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Chéu

commune française du département de l'Yonne

Chéu
Chéu
Blason de Chéu
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Saint-Florentin
Intercommunalité Communauté de communes Serein et Armance
Maire
Mandat
Maurice Hariot
2014-2020
Code postal 89600
Code commune 89101
Démographie
Population
municipale
552 hab. (2016 en augmentation de 2,03 % par rapport à 2011)
Densité 73 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 57′ 58″ nord, 3° 45′ 59″ est
Altitude Min. 100 m
Max. 120 m
Superficie 7,61 km2
Localisation

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Chéu

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Chéu

Chéu est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

GéographieModifier

Communes limitrophesModifier

ÉconomieModifier

HistoireModifier

Le village de Chéu a une longue tradition de sorcellerie du VIe siècle semble-t-il jusqu’en 1829 date à laquelle le village brûla entièrement dans un incendie et fut considéré comme purifié. Un manuscrit écrit, semble-t-il aux alentours des années 1870, par le curé de Chéu, de l’époque, nous dit les choses suivantes[1] :

« Mon prédécesseur m’avait mis en garde : cette paroisse n’est pas comme les autres, il y plane encore l’esprit du démon. D’après lui, la réputation de repaire de sorciers et surtout de sorcière du village remonterait au VIe siècle. Sans doute est-ce exagéré, mais qui sait ? Ici, la moindre querelle entre ménagère, ou entre paysans dégénérait en vendetta. Les parents, puis leurs enfants, et les enfants de ces enfants, et ainsi de suite se détestaient cordialement. On se jetait des sorts, on accusait la famille adverse d’être genoche (sorcière NDLR). Il n’était pas une famille dans le pays qui n’avait pas ainsi ses ennemis. Aussi, on conte des scènes inouïes, des vaches qui dans les pâtures devenaient folles, comme piquées par des essaims de guêpes ; des grand-mères presque grabataires qui avaient la danse de Saint-Guy ; des jeunes filles supposées pures qui devenaient hystériques et qui criaient à gorge déployée les pires insanités ; des moutons qui se battaient entre eux ; des vaches qui devenaient sèche entre deux traites… Pas une maison, pas une étable qui n’avait son talisman, pierre trouée naturellement, hibou cloué par les ailes, tête de loup… La nuit, on entendait des miaulements, des cris qu’on ne savait définir, humain ou non. Les curés combattirent ce fléau envoyé par le démon. Ils bénirent les maisons, les hommes, les animaux. Ils fustigèrent les actes du démon. On érigea des crucifix au coin des rues. Mais le ne changeait guère : un enfant tombait-il malade ? On accusait la voisine, on disait l’avoir vue au s’en allant au sabbat, à Savoye. Les juges suivirent les curés. On brula quelques sorcières, ou plutôt des femmes qu’on disait être sorcières. On brûla même des enfants, les anciens registres en font foi. Mais Chéu restait domaine du démon. Le parlement de Paris s’en mêla lui aussi. On décida de recourir au jugement de Dieu : On jetait un homme garrotté dans l’eau ; s’il surnageait, il était innocent ; s’il coulait, c’était sous le poids de ses péchés et donc il était coupable. À Chéu, on jeta ainsi à l’eau des dizaines et des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants. Les juges et les religieux furent ébahis du résultat : tous surnagèrent, alors qu’il paraissait évident qu’il y avait parmi eux au moins une sorcière, sinon plusieurs. Devant pareil phénomène, on crut à une ruse du démon : sans doute, pensait-on avait-il trouvé une parade. On laissa tous ces gens rentrer chez eux, non sans décider de réfléchir à un autre moyen de départager bons chrétiens et suppôts de Satan. Et c’est ainsi qu’en toute la France, Chéu fut la seule paroisse à bénéficier d’un jugement de Dieu tout à fait original : les autorités firent ériger un vaste bûcher au bord de l’eau ; les soldats capturaient quelques villageois, qui solidement ligotés, étaient jetés à l’eau, à charge pour Dieu de reconnaitre les siens. Celui qui se noyait était bon chrétien : Dieu l’avait rappelé à Lui, et on faisait un enterrement digne de ce nom ; quant à celui qui remontait à la surface, c’est donc que Dieu, épouvanté par son pacte diabolique n’en avait pas voulu : on le repêchait et aussitôt on le jetait sur le bûcher. Les paroissiens de Chéu, pendant des siècles, eurent donc à craindre une mort par noyade ou par grillade. En 1691, le parlement de Paris ordonna de revenir à l’interprétation traditionnelle du jugement de Dieu : celui qui surnageait était sauvé. Ce n’est guère qu’en 1829 que la paroisse perdit sa réputation maléfique : un incendie ravagea complètement le village, qui fut donc ainsi purifié. »

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
2008 en cours Maurice Hariot[2]    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4].

En 2016, la commune comptait 552 habitants[Note 1], en augmentation de 2,03 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
422463469620662661652682676
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
671668684676645627640621583
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
536505470457462422480444444
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
442436540496506439513524540
2016 - - - - - - - -
552--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

Chéu dispose d'un aérodrome hébergeant des activités de loisir tels que le vol à voile, le vol sur ULM et avions et le parachutisme. Cette plateforme bénéficie d'un rayonnement important dans la région, en France et en Europe grâce au dynamisme de son centre de vol à voile qui a su rendre ce sport accessible à tous. De nombreux clubs français et étrangers profitent de cet environnement très favorable et des attraits de la Bourgogne pour y organiser des stages de formation.

Personnalités liées à la communeModifier

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Extrait d'un manuscrit daté d'environ 1870 (plus loin il parle du siège de Paris face aux Prussiens) consulté par Roger Maudhuy, lors d'une enquête à Chéu et dans une commune voisine qu'il ne peut citer, le témoin possesseur du manuscrit voulant garder l’anonymat. Publié dans : Roger Maudhuy, La Bourgogne des sorcières – Entre histoire et légendes, éditions Pimientos, 2011, 127 p. (ISBN 978-235660019-6), p. 11-15, références p. 16.
  2. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 15 décembre 2013.
  3. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.