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Ne pas confondre avec le Palais de l'île (Annecy).

Château de l'Île
(disparu)
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction Début du XIIIe siècle
Propriétaire initial évêques de Genève
Destination actuelle Forteresse
Coordonnées 46° 12′ 18″ nord, 6° 08′ 35″ est
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Comté Comté de Genève
Canton Genève
Commune Genève

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Château de l'Île (disparu)

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Château de l'Île (disparu)

Le château de l'Île, ou encore sous les formes Munitio/Castellum de insula[Note 1], est un château ou une forteresse, aujourd'hui disparu, possession des évêques de Genève, construit au début du XIIIe siècle, dans la cité de Genève. L'édifice aurait été détruit au cours du XIVe siècle. Il ne faut pas le confondre avec le château de Genève, dit aussi du Bourg de Four.

Sommaire

GéographieModifier

Le château de l'Île est un ancien château situé sur l'îlot situé en amont au pont établi sur le Rhône, appelée « grande île »[ReG 2],[2]. Il est l'un des deux îlots qui formeront par la suite l'Île[ReG 2].

Louis Blondel considère l'édifice comme la « clef de Genève »[2].

HistoireModifier

L'évêque Aymon de Grandson dans sa lutte contre l'expansionnisme des Savoie en terre genevoise, fait édifier ou reconstruire plusieurs châteaux[3]. Le château de l'Île est édifié à cette occasion[4], probablement avant 1219[3]. En effet, il est mentionné dans la décision de Desingy du , opposant Aymon, évêque de Genève, et le noble (nobilis vir) Guillaume de Genève, futur comte[ReG 1]. Dans cet acte, il est désigné sous le nom Munitio (munitionem)[ReG 1]. Le futur comte reconnaît prendre l'édifice militaire sous sa protection[ReG 1].

Le château est commandé par un châtelain épiscopal, que l'on retrouve notamment lors du traité de paix entre l'évêque et le comte de Savoie en 1285[ReG 3].

En 1227, dans une enquête sur l'évêché, il est indiqué que l'évêque reçoit une somme des bonifications qu'il investit dans la « construction du château de l'Ile depuis ses fondations »[ReG 4].

Un document de 1258 mentionne un portier de l'isle (portarii insule gebennensis)[ReG 5].

En 1287, le comte Amédée V de Savoie, profitant de la vacance du siège épiscopal, s'empare de la place[5]. Le siège aurait duré « au moins quatorze semaines » jusqu'à la retraite du chanoine qui en avait la garde[ReG 6]. La reddition s'effectue aux environs du [ReG 6]. Le comte profite de cette situation de faiblesse de l'évêque pour se qualifier l'année suivante de vidomne de l'évêque[5],[6]. Le comte Amédée s'y installe d'ailleurs et y établit sa Cour[ReG 7].

Dans une lettre du , l'évêque Guillaume de Conflans demande au comte de Savoie le retour du château à l'Église[ReG 8]. Cette demande faite à de nombreuses occasions, est réitérée à l'occasion de monitions (avertissement juridique de la part de l'ordinaire) en date du [ReG 9]. Le comte a un mois pour obtempérer[ReG 9]. Le comte est excommunié le [ReG 10]. La discussion entre les deux princes se poursuit.

Le , à l'occasion du traité signé à Asti, le château de l'Île est restitué à l'évêque contre une somme de 40 000 marcs d'argent[7],[ReG 11].

DescriptionModifier

Châtellenie de GenèveModifier

Le château de l'Île est le siège d'une châtellenie, dit aussi mandement (mandamentum), à partir de 1287. Dans le comté de Genève[8], puis le comté de Savoie à partir de 1401, le châtelain est un « [officier], nommé pour une durée définie, révocable et amovible »[9],[10]. Il est chargé de la gestion de la châtellenie ou mandement, il perçoit les revenus fiscaux du domaine, et il s'occupe de l'entretien du château[11].

Les châtelains ou gardiens, durant l'administration genevoise, sont :

  • v. 1288 - 1290 : Girard de Compeis, châtelain[ReG 12],[ReG 9]
    • Guillaume d'Orse, gardien du château[ReG 9]
    • Jean de Rovérée, gardien du château[ReG 9]
  • à partir de 1293 : Hugues de Bocsozel, châtelain[ReG 2] ;
  • Pierre de la Tour, châtelain[ReG 2] ;
  • Thomas de Conflans, châtelain[ReG 2] ;
  • Olivier de Payerne, châtelain[ReG 2] ;
  • Guillaume Dieu-le fils, châtelain[ReG 2] ;
  • Girard de Compeis, châtelain[ReG 2].

