Cervières (Hautes-Alpes)

commune française du département des Hautes-Alpes
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Cervières
Cervières (Hautes-Alpes)
Vue d'ensemble entre l'église paroissiale Saint-Michel-et-Saint-Mammès et l'église Saint-Michel.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton Briançon-1
Intercommunalité Communauté de communes du Briançonnais
Maire
Mandat
Jean-Franck Vioujas
2014-2020
Code postal 05100
Code commune 05027
Démographie
Population
municipale
188 hab. (2017 en augmentation de 7,43 % par rapport à 2012)
Densité 1,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 52′ 14″ nord, 6° 43′ 21″ est
Altitude Min. 1 375 m
Max. 3 321 m
Superficie 109,68 km2
Localisation
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Cervières
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Cervières

Cervières (en provençal alpin Cervèira [saʁˈvɛjro]) est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Cervières est située à 9 km de Briançon sur la route des Grandes Alpes au pied du col d'Izoard (2 364 m) et en dessous de la plaine d'altitude du Bourget.

Géologie et reliefModifier

Le village est situé à 1 620 m d'altitude, au pied de hautes montagnes marquant la limite entre le Briançonnais et le Queyras (pic de Rochebrune, 3 323 m). Plusieurs curiosités sont situées sur le territoire de la commune :

  • la plaine du Bourget, dans la haute vallée de la Cerveyrette, constitue un exemple rare de marécage d'altitude (à environ 1 900 m d'altitude) qui était d'une très grande richesse biologique avant la construction de la route et le recalibrage de certains affluents de la Cerveyrette ;
  • le mont Chenaillet est une curiosité géologique mondialement connue, vestige de l'ancien océan alpin formé il y a environ 155 millions d'années, après la dislocation de la Pangée. Cet océan ouvert entre le jurassique supérieur et le crétacé inférieur a depuis lors disparu victime la convergence entre les plaques lithosphériques européenne et africaine (Italie). L'ophiolite du Chenaillet est un site dont la nature même fait encore de débats dans la communauté scientifique. Le Mont Chenaillet est à cheval entre les Communes de Cervières et de Montgenèvre.
  • la vallée des Fonts forme sur une dizaine de kilomètres de longueur un paradis du vélo de la randonnée et, bien sûr, du ski de fond. Constituée de les schistes lustrés, elle témoigne de la subduction de l'ancien océan alpin (prisme d'accrétion).
  • plateau du Lasseron (réserve de chamois) ; dans l'ancienne marge continentale passive piémontaise.
  • col d'Izoard.

Hydrographie et les eaux souterrainesModifier

Cours d'eau sur la commune ou à son aval[1] :

Assainissement intercommunal[3] du briançonnais[4].

ClimatModifier

Climat classé Dfb dans la classification de Köppen et Geiger[5].

Voies de communications et transportsModifier

Voies routièresModifier

Transports en communModifier

Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur

  • Les transports régionaux du réseau Zou !.
  • Les navettes blanches de l'Aéroport Marseille Provence ou de la Gare TGV d'Aix-en-Provence vers les stations de ski des Alpes du Sud[6].

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sou la forme Cerveria en 1148[7],[8].

Cervèira en occitan haut-alpin[9].

Cervières dérive de cervier (adj. : propre au cerf). Ce toponyme pourrait désigner une partie de la forêt fréquentée par les cerfs.

HistoireModifier

L'existence du village de Cervières est attestée depuis le Haut Moyen Âge. À l'origine il était initialement installé sur les hauteurs, peut-être en raison des inondations. Du XIVe siècle au XVe siècle, les habitants se rapprochèrent de la Cerveyrette à cause du manque d'eau[10]. Les plus anciennes maisons que l'on peut encore observer datent du XVIe siècle.

 
L'église Saint-Michel.

Le village appartint, entre le XIVe siècle et la Révolution française (création des départements), au territoire de la République des Escartons (dans le Haut Dauphiné) qui regroupait une douzaine de localités autour de Briançon et d'Oulx (commune située actuellement dans le Piémont italien). Cette République des Escartons bénéficiait de privilèges fiscaux et d'une autonomie administrative vis-à-vis des Royaumes de France et de Piémont.

L'église Saint-Michel, datant du XVe siècle, domine d'environ 50 m les habitations. Son clocher carré en pierre, encadré de quatre clochetons, est représentatif du style lombard, sur le modèle de la cathédrale d'Embrun. Le village, situé avant la Seconde Guerre mondiale sur la rive gauche de la Cerveyrette, fut en grande partie détruit par les bombes incendiaires lancées depuis les crêtes par les Allemands, lors des combats de la Libération du Briançonnais (août - septembre 1944). Les maisons à pans de bois et les stocks de fourrages alimentèrent le feu qui détruisit 90 % des habitations.

 
Vue panoramique du village.

Le village actuel a été reconstruit dans les années 1950 sur la rive droite du torrent, dans une disposition le préservant de l'incendie : les maisons sont toutes séparées et bâties sur un plan parallèle aux courbes de niveau. En 1957, une trentaine d'anciennes maisons furent encore anéanties par une inondation. Aujourd'hui subsistent encore le long de la rivière quelques maisons à pans de bois.

Dès 1961, des projets de station de ski alpin ont été imaginés sur la Haute Vallée de la Cerveyrette[11]. Dans le cadre du Plan neige, de 1967 à 1969, dans cette optique, un groupe financier belge veut déjà acheter les terres de la haute vallée à des prix dérisoires , ce que les cerveyrins refusent, malgré des pressions politiques[11]

En décembre 1969, l'Association pour l'étude et la sauvegarde de la vallée de Cervières (A.E.S.C.)[12], toujours active 45 ans plus tard[13], édite un journal, La Paparelle et formule des contre-propositions, dans lesquelles la protection de la nature et sa mise en valeur ne paraissent plus incompatibles.

Au même moment, un projet de station de sports d'hiver nommée SuperCervières, située au niveau de la plaine du Bourget (1 850 m) et destinée à être reliée au domaine de Montgenèvre, est lancé. Il prévoit " l'expropriation de 1 150 hectares de terrains privés et de 5 350 hectares de terrains communaux, c'est-à-dire plus de la moitié de la commune, qui compte 11 000 hectares, avec le départ forcé de 22 agriculteurs, qui élèvent un millier de moutons en plus troupeaux de vaches[14] et s'y opposent[15]. Une pétition nationale réunit 19 000 signatures et 500 lettres recommandées à la préfecture par des personnalités, parmi lesquelles le vulcanologue Haroun Tazieff[11], sur fond de nombreux articles de journaux et de reportage télévisé[14].

En 1977, le projet avorta sous la pression des élus locaux, parmi lesquels les deux maires successifs, Raymond Faure-Brac[16] et André Gatineau. C'est l'une des rares vallées des Alpes encore préservées des équipements lourds, qui s'est ouverte au tourisme d'hiver via la voie plus légère du ski de fond.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1974 mars 1980 Raymond Faure-Brac    
mars 1974 mars 1980 André Gatineau    
mars 1989 mars 1999 Louis Conio    
mars 2001 mars 2008 Nadine Chastel    
mars 2008 mars 2014 Thierry Ducurtil[17]    
mars 2014 En cours Jean-Franck Vioujas[18] DVD Agent immobilier retraité

Budget et fiscalité 2017Modifier

En 2017, le budget de la commune était constitué ainsi[19] :

  • total des produits de fonctionnement : 565 000 , soit 2 973  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 519 000 , soit 2 732  par habitant ;
  • total des ressources d'investissement : 494 000 , soit 2 601  par habitant ;
  • total des emplois d'investissement : 427 000 , soit 2 248  par habitant ;
  • endettement : 127 000 , soit 666  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d'habitation : 2,62 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 7,74 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 32,88 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2015 : médiane en 2015 du revenu disponible, par unité de consommation : 18 170 [20].

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

Les habitants sont les Cerveyrains.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[21]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[22].

En 2017, la commune comptait 188 habitants[Note 1], en augmentation de 7,43 % par rapport à 2012 (Hautes-Alpes : +1 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
817675925876895918825841900
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
903880830752699702711628593
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
527487459425386327324180194
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
15111196105120129128169183
2017 - - - - - - - -
188--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[24].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

Établissements d'enseignements[25] :

  • Écoles maternelles et primaires à Montgenèvre, Briançon[26],
  • Collèges à Briançon,
  • Lycées à Briançon.

SantéModifier

Professionnels et établissements de santé[27] :

CultesModifier

ÉconomieModifier

AgricultureModifier

  • L’agropastoralisme[31].
  • Fermes de la reconstruction[32].

TourismeModifier

  • Le village est une station de ski de fond, avec d'une part des pistes au hameau du Laus, avec l'itinéraire de montée au col d'Izoard, et d'autre part dans la plaine des Fonts, reliant les différents hameaux d'alpage. Au total, 42 km de pistes [33].
  • Le refuge Napoléon[34], construit en 1858, un peu avant l'arrivée au col d'Izoard.
  • Maisons d'hôtes, gîtes.

CommercesModifier

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Patrimoine religieux :

Autres lieux et patrimoines :

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

  Blason De gueules à la tête de cerf d’or[66].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

CinémaModifier

Belle et SébastienModifier

Cervières fut l'un des lieux du tournage du film Belle et Sébastien 3 : Le Dernier Chapitre, réalisé par Clovis Cornillac et publié en 2017.

Pour approfondirModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Cours d'eau sur la commune ou à son aval
  2. Lac des Cordes - Vallée des Fonts de Cervières
  3. Plans du zonage d'assainissement par commune
  4. zonage d'assainissement intercommunal du briançonnais
  5. Table climatique
  6. Les navettes blanches
  7. Sur le cartulaire Ulciensis ecclesiam chartarium.
  8. Stéphane Gendron - 2003 - Les noms des lieux en France: essai de toponymie - Page 236.
  9. Cervières (en occitan alpin Cervèira)
  10. Histoire de Cervières
  11. a b et c Autopsie de Super-Cervières (extrait de la Paparelle n°11 - juin 2015) [1]
  12. Site de l'Association AESC
  13. L'AESC et Mountain Wilderness pour la préservation du site du Col d'Izoard l'hiver [2]
  14. a et b « Les habitants de Cervières ne veulent pas vendre leur vie pour une bouchée de foin », Télérama,‎ (lire en ligne, consulté le 12 août 2019).
  15. Paris-Match de septembre 1972 [3]
  16. "LE MAIRE DE CERVIÈRES ET LE PROJET DE STATION" dans Le Monde du 22 novembre 1972 [4]
  17. Site de la préfecture des Hautes-Alpes, consulté le 9 mai 2008 (fichier au format Excel)
  18. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes (mise à jour 15 mai 2014) », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes, (consulté le 14 mars 2015).
  19. Les comptes de la commune
  20. Chiffres clés Évolution et structure de la population. Dossier complet
  21. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  22. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  23. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  24. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  25. Établissements d'enseignements
  26. École maternelle et élémentaire
  27. Professionnels et établissements de santé
  28. Santé à Briançon
  29. Contrat local de santé
  30. Diocèse de Gap et d'Embrun
  31. Les patrimoines de l'agropastoralisme dans les Hautes-Alpes
  32. Cervières - Fermes de la reconstruction
  33. Cervières-Izoard
  34. « Inventaire général : Refuge Napoléon », notice no IA05000981, base Mérimée, ministère français de la Culture
  35. La charte Bistrot de Pays Bistrot de Pays
  36. Fédération nationale des bistrots de pays
  37. « Église Saint-Michel », notice no PA00080545, base Mérimée, ministère français de la Culture
  38. « Inventaire général de l'église paroissiale Saint-Michel », notice no IA05000762, base Mérimée, ministère français de la Culture
  39. Notice no PM04000154, base Palissy, ministère français de la Culture cloche de l'église Saint-Michel
  40. Notice no IM05003091, base Palissy, ministère français de la Culture cloche cloche N°1 de l'église Saint-Michel
  41. Notice no IM05003098, base Palissy, ministère français de la Culture cloche cloche N°2 de l'église Saint-Michel
  42. « Église paroissiale Saint-Michel-et-Saint-Mammés », notice no IA05000727, base Mérimée, ministère français de la Culture
  43. Église Saint-François-d'Assise
  44. Église Saint François d'Assise de Cervières
  45. « Chapelle Saint-Claude », notice no IA05000756, base Mérimée, ministère français de la Culture
  46. .« Inventaire général : chapelle Saint-Jean-Baptiste », notice no IA05000750, base Mérimée, ministère français de la Culture
  47. « Inventaire général : maison ferme », notice no IA05000943, base Mérimée, ministère français de la Culture
  48. « chapelle Sainte-Elisabeth », notice no IA05000749, base Mérimée, ministère français de la Culture
  49. « chapelle Saint-Roch », notice no IA05000744, base Mérimée, ministère français de la Culture
  50. « chapelle Notre-Dame-des-Neiges », notice no IA05000742, base Mérimée, ministère français de la Culture
  51. « chapelle Saint-Pierre », notice no IA05000733, base Mérimée, ministère français de la Culture
  52. Notice no IM05003355, base Palissy, ministère français de la Culture cloche (N°1) Chapelle Saint-Pierre
  53. Notice no IM05003445, base Palissy, ministère français de la Culture cloche (N°2) Chapelle Saint-Pierre
  54. « chapelle Sainte-Madeleine », notice no IA05000732, base Mérimée, ministère français de la Culture
  55. « chapelle Sainte-Luce », notice no IA05000944, base Mérimée, ministère français de la Culture
  56. « chapelle Saint-Gervais et Saint-Protais », notice no IA05000910, base Mérimée, ministère français de la Culture
  57. [hhttps://monumentsmorts.univ-lille.fr/monument/23875/cervieres-presdeleglise/ Monument aux morts]
  58. « hôtel de ville », notice no IA05000728, base Mérimée, ministère français de la Culture
  59. Au pied de l'Izoard...
  60. « Inventaire général : blockhaus dit ouvrage du Gondran D », notice no IA05000143, base Mérimée, ministère français de la Culture
  61. « Inventaire général : la position dit blockhaus et batterie de la Lauzette », notice no IA05000142, base Mérimée, ministère français de la Culture
  62. « Inventaire général : la position des Aittes », notice no IA05000141, base Mérimée, ministère français de la Culture
  63. « Téléphérique militaire de Terre Rouge ou des Gondrans », notice no PA05000011, base Mérimée, ministère français de la Culture
  64. « Maison », notice no PA05000001, base Mérimée, ministère français de la Culture
  65. Maison Faure Vincent Dubois
  66. Briançonnais : Cervières, Vexillologie Provençale, sur le site personnel de Dominique Cureau