Château de Boucard

château fort français

Château de Boucard
Image illustrative de l’article Château de Boucard
Vue du château et de ses douves
Période ou style Moyen Âge,
Renaissance
Début construction XIVe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Propriétaire initial Antoine de Boucard
Propriétaire actuel Marie-Henriette de Montabert
Protection Logo monument historique Classé MH (1995)
Coordonnées 47° 21′ 02″ nord, 2° 40′ 54″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Berry
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Commune Le Noyer
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Boucard

Le château de Boucard est situé au Noyer (Cher), en Pays-Fort, région naturelle de l'ancienne province du Berry jouxtant le Sancerrois.

Historique et architectureModifier

Le château est construit au bord de la Grande Sauldre, en Pays-Fort, aux confins du Sancerrois et de l'ancienne principauté de Boisbelle.

Le château médiévalModifier

Il tient son nom de la famille de Boucard (ou Boucart ; portant De gueules aux trois lionceaux d'or[2],[3]), originaire de Gascogne, qui devint propriétaire de terres en Haut-Berry, lors du mariage de Jean Ier (ou II) de Boucart avec Anne/Agnès de Blancafort à la fin du XIVe siècle.

Peu après cette installation, l'actuel château est édifié sur l'emplacement d'une ancienne motte féodale (la Motte du Plessis) par leur petit-fils Lancelot de Boucart[4] (fils de Jean II (ou III) et de Marguerite de La Rivière, cousine germaine de Bureau ; le fils de Lancelot fut Jean III (ou IV) de Boucart, et sa fille Marguerite épousa en 1457 Jean II de Courtenay-Bléneau). De ce château construit dans un style encore majoritairement médiéval, subsistent le gros œuvre du châtelet d'entrée, les murs extérieurs et les tours d'angle du château[5].

Le château RenaissanceModifier

Le château tel qu'il est aujourd'hui est pour l'essentiel dû à Antoine de Boucard, dernier fils de Jean III (ou IV) et Marquise de Brillac (son frère aîné François de Boucart continue les sires de Blancafort), gentilhomme de la maison de François Ier, combattant des guerres d'Italie, qui édifia vers 1520, dans le style de la première Renaissance un logis neuf dans l'angle sud de la cour. Antoine épousa Anne/Jeanne, fille d'Adrien de L'Hôpital de Choisy et arrière-grand-tante du maréchal de Vitry ; leur fils aîné, François de Boucard, fit élever l'aile nord en 1560. Sur la façade est inscrite la devise du château « Victrix patentia fatia » (la patience, victorieuse du destin). La 2e fille de François, Gasparde de Boucard, transmet Boucard à son mari François II de Cugnac († 1615 ; baron de Dampierre en 1598, lieutenant-général en Orléanais, chevalier du St-Esprit en 1595) : parents de François de Cugnac († 1618), sire de Boucard, marié à Gabrielle de Popillon du Ryau (qui acquit Jars), d'où Françoise de Cugnac, femme en 1632 d'Edme de La Châtre († 1645), comte de Nançay, Grand-maître de la Garde-robe du roi et colonel-général des Suisses et Grisons. Leur fille Louise-Antoinette de La Châtre, dame du palais de la reine, épousa en 1653 avec postérité Louis de Crevant d'Humières, maréchal de France, alors que leur fils Louis de La Châtre († 1664) continua les comtes de Nançay et fut également sire de Jars et de Boucard.

Époque moderneModifier

Louis de La Châtre devint gouverneur de Bapaume en achetant cette charge à Philippe de Montaut-Bénac de Navailles, mais n'ayant pu entièrement en payer le prix, Boucard et Jars passèrent à son créancier, ledit Navailles.

En 1664 et de 1671 à 1674, Louis XIV assigne à résidence à Boucard Philippe de Montaut-Bénac de Navailles (1619-1684 ; maréchal de France en 1675, duc et pair de Lavedan puis de Montaut). Ce dernier ouvre la cour sur la Sauldre et aménage le premier étage de l'aile nord.

Le plan des jardins fut donné par Dosmont, élève de l'architecte du roi Jean-Michel Chevotet, pour le fermier général et directeur de la Compagnie des Indes Étienne Perrinet de Jars (1675-1762) qui devint propriétaire du château en 1720 (plutôt qu'en 1760[6] ; Perrinet avaient acquis Boucard des enfants du maréchal de Navailles, avec Nancray et Jars ; à Paris, Etienne Perrinet acheta l'Hôtel de Perrinet en 1746).

Le château restera dans sa famille, qui s'en désintéresse peu à peu, le domaine étant progressivement abandonné dans le courant du XIXe siècle, pour n'être plus qu'un lieu dédié à la chasse.

Restauration au XXe siècleModifier

Dans les années 1920, Charles-Auguste de Bryas, descendant de la famille de Vogüé (cf. Léonce, issu des Perrinet de Jars par sa mère), hérite du château. Son épouse, Hélène de Bryas (née de La Rochefoucauld d'Estissac) redécouvre le château et les jardins qui menacent de tomber en ruines, et les restaure pour rendre le domaine habitable. La famille y séjournera notamment durant la Seconde Guerre mondiale.

Dans les années 1960, le château revient à son actuelle propriétaire, Marie-Henriette de Montabert, fille d'Hélène de Brias, qui l'ouvre au public et l'inscrit parmi les étapes de la Route Jacques-Cœur en 1965.

Le château, ainsi que ses dépendances, les parcs et jardins, les douves, canaux et ponts font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [5].

Notes et référencesModifier

  1. Coordonnées vérifiées sur Google Maps
  2. « Blancafort en Berry, p. 16 », sur Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France, t. IV, par le chevalier de Courcelles, à Paris, 1824
  3. « Les Blancafort et les Boucard, p. 841-843 », sur Histoire de Berry, par Gaspard Thaumas de La Thaumassière, chez Jacques Morel à Paris, 1689
  4. « Le château de Boucard », sur Château-de-Boucard (consulté le 13 septembre 2019)
  5. a et b « Château de Boucard », notice no PA00096859, base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Le Journal de Gien - 10 avril 2009

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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