Durant l'administration savoyarde, le château est le siège de la châtellenie, qui est intégrée au bailliage du Chablais[12].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le château est mentionné dans différents document sous la forme Munitio (munitionem)[ReG 1], Munitio de insula prope Gebennas, en 1219, ainsi que Castellum de insula Gebennense, dans un document de 1289[1].

Régeste genevoisModifier

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. a b c et d Décision arbitrale, soit traité de Desingy, du (REG 0/0/1/574).
  2. a b c d e f g et h Table alphabétique général, « ILE (château de l') », p. 498 (Lire en ligne).
  3. Enquête entre octobre et décembre 1227 (REG 0/0/1/634).
  4. Traité de paix du (REG 0/0/1/1225).
  5. Vente de mars 1258 (REG 0/0/1/898).
  6. a et b Compte de Guillaume de Septême, châtelain de Chillon et bailli en Chablais et en Genevois, établis entre mai 1287 et mai 1288 (REG 0/0/1/1249).
  7. Acte du (REG 0/0/1/1283).
  8. Lettre du (REG 0/0/1/1255).
  9. a b c d et e Monitions ou sommations du (REG 0/0/1/1302).
  10. Sentence d'excommunication du (REG 0/0/1/1305).
  11. Traité fait à Asti du (REG 0/0/1/1321), et plus spécifiquement le compromis (REG 0/0/1/1322).
  12. Actes numéros REG 0/0/1/1268, REG 0/0/1/1276, REG 0/0/1/1277, REG 0/0/1/1278,REG 0/0/1/1361.

RéférencesModifier

  1. Francis De Crue de Stoutz, La guerre féodale de Genève et l'establissement de la commune (1285-1320), Kündig, 1907, 89 pages, p.27.
  2. a et b Louis Blondel, Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, vol. 7, Société d'histoire et d'archéologie de Genève (réimpr. 1978) (1re éd. 1956), 486 p., p. 29.
  3. a et b Henri Baud (sous la dir.), Le diocèse de Genève-Annecy, t. 1, Éditions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France », , 331 p. (ISBN 978-2-7010-1112-7, lire en ligne), p. 45.
  4. La rédaction, « Genève » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du ..
  5. a et b Henri Baud (sous la dir.), Le diocèse de Genève-Annecy, t. 1, Éditions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France », , 331 p. (ISBN 978-2-7010-1112-7), p. 50.
  6. François Bonivard, Chroniques de Genève (1505-1526), t. 1 - Seconde partie, Genève, D. Dunant, , 548 p., p. 51.
  7. François Bonivard, Chroniques de Genève (1505-1526), t. 1 - Seconde partie, Genève, D. Dunant, , 548 p., p. 109.
  8. Pierre Duparc, Le comté de Genève, IXe-XVe siècle, t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et Documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 616 p. (lire en ligne), p. 413 et suivantes.
  9. Christian Sorrel, Histoire de la Savoie : images, récits, La Fontaine de Siloé, , 461 p. (ISBN 978-2-8420-6347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  10. Nicolas Carrier, « Une justice pour rétablir la « concorde » : la justice de composition dans la Savoie de la fin du Moyen Âge (fin XIIIe -début XVIe siècle) », dans Dominique Barthélemy, Nicolas Offenstadt, Le règlement des conflits au Moyen Âge. Actes du XXXIe Congrès de la SHMESP (Angers, 2000), Paris, Publications de la Sorbonne, , 391 p. (ISBN 978-2-85944-438-9), p. 237-257.
  11. Alessandro Barbero, « Les châtelains des comtes, puis ducs de Savoie en vallée d'Aoste (XIIIe-XVIe siècle) », dans Guido Castelnuovo, Olivier Mattéoni, « De part et d'autre des Alpes » : les châtelains des princes à la fin du moyen âge : actes de la table ronde de Chambéry, 11 et 12 octobre 2001, , 266 p. (lire en ligne).
  12. (en) Eugene L. Cox, The Green Count of Savoy: Amedeus VI and Transalpine Savoy in the Fourteenth-Century, Princeton University Press (réimpr. 2015) (1re éd. 1967), 422 p. (ISBN 978-1-40087-499-6, lire en ligne), p. 354.