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Le Centralmärzverein (CMV) ou Zentralmärzverein[1], littéralement « Association de mars centrale », est une organisation politique qui regroupe l'ensemble du mouvement démocrate allemand créé pendant la révolution de mars 1848. Il est considéré comme le premier parti politique moderne allemand. C'est une organisation nationale cherchant à relier entre eux les groupes parlementaires, appelés Fraktion, et les associations démocrates hors du parlement.

Sommaire

ContexteModifier

L'idée de créer une organisation centrale remonte au congrès des démocrates à Francfort-sur-le-Main qui dure du 14 au . 234 délégués de 89 associations issues de 66 villes y participent. Le Rustikalvereine, une association paysanne de Silésie comptant 200 000 membres, y prend également part. Le président du congrès est Julius Fröbel. D'autres personnalités y sont comme le philosophe Ludwig Feuerbach, le meneur catholique Johannes Ronge, le socialiste de Cologne, ainsi que Johannes Ronge et Ludwig Bamberger. L'assemblée décide de fonder un comité central à Berlin composé de 5 membres[2]. C'est en fait le premier parti politique moderne d'Allemagne. Il est financé grâce aux cotisations de ses membres, aussi bien les personnes que les associations. Il emploie principalement des fonctionnaires.

L'organisation sur le plan national reste toutefois relativement rudimentaire. La contre-révolution de Berlin mené par Frédéric von Wrangel le , le déclenchement de l'état d'urgence et la dissolution de l'assemblée nationale prussienne et le baillonage politique qui s'en accompagne servent de déclencheur pour la création de l'association[3].

Organisation et activitéModifier

 
Appel du Centralmärzverein du 6 mai 1849

Des suites des événements de Berlin, le centre de décision redevient Francfort. Le 21 novembre, les députés de la fraction Donnersberg, du Deutscher Hof, d'une partie la fraction Westendhall rassemble leurs forces et forment ensemble le Centralmärzverein[3]. Ils représentent environ 40 % des députés. Leur objectif premier est de défendre les acquis de la révolution de mars. Sur le plan de l'organisation, l'association en chapeaute de nombreuses autres et à une structure légère. Elle distribue des manifestes et des tracts à ses membres, répand les articles de presse, anime l'assemblée nationale et organise des manifestations.

Les sujets de discussion principaux sont la constitution prussienne, les actions à mener pour garantir les droits fondamentaux et surtout la campagne pour la constitution du Reich, c'est-à-dire la campagne révolutionnaire qui traverse le pays pour imposer aux États allemands la ratification de la constitution de Francfort votée le [4].

La base de l'association est constituée des antennes locales qui supportent l'action des députés. Les associations constitutionnelles libérales ne rejoignent en général pas la Centralmärzverein. Par contre les Rustikalvereine silésiennes, les Vaterlandvereine saxonnes et les Volksvereine wurtembergeoises rejoignent massivement le mouvement. Ainsi plus de 85 % des villes prussiennes de plus de 9 000 habitants disposent d'une antenne locale. L'association ne touche cependant pas que les citadins, les paysans y adhèrent également fortement, comme l'exemple de la Silésie le montre. La fédération se développe donc très rapidement est devient la plus grande association de la période révolutionnaire. En mars 1849, on compte environ 950 associations avec 500 000 membres[3].

Dans les villes, ces associations sont soutenues par les associations locales de travailleurs, sportives, de chants ou de tir, si bien que le mouvement démocrate, de gauche, dispose d'une large base dans la population, bien plus large que celle des autres mouvements politiques.

L'association et la campagne pour la constitution du ReichModifier

L'association a un rôle central durant la campagne pour la constitution du Reich qui se déroule en mai 1849. Le 6 mai, elle tient ainsi une assemblée présidée par Fröbel, où l'on prépare les combats révolutionnaires. On appelle la population à prendre les armes, à être fidèle à la constitution, et à s'organiser en groupes de combat. Ce n'est pas une nouvelle révolution mais une campagne pour « mettre en application la décision du Reich contre les princes ne respectant pas la constitution[5] ». En mai et juin, de nombreuses émeutes éclatent, la plupart menées par le Centralmärzverein. La fin de la révolution marque du même coup la fin de l'organisation[6].

BibliographieModifier

  • (de) Hans-Ulrich Wehler, Deutsche Gesellschaftsgeschichte, t. 2 : Von der Reformära bis zur industriellen und politischen "Deutschen Doppelrevolution" 1815-1845/49, Munich, (ISBN 3-406-32262-X), p. 713, 727 et 754
  • (de) Wolfram Siemann, Die deutsche Revolution von 1848/49, Francfort-sur-le-main, Suhrkamp, (ISBN 3-518-11266-X), p. 101
  • (de) Dieter Langewiesche, « Die Anfänge der deutschen Parteien. Partei, Fraktion und Verein in der Revolution von 1848/49 », Geschichte und Gesellschaft, no 3,‎ , p. 324-361

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. Siemann et Nipperdey l'écrivent avec un Z
  2. Siemann 1985, p. 101
  3. a b et c Siemann 1985, p. 102
  4. Siemann 1985, p. 200-208
  5. « Vollstrecker der Reichsexekution gegen die verfassungsbrüchigen Fürsten. »
  6. Siemann 1985, p. 208