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Chapelle Brancacci

chapelle dans Santa Maria del Carmine à Florence
Chapelle Brancacci
Cappella brancacci 03.JPG
Présentation
Type
Construction
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire
Felice Brancacci (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sites web
Localisation
Adresse
Arrondissement 1 - Centre historique de Florence (d)
Flag of Italy.svg Italie
Coordonnées

Vue intérieure de la chapelle Brancacci.

La chapelle Brancacci se situe à l'extrémité du transept droit de l'église Santa Maria del Carmine de Florence (quartier de l'Oltrarno). Elle a été fondée en 1386 par le riche drapier Piero di Piuvichese Brancacci pour honorer l'apôtre Pierre, son saint patron.

En 1424, son neveu Felice di Michele Brancacci[1] commanda à Masolino da Panicale la décoration peinte de la chapelle.

La révélation de peintresModifier

Masolino commença son travail en 1424 mais il vécut trois ans à Budapest, où il fut peintre à la cour. À son retour en 1427, il continua le cycle des peintures en collaboration avec son élève Masaccio. Une nouvelle interruption du travail intervint en 1428 : tous deux partirent pour Rome afin d'honorer une commande papale mais Masaccio y mourut mystérieusement.

En 1434, Felice Brancacci fut banni de Florence. En 1454, un panneau du XIIIe siècle, la Madonna del Popolo, fut placé à l'intérieur de la chapelle Brancacci. Pour l'installer sous la fenêtre, on n'hésita pas à détruire une fresque située à cet endroit. La chapelle, jusqu'alors dédiée à saint Pierre, fut désormais consacrée à la Madonna del Popolo.

Filippino Lippi termina le cycle de peintures entre 1480 et 1485, il fut chargé d'effacer et de repeindre de nouveaux portraits par-dessus les portraits de la famille Brancacci, désormais bannie, insérés dans les fresques.

Le lieu est célèbre grâce aux innovations du jeune Masaccio, qui n'hésita pas à représenter la souffrance exacerbée sur le visage d'Ève chassée du Paradis avec Adam. Selon Vasari, la plupart des grands peintres et sculpteurs de la Renaissance florentine sont venus y étudier les innovations de Masaccio[2]. Par la suite, des branches d'olivier furent peintes sur la nudité d'Adam et d'Ève. Restaurée entre 1984 et 1988, la composition retrouva son aspect d'origine. Elle est remarquable notamment par le brio de son clair-obscur et l'application des lois de la perspective, découvertes par Filippo Brunelleschi.

La chapelle aux XVIIe et XVIIIe sièclesModifier

Dans les années 1670, l'engouement pour la sculpture fit installer une balustrade de marbre et un nouvel autel pour accueillir la Madonna del Popolo. Entre 1746 et 1748, les Quatre Évangélistes peints aux voûtes par Masolino furent remplacées par une fresque de Vincenzo Meucci (Madonna che dà lo scapolare a san Simone Stock). Sur les tympans, d'autres fresques de Carlo Sacconi occultèrent celles de Masolino (Appel des saints Pierre et Paul et Pierre marchant sur les eaux). Les dernières qu'il ait peintes (Reniement de saint Pierre et Nourrissez mes brebis) ne sont plus connues que par leurs sinopie.

En 1771, un incendie détruisit l'église mais épargna la chapelle, n'endommageant que le bois des cadres dorés séparant ses fresques et enfumant les peintures.

Les fresques de Masolino, Masaccio et Filippino LippiModifier

 
Adam et Ève chassés du Jardin d'Éden avant et après restauration

Les fresques illustrent la vie de saint Pierre et le péché originel. Elles furent restaurées entre 1984 et 1988 sous la direction conjointe d'Umberto Baldini et d'Ornella Casazza, grâce au mécénat de la société Olivetti.

Le Péché originelModifier

Fresque supérieureModifier

Épisodes de la vie de saint PierreModifier

Fresques supérieuresModifier

  • V - Le Paiement du tribut, Masaccio
    Cet épisode s’inspire de l'Évangile selon Matthieu (Mt 17, 24-27). Alors qu'ils se trouvent dans la cité de Capharnaüm, le Christ et ses Apôtres sont abordés par un collecteur d’impôt, qui leur réclame le tribut dû au Temple. Le Christ s'adresse alors à Pierre : « Va à la mer, jette l'hameçon, tire le premier poisson qui montera. En lui ouvrant la gueule, tu y trouveras un statère ; prends-le et donne-le leur pour moi et pour toi. » À droite, Masaccio a représenté saint Pierre payant le tribut au collecteur d'impôt.
  • IX - La Prédication de saint Pierre, Masolino
  • X - Le Baptême des néophytes, Masaccio
  • VI - L'ombre de Saint Pierre guérit des infirmes - Saint Pierre ressuscite Tabitha, Masolino et Masaccio (pour les arrière-plans)
 
Filippino Lippi, autoportrait au regard frontal.

Fresques inférieuresModifier

  • XIII - Saint Pierre en prison reçoit la visite de saint Paul, Filippino Lippi
  • XV - Saint Pierre ressuscite le neveu de l'Empereur, Masolino et Filippino Lippi
  • XI - Saint Pierre en chaire, L'ombre de Saint Pierre guérit des infirmes et Saint Pierre et saint Jean faisant l'aumône, Masaccio
  • XVI - Crucifiement de saint Pierre - Saint Pierre et saint-Jean discutent devant le proconsul avec Simon le Magicien,
    Filippino Lippi (dans cette fresque, le peintre s'est représenté en autoportrait)
  • XIV - Saint Pierre libéré de prison, Filippino Lippi (cette fresque a attendu 1838 pour qu'on y reconnaisse la main de Lippi)
 
Schéma des fresques (cotes en cm)
Paroi gauche Centre Paroi droite
      Vierge      
II - Masaccio V - Masaccio IX - Masolino à X - Masaccio VI - Masaccio + Masolino I - Masolino
      l'Enfant      
XIII - Lippi XV - Masaccio XII - Masaccio XI - Masaccio XVI - Lippi XIV - Lippi

DétailsModifier

Mur gaucheModifier

   

II. L'expulsion d'Adam et Ève, Masaccio
V. Le tribut, Masaccio

   

XIII. Saint Pierre en prison visité par saint Paul, Lippi
XV. La résurrection du fils de Théophile
et saint Pierre en chaire
, Masaccio

Mur centralModifier

     

IX. La prédication de saint Pierre, Masolino
X. Le Baptême des néophytes, Masaccio

     

XI. L'ombre de Saint Pierre guérit des infirmes, Masaccio
XII. La distribution des biens
et la mort d'Ananie et Saphire
, Masaccio.

Mur droitModifier

VI. La guérison des infirmes et la résurrection de Tabita, Masolino et Masaccio
I. Le Péché originel, Masolino

   

XVI. La crucifixion de saint Pierre
et La dispute avec Simon le Magicien
XIV. Saint Pierre libéré de prison, Lippi

BibliographieModifier

  • La Chapelle Brancacci et l'œuvre de Masaccio, Alberto Amaducci, Beccocci editore (1978).
  • Les Peintres et l'Autoportrait, texte de Pascal Bonafoux, Skira (1984).
  • (it) La Cappella Brancacci, conservazione e restauro nei documenti della grafica antica de O. Casazza et F. C. Panini (1989).
  • (en) The Brancacci Chapel, U. Baldini, O.Casazza, Harry N. Abrams (1992).
  • (de) Die Brancacci-Kapelle, Fresken von Masaccio, Masolino, Filippino Lippi in Florenz, U. Baldini, O. Casazza, Metamorphosis Verlag (1994).
  • La photographie et l'(auto)biographie, anthologie constituée et lecture accompagnée par Sylvie Jopeck, Gallimard Education « La bibliothèque n°132 » (2004).

Notes et référencesModifier

  1. Né en 1382, Felice di Michele Brancacci occupa plusieurs charges officielles au sein de la République florentine. Il fut chargé d'une mission d'ambassadeur auprès du Sultan d'Égypte en 1422. Il épousa en mai 1431 Maddalena di Palla Strozzi, la fille de Palla Strozzi. Il fut banni de Florence avec d'autres opposants à Cosme de Médicis en 1434 et mourut en exil à Sienne.
  2. « Cette chapelle, qui renferme encore des têtes si belles et si expressives, que l’on peut dire avec assurance qu’aucun maître de cette époque ne s’approcha autant que Masaccio des peintres modernes, a été, jusqu’à nos jours, l’école où se formèrent une foule d’artistes. C’est là que vinrent étudier les peintres et les sculpteurs les plus célèbres, Fra Giovanni da Fiesole, etc. » (Giorgio Vasari (trad. Léopold Leclanché), Vies des peintres, sculpteurs et architectes, Paris, Just Tessier, (lire sur Wikisource), « Masaccio da San-Giovanni, peintre »)