Château de Loches

château fort français
Château de Loches
Image dans Infobox.
Vue aérienne du château.
Présentation
Type
Fondation
XIe siècleVoir et modifier les données sur Wikidata
Style
Propriétaires
Patrimonialité
Site web
Localisation
Adresse
Mail du Donjon et place Charles-VIIVoir et modifier les données sur Wikidata
Loches, Indre-et-Loire
Flag of France.svg France
Coordonnées

Le château de Loches est un ancien château fort, du premier tiers du XIe siècle, qui se dresse dans le Val de Loire, sur la commune française de Loches dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire, au cœur de la cité royale bâtie sur un éperon rocheux ceinturée d'une muraille. Cette Cité comprend, outre le donjon, le logis royal et la collégiale Saint-Ours.

Le château fait l'objet d'une protection partielle au titre des monuments historiques.

LocalisationModifier

Le château est situé sur un petit plateau, s'étirant du sud au nord sur 430 m de long et 130 m de large, longeant l'Indre en rive gauche[1], sur la commune de Loches, dans le département français d'Indre-et-Loire.

HistoriqueModifier

OriginesModifier

Même si des traces de l'occupation romaine sont attestées dans les environs de Loches, il n'existe aucun vestige antérieur à la tour carrée du premier tiers du XIe siècle. La première trace d'un château sur l'emplacement actuel est signalée par Ursus de Cahors en 491, qui évoque un castrum, il s'agissait vraisemblablement d'un camp fortifié comportant un donjon en bois[2].

Saint Ours fit construire un moulin près du monastère et y vécut jusqu'à sa mort vers 510.

En 742, la place est prise par les forces de Pépin et Carloman, qui répriment la révolte de Hunald, duc d'Aquitaine. Le château est alors complètement rasé.

Période angevineModifier

Lorsque Louis le Bègue, fils de Charles le Chauve, fit de Tours une préfecture royale, il en nomma Ingelger préfet. En reconnaissance de ses services, il lui donne une partie du comté d'Anjou et lui fait épouser la fille du comte de Gâtinais. Leur fils Foulques le Roux épousera Roscille de Loches qui lui apportera la forteresse de Loches. C'est ainsi que naîtra la puissante famille des comtes d'Anjou.

Le donjon, l'un des mieux conservés de l'époque romane, fut bâti par Foulques Nerra, quatrième comte d'Anjou. Une analyse dendrochronologie réalisée sur des restes de poutres situe l’abatage des bois entre 1013 et 1035[3].

Il connaîtra plusieurs sièges, notamment lors des luttes qui opposèrent Capétiens et Plantagenêts[4].

Au XIIe siècle, Henri II Plantagenêt rentré en possession du château à la suite de son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, fait ériger les remparts et les douves qui entourent la ville haute (bourg Saint-Ours), toujours visibles actuellement.

Donné à Philippe Auguste par Jean sans Terre, en 1193, il est repris par Richard Cœur de Lion l'année suivante, lors d'un siège de trois heures, selon une légende. Les Plantagenêts renforcent encore la défense par l'adjonction de nouvelles tours.

Domaine royalModifier

Le donjon est repris aux Plantagenêts par Philippe Auguste en 1205[5],[note 1]. À cette date, Loches intègre le domaine royal, et le château ne connaitra plus d'affrontement militaire majeur. Au XIIIe siècle la tour romane est entouré d'une enceinte. C'est au XIVe siècle, sous les règnes de Charles V et Charles VI que le logis royal est bâti[5].

En 1429, Charles VII qui réside souvent au château en compagnie d'Agnès Sorel, y rencontre Jeanne d'Arc[6].

Prison royaleModifier

Il est utilisé comme prison à partir du XVe siècle par Louis XI et ce jusqu'en 1926. Aux XVe et XVIe siècles de nouvelles constructions défensives sont érigées[5], notamment l'enceinte qui est modifiée.

Louis XVI utilisa le château de Loches comme prison pour les Anglais capturés lors de la guerre d'indépendance des États-Unis, à la quelle la France participa contre la Grande-Bretagne.

Durant la Révolution française, le château fut pillé et sévèrement endommagé. Des restaurations majeures commencèrent en 1806 mais encore aujourd'hui certaines parties demeurent en ruines.

DescriptionModifier

La cité fortifiée construite sur le promontoire rocheux surplombant l'Indre enserre différents édifices bâtis entre les Xe et XVe siècles : s'étirant du sud au nord, le château, une collégiale, puis à la pointe nord les logis princiers qui, devenus royaux furent reconstruits au XIVe et XVe siècles[1]. Protégé côté est et ouest, comme sa pointe nord, le front sud qui était relié au plateau voisin fut isolé par un large fossé et c'est ici, face à l'attaque, que l'on concentra les dispositifs militaires[1] ; on peut voir la première muraille ponctuée de tourelles rondes et pleines de la fin du XIIe siècle sur laquelle, le roi Jean sans Terre a fait édifier d'énorme tours en amande percées d'archères[7].

À l'ouest la porte Royale[8] est l'unique entrée de la cité fortifiée. Une première porte fut élevée au XIIIe siècle, dont il ne reste qu'un piédroit roman et les massifs des tours. Elle fut très profondément remaniée au milieu du XVe siècle, dont date les parements de maçonnerie, l'escalier, le corps central, la terrasse à canon, lui donnant sa physionomie actuelle.

DonjonModifier

Le donjon (turris) rectangulaire à contreforts, bâti dans le premier tiers du XIe siècle[note 2] ce qui en fait l'un des plus anciens donjons roman de pierre, commande un ensemble d'enceintes et de tours progressivement modernisé au cours des XIIe et XIIIe siècles[1]. L'entrée du donjon est aménagée pour en rendre l'accès très difficile : elle est placée très haut, et il faut passer par une petite tour rectangulaire jouxtant le donjon. Il est composé d'une « tour maîtresse » habitable et d'un « petit donjon » :

  • la « tour maîtresse », haute de quatre étages sur rez-de-chaussée, elle mesure 36 mètres de haut, sa surface au sol est de 25,2 × 13,7 mètres. Au rez-de-chaussée, on trouve un puits et deux fours. La grande salle, ou aula, occupe le premier niveau, la chambre, ou camera, le second et le troisième est affecté à la défense ; sergents, stocks d'armes et de projectiles ;
  • le « petit donjon » : situé du côté nord, il compte trois étages sur rez-de-chaussée et mesure 13,2 × 9,1 mètres[10]. Ses murs épais renforcés par des contreforts cylindriques en faisaient une forteresse imprenable pour l'époque. On trouve dans ce dernier, au niveau de la camera, la capella, dédiée à Saint-Salboeuf.

La « tour carrée » comportait auparavant un toit et un chemin de ronde extérieur. Les planchers ont disparu, des structures métalliques permettent le passage des visiteurs.

Tour rondeModifier

La Tour ronde, ou « Tour Louis XI », haute de 25 mètres, date du XVe siècle. Les progrès de l'artillerie, à la fin du Moyen Âge, ont rendu caduque l'architecture du donjon ; celui-ci n'était pas adapté pour accueillir des canons. Les dernières recherches laissent à penser qu'elle aurait été construite sur ordre de Charles VII, voire sous Foulque III Nerra.

Elle comporte trois étages reliés par un escalier en vis, les salles des étages servaient de cellules, et comportent de nombreux graffitis et sculptures réalisés par des prisonniers dans la pierre calcaire. Au rez-de-chaussée se trouve la « salle de la Torture » ; cette salle contient une barre de fer équipée d'anneaux, qui servait à entraver des détenus. La terrasse est aménagée pour le déploiement de canons.

L'accès à la tour se fait par le « logis du gouverneur », une bâtisse du XIVe siècle. En 2013, ce bâtiment abrite le hall d'entrée pour la visite du donjon.

La tour ronde s'est à moitié écroulée en juillet 1814, elle a été restaurée par la suite[10].

Le MarteletModifier

Cette tour a la particularité de ne pas être « en hauteur ». En effet, il faut descendre ces 4 niveaux pour la visiter. Elle fut construite au XVe siècle et est haute de 27 mètres, à cheval sur le fossé.

Dans ces quatre niveaux, des cachots sont aménagés. Le plus célèbre d'entre eux est le cachot du Duc de Milan, Ludovic Sforza. Capturé par Louis XII, en 1500, l'ancien protecteur de Léonard de Vinci fut emprisonné durant 4 ans au donjon, dans le cachot qui porte son nom, à partir de 1504. Il y trouve la mort en 1508. Cette cellule laisse encore transparaître l'aspect artistique du personnage avec les fresques dont il a recouvert une partie des murs de sa cellule. On peut encore y lire en partie sa signature « Celui qui n'est pas content », peinte à même le mur.

Autres édificesModifier

La caponnière est une casemate située juste à l'est du donjon elle fut construite vers 1539 pendant les guerres de religions, pour moderniser le château et défendre les fossés.

La partie sud des remparts constituée de trois tours en amande a été construite par Henri II d'Angleterre et son fils, Richard Cœur de Lion. Une poterne à pont-levis (XIVe siècle se cache entre les tours semi-circulaires (XIIe siècle) et en amandes (début XIIIe siècle)[11].

Dans ces tours furent enfermés en 1307 certains templiers, dans l'attente de leur procès. Hugues de Pairaud fut l'un d'eux, arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres templiers, il fut emprisonné à Loches avant d'être transféré à Paris[12].

Artéfact

Sur le site castral est conservé une bombarde du XVe siècle[13].

ProtectionModifier

Est classé par la liste de 1862[14] :

  • le château.

Est classée par arrêté du [14]

  • la porte de l'enceinte du château.

Est classé par la liste de 1889[14] :

Est inscrite par arrêté du [14] :

  • la partie d'enceinte nord-ouest dominant la rue des Fossés-Saint-Ours et reliant la porte principale du château à la base du logis royal au nord.

Propriétés de la commune de Loches, le château et l'église Saint-Ours (ancienne collégiale Notre-Dame) adjacente sont ouverts au public.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le roi de France Philippe Auguste s'empare également de la place de Chinon qui avec Loches passaient pour imprenables.
  2. On a longtemps considéré qu'il datait des années 1100, mais a été redaté par dendrochronologie du premier tiers du XIe siècle[9]

RéférencesModifier

  1. a b c et d André Châtelain, L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen Âge, Éditions Publitotal, , 319 p. (ASIN B004Z1ACJ4), p. 18.
  2. Histoire du donjon de Loches, Edmond Gautier, page 4.
  3. Jean-Pierre Panouillé, Les châteaux forts dans la France du Moyen Âge, Ouest France, 2007 (ISBN 978-2-7373-4424-4), p. 30.
  4. « Insolites ou incontournables, dix châteaux médiévaux à découvrir », Dossiers d'archéologie, no 404,‎ , p. 72 (ISSN 1141-7137).
  5. a b et c Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 45.
  6. Dix châteaux médiévaux à découvrir, p. 72.
  7. Marie-Pierre Baudry, « Les fortifications des Plantagenêts en France », Dossiers d'archéologie, no 404,‎ , p. 36 (ISSN 1141-7137).
  8. Christian Corvisier, « Loches, la "porte royale" du château. Du portail roman à la "bastille" de Charles VII», in Congrès archéologique de France, 1997, p. 189-205, (lire en ligne).
  9. Christian Rémy, « Les multiples facettes du château », Dossiers d'archéologie, no 404,‎ (ISSN 1141-7137).
  10. a et b Histoire du donjon de Loches, chapitre V.
  11. Mengus 2021, p. 49.
  12. Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (1re éd. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1), p. 437.
  13. Mengus 2021, p. 185.
  14. a b c et d « Château et son enceinte », sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Pierre Champion, Le Prisonnier Desconforté du château de Loches. Poème inédit du XVe siècle, avec une introduction, des notes, un glossaire et deux fac-similés, Paris, Honoré Champion éditeur, 1909, [lire en ligne].
  • Jean Mesqui, La tour maîtresse du donjon de Loches, p. 65-128, Bulletin Monumental, Année 1998, Volume 156, no 156-1, Société française d'archéologie Texte
  • Jean Mesqui: Les enceintes du donjon de Loches. In: Congrès Archéologique de France, 155e session, 1997, Touraine. Paris 2003, pages 207–237 (PDF, 5,6 MB).
  • Pierre Papin, Loches. Poursuite des fouilles dans la cité royale à l'emplacement du palais des comtes d'Anjou (XIe – XIIe siècle), dans Bulletin monumental, 2017, no 175-2, p. 161-162 (ISBN 978-2-901837-67-1)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier