Château de Cerisy-la-Salle

château à Cerisy-la-Salle (Manche)

Château de Cerisy-la-Salle
Image illustrative de l’article Château de Cerisy-la-Salle
Type Château
Début construction Début XVIIe siècle
Propriétaire initial Jean Richier
Destination initiale Résidence seigneurial
Destination actuelle Habitation privée
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1946)
Logo monument historique Classé MH (1995)[1]
Coordonnées 49° 01′ 19″ nord, 1° 17′ 19″ ouest[2]
Pays Drapeau de la France France
Ancienne province Normandie
Région Normandie
Département Manche
Commune Cerisy-la-Salle
Géolocalisation sur la carte : Manche
(Voir situation sur carte : Manche)
Château de Cerisy-la-Salle
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Cerisy-la-Salle

Le château de Cerisy-la-Salle est une demeure, du début du XVIIe siècle, qui se dresse sur la commune de Cerisy-la-Salle dans le département de la Manche, en région Normandie.

Le château fait l’objet d’une protection totale au titre des monuments historiques, d'abord par arrêté du , ou les dépendances, sauf celles classées on fait l'objet d'une inscription partielle, complété par un arrêté du , classant partiellement le château avec ses décors peints ; terrasses, fossés et leurs ponts vestiges de l'ancien château et notamment la barbacane ; ferme, à l'exclusion des écuries situées au nord-est du château[1].

LocalisationModifier

Le château de Cerisy-la-Salle est situé à 600 mètres au sud-ouest de l'église du bourg, sur une éminence dominant la vallée de la Soulles.

HistoriqueModifier

À l'origine la seigneurie de Cerisy, qui s'étendait sur les paroisses de Montpinchon et de Cerisy, est la possession des Pirou. À leur extinction, le fief passe à la famille de Grimouville, puis aux Richier, qui le conservera jusqu'à la Révolution.

Le château actuel est construit entre 1605 et 1620[3], après l’édit de Nantes, par Jean Richier, fervent huguenot. C'est à lui que l'on doit la création du marché hebdomadaire, le samedi, et l'établissement de deux foires annuelles, à la Saint-Martin. Les Richier était une famille de la noblesse protestante. Un Jacques Richier, pasteur protestant, sieur de la Hutière, sera expulsé de France pour ses convictions. Un autre de cette famille dut abjurer le protestantisme afin de pouvoir hériter des biens de la seigneurie de Cerisy. Cependant, un Jacques Richier (1708 † 1771)[3] sera évêque catholique de Lombez.

Élisabeth Le Loup de Hiesville, veuve de Jean Richier, le bâtisseur du château, eu à héberger 80 dragons, qui se livrèrent à de nombreuses dragonnades. Le château était le siège de l'une des 20 paroisses protestantes du département[4].

Gédéon Richier (1752 † 1807)[3], alors seigneur du lieu au moment de la Révolution et qui en était entré en possession en 1781, verra la confiscation et la vente de tous ses meubles à la suite de son émigration. Officier et chef d'escadron de cavalerie aux chasseurs du Hainaut, il avait rejoint l'armée des princes. Le 18 germinal an II ([3], le district de Coutances vend le château comme bien national qui finit par échouer, en 1819[3], entre les mains de Joseph Savary, né à Notre-Dame-de-Cenilly et ancêtre des propriétaires actuels. Le château accueille depuis 1952[5] le Centre culturel international, fondée par Anne Heurgon-Desjardins (1899 † 1977)[5], dans le prolongement des « Décades de Pontigny » créée par son pére Paul Desjardins. Ainsi le château a accueilli des « rencontres » sur Barbey d'Aurevilly, l'Humour Normand, la Contre-Réforme, les Normands en Sicile, l'Architecture Normande médiévale, les manuscrits et enluminures, etc. Ont notamment participé à ses rencontres : Raymond Aron, Jean-Marie Domenach, Jean Follain, Alain Robbe-Grillet, Clara Malraux, Eugène Ionesco, Roland Barthes, Jacques Derrida, Elie Wiesel, Michel Tournier, Umberto Eco.

DescriptionModifier

Le château, entre place forte et demeure de plaisance, adopte le plan bastionné des manoirs de la fin du XVIe siècle. Le corps de logis, édifié en schiste et granit, est flanqué de quatre pavillons d’angle, trois côtés étant protégés par des douves sèches. L’alignement de la façade nord et les ponts datent de 1756. D’un style grave et noble, les éléments décoratifs se limitent aux lucarnes des pavillons, aux bandeaux horizontaux et à la polychromie des matériaux (grès rouge et granit).

À l’intérieur, on note l’escalier monumental, les cheminées en granit, l’ancienne salle basse avec son plafond peint Louis XIII, ainsi que le salon de boiserie, le grand salon, l’ancienne cuisine, les combles.

La ferme, contemporaine du château, avec quelques éléments antérieurs, adopte un plan en « L », tandis que d’autres bâtiments (les écuries, l’orangerie, les serres) sont postérieurs.

À l’ouest et au nord, les ruines du manoir précédent, avec une échauguette, ainsi que le platane bicentenaire dominent un étang remplaçant d’anciens viviers et ayant servi de déversoir au moulin.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Michel Hébert et André Gervaise, Châteaux et Manoirs de la Manche, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, (ISBN 978-2-847-06143-7), p. 150-152.

Articles connexesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier