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Chaîne de l'Épine

Chaîne de l'Épine
Localisation de la chaîne de l'Épine dans le département de la Savoie.
Géographie
Altitude 1 427 m, Mont Grelle[1]
Massif Massif du Jura
Longueur 16 km
Largeur km
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Géologie
Âge Jurassique et Crétacé (roches)
Miocène (formation)
Roches Calcaires

La chaîne de l'Épine, située dans le département de la Savoie, en France, est un long chaînon du massif jurassien qui court du nord au sud, depuis le col de l'Épine à La Motte-Servolex, en banlieue de Chambéry, jusqu'à la bordure occidentale du massif de la Chartreuse, près de la commune des Échelles, au nord de Saint-Laurent-du-Pont.

ToponymieModifier

Il existe plusieurs explications pour l'origine du toponyme de « chaîne de l'Épine ».

Le nom de cette chaîne de montagnes apparaît dans différents actes de la période médiévale : de Spina (nom d'homme, XIe, XIIe, XIIIe), mention du château et de la chaîne, castrum de Spina et Mons Spine (1308), Mons Spina (1497), de l'Espine (nom d'homme, XIVe)[2].

La légende raconte que le seigneur Guillaume de Montbel aurait participé à la Croisade (1248-1250) aux côtés de saint Louis et qu'il aurait obtenu du roi de Palestine une épine de la Sainte Couronne du Christ[2],[3]. À son retour, il l'aurait déposée dans la chapelle castrale à Nances[2],[3]. Le lieu serait devenu un lieu de pèlerinage important[3] et le nom serait passé au château[2]. Adolphe Gros souligne (voir ci-dessus) qu'une famille de l'Épine est déjà mentionnée aux siècles précédents[2].

Il propose une seconde explication, « plus simple », le mot « Epine », dérivant du latin spina, désigne « un lieu où il y a des épines »[2]. Cette hypothèse, « couverte de buissons », est retenue par Ernest Nègre[4].

Une troisième explication est avancée sur une brochure sur l'Avant-pays savoyard, éditée par le Conseil général de la Savoie, qui verrait dans le toponyme un rapprochement avec le dieu celtique Pen qui, en plus du terme « Épine » aurait également donné le nom « Lépin » à la commune de Lépin-le-Lac au pied ouest de la chaîne.

GéographieModifier

TopographieModifier

La chaîne de l'Épine et le mont du Chat séparent le lac du Bourget du lac d'Aiguebelette.

Le point culminant de la chaîne de l'Épine est le mont Grelle à 1 427 mètres d'altitude. Un autre sommet remarquable est la pointe de Gratte-Cul à 1 232 mètres d'altitude. Le point culminant du mont du Chat est à une altitude de 1 504 mètres.

Des cols permettent de passer la chaîne :

  • le col de l'Épine (987 m) est ouvert à la circulation automobile ;
  • les cols de Saint-Michel et du Crucifix, qui surplombent le lac d'Aiguebelette, autrefois empruntés par des voies romaines et des voies sardes, sont des sentiers pédestres non carrossables.
 
Panoramique de l'Épine depuis Chambéry, avec Cognin au pied et le col Saint-Michel situé au niveau du creux.

GéologieModifier

La chaîne de l'Épine est un anticlinal appartenant à la structure géologique du massif du Jura nommée la Haute-Chaîne[5]. Coincée entre deux fossés molassiques datant du Miocène, elle est principalement constituée de calcaires datant du Jurassique et du Crétacé. La face occidentale de la chaîne, entre le col de l'Épine et le col de Saint-Michel, est composée de calcaires datant du Kimméridgien et de l'Oxfordien et d'éboulis au niveau de la base, tandis que la partie située au sud du col de Saint-Michel est constituée principalement d'éboulis, avec du calcaire Jurassique sur la ligne de crête. La face orientale, pour sa part, est constituée de marnes et « marbres bâtards » du Valanginien avec des éboulis et quelques calcaires du Crétacé à la base[6].

Au niveau du col de Saint-Michel, la chaîne bifurque en direction du sud-ouest ; cela est dû à la faille décrochante de l'Épine qui passe à cet endroit dans un sens NE-SO et a dévié la chaîne dans cette direction. Une autre faille décrochante traverse la chaîne perpendiculairement au nord de la pointe de Gratte-Cul. Le pli se prolonge au-delà du Guiers pour rejoindre l'anticlinal du mont Tournier et former le plateau du Grand-Ratz qui est la terminaison sud du massif jurassien[6].

HistoireModifier

InfrastructuresModifier

Article détaillé : Traversée du Jura savoyard.

La chaîne de l'Épine, situé sur l'axe Lyon-Chambéry est traversée par deux tunnels auxquels elle a donné son nom. Le tunnel de L'Épine sur l'autoroute A43 et le tunnel ferroviaire de l'Épine sur la ligne de Saint-André-le-Gaz à Chambéry.

Notes et référencesModifier

  1. Cartes IGN consultées sur Géoportail.
  2. a b c d e et f Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 175.
  3. a b et c Michèle Brocard, Lucien Lagier-Bruno, André Palluel-Guillard, Histoire des communes savoyardes : Chambéry et ses environs. Le Petit Bugey (vol. 1), Roanne, Éditions Horvath, , 475 p. (ISBN 978-2-7171-0229-1, lire en ligne), p. 301-302, Les châteaux. ([PDF] lire en ligne).
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, vol. 1 : Formations préceltiques, celtiques, romanes, Genève, Librairie Droz, coll. « Publications romanes et françaises » (no 193), , 1869 p. (ISBN 978-2-600-02884-4, lire en ligne), n° 23026.
  5. V. Bichet & M. Campy, Montagnes du Jura, Géologie et paysages, 2008, p.10-12.
  6. a et b Carte géologique de la France consultée sur le site du BRGM.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier