Château de Sedan

château fort français

Château Fort de Sedan
Image illustrative de l’article Château de Sedan
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction 1424
Propriétaire initial Évrard II de La Marck
Propriétaire actuel Municipalité de Sedan
Destination actuelle Lieu touristique
Protection Logo monument historique Classé MH (1965)
Site web http://www.chateau-fort-sedan.fr/
Coordonnées 49° 42′ 07″ nord, 4° 56′ 58″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Champagne
Région Grand Est
Département Ardennes
Commune Sedan
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Château Fort de Sedan
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(Voir situation sur carte : France)
Château Fort de Sedan

Le château de Sedan ou château-haut est un ancien château fort du XVe siècle, maintes fois agrandi et adapté au progrès des armes, qui se dresse sur la commune française de Sedan dans le département des Ardennes, en région Grand Est.

Le château-haut, y compris ses quatre bastions fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [1].

LocalisationModifier

Le château est situé à Sedan sur un promontoire en bordure de Meuse autrefois flanqué de deux ruisseaux, le Bièvre et le Vra, dans le département français des Ardennes.

HistoriqueModifier

Création et agrandissements successifs par les seigneurs et princes de SedanModifier

 
L'hôtel du château.

À l'origine du site se trouve un prieuré[2] bénédictin dépendant de l'abbaye de Mouzon : le prieuré Saint-Martin dont on peut voir les assises dans la cour du château. Ce prieuré est mentionné en 1306. Évrard II de La Marck-Arenberg prend possession du site en 1424 par l'intermédiaire de son beau-frère Louis de Braquemont, apportant à ce dernier la dot que son père (Guillaume de Braquemont) n'a jamais fourni. Il décida de construire un château de plan sensiblement triangulaire autour de l'église devenue chapelle castrale[2]. Les fouilles ont montré que cette église avait dû être fondée au XIe siècle.

Vers 1424, Évrard II de La Marck-Arenberg fait bâtir en six ans un manoir avec deux tours jumelles autour d'une église, un donjon résidentiel rectangulaire qui faisait déjà partie du prieuré et une tour ronde à l'ouest qui a été agrandie plus tard pour devenir la « Grosse tour ». Les tours jumelles servant d'entrée au château étaient protégées par un châtelet constitué de deux petites tours rondes et d'une échauguette. Le plan de ce premier château peut paraître archaïque pour l'époque de sa construction et n'a pas encore vraiment pris en compte la défense contre l'artillerie.

Lorsque Evrard meurt en 1440, son fils Jean de La Marck entreprend le renforcement de la forteresse[3],[4]. Mais c'est Robert II de La Marck, le petit-fils de Jean, qui réalisera les travaux les plus importants. En 1530, les fortifications du manoir sont modernisées par la construction du boulevard circulaire. Le logis princier est construit sur 100 mètres le long du rempart côté ville à partir de 1530. Le pavillon Renaissance dans le style de Philibert Delorme a été construit pour Robert IV de La Marck et son épouse Françoise de Brézé. Le logis du Gouverneur est édifié en 1536.

Vers 1550 sont créées les terrasses à canons par remplissage en terre, entre les remparts et une nouvelle muraille prise sur la basse cour, augmentant l'épaisseur des courtines de 4,50 m à 26 m, jusqu'à un niveau égal à ceux dominant le site. Dix-huit petits logis pour la troupe ont été créés dans ce remplissage.

À partir de 1553 commence l'édification de deux bastions triangulaires sur le front nord-est, celui du Gouverneur terminé en 1557, et le bastion Fourchu en 1559. En 1572 ont été livrés les deux autres bastions, celui des Dames et le bastion du Roy. Au milieu du XVIe siècle, le château occupait une superficie de 10 000 m2. Sa puissance découragera Charles Quint et Henri II accorde aux seigneurs de La Mark le titre de princes souverains[5].

Des ouvrages à cornes ont été ajoutés à l'avant des bastions mais certains furent dynamités à la fin du XIXe siècle.

