Charles Beigbeder

chef d'entreprise et homme politique français

Charles Beigbeder, né le à Neuilly-sur-Seine, est un entrepreneur, investisseur et homme politique français.

Charles Beigbeder
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Charles Beigbeder en 2009.
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Charles Beigbeder
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Il a fondé cinq entreprises : le courtier en ligne Selftrade, le fournisseur d'électricité et de gaz Poweo, le producteur agricole AgroGeneration, la société de réservation de loisirs Happytime et la société financière Audacia, qui gère notamment le fonds immobilier de co-living[Quoi ?], Élévation, et le fonds de capital risque Quantonation, dédiée aux technologies quantiques. En 2018, il a aussi créé l’entreprise de mode Bourrienne Paris X.

BiographieModifier

Charles Beigbeder naît dans une famille catholique d'origine béarnaise. Sa mère, Christine de Chasteigner de La Rocheposay, est traductrice (elle traduit entre autres les romans de Barbara Cartland) et son père, Jean-Michel Beigbeder, est recruteur (« chasseur de têtes »).

Il effectue ses études au lycée Montaigne puis au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il entre en mathématiques supérieures en 1982 puis il intègre l'École centrale Paris en 1985[1]. Il en obtient le diplôme d'ingénieur (option Air Espace) en 1988[2].

Il commence sa carrière chez Matra Marconi Space.

À partir de 1990, il entame une carrière dans l'investissement financier :

Profitant de l'engouement pour Internet, il fonde Selftrade, site de courtage en ligne. En 2000, il cède l'entreprise à DAB Bank et la quitte en 2002. Actuellement, Selftrade est la propriété du groupe Boursorama.

En juin 2002, avec la fin du monopole d'EDF en France, il lance l'opérateur d'électricité Poweo. Le premier point de livraison (pdl) d'un client particulier hors du monopole traditionnel EDF est fourni par Poweo le . Deux centrales à gaz — CCGT — d'une capacité de 420 MW chacune seront édifiées par Poweo, l'une située à Pont-sur-Sambre, l'autre à Toul (aujourd'hui propriétés du groupe Total). Il cède ses actions à Verbund en 2009[3].

En 2007, il crée Audacia, dont l'objet est d'apporter des fonds propres non dilutifs aux entrepreneurs. Il a aussi créé cette même année AgroGeneration qui remet en culture des terres en friches dans d'anciens kolkhozes ukrainiens[4]. En mai 2013, il en cède le contrôle à son concurrent Harmelia lors d'une fusion[5].

Il a également fondé la société de coffrets cadeaux Happytime, dont la liquidation judiciaire a été prononcée par jugement du tribunal de commerce de Paris, le .

Au travers de sa holding personnel, Gravitation, il détient aussi des participations minoritaires dans une quinzaine d'autres sociétés, dont la société de biotechnologie Pharnext et le constructeur de véhicules autonomes Navya, tous deux cotés en bourse sur Euronext, mais aussi la société de transport par autocar Starshipper, créée dans la foulée de la loi Macron, ou le site d'informations Atlantico.

En 2014, il fait partie des seize actionnaires qui reprennent le club Castel de la rue Princesse de Saint-Germain-des-Prés.[6]

DistinctionModifier

Nicolas Sarkozy l'a nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Engagement syndical et politiqueModifier

Charles Beigbeder s'est également investi dans le syndicalisme patronal. De juin 2004 à juillet 2005, il préside l'association CroissancePlus, regroupement des entreprises à forte croissance. Il en est par la suite vice-président, puis devient membre de son comité directeur[7].

En 2005, il se porte candidat à la présidence du MEDEF. Son programme est d'inviter le pouvoir politique à une réforme du Code du travail, pour déréglementer les embauches et faciliter les licenciements, tout en modifiant les coûts salariaux (augmentation des salaires si baisse des cotisations sociales).

Il était membre du conseil de surveillance de l'Institut Aspen France en 2008[8].

Il a été membre du Parti radical de Jean-Louis Borloo, parti associé et membre fondateur de l'UMP. Il est secrétaire national de l'UMP, chargé de la « pédagogie de la réforme », proche de Jean-François Copé. En janvier 2011, il est nommé par la ministre des Sports Chantal Jouanno pour prendre la présidence de la candidature de la ville d'Annecy pour les Jeux olympiques d'hiver de 2018. Cette candidature échouera six mois plus tard[9] avec le choix de Pyeongchang (Corée du Sud) par 65 voix, contre 25 pour Munich et 7 pour Annecy.

En janvier 2012, Charles Beigbeder se déclare candidat investi par l'UMP à la députation dans la 8e circonscription de Paris lors des élections législatives de juin 2012, face notamment à Sandrine Mazetier, la député sortante, qui obtient au second tour 61,51 % contre 38,49 % des suffrages exprimés sur son nom[10].

En 2012, il soutient Jean-François Copé pour la présidence de l'UMP face à François Fillon[11].

Dans la course à la mairie de Paris, il entre en dissidence le en lançant une liste concurrente de celle de Nathalie Kosciusko-Morizet[12]. Cela lui vaut d'être exclu de l'UMP. Il fonde alors le mouvement « Paris libéré » et présente vingt listes pour les municipales à Paris[13]. Se présentant lui-même dans le 8e arrondissement, il parvient à accéder au second tour mais n'est pas élu conseiller de Paris, devenant toutefois conseiller d'arrondissement.

En mars 2015, il cofonde le collectif « Phénix », un think-tank libéral-conservateur, avec l'ancien ministre de la Défense Charles Millon, une porte-parole de la Marche pour la Vie, Julie Graziani, et une ex-responsable de La Manif pour tous à Lyon, Anne Lorne.
Ils entendent pouvoir proposer au candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017 un programme « clef en main »[14]. Ce think-tank se fond ensuite dans une nouvelle structure, L'Avant-Garde.

En juillet 2015, il affirme : « je n'hésiterais pas une seconde et n'aurais aucun état d'âme à soutenir le FN », au sujet de l'élection présidentielle de 2017[15]. Il précise par la suite ses propos et affirme vouloir soutenir le candidat du parti Les Républicains qui sortira vainqueur de la primaire en 2016[16].

En mai 2016, dans un entretien au journal Le Figaro, il se déclare héritier de la pensée d'Edmund Burke[17]. Il participe à un colloque organisé par le maire de Béziers Robert Ménard appelé « Oz ta droite » visant à l'« union des droites »[18].

Fin 2016, Charles Beigbeder signe et appelle à signer la pétition Vos couleurs. Cette pétition vise à rassembler une « droite hors les murs »[19].

Depuis 2018, il préside un Think Tank conservateur, la Fondation du Pont-Neuf, dont l'universitaire Frédéric Rouvillois est le délégué général.

Courant 2018, l'entrepreneur aurait aidé Marion Maréchal à lever des fonds pour financer l'ISSEP[20]. Il affirme par ailleurs dans Challenges qu'il connait Marion Maréchal et qu'il apprécie sa qualité d'analyse[21].

Participation dans les médiasModifier

En 2011, il est membre de la holding d'investisseurs Free Minds, parmi lesquels figurent Xavier Niel, Marc Simoncini (fondateur de Meetic), et Arnaud Dassier (fondateur de l'agence de communication L'Enchanteur des médias, qui a animé la campagne de Nicolas Sarkozy sur le Web en 2007), holding qui a contribué au financement du site d'actualités Atlantico[22].

En septembre 2017, il participe à la fondation du magazine conservateur L'Incorrect, dont il devient actionnaire minoritaire derrière Laurent Meeschaert[23]. Ce magazine mensuel, créé après le retrait de la vie politique de Marion Maréchal, prolonge l'objectif de cette dernière visant à créer un pont entre Les Républicains et le Rassemblement national. Il est souvent décrit comme conservateur. Il donne la parole dans son premier numéro à Damien Rieu de Génération identitaire, un ancien mouvement politique décrit par Laurent de Boissieu comme hostile à une société multiculturelle[24],[25],[26],[27].

Vie privéeModifier

Charles Beigbeder est marié et il a trois filles. Il est le frère de l'écrivain et cinéaste Frédéric Beigbeder.

Catholique pratiquant[28]et décrit comme un défenseur des « racines chrétiennes » de la France[29], il est membre de l'Académie catholique de France[30] et de l'Opus Dei[31].

Il possède un chalet dans la station de ski de Megève, l'hôtel de Bourrienne ainsi qu'une maison dans le 16e arrondissement de Paris dans le quartier de Passy[32].

OuvragesModifier

  • La crise de l’énergie est-elle une chance pour l’avenir ? JC Lattès, 2008
  • Énergie positive, Les éditions du Toucan, 2008
  • Puisque c’est impossible, faisons-le, JC Lattès, 2012
  • Merci Patrons ! créer son entreprise, c’est créer des emplois, Librio, 2015.
  • Charnellement de France, en collaboration avec Benoît Dumoulin, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2016.

PrixModifier

  • Prix Renaissance de l'économie 2018.

RéférencesModifier

  1. « Tu parles Charles Beigbeder ! », sur revuecharles.fr (consulté le 22 mars 2018)
  2. « Association des Centraliens », sur association.centraliens.net (consulté le 22 mars 2018)
  3. Armelle Bohineust, « Charles Beigbeder passe le relais chez Poweo », Le Figaro, 3 juin 2009.
  4. Jean-Luc Porquet, « Le blé qui rapporte du blé », Le Canard enchaîné, 7 juillet 2010.
  5. Voir lemonde.fr.
  6. « Le nouveau Castel, la soif de vivre », sur LEFIGARO (consulté le 20 janvier 2021)
  7. Croissance Plus - Présentation
  8. Voir sur aspenfrance.org.
  9. « Pas de siège pour Beigbeder », Le Point, 7 juillet 2011.
  10. Résultats de la 8e circonscription de Paris lors des élections législatives françaises de 2012, Ministère de l'Intérieur, le 18 juin 2012.
  11. Entretien choc avec Charles Beigbeder, Contrepoints.
  12. Municipales à Paris: Charles Beigbeder constitue une liste dissidente de droite , L'Express.fr, le .
  13. AFP, « Municipales 2014 : Charles Beigbeder présente 20 listes à Paris », sur Les Échos.fr, (consulté le 2 février 2014).
  14. Eugénie Bastié, « Charles Millon et Charles Beigbeder lancent un "Terra Nova de droite" », lefigaro.fr, 12 mars 2015.
  15. Voir sur Europe 1, 29 juillet 2015.
  16. « Je veux rester fidèle à mes convictions - Charles Beigbeder », sur Charles Beigbeder, (consulté le 26 mai 2016)
  17. Le Figaro,
  18. Matthieu Goar et Olivier Faye, « La droite identitaire en colloque à Béziers », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 septembre 2017)
  19. Vos Couleurs, « Charles Beigbeder a signé l'appel "Voscouleurs" ! », (consulté le 12 octobre 2016)
  20. « Charles Beigbeder: "pourquoi je soutiens l'école de Marion Maréchal" », sur Challenges (consulté le 2 novembre 2020)
  21. « Charles Beigbeder: "pourquoi je soutiens l'école de Marion Maréchal" », sur Challenges (consulté le 20 janvier 2021)
  22. « Atlantico, nouveau site d'information, refuse l'étiquette "de droite" », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 janvier 2021)
  23. « «L'Incorrect», nouveau mensuel à droite toute », sur FIGARO, (consulté le 10 septembre 2017)
  24. « L’Incorrect, un nouveau magazine entre droite et extrême droite », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 20 janvier 2021)
  25. « "L'Incorrect", un nouveau média pour rassembler les droites », sur France Culture, (consulté le 15 février 2021)
  26. « "L'Incorrect", un nouveau mensuel qui veut faire la passerelle entre les droites », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 février 2021)
  27. Louis Hausalter, « Les nostalgiques de Marion Maréchal-Le Pen lancent le mensuel "L’Incorrect" », sur www.marianne.net, (consulté le 15 février 2021)
  28. Charles Beigbeder, l’ultra-convervateur, ultra-libéral, ultra-ambitieux
  29. « La croisade de Charles Beigbeder », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 20 janvier 2021)
  30. [1]
  31. Bruno Jeudy, « Le livre de la semaine : "Opus Dei. Confidences inédites" », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le 23 septembre 2020).
  32. Nathalie Raulin, « Charles Beigbeder, pari sur lui-même », sur Libération (consulté le 19 mars 2021)

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