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Château d'Ivry-la-Bataille

château fort français
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Château d'Ivry-la-Bataille
Image illustrative de l’article Château d'Ivry-la-Bataille
Les ruines du donjon.
Période ou style Moyen Âge central et tardif
Type Château fort
Architecte Lanfred
Début construction Xe siècle
Fin construction XIIIe siècle
Propriétaire actuel Commune d'Ivry-la-Bataille
Protection Logo monument historique Classé MH (1990)
Site web ivry-lesvieillespierres.fr
Coordonnées 48° 53′ 06″ nord, 1° 27′ 25″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Duché de Normandie
Région Normandie
Département Eure
Commune Ivry-la-Bataille

Géolocalisation sur la carte : Eure

(Voir situation sur carte : Eure)
Château d'Ivry-la-Bataille

Géolocalisation sur la carte : Normandie

(Voir situation sur carte : Normandie)
Château d'Ivry-la-Bataille

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(Voir situation sur carte : France)
Château d'Ivry-la-Bataille

Le château d'Ivry-la-Bataille, édifié sur la commune d'Ivry-la-Bataille dans le sud-est du département de l'Eure, fut une forteresse militaire et d'habitation dont la construction commence à la fin du Xe siècle. Il est entièrement détruit en 1424. Ses ruines ont fait l'objet de fouilles et sont désormais visitables.

Sommaire

SituationModifier

Le château occupe une colline, au bord du plateau qui domine l'Eure et le bourg d'Ivry-la-Bataille. Cette commune tient son nom de la célèbre bataille qui opposa le futur Henri IV aux troupes de la Ligue catholique, le  ; avant cela, elle s'appelait Ivry-la-Chaussée.

Trois fossés parallèles, ainsi qu'un quatrième profondément taillé à même la roche sur le flanc ouest, isolaient le château du reste du plateau ; le tout constituant une position défensive en éperon barré. Coté Est, le site domine la ville d'une hauteur de cinquante mètres environ.

De par sa localisation, cette forteresse défendait les frontières du duché de Normandie, enjeu stratégique entre la couronne de France et celle d'Angleterre. Ce verrou sur la vallée de l'Eure, s'inscrit dans la ligne de défense où l'on retrouve le château de Saint-Clair-sur-Epte, celui de Gisors, etc.

Intérêt archéologiqueModifier

 
L'intérieur du donjon et l'accès aux salles basses.

Commencée vers 960 (cette date n'est pas confirmée), la construction primitive est un quadrilatère de murailles à contreforts de 32 mètres sur 25. Ce logis-donjon, ou aula, s'élevait sur au moins deux niveaux et englobait une petite chapelle dite de Saint-Ursin. À la base des murs d'une épaisseur de 3 mètres, on remarque un appareil en arête-de-poisson[2] caractéristique des constructions carolingiennes ainsi que l'emploi de chaînage en briques sur quelques éléments dont un contrefort.

Cet ensemble imposant est dû, selon la légende, à l'architecte Lanfred (ou Lanfroi ou Lansfred ou Lanfrai[3],[n 1]), qui aurait ensuite été décapité par ordre d'Alberède[n 2], femme du comte Raoul[6]. Le donjon s'élève vers l'an 1000 et représente pour l'époque un des premiers emplois de la pierre ; les châteaux féodaux étant jusque-là en bois. De nos jours, ne subsiste plus que le premier niveau, c'est la plus ancienne construction médiévale de pierre de Normandie. Des études récentes[n 3] avancent l'hypothèse que le château aurait servi de modèle pour la tour de Londres (vers 1070). Une vaste enceinte, moins défendue, s'étend au sud du donjon, constituant la basse-cour.

Dans les siècles suivants, une enceinte de défense, entourant le donjon, est ajoutée, flanquée de tours et d'un châtelet d'entrée.

Après sa destruction et son arasement, les vestiges, devenus carrière de pierres et comblés de terre, tombent peu à peu dans l'oubli. Vers 1960, seule une colline boisée où quelques pans de murs émergent marque encore l'emplacement de la forteresse. C'est en 1968 que Robert Baudet, ébéniste à Ivry, entreprend, avec un groupe de bénévoles, le dégagement des substructures. Après vingt ans de travaux, le sol d'origine réapparaît et les ruines du château ressortent de terre. Classés au titre des monuments historiques depuis 1990[7], les vestiges, redevenus imposants, appartiennent à la commune et sont en visite libre.

Jalons historiquesModifier

 
Le châtelet d'entrée, du XIIIe siècle

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Lanfred est également l'architecte du château de Pithiviers.
  2. Alberède ou Aubrée est la seconde épouse du comte, vers 1011[4]. Ce qu'omet de préciser le chroniqueur Orderic Vital. En revanche cette période trouble correspond à un conflit entre Normandie et Blois qui se terminera par la paix de Coudres. Lanfroi travaillant aussi à Pithiviers, place alliée des blésois[5], cela peut expliquer sa fin tragique.
  3. Dominique Pitte voit à Ivry un chaînon de l'évolution entre le donjon de Doué-la-Fontaine et la tour de Londres.

RéférencesModifier

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. André Châtelain, Châteaux forts et féodalité en Ile de France, du XIe au XIIIe siècle, Editions CREER, 507 p. (ISBN 9782902894161, lire en ligne), p 219.
  3. Denis Joulain, « Le Château d'Alberède : essai d'histoire du château d'Ivry », sur openbibart.fr (consulté le 8 mai 2017)
  4. Véronique Gazeau, Le patrimoine d’Hugues de Bayeux (c. 1011-1049). p. 139-147.
  5. « Hugues de Beauvais - Le Comte Palatin de l’An Mil »
  6. M. Guizot, Histoire de la Normandie, tome III. p. 364 - [lire en ligne].
  7. « Château », notice no PA00099460, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • François-Joseph Mauduit, Histoire d'Ivry-la-Bataille et de l'abbaye de Notre-Dame d'Ivry, d'après les notes et pièces inédites recueillies par feu M. F.-J. Mauduit, rédigées et classées par un membre de la Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, Évreux, Imprimerie de Charles Hérissey, , 609 p. (lire en ligne).
  • Dominique Pitte, Le Château d'Ivry (Eure)- La Normandie vers l'an mil, Rouen, société de l'histoire normande, 2000, p. 77-83
  • Jean Mesqui, Ivry-la-Bataille - Châteaux et fortifications en France, Flammarion, Paris, 1997

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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