Plaisance
Roi d'Étrurie
Duc de Lucques

Charles-Louis de Bourbon, prince de Bourbon-Parme et infant d'Espagne, né à Madrid le , mort à Nice le , fut successivement roi d'Étrurie de 1803 à 1807 sous le nom de Charles-Louis[1], duc de Lucques de 1824 à 1847, duc de Parme sous le nom de Charles-Louis[2] puis de Charles II[3] du 17 décembre 1847 au 14 mars 1849 date de son abdication.

Fils aîné de Louis de Bourbon, prince héritier de Parme, et de l'infant Marie-Louise d'Espagne, Charles-Louis de Bourbon assiste au traité secret de San Ildefonso (1er octobre 1800) qui promet la création en Italie d'un État sous dépendance espagnole, le royaume d'Étrurie, en échange de la restitution de la Louisiane par l'Espagne. Le duc de Parme Ferdinand Ier meurt en 1802 et ses possessions sont annexées par la France en dépit de la loi de succession. Son fils, obtient en échange du duché de Parme le nouveau royaume d'Étrurie sous le nom de Louis Ier. Ce dernier meurt en 1803. Charles-Louis est proclamé roi d'Étrurie sous la régence de sa mère Marie-Louise. En 1807, le royaume est annexé par Napoléon Ier.

En 1815, sa mère obtient la souveraineté du duché de Lucques. À sa mort en 1824, Charles-Louis lui succède avant le rétablissement des Bourbons sur le trône de Parme en 1847. Il règne sur les duchés de Parme et de Plaisance jusqu'à son abdication en 1849 en faveur de son fils, Charles III.

FamilleModifier

Article détaillé : Maison de Bourbon-Parme.
 
Charles-Louis de Bourbon, prince héréditaire d'Étrurie.

Né à la cour d'Espagne en 1799, il est le fils de Louis Ier, roi d'Étrurie et de son épouse Marie-Louise de Bourbon, infante d'Espagne. Petit-fils du duc Ferdinand Ier de Parme et de son épouse l'archiduchesse Marie-Amélie, il appartient à la maison de Bourbon-Parme.

Roi d'ÉtrurieModifier

Depuis 1796, le duché de Parme est sous occupation française. En 1801, Napoléon signe un traité d'alliance avec Charles IV d'Espagne, grand-père de Charles-Louis. L'Espagne exige que la famille régnante de Parme soit maintenu sur le trône, mais Napoléon, dominant l'Italie, fonde le royaume d'Étrurie qu'il cède au gendre de Charles IV et héritier du trône de Parme, le prince Louis qui devient le roi Louis Ier. Quant au duché de Parme, il est annexé par la France. Charles-Louis devient donc, en mars 1801, l'héritier du nouveau royaume d'Étrurie. Élevé par sa mère la reine Marie-Louise, il passe son enfance à Florence avec sa sœur la princesse Marie-Louise.

Lorsque le roi Louis Ier meurt, en 1803 à l'âge de 29, sa femme Marie-Louise d'Étrurie (fille du roi d'Espagne Charles IV) assure la régence pour son fils Charles-Louis[1].

Cependant, en 1807, Napoléon Ier annexe le royaume d'Étrurie à l'Empire français, le transformant en trois départements français (Arno, Méditerranée et Ombrone). Si Élisa Bonaparte reçoit le titre de « grande-duchesse de Toscane », il ne s'agit que d'un simple commandement sur ces trois départements français.

Le roi et sa mère doivent recevoir en échange, selon les termes du traité de Fontainebleau signé en 1807 par la France et l'Espagne, le nord du Portugal, récemment conquis, mais, en 1808, la brouille entre Napoléon Ier et les Bourbon régnant en Espagne interrompt le processus.

Lorsqu'en 1814, par le congrès de Vienne, la Toscane est reconstituée et rendue aux grands-ducs de Habsbourg-Lorraine, les Bourbon-Parme sont dédommagés par l'attribution du duché de Lucques : il est entendu qu'ils récupèrent le duché de Parme et Plaisance donné en « viager » (Napoléon II a été finalement exclu de cette succession) à l'impératrice Marie-Louise d'Autriche à la mort de cette dernière et que le duché de Lucques sera alors annexé par le grand-duché de Toscane.

Duché de LucquesModifier

 
La duchesse de Lucques Marie-Louise, avec ses deux enfants.

Après la chute de Napoléon, l'Europe est réorganisée par le Congrès de Vienne. Marie-Louise réclame alors le duché de Parme qui revient de droit à son fils. Mais c'est l'archiduchesse et impératrice Marie-Louise d'Autriche, qui obtient grâce au soutien de Vienne, le trône de Parme. Lorsque celle-ci accède au trône, elle prête serment et accepte les conditions du congrès qui l'oblige, à sa mort, à rendre Parme aux Bourbon-Parme. Pour la dédommager de Parme, le congrès attribue à l'ancienne reine d'Étrurie le minuscule duché de Lucques. Elle s'y installe avec ses deux enfants et achève leur éducation. À la mort de celle-ci en 1824 à l'âge de 41 ans, son fils l'ex-roi Charles-Louis[1] devient duc de Lucques, toujours sous le nom de Charles-Louis. Pendant plus de 20 ans, il gouverne ce petit État avec sérieux. Proche de ses sujets, il n'oublie cependant pas le trône de Parme, dont il est l'héritier légitime et en droit.

MariageModifier

Le 15 août 1820, il épouse Marie-Thérèse de Savoie, fille du roi Victor-Emmanuel de Sardaigne. De cette union naissent Louise de Bourbon (1821-1823), princesse de Lucques et Ferdinand-Charles de Bourbon (1823-1854), prince héréditaire de Lucques puis de Parme, qui deviendra plus tard, Charles III.

Duc de Parme et de PlaisanceModifier

Retour des BourbonsModifier

 
Le duc Charles II dans son habit de l'ordre de Santiago.

À la mort de Marie-Louise, le duché repasse à la Maison de Bourbon-Parme, conformément au traité de Paris. Le chef de la famille est alors Charles-Louis, fils de l'ancien roi Louis Ier d'Étrurie, duc de Lucques depuis 1824. Cependant, la situation n'est pas aussi simple : le baron Philipp von Neumann, conseiller de l'empereur mandaté de Vienne à Parme, rapporte à Metternich qu'à la mort de la duchesse, les libéraux auraient tenté une insurrection. Le comte Cantelli, podestat de Parme, est destitué car il a cherché à créer un gouvernement provisoire avant l'arrivée du nouveau duc[4].

Le 31 décembre 1847, Bombelles annonce à Metternich l'arrivée incognito du nouveau duc, qui prend le nom de Charles II, et de son fils. Charles II se montre faible et vil, créant un climat de suspicion et de méfiance : il promet à Vienne de s'opposer aux libéraux et à ceux-ci une constitution qu'il n'accorde finalement pas[4]. Dès 1844, alors que Marie-Louise est encore duchesse, par le traité secret de Florence, il négocie la cession de Guastalla au duc de Modène. Il obtient en retour une grosse somme d'argent et Pontremoli du grand-duché de Toscane[5]. La cession intervient en janvier 1848[6].

Au début de l'année 1848, la nouvelle d'une insurrection à Milan enflamme Parme, et la révolte éclate le 20 mars 1848. Les habitants se rassemblent en armes et avec des cocardes tricolores. Un coup de feu déclenche l'insurrection qui provoque des morts et des blessés. Le fils du duc entame une action répressive tandis que Charles II, inquiet des proportions que prend la rébellion, ordonne le cessez-le-feu et en appelle « aux bons citoyens afin d'attendre les bonnes résolutions de leur Père et Souverain[7] », promettant une constitution[8],[9].

Révoltes et abdicationModifier

Cette révolte populaire contraint Charles II à repousser le traité d'alliance défensif avec l'Autriche et à s'allier avec Léopold II de Toscane, Pie IX et Charles-Albert de Sardaigne, qui sont alors engagés dans la première guerre d'indépendance italienne. Il se ravise et abdique en avril, nommant une régence composée de libéraux chargés de rédiger une constitution : les comtes Giromola Cantelli et Luigi Sanvitale, les avocats Ferdinando Maestri et Pietri Gioia, et le professeur Pietro Pellegrini[10],[11]. Charles II décide alors de quitter le duché : il se réfugie à Weistropp, en Saxe, le 8 avril[12]. Le prince héritier, que son père a nommé major général, a fui pour se rendre auprès de Charles-Albert, mais celui-ci le fait emprisonner à Crémone et le retient pendant plusieurs mois à Milan[13].

 
Le duc Charles II de Parme vers 1850.

La flambée unitaire qui parcourt la péninsule, accompagnée des victoires piémontaises, incite les États centraux à l'unification : Plaisance et Parme demandent l'annexion au royaume de Sardaigne à l'issue de plébiscites les 10 mai et 17 mai 1848 respectivement. Le 16 juin, le commissaire sarde prend possession du duché[11]. Cependant, en raison de la défaite des Piémontais, qui ne sont pas en mesure de vaincre les troupes autrichiennes, et de leur reddition le 9 août, celles-ci sont de nouveau aux portes de Parme. Le 18 août, le maréchal comte de Thurn[14] crée un gouvernement provisoire militaire que Charles II approuve depuis son exil saxon. Gian Battista Niccolosi prend l'Intérieur et la Justice et Antonio Lomnardini les Finances et les Travaux publics. Toutes les lois votées par le gouvernement provisoire sont révoquées. La coexistence entre les troupes d'occupation et la population devient très difficile, au point que l'état de siège est proclamé et des mesures très sévères prises, telles que la condamnation à mort pour ceux qui seraient trouvés en possession d'armes[15]. Avec la reprise du conflit, les Autrichiens quittent le duché pour livrer bataille et, après la désastreuse défaite piémontaise de Novare qui scelle définitivement le sort de la guerre, les Autrichiens, de retour, replacent sur le trône Charles II tandis que le général Constantin d'Aspre, à la demande du feld-maréchal Joseph Radetzky, devient gouverneur civil et militaire de Parme[16]. Le 14 mars 1849, Charles II abdique définitivement en faveur de son fils Ferdinand-Charles qui, depuis Londres, accepte une commission assurant les pouvoirs administratifs et exécutifs jusqu'à son arrivée[17].

Fin de vieModifier

Après son abdication, Charles II s'éloigne de Parme avant de s'exiler en France après l'avènement du Second Empire de Napoléon III. Apprenant l'assassinat de son fils en 1854, il revient dans le duché afin de soutenir sa belle-fille, la régente Louise d'Artois, et son jeune petit-fils, Robert Ier. Après la chute définitive de la monarchie en 1859, il s'exile de nouveau en France, à Nice, où il meurt le 16 avril 1883.

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d (it) Édit royal du 28 mai 1807. « Le deuxième roi d'Étrurie fut Charles-Louis et non pas Louis II » : Hervé Pinoteau et Patrick Van Kerrebrouck, Clefs pour une somme, La Roche-Rigault, PSR éditions, , 294 p. (ISBN 2-908571-61-7), p. 90.
  2. https://books.google.fr/books?id=LRQYAAAAYAAJ&pg=PA62
  3. https://books.google.fr/books?id=LRQYAAAAYAAJ&pg=PA63
  4. a et b Marchi 1988, p. 243
  5. Lopresti 1999, p. 134
  6. (it) « Guastalla » (consulté le 9 mars 2013)
  7. Marchi 1988, p. 246
  8. Marchi 1988, p. 247
  9. (it)« Basi di una costitizione per il Ducato di Parma (1848) » (consulté le 9 juin 2012)
  10. Marchi 1988, p. 248
  11. a et b Lopresti 1999, p. 135
  12. Stella 1988, p. 367
  13. Marchi 1988, p. 252
  14. (en)« Italian states to 1861 » (consulté le 8 juin 2012)
  15. Marchi 1988, p. 253
  16. Marchi 1988, p. 254
  17. Marchi 1988, p. 259

Voir aussiModifier