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C. F. Andrews

missionnaire anglican britannique
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C. F. Andrews
C.F. Andrews, Anglican priest.JPG
Le buste de C.F. Andrews sur sa tombe, au cimetière chrétien de Calcutta
Biographie
Naissance
Décès
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CalcuttaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Prêtre anglican, missionnaire, réformateur socialVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion

Charles Freer Andrews (ou simplement C.F. Andrews), né le 12 février 1871 à Newcastle-upon-Tyne (Angleterre) et décédé le 5 avril 1940 à Calcutta (Inde) était un missionnaire anglican britannique. Pédagogue et réformateur social il fut un ami proche du Mahatma Gandhi et s’identifia complètement avec la cause pour l’indépendance de l’Inde. Jouant sur les lettres de son nom [CFA] le mahatma Gandhi l’appelait familièrement ‘Christ's Faithful Apostle’.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Né le 12 février 1871 C.F. Andrews appartient à une famille d’ancienne tradition catholique. Son père était ministre religieux de l’Église catholique apostolique’ - une communauté catholique dissidente du début du XIXe siècle -, à Birmingham. Malgré de grosses difficultés financières rencontrées par la famille, Andrews fait de bonnes études à la King Edward's School de Birmingham, qu’il poursuit à Pembroke College (Cambridge). Durant ses études il s’éloigne de la religion catholique et est ordonné prêtre dans la tradition anglicane. Il est diacre en 1896 et prêtre en 1897. Il est alors nommé vice-principal de ‘Westcott House Theological College’ in Cambridge.

Attentif aux questions sociales Andrews y réfléchit à la lumière de l’Évangile. Cela le conduit a un engagement prononcé. Il sympathise avec les luttes socio-économiques des populations sous domination coloniale britannique.

Enseignement et engagement socialModifier

En 1904 il se joint à la ‘Mission de Cambridge’ de Delhi (Inde) où il enseigne la philosophie au St Stephen’s College. Il y œuvre à une meilleure compréhension entre européens et indiens. Mais il est surtout choqué par le comportement raciste de nombreuses autorités du Raj britannique. Surnommé par ses étudiants Deenabandhu (‘ami des pauvres’) il commence alors à donner son soutien aux aspirations politiques de la population indienne. Il exprime une première fois ses sentiments dans une lettre de 1906 publiée dans le ‘Civil and Military Gazette’ et s’affilie au Congrès national indien (‘Indian National Congress’) Son intervention et sympathique attitude contribuent à mettre fin à la grève des travailleur du coton à Madras, en 1913. En 1913 il est professeur au collège fondé par Tagore à Shantiniketan.

En Afrique du SudModifier

Connu pour son intelligence, sa rectitude morale et ses vues sociales réformistes il est invité par Gopal Krishna Gokhale, leader politique indien de renom, à visiter l’Afrique du Sud pour y guider la communauté indienne locale dans ses conflits avec les autorités anglaises. Il y rencontre un jeune avocat gujarati, Mohandas Karamchand Gandhi, qui y organise le Congrès indien du Natal en vue de lutter contre les discriminations raciales dont les indiens sont victimes. Andrews est impressionné par la personnalité de Gandhi et sa connaissance des valeurs chrétiennes. Il est conquis par sa méthode non-violente (‘ahimsa’) inspirée en partie de l’anarchisme chrétien de Léon Tolstoi. Comme le lui ont demandé les dirigeants du Congrès indien, il convainc Gandhi à rentrer avec lui en Inde (1915).

Toute sa vie Andrews sera un ami intime et proche collaborateur de Gandhi, même s’il était parfois en désaccord avec lui[1]

Aux îles FidjiModifier

Lorsque des missionnaires chrétiens à Fidji informent les autorités du Raj britannique des conditions déplorables dans lesquelles les travailleurs indiens doivent y travailler, le gouvernement envoie, en septembre 1915, Andrews et Pearson pour enquêter. Ceux-ci visitent de nombreuses plantations, interviewant les travailleurs, administrateurs et autorités gouvernementales. À leur retour en Inde ils contactent même les travailleurs qui en sont revenus. Le rapport, très complet, présenté par Andrews et Pearson - "Report on Indentured Labour in Fiji" – soulignent les abus du système réduisant en servitude les travailleurs indiens. En 1917 Andrews fait une seconde visite aux îles Fidji et ne constate que peu d’amélioration. À la suite de quoi il appelle à interdire les contrats d’indenture’ qui ne sont que servage déguisé. Il obtient gain de cause: ce type de travail est formellement aboli en 1920.

En Inde britanniqueModifier

En 1925 Andrews est élu président du ‘All India Trade Union’. Il est réélu en 1927. Concurremment il est engagé dans un dialogue entre Hindous et Chrétiens. À Shantiniketan il visite fréquemment le poète et philosophe Rabindranath Tagore. Il soutient vigoureusement le mouvement visant à bannir tout concept d’intouchabilité’ et ses conséquences de discrimination sociale. Ainsi, en 1925 il prend part au célèbre ‘satyagraha’ de Vaikom (au Kérala) et en 1933 aide B.R. Ambedkar à formuler les revendications des dalits.

En 1931 il accompagne à Londres le mahatma Gandhi invité à la seconde ‘Round Table Conference’, l’assistant dans les négociations avec le gouvernement anglais sur les questions d’autonomie et de dévolution de pouvoir en Inde.

En 1936, alors qu’il est en visite en Australie et Nouvelle-Zélande Andrews est invité à repasser par Fidji. Les travailleurs indiens et leurs descendants souhaitent de nouveau son aide pour surmonter un nouveau type de servitude: ils sont liés à la ‘Colonial Sugar Refining Company’ qui contrôle tous les aspects de leur vie. Le pasteur se réjouit cependant de ce que les conditions de vie et de travail des Indiens fidjiiens se sont fort améliorées. Il leur rappelle que Fidji appartient aux Fidjiens et qu’eux-mêmes sont là comme ‘invités’.

DistanciationModifier

C’est à cette époque, la seconde moitié des années 1930, que le mahatma Gandhi lui suggère qu’il valait mieux laisser la lutte pour l’indépendance aux Indiens eux-mêmes. Andrews accepte cette distanciation et, à partir de 1935, se trouve plus fréquemment en Angleterre où il donne cours et conférences aux jeunes sur l’appel radical du Christ à le suivre. Gandhi qui avait une très haute estime pour le pasteur anglican, lui donna le surnom affectueux de ‘Christ’s Faithful Apostle’ [CFA]. Andrews était un des amis les plus proches du Mahatma, et peut-être le seul à l’appeler par son prénom ‘Mohan’.

Charles F. Andrews meurt lors d’une visite à Calcutta, le 5 avril 1940. Il est enterré dans le cimetière chrétien (‘Christian burial ground’) de Lower Circular Rd, à Calcutta.

ÉcritsModifier

  • The Relation of Christianity to the Conflict between Capital and Labour, 1896.
  • The Renaissance in India: its Missionary Aspect, 1912.
  • Christ and Labour, 1923.
  • What I owe to Christ, 1932.
  • The Sermon on the Mount, 1942.
  • Mahatma Gandhi His Life and Works, 1930 (republié en 2007).

Souvenir et reconnaissance publiqueModifier

BibliographieModifier

  • D. O'Connor: Gospel, raj and swaraj: the missionary years of C. F. Andrews 1904-14, 1990.
  • H. Tinker: The Ordeal of Love: C. F. Andrews and India, 1979.
  • Deenabhandu Andrews Centenary Committee: Centenary Volume C. F. Andrews 1871-1971, 1972.
  • P. C. Roy Chaudhuri: C. F. Andrews his life and times, 1971.
  • K. L. Seshagiri Rao: Mahatma Gandhi and C. F. Andrews: a study in Hindu-Christian dialogue, 1969.
  • J. S. Hoyland: The Man India Loved: C. F. Andrews, 1944.
  • N. Macnicol: C. F. Andrews, Friend of India, 1944.
  • J. S. Hoyland: C. F. Andrews, minister of reconciliation, London, Allenson, 1940.
  • David McI. Gracie: Gandhi and Charlie: The story of a Friendship, 1989.

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Ainsi lorsque Gandhi encourage le recrutement de combattants indiens par l’armée anglaise, durant la Première Guerre mondiale