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Château de La Verrerie (Cher)

château fort français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Château de la Verrerie.

Château de La Verrerie
Image illustrative de l’article Château de La Verrerie (Cher)
Vue d'ensemble du château et de l'étang de La Verrerie
Période ou style Renaissance
Début construction XVe siècle
Propriétaire initial Béraud Stuart
Propriétaire actuel famille de Vogüé
Protection  Inscrit MH (1926)
Logo monument historique Classé MH (1987)
Coordonnées 47° 25′ 23″ nord, 2° 31′ 20″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Berry
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Commune Oizon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de La Verrerie

Le château de La Verrerie est situé à Oizon dans le département du Cher, près d'Aubigny-sur-Nère, à la frontière entre le Berry et la Sologne , à proximité d'un étang alimenté par la Nère séparant la forêt de Cleffy celle de l'Aumone [2]

Sommaire

HistoriqueModifier

Le nom de « La Verrerie » n'apparaît qu'à la fin du XVe siècle et traduit l'existence à cette époque d'une petite fabrique de verre. Cette fabrique est attestée du XVIIe siècle à 1815-1820.

Les StuartModifier

Au cours de la guerre de Cent Ans, le dauphin, futur Charles VII fut contraint de faire appel à une vieille alliance passée entre le royaume de France et le royaume d’Écosse pour faire face à l’invasion anglaise : l’Auld Alliance. Son appel au secours fut entendu par Jean Stuart de Darnley qui débarqua à La Rochelle en 1418 avec cent archers. Quatre vagues de débarquement d’Écossais se succédèrent jusqu’en 1424 pour participer au conflit[3]. Jean Stuart et les premières vagues participèrent à la victoire de Baugé en Anjou le 22 mars 1421, qui fit dire au Pape Martin V : « Vraiment les Écossais sont un remède contre les Anglais. » Cette victoire lui valut le titre de connétable[4] d’Écosse qui faisait de lui le commandant de l’armée écossaise au sein de l’armée du dauphin. Il est mentionné selon ce titre et le surnom affectueux “d’amé cousin”[5] dans divers archives notamment dans les actes de donations qui firent de lui le seigneur d’Aubigny-sur-Nère en 1422[5] et du comté d’Évreux en 1426[6], qu’il céda au roi l’année suivante contre 50 000 livres.

C’est sur les terres de la seigneurie d’Aubigny que son petit-fils Bérault Stuart, ambassadeur et homme de guerre connu pour ses campagnes au service du roi de France en Italie[7], construit le corps du logis principal en brique et pierre de style Louis XII[8], ainsi que la chapelle[9] du château de la Verrerie. Il mourut en 1508, en Écosse près d’Édimbourg, alors qu’il été envoyé en mission secrète par Louis XII auprès du roi Jacques IV[9].

En 1525, son gendre Robert Stuart, époux de Anne Stuart, qui fut maréchal de France et un compagnon d’armes de Bayard, fit construire la galerie Renaissance. Il fut aussi à l’origine de la reconstruction d’Aubigny-sur-Nère après l'incendie de 1515 qui ravagea la ville[10].

Les seigneuries appartenant à la famille des Stuart d’Aubigny furent transmises selon le principe de primogéniture[11] (de fils aîné en fils aîné) ou par le biais de mariages au sein de la famille. Bérault Stuart qui n'avait que des filles maria l’une d'elles, Anne Stuart, à son cousin Robert Stuart, venu d’Écosse ,et ce dernier n’ayant pas eu d’enfant dut avoir recours à une autre méthode pour s’assurer de garder le patrimoine dans la famille. Robert Stuart n'eut d'enfant ni avec sa première épouse Anne, ni avec sa seconde Jacqueline de Queille. Ils adoptèrent la demi-sœur de cette dernière Anne d’Espinay avant de la marier à l’un des neveux de Robert, Jean Stuart. Ce dernier arrivé avec son frère aîné Mathieu, héritier de Lennox et de Darnley, qui obtient de son oncle la seigneurie d'Oizon, furent confiés à leur oncle par leur mère Anne Lennox pour les protéger après la mort de leur père. Aubigny et le château de la Verrerie restèrent ainsi dans le patrimoine de la famille Stuart jusqu’en 1672, date à laquelle le dernier héritier Charles Stuart, onzième seigneur d'Aubigny décéda[12]. Le château de la Verrerie et le reste du patrimoine des Stuarts revinrent alors à la couronne de France comme l’acte de donation de Charles VII le prévoyait.

Les LennoxModifier

À ce moment, l'héritier de la seigneurie était le roi Charles II d'Angleterre, lui aussi descendant de Jean Stuart, mais Louis XIV ne reconnait pas cette succession et met la main sur Aubigny.

En 1684, Louis XIV, à la demande de Charles II qui fait valoir que cette terre avait appartenu à ses ancêtres les Stuarts, fait de Louise Renée de Penancoët de Keroual la duchesse d'Aubigny et pair de France : le duché-pairie d'Aubigny est constitué à partir de la châtellenie d'Aubigny-sur-Nère et de ses dépendances ; les lettres n'ayant pas été enregistrées, elle s'éteint avec la duchesse en 1734, avant de faire l'objet de lettres de relief en 1777 pour les héritiers de la duchesse, c'est-à-dire les enfants illégitimes de Charles II.

En effet, à la mort du roi Charles II, Louise de Kéroualle, duchesse de Portsmouth, qui était une espionne du roi de France, quitta précipitamment Londres où elle abandonna tous ses biens. En compensation, Louis XIV concède Aubigny, érigé en duché, à la maîtresse de Charles II, Louise de Kéroualle.

En 1734, le duché d'Aubigny passe alors au fils qu'elle avait eu de Charles II, Charles Lennox, duc de Lennox et de Richmond. Ses descendants conservent le château de La Verrerie jusqu'au début du XIXe siècle. Le duc Charles Lennox se refusant à payer les droits de succession sur ce domaine, il est mis en adjudication.

 
Salle de concert et piano Steinway du château de La Verrerie

Le , le château est acquis en adjudication par Léonce de Vogüé qui y installe sa nombreuse famille.

À partir de 1892, le marquis Louis de Vogüé fait effectuer des agrandissements par l'architecte parisien Ernest Sanson. En 1895, il fait construire l'aile sud qui abrite les salles de réception et la plupart des chambres.

En 1993, Béraud de Vogüé, de retour d'un long séjour au Canada, en devient le propriétaire. Béraud de Vogüé est le président de la route Jacques-Cœur.

ClassementModifier

Le château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [13]. Certaines parties anciennes du château sont classées au titre des Monuments historiques par arrêté du 27 janvier 1987 : les façades et toitures du châtelet et du corps de bâtiment Est, datées de la fin du XVe siècle, la chapelle et la galerie du XVIe siècle et les façades et les toitures de la partie du XIXe siècle[13].

ArchitectureModifier

Le corps de logis la chapelle et le poterne sont de style Louis XII[14] et ont été construits pour Béraut Stuart à la fin du XVe siècle. L'aile sud avec galerie aussi de style Renaissance a été ajoutée vers 1525 pour Robert Stuart et Jacqueline de la Queille. L'escalier à vis est en hors-d'œuvre.

Des modifications et agrandissements ont été effectués en 1894[15].

ConcertsModifier

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. [Le Cher remarquable N° spécial du Berry Républicain dec 2011 ISNN 0988-8557 ]
  3. Chevalier B., « Les écossais dans les armées de Charles VII jusqu’à la bataille de Verneuil », Colloque d'histoire médiévale Jeanne d’Arc, une époque un rayonnement, Orléans, octobre 1979, p. 85-94.
  4. Éditions Larousse, « Définitions : connétable - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 18 février 2019)
  5. a et b J.B. Teuley, Inventaire chronologique des documents relatifs à l'histoire d'Écosse conservés aux archives du royaume à Paris, « K168, n° 20 », Édimbourg, 1839, p. 35-36 et 38-39.
  6. J.B. Teuley, Inventaire chronologique des documents relatifs à l'histoire d'Écosse conservés aux archives du royaume à Paris, « K168, 20 », « J216, 20», Edimbourg, 1839, p.35-36 et 38-39
  7. Contamine P., « Entre France et Ecosse : Bérault Stuart, seigneur d’Aubigny (vers 1452-1508), chef de guere, diplomate, écrivain militaire », in LAIDLAW J. C., ed., The Auld Alliance. France and Scotland over 700 years, University of Edinburg, Édimbourg, 1999, p. 59-76.
  8. Jean-Pierre Babelon, Châteaux de France au siècle de la Renaissance, Paris, Flammarion / Picard, 1989/1991, 840 pages p., 32 cm (ISBN 978-2080120625)
  9. a et b Pierre GASPAR, CESPEDES Alba De et CONCHON Georges, Album des châteaux de France, Italie, Sélection du Reader's Digest, , 312 pages p., format 310 x 235 mm (ISBN 9782709801102)
  10. Toulier B., Aubigny-sur-Nère, la cité des Stuart, Cher, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Tours, 1994, p. 4.
  11. Éditions Larousse, « Définitions : primogéniture - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le 18 février 2019)
  12. CUST L. E., Some account of the Stuart of Aubigny, in France, Harvard Collège Library, Londres, 1891.
  13. a et b Notice no PA00096862, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. Jean-Pierre Babelon, Châteaux de France au siècle de la Renaissance, Paris, Flammarion / Picard, 1989/1991, 840 pages p., 32 cm (ISBN 978-2080120625)
  15. « château de la Verrerie », notice no IA00010768, base Mérimée, ministère français de la Culture

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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