Centrale d'achats

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Une centrale d'achats est une organisation ayant pour objet de regrouper les commandes d'un ensemble de membres. La structure offre à l'ensemble de ses membres de meilleures conditions d'achat (grâce aux économies d'échelle) et des services de promotion.

TypologieModifier

On distingue plusieurs types de centrales d'achat :

  • Centrale d'achats publique
  • Centrale d'achats coopérative
  • Centrale d'achats intégrée
  • Centrale d'achats grossistes
  • Centrale d'achats distributeurs

Définition et ServicesModifier

Une centrale d'achats est une structure gérant les achats de ses affiliés, détaillants, distributeurs, grossistes. Cette négociation implique l'étude des produits, la recherche de fournisseurs, la négociation des achats, le référencement ou non des produits et, dans certains cas, les activités de répartition, d'organisation et de documentation. Les services sont réservés à l'usage exclusif des adhérents de la centrale, à laquelle ils sont liés par un contrat d'une certaine durée.

Les centrales d'achats appartiennent à la catégorie des intermédiaires du commerce de gros[1]

En septembre 2019, une commission d'enquête parlementaire française constate dans son rapport[2] le rôle croissant des alliances entre centrales d’achat renforçant le poids des grands groupes de distribution dans les négociations avec les fournisseurs.

Les rapports de forces sont très variables selon les types de fournisseurs. Les centrales d'achats de la grande distribution doivent faire face aux prétentions tarifaires des multinationales détentrices de marques dont la rentabilité est très supérieure à celle des groupes de distribution. À l'opposé, les Petite ou Moyenne Entreprises (PME) et Très Petite Entreprises (TPE) constituent l’immense majorité des fournisseurs. On compte plus de 17 500 entreprises productrices agroalimentaires en France.

Les négociations s'élargissent par l'intermédiaire centrales de services constituées en centres de profit. Les fournisseurs sont sollicités pour payer des services sans contreparties évidentes et dont l'utilité pour les fournisseurs est contestable.

Pouvoir renforcé des distributeursModifier

Les centrales d’achat sont au centre de l'articulation entre la politique commerciale et la politique de concurrence

Un des enjeux de la négociation fournisseur/centrale d'achat est le référencement ou non de produits par les distributeurs de la centrale d'achat. Les fournisseurs les plus dépendants des centrales peuvent s'en trouver fragilisés.

Ces négociations peuvent bénéficier en partie aux consommateurs par des prix plus bas mais aussi limiter leurs choix aux produits référencés par la centrale d'achat au service des distributeurs(par exemple, produits permettant les meilleures marges).

Les centrales d’achat produisent des effets opposés sur les tarifs pratiqués par les fournisseurs. Les centrales d’achat permettent aux distributeurs d’obtenir des conditions d’achat plus avantageuses, mais les centrales d’achat favorisent aussi la transparence tarifaire entre distributeurs parties prenantes de la même centrale d'achat diminuant les effet attendus de leurs concurrences pour les consommateurs[3].

Les supers centrales européennesModifier

Les plus grandes supercentrales européennes[4]
part de marché Centrale Ventes (Md€)
11,7 % EMD 131.7
8,9 % Coopernic 100
7,3 % Carrefour Europe 82.8
7,1 % AMS Sourcing 80.1
7,1 % Alidis / Agenor 79.8
5,9 % Tesco 66.1
5,7 % Metro AG 64.3
4,6 % Schwarz Group 51.9
3,5 % Auchan 39.3
3,4 % Aldi 38.7
2,6 % Groupe Casino 28.7
2,5 % Sainsbury's 28.6
2,5 % Ahold 27.7
2,4 % Asda 27.0
1,7 % Morrisons 19.3
76,9 % TOP 15 865.9
23,1 % Other Trade Organizations 260.7
100 % Total Europe 1126.6

Les centrales d’achat n’entrent pas dans le champ d’application du contrôle des concentrations car elles n’accomplissent pas toutes les fonctions d’une entité économique autonome[3].

Les centrales d’achat n'entrent pas dans le champ d’application des abus de position dominante avec des parts de marché limitées inférieures à 25%[3].

Les grandes centrales en FranceModifier

Parts de marché des centrales d'achat en France en cumul annuel mobile arrêté au [5]
Centrale Parts de marché
INCAA (Intermarché + Groupe Casino) 25,8 %
Carrefour + Dia 21,9 %
Auchan + Système U 21,6 %
E.Leclerc 19,9 %
Lidl 4,6 %
Delhaize 3,4 %
Aldi 2,3 %

Paridoc, la première centrale d'achats française, a été créée en 1930. Elle est entrée dans le giron du groupe Auchan à la suite du rachat de Docks de France en 1996 et a été rebaptisée EURAUCHAN[6].

En 2018 a lieu une vague de rapprochement en France entre enseignes avec la création de deux nouvelles alliances à l’achat, d’un côté une centrale regroupant Auchan, Casino, Metro, Schiever, Dia (dite « Horizon »), et de l’autre une centrale regroupant les enseignes Carrefour, Système U, Provera et Tesco[3].

L'Autorité de la concurrence, Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), enquête sur les centrales d'achats des distributeurs qui veulent mettre en œuvre des alliances. Les distributeurs par ces alliances veulent peser plus lourd dans les négociations avec les fournisseurs. Leurs objectifs sont de préserver leurs marges, leur compétitivité et contrer Amazon[7].

En 2020, il y a en France 490 000 agriculteurs, 17 500 petites et moyennes entreprises de l’agroalimentaire, une centaine de grands groupes internationaux fournisseurs et… seulement quatre grandes centrales d’achat. Les négociations annuelles mettent face à face les quatre grandes centrales d’achats qui représentent toutes les enseignes de la grande distribution française et les agriculteurs, fournisseurs, industriels. Les revenus des agriculteurs au bout de la chaîne et des entreprises qui approvisionnent la grande distribution s'en trouvent dépendants[8]

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier