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Château de Dinan

château fort français

Château de Dinan
Image illustrative de l’article Château de Dinan
Château de Dinan
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction 1384
Fin construction 1393
Propriétaire initial Jean IV de Bretagne
Destination initiale Résidence princière
Propriétaire actuel Commune de Dinan
Protection Logo monument historique Classé MH (1886)[1]
Coordonnées 48° 27′ 01″ nord, 2° 02′ 41″ ouest[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Bretagne
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Commune Dinan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Dinan

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Château de Dinan

Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor

(Voir situation sur carte : Côtes-d'Armor)
Château de Dinan

Le château de Dinan (Côtes-d'Armor) est un monument historique se situant au sud de la ville. C'est un ensemble composite, constitué à la fin du XVIe siècle par le duc de Mercœur à partir de trois éléments initialement distincts : la tour ducale, édifiée dans la décennie 1380 par le duc de Bretagne Jean IV , la porte du Guichet - à l'origine la porte méridionale de la ville - et la tour Coëtquen, remarquable tour d'artillerie construite à la fin du XVe siècle lors des travaux de modernisation de l'enceinte urbaine, commandités par le duc François II. L'ensemble fait partie de l'enceinte urbaine de Dinan, construite à la fin du XIIIe siècle par les ducs de Bretagne, et jadis la troisième plus importante du duché après celles de Nantes et de Rennes.

Sommaire

HistoireModifier

Sorti vainqueur de la guerre de succession de Bretagne, Jean IV le Conquérant, duc de Bretagne, décide de la construction d'une tour maîtresse à Dinan en 1380 dans le but d'affirmer son autorité dans une ville qui a longtemps soutenu son rival Charles de Blois. Sous la conduite du maître d’œuvre Étienne le Tur, le chantier est achevé en 1393 et peut-être même dès 1384. Formé de deux tours rondes accolées dont la jonction est renforcée à l'ouest par un avant-corps carré, l'édifice culmine à plus de 30 mètres. Le couronnement est renforcé par des consoles de mâchicoulis à quatre ressauts. Le ressaut inférieur, très étiré, permet à la console de s'appuyer sur un nombre d'assises plus important, tout en offrant un rendu esthétique d'une grande qualité. A l'origine, une toiture d'ardoises venait coiffer l'ensemble.

Plus qu'une forteresse, cette construction est avant tout une résidence princière, une véritable "tour-palais" où la distribution des espaces et la grande qualité des décors intérieurs répondent à une organisation stricte, caractéristique de la fin du XIVe siècle[3]. Ainsi, sur cinq niveaux, se succèdent tour à tour la cuisine, la salle de banquet, la chambre de parement et la chapelle, et enfin les appartements privés. À l'origine, un sixième niveau et une toiture décrite en 1636 comme à « double sommet en pointes couvertes d'ardoises[4] » venait compléter l'ensemble[5]. Remarquable exemple de l'architecture de la fin du XIVe siècle, la tour-palais de Dinan s'inscrit, de par sa complexité architecturale et la qualité de son décor, parmi les grandes demeures princières de la période. À l'échelle de la Bretagne, il s'agit, avec le château des ducs de Bretagne à Nantes et le château de Suscinio, d'un témoin du raffinement de la cour des Montfort.

À la fin du XVIe siècle, Dinan devient une place-forte de la Ligue catholique et, sous l'impulsion du duc de Mercœur, gouverneur de Bretagne, d'importantes modifications sont entreprises[6]. Afin de réunir la tour maîtresse à la tour Coëtquen (tour d'artillerie érigée à la fin du XVe siècle), une gaine militaire dite "le souterrain Mercoeur" est aménagée, entraînant la condamnation de la porte du Guichet qui est alors murée. En parallèle, une cour-haute, protégée par des structures en éperon est construite. De manière très significative, c'est vers la ville, et non vers l'extérieur, que sont alors tournées les embrasures.

Délaissé au XVIIe siècle, le château de Dinan fait l'objet de deux rapports, en 1693 et 1701, de l'ingénieur militaire Siméon Garangeau[7]. Vantant la qualité architecturale de l'édifice, il suggère des travaux afin de transformer la tour maîtresse en prison militaire. Pendant tout le XVIIIe siècle, des marins anglais et hollandais vont y loger par centaines. Conséquence de ces transformations, la toiture est définitivement remplacée par une terrasse tandis que le chevet de la chapelle est percé pour accueillir une nouvelle porte d'entrée[8].

Devenu prison de droit commun au XIXe siècle, le château est racheté au début du XXe siècle par la ville de Dinan qui y installe son musée municipal en 1908. Consacrées à l'histoire et à l'artisanat de Dinan et de son territoire, les collections du Musée de Dinan comprennent de nombreux objets ethnographiques collectés dans les communes des bords de Rance. Retirées progressivement du château en 2015, les collections sont désormais conservées dans les réserves municipales.

En 2014, la Ville de Dinan a souhaité porter un ambitieux programme de restauration et de mise en valeur du monument rendu possible grâce à d'importantes recherches historiques qui ont permis un autre regard sur le château. Inauguré le 9 juin 2019, ce projet comprend d'importants travaux sur le monument - à commencer par l'ouverture au public du "souterrain Mercoeur" et de la restitution de l'emprise de la cour d'honneur - mais également la mise en place d'une nouvelle scénographie dont les deux thématiques "l'art de la guerre au XVe siècle" et "la vie quotidienne dans les résidences princières" sont au service de la compréhension du château et de son architecture.

 
Vue depuis la cour-haute du Château

ProtectionModifier

Le château de Dinan est classé au titre des monuments historiques le [1].

Ouverture au publicModifier

Le château de Dinan est ouvert à la visite tous les jours, de la fin février au 31 décembre.

Le 9 juin 2019, après plusieurs mois de travaux, le château a rouvert ses portes et propose désormais un nouveau parcours de visite. De juin à septembre plusieurs visites thématiques sont proposées tout au long de la journée.

Depuis 2013, la fréquentation du site connaît une hausse importante, preuve de l'intérêt des visiteurs pour ce remarquable témoignage de l'architecture résidentielle des ducs de Bretagne.

Avec plus de 41 000 visiteurs en 2017 et 2018, le Château de Dinan est aujourd'hui le premier monument visité de la Ville de Dinan et le second château le plus visité des Côtes-d'Armor après Le Fort la Latte.[9]

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
visiteurs 24 565 24 140 24 776 19 421 23 569 31 681 33 404 41 454 41 121

RéférencesModifier

  1. a et b Notice no PA00089071, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail.
  3. Mesqui, « Les châteaux et la ville forte de Dinan », Le Beau Moyen Âge - Bulletion de la Société Française d'Archéologie,‎ , p. 53-84
  4. Coll., La Bretagne d'après l'Itinéraire de M. Dubuisson Aubenay, PUR, , 218 p.
  5. Laissez-vous conter Dinan, le Livre, Ville de Dinan, , 96 p., p. 22-24
  6. Simon Guinebaud, "Dinan, place-forte de la Ligue (1585-1598)", in Le Pays de Dinan, Le Pays de Dinan, , p. 99-111
  7. Service Historique de l'Armée de Terre, GR 1VH2224.
  8. Stéphane Gesret, Les remparts de Dinan, Editions de La Plomée, , p. 173-200
  9. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. https://actu.fr/bretagne/dinan_22050/dinan-tour-coetquen-chateau-se-met-scene-partir-14-mai_16670933.html

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Geslin de Bourgogne, Dinan, dans Bulletins et mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, 1870, tome 8, p. 19-34 (lire en ligne), 2 plans
  • Arthur de la Borderie, Les origines de la ville de Dinan et de ses seigneurs, dans Revue de Bretagne et de Vendée, avril-juin 1891, p. 255-278, p. 436-447
  • Henri Bourde de la Rogerie, Les fondations de villes et de bourgs en Bretagne du XIe au XIIIe siècle, dans Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, 1928, tome 99, p. 69-106 (lire en ligne)
  • Raymond Cornon, Dinan, dans Congrès archéologique de France. 107e session. Saint-Brieuc. 1949, Société française d'archéologie, 1950, p. 172-183
  • Jean Mesqui, Les châteaux et la ville forte du Dinan, dans Congrès archéologique de France. 173e session. Monuments des Côtes-d'Armor. « Le Beau Moyen-Âge ». 2015, Société française d'archéologie, 2017, p. 53-84, (ISBN 978-2-901837-70-1)

Film tourné au château de DinanModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier