Charles Cornic

corsaire, lieutenant de frégate "bleu"

Charles Cornic du Chesne, né le à Morlaix, paroisse Saint-Martin dans le Finistère et mort le dans la même ville[1], était un marin français du XVIIIe siècle, qui fut corsaire et amiral pendant la Révolution.

Charles Cornic
P1270559 Paul Fortin Cornic.jpg
Paul Fortin : Portrait de Cornic (huile sur toile, musée des beaux-arts de Morlaix)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
MorlaixVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Officier de marine, corsaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Autres informations
Propriétaire de
Maison Cornic (d), maison Le Clique (d), manoir de Suscinio (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Grade militaire
Conflits

BiographieModifier

 
Buste de Charles Cornic à Morlaix.
 
Le château de Suscinio, maison acquise en fin de XVIIIe siècle par Charles Cornic, façade sud
 
Le château, façade nord

Né en 1731 à Morlaix et fils d'un armateur navigant (famille originaire de l'Île de Bréhat), il est mousse sur les bateaux de son père, notamment sur La Comtesse de La Marck en 1745 commandé par le corsaire morlaisien Nicolas Anthon, et fait la pêche à Terre-Neuve. Il est mort à Morlaix en 1809.

Corsaire pendant la guerre de Succession d'AutricheModifier

Sur le corsaire La Paix, il est fait prisonnier le et n'est libéré qu'en . Après la fin de la guerre, il navigue de nouveau vers Terre-Neuve sur l'Amable Reine (1751) et sur la Providence (1754).

Corsaire pendant la Guerre de Sept AnsModifier

Entre 1756 et 1763, mobilisé dans la Marine royale comme pilotin sur l'Opiniâtre à destination de Québec en 1755, il commande ensuite le corsaire l'Agathe, un navire mis au rebut et dont il parvint à faire un excellent voilier, et reçoit le grade de lieutenant de frégate pour avoir forcé le blocus britannique et amené à Brest du chanvre de Hollande. En 1757, il prend le commandement de la corvette de 12 canons La Cigogne, puis, nommé capitaine de frégate, l'année suivante celui de la frégate de 30 canons La Félicité et combat plusieurs vaisseaux anglais au large de Brest, coulant le Rumbler, luttant corps à corps avec la Tamise et combattant aussi l'Alcide. Bien que son navire soit mal en point, il refusa de se rendre, parvint à gagner l'Île de Molène où il répara ses avaries les plus graves avant de regagner Brest le [2]. Il reçoit le grade de capitaine de brûlot.

À la paix, il retourne au commerce et commande différents bâtiments à destination de Lisbonne, de Cadix et de Saint-Domingue.

Guerre d'Indépendance américaineModifier

Pendant la guerre d'Amérique, il commande successivement plusieurs petits bâtiments de la Royale (le Serin) ou corsaires (le Jeune Henri). A la paix, il sert à l'inscription maritime à Morlaix puis Tréguier et se consacre surtout à relever les plans des rades et des côtes de Bréhat à Roscoff.

Amiral pendant la RévolutionModifier

(Paragraphe non fiable à corriger avec des pincettes, il y a une grosse confusion entre la vie de Charles Cornic dit Duchesne et son cousin germain Pierre-François Cornic-Dumoulin qui lui était l'amiral en question dans ce paragraphe.)

Au début de la Révolution, il se rallie aux idées nouvelles et assume des fonctions politiques et maritimes à Morlaix. Il est rappelé dans la marine de l'État le comme capitaine de vaisseau. Dès , il est nommé contre-amiral par Jeanbon Saint André. Lui est alors confiée la petite escadre formée à Saint-Malo en vue d'une attaque sur Jersey (qui n'eut pas lieu)[3] puis destinée à rejoindre l'escadre de Villaret-Joyeuse lors de la campagne de Prairial An II; il ne quitta pas le port en raison du blocus exercé par la Royal Navy[4].

Commandant les forces navales de la Manche en 1795, il est nommé vice-amiral en octobre. Le considérant comme douteux, le Directoire toutefois annule sa promotion et le suspend pour « incivisme » le . Il est mis en retraite peu après et se retire au manoir de Suscinio en Ploujean. Il meurt, en 1809, quai du Finistère à Morlaix.

Notes et référencesModifier

  1. (certains auteurs, comme Georges Six, le font naître et mourir dans l'Île-de-Bréhat (très proche) mais il semble que ce soit erroné ; sa naissance est revendiquée haut et fort par la commune de Ploujean, sur le continent
  2. Dr Hoeffer, "Nouvelle biographie générale : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours", 1854-1866; consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62923032/f453.image.r=Molene.langFR
  3. SHD Mar BB4 / 33
  4. Villaret et Jeanbon Saint André semblent avoir fortement douté de sa volonté réelle de les rejoindre; ils se vengeront en révoquant son fils, lieutenant de vaisseau commandant la frégate la Seine dans l'escadre de Brest, au retour de la campagne pour indiscipline et pour s'être livré à la guerre de course au lieu de servir d'éclaireur à la flotte, ce qui était sa mission principale (cf. Georges Bordonove: Les Marins de l'An II)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Georges Bordonove, Les Marins de l'an II, éditions Robert Laffont, Paris 1974
  • Oscar Havard, Histoire de la Révolution dans les ports de guerre, Nouvelle Librairie Nationale, Paris 1913
  • Georges Six, Dictionnaire Biographique des Généraux et Amiraux Français de la Révolution et de l'Empire, Librairie Historique et Nobiliaire, Georges Saffroy Editeur, Paris 1934
  • Histoire de Charles Cornic, par Charles Alexandre, 1848 (Vr Guilmer, Imprimeur à Morlaix), rééditée par A. Le Goaziou, imprimeur-relieur à Morlaix en 1897, à l'occasion de l'inauguration de la statue de Charles Cornic-Duchêne à Morlaix (12.09.97)
  • Olivier Levasseur, Charles Cornic (1731-1809) - Un mythe corsaire, éditions Apogée, 2003
  • Thierry François et Albert Laot, « Évocation de la famille de Joaquim Prudhomme : Charles Cornic », Le Lien, Centre généalogique du Finistère, no 119,‎ , p. 55
  • Gilbert Buti, Philippe Hrodej (dir.), Dictionnaire des corsaires et pirates, CNRS éditions, 2013

Liens externesModifier