Les archives permettent de nommer les ingénieurs ayant participé à la dernière campagne de construction des défenses de Sedan : Marin Fourre, qui est le concepteur initial, puis, en 1577, le Ferrarais Marc-Aurèle Pazin ou Marco Aurelio de Pasino, probablement l'auteur des « boulverts » et des bastions de l'enceinte urbaine, et enfin, après 1585, Jean Errard, de Bar-le-Duc.

Le maréchal Turenne y naît en 1611[6].

La principauté de Sedan est absorbée par la France après la bataille de la Marfée (1641) et à la suite de l'échec d'une nouvelle conspiration contre Richelieu menée par Cinq-Mars en 1642. Le dernier prince de Sedan Frédéric-Maurice de La Tour d'Auvergne est contraint de remettre le château à Louis XIII qui le fait emprisonner, puis remettre la principauté par traité en septembre 1642[7],[8].

Propriété du Royaume de France puis de l'ÉtatModifier

Le maréchal Fabert, messin de naissance, fut le premier gouverneur de Sedan pour le roi de France à la suite du rattachement de la principauté à la France. En 1650, il fit construire les magasins Fabert, accueillant aujourd'hui l'hôtel du château.

Le château est transformé en garnison. En 1699, Vauban fait construire la porte « des Princes », adaptée aux progrès de l'artillerie. Il s'agit de la seule intervention de ce célèbre architecte, ce qui a laissé penser que la forteresse était de qualité. Elle occupe alors une surface de 35 000 m2 sur sept niveaux[9].

Lorsque Napoléon Bonaparte visite le château, en 1803, il fait transférer à Paris la collection d'armures des princes de Sedan à Paris. Certaines se trouvent aujourd'hui exposées au musée de l'Armée.

En 1822, l'église Saint-Martin est démolie pour installer un parc à boulets. Une plateforme d'artillerie est créée, en 1828, au sommet des tours jumelles.

Encerclée par les armées prussienne et saxonne, le lors de la Bataille de Sedan, l'armée du camp de Châlons est défaite. Napoléon III fait hisser sur le château fort le drapeau blanc demandant la fin des hostilités[10]. L'acte de capitulation est signé au château de Bellevue entre Frénois et Glaire[10],[11].

Des essais de dynamite sont faits sur le bastion du Gouverneur en 1873. Autrefois le plus vaste du château-fort, ce bastion est aujourd'hui largement éventré.

De à , la citadelle sert de camp pour des milliers de civils résistants français et belges condamnés aux travaux forcés par les autorités allemandes. Beaucoup y sont morts.

Propriété de la ville de SedanModifier

Cédé par l’armée française à la ville en 1962, le château fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration.

Le château devient un des principaux sites touristiques des Ardennes. Logeant un temps l'office de tourisme de la ville, celui-ci est ensuite déplacé dans un traversant reliant la rue du Ménil au Promenoir des prêtres présent au pied du château. On trouve également le musée à l'intérieur de ce château où s'y trouve depuis le printemps 2012, une maquette de la ville de Sedan au XIXe siècle, due en grande partie à Jean-Jacques Dromby. Une des salles de ce musée est dédiée à la guerre de 1870 et y est exposée une riche collection de casques prussiens et autres armes, ainsi que l'esquisse du panorama de Sedan par Louis Braun.

Un hôtel et un restaurant sont aménagés au sein de l'enceinte, avec le concours d'un groupe privé, le groupe Hôtels et Patrimoine[12]. Le but est de contribuer au développement touristique local, et de revitaliser le centre-ville, situé au pied de l'édifice, en faisant bénéficier les touristes de possibilités de séjours au sein de « l’entité patrimoniale la plus emblématique »[13].

Lors des rafales de vent (jusqu'à 110 km/h) dues aux orages du , la large toiture côté sud s'envole en partie et atterrie à l'emplacement ou se tient habituellement le spectacle de fauconnerie (haute-cour, ruines du prieuré Saint Martin) dont c'était le jour de relâche. Les collections du château, en partie conservées dans les combles de l'édifice, furent en grande partie sauvées grâce à l'aide spontanée du personnel du château et de bénévoles. La nouvelle toiture fut achevée pour la saison touristique 2012.

