Château de Montaner

château fort français

Château de Montaner
Image illustrative de l’article Château de Montaner
Le château de Montaner.
Type Château fort
Architecte Sicard de Lordat
Début construction XIVe siècle
Propriétaire initial Gaston Fébus
Protection Logo monument historique Classé MH (1980)
Logo monument historique Inscrit MH (2021)
Site web www.chateau-montaner.comVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées 43° 20′ 57″ nord, 0° 00′ 45″ ouest[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Béarn
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Commune Montaner
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques
(Voir situation sur carte : Pyrénées-Atlantiques)
Château de Montaner
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Montaner

Le château de Montaner est un ancien château fort, de la fin du XIVe siècle, qui se dresse sur la commune française de Montaner dans le département des Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle-Aquitaine.

Le château fait l'objet d'une protection au titre des monuments historiques.

LocalisationModifier

Le château est bâti au bout d'un long plateau, face à l'Armagnac, dominant la vallée de l'Adour, sur la commune de Montaner dans le département français des Pyrénées-Atlantiques. Du haut de son donjon, d'où l'on pouvait surveiller tout ce qui passait de Tarbes aux Landes, et au loin, au sud, la chaine pyrénéenne[2].

HistoriqueModifier

Le château de Montaner a été édifié à la demande de Gaston Fébus entre 1374 et 1380[3] pour protéger les frontières du Béarn face à la Bigorre et à l'Armagnac.

L'architecte fut Sicard de Lordat. En 1379, une négociation eut lieu avec des cagots du Béarn (charpentiers qui étaient considérés comme « intouchables ») pour qu'ils travaillent à la charpente du château (réalisée en 1398). Les cagots passèrent un contrat de gré à gré avec Gaston Fébus, dans l’église de Pau, en présence de témoins, et par devant notaire où les cagots s'engageaient à la construction du château contre une exonération de taille. Pour le château, le maître charpentier cagot Pierre Doat s’engagea au nom des cagots à installer des fours pour y cuire 100 000 briques par an. Le , quatre-vingt-huit charpentiers cagots s’engagèrent à fournir toutes les pièces de bois nécessaires, taillées, avec leurs ferrures, à les poser, à recouvrir les charpentes du toit de lauzes livrées sur place. Dans ce traité, les cagots s’engageaient à exécuter toute la charpente du château de Montaner, ainsi que les ferrures nécessaires, le tout, à leurs frais ; en revanche le prince leur accordait la remise de deux francs sur l'imposition de chaque feu (les « feux » correspondaient aux foyers ou familles), les dispensait de la taille, et leur permettait de prendre le bois dans ses forêts. En 1379, des serfs furent eux aussi dispensés de corvées contre des versements en argent dont le produit fut affecté aux travaux du château. Après la mort de Gaston Fébus, la rénovation du fort, en 1398, exempte ces cagots selon les termes du contrat, pour leurs cagoteries, tout comme les ecclésiastiques pour leurs bénéfices.

Le château de Montaner est vendu par Jean d'Albret, roi de Navarre, à Jean Ier de Foix, seigneur de Lautrec, pour 15 000 écus d'or[4].

Depuis 1854, le château est mis en valeur et géré par le conseil général des Pyrénées-Atlantiques. En été, sont organisés de nombreux spectacles et animations sur le thème du Moyen Âge.

Liste des capitaines et gouverneurs du château de MontanerModifier

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  • Loup-Bergon de Bordeu, la garde du château et de la terre de Montaner fut confié à ce seigneur par Gaston VII de Béarn, pendant la dernière moitié du XIIIe siècle[6].
  • Guilhem-Othon, seigneur d'Andoins, gardera le château de Montaner vers 1318[7].
  • Bertrand et Bertranet de Navailles en 1397 et 1427[8].
  • Joanot de Navailles, Sr de Doat et châtelain de Montaner, le [9].
  • Les capitaines Laborde et Samson de Nays en 1560[10].
  • Jean Durban, gouverneur du château de 1564 à 1569[11].
  • Bernard de Laborde, capitaine nommé au château de Montaner par Jeanne d'Albret en 1569.
  • Jean de Nays créé gouverneur du château en 1594[12], arrêté pour malversation dans la gestion des grains.
  • Bertrand Durban, seigneur de Labassère et de Doat[13].
  • Alain, seigneur de Vauzé, gouverneur du château de Montaner, maître d'hôtel du Roi[14].
  • Henry de Montesquiou, Sr d'Artagnan, nommé en 1627, capitaine et gouverneur du château de Montaner en 1628[15]. Une ordonnance de Louis XIII, attribue 135 livres de gages à d'Artagnan, gouverneur du château de Montaner[4].

DescriptionModifier

Le château[16] construit en briques[note 1], face à l'Armagnac toujours inquiétant par Gaston Phébus au nord-est de son Béarn, comprend une vaste enceinte polygonale percée de deux portes et hérissée d'un haut donjon carré.

La tour maîtresse, haute de 40 m, fait office de tour-porte, et permet d'accéder encore aujourd'hui à la cour intérieure de plan quasi circulaire. La tour est surmontée du blason de Foix-Béarn, lui-même coiffé de la formule « Fébus mé fé », soit « Fébus me fit », que Gaston Fébus faisait mettre sur les constructions qu'il faisait édifier[3].

La cour, au centre de laquelle trône un puits, est bordé de divers bâtiments : une grande salle, des cuisines et des logis pourvus de lavabos et de placards, dont les deux niveaux sont desservi par une galerie[3].

Au nord, on trouve une seconde tour-porte qui était précédée d'une barbacane[3].

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Protection aux monuments historiquesModifier

Sont classés par arrêté du [18] :

  • le donjon ;
  • les ruines de l'enceinte.

Sont inscrits par arrêté du [18] :

  • la totalité du site fortifié du château de Montaner, à l'exception des parties classées, avec les vestiges de la tour située au Nord, la barbacane et les retranchements de l'espace Nord formant une pointe, avec l'ancien village l'accompagnant et ses fortifications, et avec tous les sols et les autres éléments défensifs (fossés, lices, chemins-couverts et avant-chemins-couverts), situés à Montaner.

Le château dans les arts et la cultureModifier

Le Monde vivant d'Eugène Green a été tourné au château de Montaner[19].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Un appareil en « arêtes de poisson » est utilisé dans le blocage des murs[17].

référencesModifier

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. André Châtelain, L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen Âge, Éditions Publitotal, , 319 p. (ASIN B004Z1ACJ4), p. 39.
  3. a b c et d Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 32.
  4. a et b AD64, Série E357.
  5. a b c et d Armorial de J-B. Riestap.
  6. Bulletin, Société des sciences, lettres et arts de Pau, 1876.
  7. Testament de Marguerite de Béarn, AD64, E296, 1318-1319.
  8. Promesses faites à Archambaud de Grailly, vicomte de Béarn, de garder fidèlement le château de Montaner, le à Ger, AD64 ; Série E357.
  9. Bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, Soc., 1877, Volume 6, p. 186.
  10. Histoire du Montanerez / par l'abbé Marseillon.
  11. Muséographie, salle des gardes du château de Montaner en 2019.
  12. Bulletin, Société des sciences, lettres et arts de Pau, 1876, p.187.
  13. Promesse à Catherine, reine de Navarre, de garder le château de Montaner ; AD64 ; Série E357.
  14. AD64, Série E1374, 1621-1631 Registre - In-4°, 422 feuillets, papier.
  15. Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des grands officiers de la couronne et de la maison du roy: avec les qualitez, l'origine, et le progrès de leurs familles : ensemble les statuts et le catalogue des chevaliers, commandeurs, & officiers de l'ordre du Saint Esprit : le tout dressé sur les titres originaux, registres des chartes du roy, du Parlement, de la Chambre des Comptes, & du Châtelet de Paris, cartulaires d’églises, manuscrits & mémoires qui sont dans la bibliothèque, & autres, Volume 1,Anselme (père), Chez Michel David, 1712 - 1796 pages.
  16. « Château fort », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. Mengus 2021, p. 26.
  18. a et b « Château », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. Philippe Chappuis, « Eugène Green : Toutes les nuits et Le pont des arts (interview) », Objectif Cinéma,‎ (lire en ligne).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier