Centrale de Turów

La centrale thermique de Turów est une centrale à charbon du sud-ouest de la Pologne (commune de Bogatynia) voisine du faubourg de Turów au tripoint germano-tchéco-polonais.

Vue aérienne de la centrale thermique de Turów (2019)
Mine de lignite à ciel ouvert de Turów.

HistoireModifier

Cette centrale thermique, mise en service en 1962 est, avec une puissance de 1 900 MW, la troisième plus grande de Pologne. Elle assure 8% des besoins énergétiques de la Pologne[1],[2]. Le lac artificiel de Niedów a été aménagé entre 1958 et 1962 pour son exploitation.

La lignite alimentant les chaudières de la centrale provient des mines à ciel ouvert juste au sud. Un musée industriel a été aménagé à proximité du site.

Alors que les centrales est-allemandes de Hirschfelde et de Hagenwerder étaient fermées et rasées après la Chute du mur de Berlin, celle de Turów a été modernisée à partir de 1996, pour conformité aux directives européennes d'assainissement particulaire de l'air et de désulfuration des émissions aériennes ; mais au mois de décembre 1998, ces travaux ont été interrompus par l'explosion de la 5e tranche de la centrale, et définitivement abandonnés en 2004. Plusieurs tranches de la centrale ont été démantelées depuis 2010 .

Dans la nuit du 24 au 25 juillet 2012, l'une des tranches de la centrale fut le siège d'un coup de poussière. L'incendie qui s'ensuivit se communiqua aux deux tranches voisines : l'ensemble a été laissé désaffecté ensuite. La tranche n° 1 était arrêtée au moment de l'accident en raison des travaux de modernisation[3].

Pour dégager des emprises utiles à la réalisation de la tranche 11, les tours de refroidissement n°7, 8 et 9 ont été dynamitées entre 2012 et 2014[4].

Les groupes PGE Mines et Energetyka Konwencjonalna S.A. ont déjà programmé la reconstruction de nouvelles tranches d'une puissance capable de 450 MW à l'emplacement de celles détruites. Les autorités allemandes ont été consultées en avril 2016[5]. Au mois d'août 2017, de nouveaux accords ont été publiés[6]. La nouvelle tranche a été connectée au réseau fin 2020. La production d'électricité est ainsi remontée de 1 500 MW à 2 000 MW. Le montant des travaux s'apprécie à près d'un milliard d'euros[7].

Mais dans le cadre d'un décret de mesures conservatoires du 21 mai 2021, la Cour européenne de justice a ordonné l'interruption immédiate du chantier de Turów[8].

Voir égalementModifier

NotesModifier

  1. (de) Irmela Hennig, « Kraftwerk Turow investiert über fünf Millionen Euro in Lärmschutz », Sächsische Zeitung,‎ (lire en ligne)
  2. (de) Holger Gutte, « Kraftwerk Turow will ab Juni Schalldämpfer einbauen », Sächsische Zeitung,‎ (lire en ligne)
  3. Thomas Mielke, « Schwere Explosion in Kohlekraftwerk an der Neiße », Sächsische Zeitung,‎ (lire en ligne)
  4. « Kühlturm 9 im Kraftwerk Turow gesprengt » (version du 4 mars 2016 sur l'Internet Archive), sur SZ online, .
  5. Avis du 15 mars 2016 de la Direction Régionale de Saxe sur l’article 26 alinéa 2 de la directive européenne et du Conseil Européen 2010/75/EU sur la consultation relative aux émissions industrielles transfrontalière en vue de la modification de la centrale de Turów, consistant en la construction et l'exploitation d'une nouvelle tranche de 450 MW (SächsAbl. p. 432; PDF, 315 kB)
  6. Avis du 19 juillet 2017 de la Direction Régionale de Saxe sur l’article 26 alinéa 4 de la directive européenne et du Conseil Européen 2010/75/EU relative à l'autorisation de mise en service et l'exploitation de la centrale de Turów SächsAbl. p. 1068 (PDF, 214 kB)
  7. « Turows neuer Block ist in Betrieb », Sächsische Zeitung (édition de Zittau),‎
  8. « EuGH: Polen muss Turow schließen », Sächsische Zeitung (édition de Zittau),‎