Les Seigneurs et Princes de Sedan, ducs de BouillonModifier

Liste des princes de la Principauté de Sedan

DescriptionModifier

Le château de Sedan est une forteresse construite à partir de 1424 qui comporte quatre bastions défensifs construits au XVIe siècle, le bastion du Gouverneur, le bastion Fourchu, le bastion des Dames et le bastion du Roi. Le châtelet d'entrée comporte deux tours rondes qui étaient munies de hourds, d'une herse et d'une bretèche. L'ensemble de la forteresse est entouré de murs surmontés de courtines.

Le logis seigneurial et le logis de la garde datent d'avant le milieu du XVIe siècle. Au début du XVIIe siècle, Henri de la Tour d’Auvergne a fait construire le Palais des Princes, appelé aussi le Château–Bas, et a déserté le logis de la forteresse.

Le château possède sept étages et des murs de plus de 7 m de large (le mur le plus épais avoisine les 27 m de large). Avec 35 000 m2, il est parfois qualifié de plus grande forteresse d'origine médiévale d'Europe[14],[note 1].

Circuit de visite et événementsModifier

Le château fort de Sedan dispose d'un circuit de visite depuis l'année 1995 lorsque fut mis en place la visite Historium. Des mannequins de cire y furent placés, illustrant la vie au château à l'époque médiévale et au temps des princes. La scène la plus prestigieuse est celle du mariage de Charlotte de La Marck et Henri de La Tour d'Auvergne, placée dans le pavillon Renaissance.

Depuis le printemps 2012, le château-fort de Sedan connaît une nouvelle jeunesse. Il se dote de nouveaux circuits (Mille ans d'histoire, Principauté), de nouveaux panneaux, d'une nouvelle entrée dans la cour du château-fort, d'une nouvelle salle multimédia, etc. L'édifice attire chaque année près de 60 000 visiteurs.

Le grand tournoi de chevalerie

Depuis une dizaine d'années[Depuis quand ?] le château-fort de Sedan accueille chaque été des spectacles de tournois de chevalerie réalisés par une troupe en majorité slovaque (Normani).

Le festival médiéval

Depuis 1996, le château-fort de Sedan accueille un festival médiéval de Sedan autour de la forteresse, le troisième week-end de mai. Succès populaire, près de 14 000 entrées payantes furent décomptées lors des dernières éditions.

Visites nocturnes aux flambeaux

Chaque été des visites originales, puisqu'aux flambeaux, sont organisées les vendredis et samedis soir.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Titre plus souvent attribué au château de Prague ou à la forteresse teutonique de Marienbourg (par exemple « 10 Largest Castles in the World », sur touropia.com).

RéférencesModifier

  1. « Château-haut », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a et b Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N., , 577 p., p. 109-111
  3. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N., , 577 p., p. 115-117
  4. Pierre Congar, « Sedan », Revue historique de l'Armée, no 2 (17e année),‎ , p. 163-174
  5. Josyane et Alain Cassaigne, 500 châteaux de France : Un patrimoine d'exception, Éditions de La Martinière, , 395 p. (ISBN 978-2-7324-4549-6), p. 28.
  6. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N., , 577 p., p. 291
  7. Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N., , 577 p., p. 322-328
  8. Marc Scheidecker et Gérard Gayot, Les protestants de Sedan au XVIIIe siècle, Honoré Champion,, , p. 15-23
  9. Cassaigne, 2012, p. 28.
  10. a et b Pierre Congar, Jean Lecaillon et Jacques Rousseau, Sedan et le pays sedanais, vingt siècles d’histoire, Éditions F.E.R.N., , 577 p., p. 515-519
  11. Philippe Seydoux, Gentilhommières et maisons fortes en Champagne : Marne et Ardennes, Paris, édition de la Morande, , 320 p. (ISBN 2-902091-30-3), « Bellevue, à Sedan », p. 196
  12. François Bostnavaron, « Et si à l’hôtel, vous meniez la vie de château ? », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. « Sedan. Plan de sauvegarde et de mise en valeur du site patrimonial remarquable. Rapport de présentation », Direction régionale des affaires culturelles du Grand-Est,‎ (lire en ligne)
  14. Le château-fort Télé Matin.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier