Censure en France

« Descente dans les ateliers de la liberté de la presse »[a].

La censure en France a pris et peut prendre des formes diverses. Peuvent être distinguées d'une part la censure frappant les écrits, et donc liée à l'imprimerie, d'autre part la censure frappant toute autre forme de média (radio, télévision, internet, chansons, peintures, et toute autre forme artistique). Il existe enfin des phénomènes d'auto-censure, en particulier dans les grands médias. La liberté d'expression est un droit compris dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Néanmoins, un décret de Napoléon rétablit officiellement la censure en l'an 1810 tandis que les ultra-royalistes feront passer des lois régissant la liberté de la presse sous la Restauration (1814-1830). La censure perdurera tout au long du XIXe siècle, jusqu'aux lois sur la liberté de la presse passées en 1880-1881 sous la Troisième République. Elle sera rétablie pendant la Première Guerre mondiale, menant entre autres à la création du Canard enchaîné en 1915, qui utilise le ton satirique pour échapper aux censeurs. La loi de 1955 sur l'état d'urgence, votée pendant la guerre d'Algérie, encore en vigueur aujourd'hui, permet la censure en autorisant le ministère de l'Intérieur et les préfets à prendre « toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et de la radio ».

Sous l'Ancien RégimeModifier

Sous l'Ancien Régime, les premières interventions se manifestent avec la montée de l'absolutisme en France. L'affirmation de celui-ci se fait graduellement jusqu'à atteindre Louis XIV. L'État royal doit être alors l'incarnation du bien et de la décision suprême ; il doit occuper seul au-dessus du champ social et de l'espace politique[2].

Le 18 octobre 1534 après l'affaire des Placards, le roi François Ier, qui était jusqu'alors favorable aux idées nouvelles, ordonne la chasse aux « hérétiques » (en particulier les Protestants) et en 1535 il promulgua un édit contre les imprimeurs insoumis, qui interdisait toute impression de livres sur son royaume. La mesure, cependant, fut tout à fait inefficace, en raison notamment de la contrebande de livres imprimés dans les États protestants voisins (la Genève de Calvinetc.)[3]. En 1629, Richelieu étatisa et laïcisa la censure, jusqu'alors sous la responsabilité de l'Église catholique, et nomma les premiers censeurs royaux[4].

Révolution française : liberté d'expression et censureModifier

 
Cahier de doléances de l’ordre du Tiers–État du bailliage de Nemours pour les États–Généraux de 1789. Chapitre 15 «de la Poste aux Lettres»: remontrances dénonçant l’existence d’une « commission secrète connue de tous», siégeant à Paris et chargée d’intercepter et de surveiller la correspondance. Archives nationales de France.

Proclamée le , la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame solennellement la liberté d'expression et de pensée : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. » (article 10) et « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas prévus par la loi. » (article 11). Mais ces articles généreux ne furent pas respectés par le Comité de salut public. Ainsi Robespierre fit-il brûler les œuvres de Camille Desmoulins.

Avec la Loi des suspects, les auteurs de propos ou d'écrits estimés contraires à la Révolution, sont punis d'arrestation et souvent de la peine capitale.

Quoi qu'il en soit, on peut selon ces articles de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen sanctionner (a posteriori) une publication, mais en aucun cas empêcher (a priori) celle-ci.

XIXe siècleModifier

 
« Censure (Anastasie), illustre des photos, née à Paris sous le règne de Louis XIII. » Dessin de Georges Lafosse paru dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1874

En 1810, un décret de Napoléon rétablit officiellement la censure. Suit une succession de suppressions et de rétablissements de la censure (en particulier sous la Restauration) qui disparaît lors de la promulgation de la Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881. Cette loi confie au système judiciaire l'essentiel du contrôle des informations publiées en France, effectué a posteriori (après diffusion).

Un an après la promulgation de la loi sur la liberté de la presse, une première restriction est apportée par la loi du sur le délit d'outrage aux bonnes mœurs par voie de presse, d'affiche ou d'écrit de toute nature. Cette loi avait pour but de limiter le déferlement de littérature érotique et pornographique alors signalé par la police[5].

La vague des attentats anarchistes entre 1892 et 1894 aboutit au vote des trois « lois scélérates » en décembre 1893 et juillet 1894. Elles entraineront, pour un temps, la disparition de la quasi-totalité des titres de presse libertaires, dont Le Père Peinard d'Émile Pouget et La Révolte de Jean Grave[5].

Le , Jean Grave est condamné à 2 ans de prison et 1000 francs d'amende pour son livre La société mourante et l'anarchie (1892) accusé de provocation au vol, à l'indiscipline et au meurtre, ainsi que du délit d'apologie de faits qualifiés crimes par la loi[6]. La deuxième édition de l'ouvrage venait d'être imprimée en Belgique avec une préface d'Octave Mirbeau. Lors du procès, Elisée Reclus, Paul Adam, Bernard Lazare et Octave Mirbeau vinrent témoigner en faveur du prévenu. Malgré la belle plaidoirie de l'avocat, maître Émile de Saint-Auban, Jean Grave est condamné à la peine maximum. Les faits reprochés à Jean Grave étant prescrits, le parquet n'hésita pas à instruire contre la deuxième édition d'un livre qui jusque-là n'avait fait l'objet d'aucune poursuite[7].

 
L'affiche du Groupe des conscrits de 1912.

En août 1894, le « Procès des Trente » mélange d'authentiques cambrioleurs partisans de la « reprise individuelle » avec les « intellectuels » du mouvement anarchiste dont Sébastien Faure, Jean Grave et Félix Fénéon. Le président du tribunal échoua à jeter en prison les auteurs anarchistes mais parvint à interdire à la presse de reproduire les débats pour priver la défense d'une tribune extra-judiciaire[5].

En 1894, Émile Pouget est le seul à pouvoir continuer la propagande par l'écrit en diffusant Le Père Peinard depuis Londres. Les journaux anarchistes reparaissent finalement au cours de l'année 1895[7].

Après l'arrêt de la « propagande par le fait » par les anarchistes, les antimilitaristes furent à de nombreuses reprises condamnés par la justice. Laurent Tailhade écope de quatre ans de prison pour un article intitulé « Les tueurs de rois ont-ils disparu ? » publié dans Le Libertaire du 15 septembre 1901. Laurent Tailhade contrevenait à la loi du 3 février 1899 punissant l'injure proférée à l'encontre d'un chef d'État ou d'un diplomate étranger. Le 30 décembre 1905, Georges Yvetot, Gustave Hervé et Miguel Almereyda sont condamnés à la même peine pour une affiche appelant les jeunes recrues au meurtre des « soudards galonnés » qui faisaient tirer la troupe sur les grévistes[5].

En 1912, un groupe de conscrits rédige un manifeste incitant à l'insoumission et se réfugie à l’étranger. La Fédération communiste anarchiste publie 2 000 affiches et 80 000 tracts avec le manifeste. Son secrétaire national, Louis Lecoin est condamné à quatre ans de prison[8].

La censure théâtrale disparut en France en 1906[9],

En temps de guerreModifier

La censure fut rétablie au cours des différents conflits, notamment lors des deux guerres mondiales. Pendant ces deux guerres, les articles, dessins et photos censurés ont fréquemment été remplacés par des "blancs" (Le Canard enchaîné à ses débuts dut se débattre contre la censure en adoptant son ton ironique pour la détourner, de nombreux articles, même anodins, étant censurés). La censure est alors représentée sous la forme d'Anastasie tenant de grands ciseaux.

Pendant la Première Guerre mondialeModifier

Au moment de la Première Guerre mondiale, la censure est proclamée immédiatement, par le décret du 2 août 1914 instaurant l'état de siège (la veille de la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne). Ce décret est confirmé par la loi votée le 5 août, qui réprime tout ce qui est « de nature à exercer une influence fâcheuse sur l'esprit de l'armée et des populations[9] ».

Un service de censure est mis en place comprenant un bureau de censure au ministère de la guerre et des commissions dans les régions militaires employant au total 5 000 agents. Ces institutions étaient organisées en 3 services distincts chargés des quotidiens, des périodiques et des livres, et des télégrammes. Les directeurs de publications étaient tenus de présenter les morasses (exemplaires avant impression) à la censure. En fonction des consignes générales et ponctuelles reçues des ministères et du grand quartier-général, le censeur informait d’un article ou passage indésirable le directeur de publication qui pouvait proposer une nouvelle rédaction également soumise à la censure. La publication pouvait remplacer le passage ou l’article censuré par un blanc ou par la mention censurée. La censure n’était donc pas dissimulée. La publication d’articles censurés était passible de sanctions d’amendes, de saisie, jusqu’à l’interdiction temporaire ou définitive.

La censure limitée au départ au domaine militaire fut étendue dès fin septembre aux questions politiques. Le principe de la censure militaire fut très généralement admis car il paraissait nécessaire de ne pas dévoiler des informations qui auraient pu être utilisées par l’ennemi mais son extension à d’autres domaines fut contestée notamment par Georges Clemenceau directeur de L'Homme enchaîné et par Gustave Tery directeur de l’Oeuvre.

L’efficacité de la censure ne fut pas absolue, car le personnel n’était pas assez nombreux pour l’examen quotidien de centaines de publications. Des informations qui auraient dû être arrêtées sont donc passées au travers de la censure. De plus, les directives des autorités sont parfois arrivées dans les services après examen des morasses. Dans les dernières années de la guerre, la censure eut également pour mission de limiter les outrances chauvines d’une partie de la presse, très mal supportées par les combattants et même par les civils[10].

En 1916, une Commission de censure cinématographique rattachée au ministère de l'Intérieur de Louis Malvy est instituée pour attribuer aux films un visa d'exploitation qui n'a pas valeur définitive, l'autorisation finale étant accordée par les maires et les préfets[11]. Cette censure, autant politique et morale que militaire, est prolongée après la fin de la guerre, jusqu'en octobre 1919[9].

Régime de VichyModifier

Sous le régime de Vichy, on alla plus loin et la censure devint préventive. Ainsi les directeurs de journaux recevaient-ils de l'autorité compétente des consignes sur les informations à mettre en évidence en première page, à éliminer, ou à réduire à l'état d'entrefilets dans les pages les moins lues.

Guerre d'IndochineModifier

Pour une affiche de janvier 1947 contre la guerre d'Indochine, huit militants du Parti communiste internationaliste sont poursuivis en correctionnelle pour avoir « directement provoqué des Français à participer à une entreprise de démoralisation ayant pour but de nuire à la défense nationale »[12],[13],[14].

En mars 1950, la police militaire arrête le militant communiste Henri Martin, marin affecté à l'arsenal de Toulon où il a mené, par tracts et inscriptions à la peinture, une campagne contre la guerre d'Indochine. Il est condamné à cinq années de réclusion pour participation à une « entreprise de démoralisation de l'armée et de la nation[15],[16],[17]. » Le Parti communiste français et différentes personnalités mènent une importante campagne autour de cette affaire[18]. La pièce Drame à Toulon - Henri Martin de Claude Martin et Henri Delmas relate la vie et le procès du militant. Charles Denner, René-Louis Lafforgue, José Valverde, Paul Préboist et Antoine Vitez sont quelques uns de ses nombreux comédiens[19]. Les représentations sont interdites par plusieurs préfets[20] et maires. Mais la censure est souvent déjouée et la pièce est jouée plus de trois cents fois. En novembre 1951, le préfet de police donne l'ordre de décrocher au Salon d'automne sept tableaux dont un baptisé Henri Martin. Ces œuvres sont jugées offensantes pour le sentiment national et indignes d'être exposées dans un bâtiment appartenant à l'État[21].

Guerre d'AlgérieModifier

Les autorités sont habilitées par la loi du 3 avril 1955 « à prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales[22]. »

Pour la guerre d'Algérie (1954-62), le pouvoir innova et décida de saisir les journaux (notamment ceux qui évoquaient les actes de torture) sous le prétexte d'« atteinte au moral de l'armée ». La Question d’Henri Alleg et La Gangrène de Bachir Boumaza, parus en 1958 aux Éditions de Minuit et qui dénoncent la torture en Algérie, sont immédiatement censurés.

Entre le et le , près de deux cents informations sont ouvertes sur plainte du ministère des armées à l'encontre de divers journaux. Plus de la moitié aboutissent à des condamnations, ce qui, selon le ministre des armées, démontre la volonté gouvernementale de réprimer les « campagnes susceptibles de nuire au moral de l'armée et de la nation[23]. » Au Sénat, le 2 juillet 1959, le communiste Louis Namy estime que « La plupart des poursuites engagées contre la presse démocratique sont fondées abusivement [sur un article de la loi sur la liberté de la presse] qualifiant d'incitation de militaires à la désobéissance tout écrit, tout article relatant les circonstances dans lesquelles sont condamnés et emprisonnés de jeunes Français qui ont pris la décision de se refuser à participer à la guerre d'Algérie. [...] Il suffit que le nom de l'un d'entr'eux soit cité dans un journal pour que la parquet soit automatiquement saisi d'une plainte et cela quel que soit le texte de l'article[24]. »

En juin 1959, alors que des livres et des journaux font état de tortures pratiquées par l'armée française pendant la guerre d'Algérie, le député Christian de la Malène dépose, avec certains de ses collègues du groupe gaulliste UNR, un projet de loi, non adopté, punissant de travaux forcés « tous actes sciemment accomplis » (non plus seulement, comme dans l'ancien article 76, les entreprises concertées) « de nature à porter atteinte au moral, à l'unité, à la discipline, à la hiérarchie de l'armée, à faire douter de la légitimité de la cause qu'elle sert d'ordre du gouvernement », en particulier par voie de presse[25].

La répression vise les signataires du Manifeste des 121 titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie ». Les artistes sont évincés des théâtres subventionnés[26] et sont privés des avances sur recette cinématographiques[27]. À l'ORTF, les signataires se voient interdire toute collaboration au sein d'un comité de réalisation, tout rôle, entretien, citation d'auteur ou compte-rendu d'ouvrage[28]. En conséquence, de nombreuses émissions déjà enregistrées ou en projet sont annulées[29],[30]. En protestation, l’émission de radio Le Masque et la Plume est « sabordée » par l'un des animateurs, Jérôme Peignot[31], et est suspendue pour six mois. Frédéric Rossif et François Chalais font de même pour l'émission Cinépanorama[32]. François Chalais commente : « Il nous devient impossible de rendre compte de l'ensemble de l'actualité cinématographique. Si Marilyn Monroe vient à Paris, je ne pourrai même pas la présenter aux téléspectateurs car elle me parlera de son prochain film tiré d'une œuvre de Sartre[33]. » Le ministre de l'Information décide alors que François Chalais doit cesser tous rapports avec la RTF[34]. La solidarité des réalisateurs et producteurs obtient la levée de l'interdiction[35].

Des personnalités[36] et des associations, notamment des syndicats[29],[37],[38], défendent la liberté d’expression et s’opposent aux interdictions de travail[39],[40],[41],[42].

Répression de l'antimilitarismeModifier

En France, la critique de l'institution ou des pratiques militaires est souvent réprimée en la considérant comme une injure ou une démoralisation de l'armée ou une incitation de militaires à la désobéissance.

« Il paraît plus facile à M. le ministre de la Guerre de réprimer la presse qui dénonce les abus militaires que de réprimer les abus eux-mêmes. »

— Jean Jaurès, L'Affaire Dreyfus et la presse

En août 1894, l'éditeur Armand Gosselin est condamné par la Cour d'assises à un an de prison ferme pour avoir publié le texte de L'Internationale, incriminé pour le cinquième couplet[43] :

« Les Rois nous saoulaient de fumées,

Paix entre nous, guerre aux tyrans !

Appliquons la grève aux armées,

Crosse en l’air et rompons les rangs !

S’ils s’obstinent, ces cannibales,

À faire de nous des héros,

Ils sauront bientôt que nos balles

Sont pour nos propres généraux. »

Avant la Première guerre mondiale, les Bourses du travail et la Confédération générale du travail (CGT) pratiquent le syndicalisme révolutionnaire et antimilitariste. La CGT diffuse un appel « Aux camarades de la caserne » à fréquenter les maisons syndicales de leurs garnisons. Le Ministre de la Guerre interdit aux militaires l'accès aux bourses.

« Il importe d'ailleurs que cette propagande soit soigneusement exclue de la caserne et [... d'] en interdire l'accès à tout écrit ou imprimé analogue qui [...] prétendrait exercer sur le soldat une action indépendante de l'autorité militaire ou non contrôlée par elle. »

— Général André, lettre confidentielle au gouverneur général de Paris, avril 1902[44]

Arrêté le 31 août 1939 dans la Haute-Loire pour « détention et distribution de tracts d’origine ou d’inspiration étrangère » et pour « incitation de militaires à la désobéissance », l'instituteur libertaire Maurice Bouvret est révoqué et condamné, d’abord par un tribunal civil, puis par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand le 21 mars 1940 à quatre ans de prison et 1 000 francs d’amende[45].

Le 6 février 1970, trois soldats, militants de la Ligue communiste, Alain Hervé, Serge Devaux et Michel Trouilleux sont condamnés à des peines de prison pour distribution du journal Crosse en l’air, sous l’inculpation d’incitation de militaires à la désobéissance et d’atteinte au moral des troupes. Une importante campagne a lieu pour les soutenir[46].

Le 8 mai 1972, cinq jeunes gens et la mère du déserteur Armel Gaignard sont relaxés par le tribunal de grande instance de Nantes où ils comparaissent pour avoir distribué un tract affirmant « Refuser d'être soldat est une contribution nécessaire à l'avancement de la lutte des classes. » et dénonçant « l'armée qui protège les riches qui nous volent[47],[48]. »

Le tribunal correctionnel de Mulhouse, investi par des policiers armés et casqués, juge le 24 mai 1973 le mensuel alsacien Klapperstei 68 poursuivi pour « provocation de militaires à la désobéissance, injures publiques envers l'armée et provocation à la désertion »[49] par la publication d'un article titré de vers du cinquième couplet de L'Internationale[43].

En 1973, à Lyon, quatre chefs d’inculpation sont signifiés à douze personnes : injures envers l'armée, incitation de militaires à la désobéissance, provocation à la désertion et à l'insoumission, incitation à autrui pour bénéficier du code du service national dans le but exclusif de se soustraire à ses obligations militaires. Ces inculpations visent des militants du Groupe d'action et de résistance à la militarisation ainsi que Henri Leclerc, gérant de la SARL Imprimerie presse nouvelle qui a imprimé les tracts incriminés[50]. C’est la première fois depuis quatre-vingt-dix ans qu’un imprimeur va être jugé comme complice de diffuseurs d’imprimés. Les quatre tracts sont aussitôt réimprimés dans un numéro spécial de la Lettre des objecteurs[51]. Le 12 février 1974, trois-cents personnes se massent pour assister à l’audience. L'éditeur François Maspero témoigne. La défense fait état de quatre cents lettres de soutien dont celles de Pierre Mendès France et de Daniel Mayer, président de la Ligue des droits de l’Homme[52]. Les prévenus sont condamnés à des amendes[53]. L'imprimeur est relaxé en appel[54].

Dans sa note confidentielle n° 46 976, Michel Debré, ministre de la Défense, écrit à propos de La bombe ou la vie : « Le livre de [l'abbé] Jean Toulat renfermant des passages susceptibles de nuire à la discipline et au moral des troupes, l'achat et la mise en circulation de ce livre par les bibliothèques militaires et les foyers sont interdits jusqu'à nouvel ordre[55]. » Des personnalités, dont Jean Rostand, Bernard Clavel, le général Jousse, Alfred Kastler, l'abbé Pierre dénoncent cette interdiction comme « une atteinte au droit à l'information reconnu par la déclaration universelle des droits de l'homme. »

En 1974, le quotidien Libération est interdit officiellement dans les casernes « en raison de la publication (...) d'articles susceptibles de nuire à la discipline et au moral des troupes[56]. » Le 28 août 1974, le ministre de la défense, Jacques Soufflet, publie la liste des dix publications qui restent interdites dans les casernes : Crosse en l'air, Lutte antimilitariste, Soldats en lutte, Politique-Hebdo, Charlie-Hebdo, Col rouge, Lettre des objecteurs, Libération, Hara-Kiri et Rouge[57]. Précédemment, le nombre des publications interdites était de deux cent cinquante, dont L'Humanité qui l'était depuis 1947[58].

Un collectif d'associations réclame l'abolition des tribunaux permanents des forces armées dénoncés comme une juridiction d'exception. En mars 1975, il publie une plaquette La justice militaire, ce qu’il faut savoir[59]. Des caricatures de Cabu illustrent la publication ainsi qu’une affiche « Les tares de la justice plus les tares de l’armée, ça fait beaucoup ! ». Dans plusieurs villes, en 1976 et 1977, l’affiche fait l’objet d'une plainte du ministre de la Défense pour « injures à l'armée » et d’une série de condamnations des colleurs, du dessinateur, du directeur de Cité nouvelle, Ambroise Monod[60], et de celui du journal du Comité antimilitariste, Lutte antimilitariste, Pierre Halbwachs, qui publie l’affiche en couverture[61].

Vingt-cinq membres du Groupe Insoumission, inculpés d'« incitation à la désertion et à l'insoumission », sont jugés à Lyon, le 30 janvier 1978 et condamnés à 1 000 F d’amende avec sursis[62].

L'article 11 de la loi de 1963 régissant le statut des objecteurs de conscience a interdit jusqu'en 1983 toute propagande tendant à inciter autrui à bénéficier de la loi dans le but exclusif de se soustraire à ses obligations militaires[63]. Après plusieurs inculpations pour ce motif, des militants distribuent le texte du statut avec, ironiquement, comme seul commentaire « La loi permet de ne pas faire le service militaire mais elle interdit de le faire savoir[64]. » Le pasteur René Cruse, par exemple, est inculpé en 1971[65]. Le 22 décembre 1977, une circulaire des PTT signale à ses services qu'un Comité de soutien aux objecteurs de conscience diffuse des enveloppes dont une face extérieure reproduit quatre articles de la loi relative à l'objection de conscience et qu'il faut les refuser et les renvoyer à l'expéditeur[66]. Paradoxalement, un service public interdit donc la diffusion d'un texte de loi. C'est au nom du même article que, le 27 février 1979, le tribunal de Nancy dissout la Fédération des objecteurs[67].

En décembre 1970, Radio Lyon, station locale de l'ORTF, enregistre l'émission Six jeunes autour d'un livre à propos de L’État de défense avec deux des auteurs, Dominique Arrivé et Bernard Vandewiele ainsi que quatre autres membres du Groupe d'action et de résistance à la militarisation. Maître Jean-Jacques de Felice apporte son commentaire. À la suite des informations fournies par les Renseignements généraux et des pressions du cabinet du préfet du Rhône et de l’état-major de Lyon, la direction nationale de l’ORTF empêche la diffusion programmée de l'émission[68] au prétexte que la propagande pour l'objection est interdite.

La diffusion sur France Inter de la chanson antimilitariste La médaille de Renaud entraîne une plainte de l’Association de soutien à l'armée française envers Radio France et son président Michel Boyon, jugeant les paroles offensantes pour l'armée française et les anciens combattants. En septembre 1997, le tribunal correctionnel de Paris relaxe le prévenu, considérant que la chanson contenait effectivement des offenses envers l’armée mais que seul le ministre de la Défense pouvait intenter des poursuites[69],[70].

La presse enfantineModifier

En dehors des périodes de guerres, au cours des années 1930 et après la Seconde Guerre mondiale, la censure ne s'applique qu'à la presse enfantine pour des raisons morales. Durant l'entre-deux-guerres, Louis Bethléem est considéré comme « le père Fouettard de la littérature »[71].

Faits de censure depuis 1945Modifier

Ne sont pas traités ici l'imposition ou la très forte suggestion de sujets à traiter, car non dérangeants pour le pouvoir en place, ou en accord avec lui. Voir pour cela les articles sur le ministère de l'information et sur l'Agence France-Presse.

MoralitéModifier

Une commission de contrôle des films cinématographiques est instituée le 3 juillet 1945. Présidée par le conseiller d'État Georges Huisman puis à partir de 1968 par Henry de Ségogne, elle censure de la Libération jusqu'en 1975 près de 3 000 longs-métrages : la censure peut aller à l'interdiction totale (405 œuvres sur cette période, toutes des films étrangers) ou partielle (comme pour La Religieuse, Easy Rider ou Orange mécanique), malgré l'autorisation préalable obligatoire accordée par une sous-commission de pré-censure[72]. Le relâchement de la censure cinématographique qui accompagne l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République voit le déferlement d'une vague de cinéma pornographique et érotique : en 1974, année de sortie d’Emmanuelle, sur 520 films distribués en France, 128 s'affichent comme érotiques, voire pornographiques. Si la fin de la censure « politique » est confirmée par les présidents suivants, la « censure économique » s'intensifie sur ces films par la loi du 30 décembre 1975 qui institue le classement X avec une TVA majorée, le prélèvement de 20 % sur les bénéfices pour soutenir les films « de qualité », la diffusion dans un réseau de salles spécialisées[73].

En 1949 est créée la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence qui a pour but de censurer principalement les bande dessinées étrangères qui montrent sous un jour favorable « le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés de crimes ou délits ou de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques. Ces publications ne doivent pas non plus comporter de publicité, d'annonce pour des publications de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse ».

En 1976, les négatifs du film L'Essayeuse de Serge Korber ont été saisis et brûlés pour « apologie du vice », à la suite d'une décision de justice après la plainte de deux associations « familiales ».

Pressions politiquesModifier

Après la Seconde Guerre mondiale, le contrôle de l'ORTF sur les médias donna lieu à des faits de censure (notamment contre Hara-Kiri et Charlie Hebdo).[réf. nécessaire]

La chanson Hexagone de Renaud a été, lors de sa sortie en 1975 sur l'album Amoureux de Paname, censurée sur les ondes de Radio France.

Le dictateur Togolais Gnassingbé Eyadema appela l'Élysée le 17 septembre 2002 afin d'empêcher RFI (financée par le ministère des Affaires étrangères) de diffuser un entretien avec son principal opposant, Messan Agbéyomé Kodjo. À la suite des protestations des syndicats de journalistes, Jean-Paul Cluzel, le PDG de RFI, décida finalement de diffuser tout de même l'interview. En outre, un reportage levant la question des responsabilités de la DGSE dans la mort en 1995 du juge Bernard Borrel à Djibouti, diffusé le 17 mai 2005, fut enlevé après coup, sans explications, du site internet de la radio — peut-être à la suite d'une intervention du président Ismaïl Omar Guelleh[74].

Dans un arrêt du 7 février 2003 (no 243634), sur la requête du GISTI, le Conseil d'État a annulé le refus du Premier ministre d'abroger le décret-loi du 6 mai 1939, relatif au contrôle de la presse étrangère, modifiant l'article 14 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse pour violation de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme; ce décret-loi a été abrogé par le décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004.

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) ainsi que les journalistes du quotidien économique La Tribune, contrôlé par le groupe LVMH de Bernard Arnault, ont dénoncé le caviardage par le directeur de la rédaction, François-Xavier Pietri, d'un sondage favorable à Ségolène Royal, candidate à la présidentielle de 2007. La Une de La Tribune du 4 septembre 2006 devait en effet présenter une photo de Royal avec la mention « Royal en tête sur l'économique et le social ». Un sondage CSA commandé par La Tribune montrait que 54 % des personnes interrogées faisaient confiance à la candidate socialiste pour ce qui relève de la vie économique et sociale, contre seulement 49 % pour le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy. Si la décision de censurer cette Une n'a été prise, en toute probabilités, que sous la responsabilité exclusive du directeur de la rédaction, Bernard Arnault est néanmoins un patron très proche de Nicolas Sarkozy, et a d'ailleurs été son témoin lors de son mariage avec Cécilia Ciganer en 1996, tandis que le patron du pôle presse de LVMH n'est autre que Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Édouard Balladur à Matignon et vieil ami de Mr Sarkozy[75],[76].

En pleine affaire des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo, le juge Clément Schouler, membre du Syndicat de la magistrature, et le caricaturiste Placid ont été condamnés en cour d'appel, le 18 janvier 2007, pour le livre Vos papiers ! Que faire face à la police ? édités par L'Esprit frappeur [77]. Placid a écopé de 500 euros d'amende. Le ministre de l'Intérieur Daniel Vaillant (PS) avait porté plainte contre ce livre, plainte relayée par les ministres successeurs.

En première instance, le tribunal avait jugé que la critique de la police « participe du nécessaire contrôle démocratique du bon fonctionnement des institutions, et spécialement de celles chargées de faire respecter la loi », et affirmait à propos de la caricature d'un policier en couverture, que ce « visage à la frontière de l'homme et de l'animal, dénué de toute prétention anatomique, suggérant une certaine faiblesse intellectuelle derrière l'affirmation agressive d'une autorité sûre d'elle-même, relève du genre de la caricature », protégée par la liberté d'expression. Mais la Cour d'appel a condamné au contraire le juge Schouler pour avoir « présenté de façon péremptoire comme établi un comportement reproché à l'ensemble de la police nationale » : la phrase incriminée du livre, qui expliquait les droits des citoyens confrontés aux contrôles d'identité, affirmait : « Les contrôles au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante mais se multiplient. » Le caricaturiste Placid a aussi été condamné, les juges affirmant que « si le genre de la caricature admet la dérision, il ne saurait pour autant autoriser des représentations dégradantes ». L'arrêt de la cour d'appel a été cassé[78] et l'affaire a été renvoyée devant une autre cour.

Trois cents caricaturistes ont publié un livre de soutien à Placid, intitulé Tous coupables et publié aux éditions du Faciès, créées pour la circonstance par quarante éditeurs spécialisés dans le dessin ou la BD[79].

Le 21 février 2008 le Courrier international titre « Sarkozy, ce grand malade » par le journaliste d'El País Lluis Bassets. Deux afficheurs, Metrobus et Relay (Arnaud Lagardère) ont refusé de placarder les affiches du journal. Courrier international dénonce un « acte de censure »[80].

Le blog anti-sarkozyste, Torapamavoa, « 15e musicien français le plus vu avec 3 millions de visites en 2 ans » selon Bakchich, a été supprimé à plusieurs reprises, sans explications, par les hébergeurs MySpace puis YouTube [81].

AutocensureModifier

Après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence le 6 mai 2007, un article du Journal du dimanche qui affirmait que Cécilia Sarkozy n'avait pas voté au deuxième tour aurait été censuré[82]. Les journalistes du SNJ-CGT et de l'USJ-CFDT du groupe Hachette-Lagardère, propriétaire du JDD, ont dénoncé « une nouvelle ingérence de la direction du groupe Lagardère » [83],[84].

Le Figaro a retouché la photo de la ministre Rachida Dati le 19 novembre 2008, en effaçant une bague Chaumet d'une valeur de plus de 15 000 euros, fait relaté par L'Express. Le 25 novembre, le quotidien conservateur affirmait, par la voix de son directeur des rédactions, Étienne Mougeotte, que dorénavant une règle simple sera observée au Figaro. "Aucune modification ne pourra être apportée à une photo d'actualité à l'exclusion du cadrage et à condition que cela ne modifie en rien le sens de la photo. C'est en appliquant cette règle simple et impérative que nous éviterons le renouvellement de ce type d'erreur" [85].

Groupes de rapModifier

Deux agents municipaux et trois rappeurs sont passés en procès à Bobigny en avril 2007 pour « injures » à la suite d'un CD distribué dans la ville, dirigée à l'époque par Bernard Birsinger. Jean-Christophe Lagarde, député UDF et maire de Drancy, avait interpelé le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin en octobre 2004, lequel a saisi le préfet pour déposer plainte (chose faite le 18 novembre 2004). Le procureur a demandé des peines de 1 000 à 3 000 euros[86]. Catherine Peyge, la maire PCF de Bobigny, a lancé le même jour un « appel national pour la liberté d'expression », dénonçant une « dérive autoritaire qui voit la restriction de la liberté d'expression devenir monnaie courante » [87].

En novembre 2005, le député UMP François Grosdidier porta plainte contre divers groupes de rap français, certains dissous, en invoquant leur caractère d'« incitation au racisme et à la haine ». Déposée dans le contexte des émeutes de l'automne, de nombreuses personnes à gauche, ont dénoncé cet "acharnement" comme des tentatives de censurer la parole des quartiers. Les groupes concernés sont : Monsieur R, Smala, les groupes Lunatic (dissous), 113, Ministère A.M.E.R. (dissous) et les chanteurs Fabe (retiré du rap) et Salif[88].

Présentation des stupéfiants sous un jour favorableModifier

L'article L.630 de la loi du 31 décembre 1970 instaure une censure sur les publications et objets de propagande « présentant l'usage de stupéfiants sous un jour favorable ». L'article précise que « lorsque le délit prévu par le présent article est commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. »

Cette loi est régulièrement invoquée pour confisquer les publications réclamant la dépénalisation ou la légalisation du cannabis ou d'autres stupéfiants (par exemple l'Éléphant rose ou contre le CIRC) et est source de controverse lorsque le débat sur le cannabis médical ressurgit. Ainsi, le groupe de rock Matmatah a été condamné en juin 2000 à 15 000 francs d'amende pour « provocation à l’usage de stupéfiants » et « présentation sous un jour favorable de l’usage et du trafic » dans sa chanson L'Apologie.

Cette incrimination a été remplacée par un délit de "provocation à l'usage de stupéfiants" [89],[90].

Œuvres de fiction télévisuellesModifier

Au cours des années 1990, les séries d'animation japonaises (ou anime) diffusés dans les émissions pour jeunes ont été progressivement de plus en plus censurés, jusqu'à disparaître de l'antenne malgré leur succès. L’anime le plus censuré a été la série adaptée du manga Ken le Survivant (Hokuto no Ken).

Depuis la fin des années 1990, il est aussi possible de constater que les chaînes de télévision françaises procèdent régulièrement à une censure sur de nombreuses séries télévisées américaines : il s'agit principalement de couper des scènes jugées trop violentes, dérangeantes ou de modifier des dialogues jugés perturbants, politiquement incorrects ou faisant référence à une marque publicitaire[91],[92],[93].

Cette censure est effectuée, selon les cas, sous la pression du CSA ou de la propre initiative de la chaîne. Dans ce dernier cas, l'auto-censure est généralement effectuée dans l'optique de ne pas choquer ou rebuter le téléspectateur. Cette pratique a atteint son point d'orgue lorsque TF1, dans un souci de politiquement correct, a diffusé une fiction sur l'ascension au pouvoir d'Hitler en l'expurgeant des scènes les plus significatives (des scènes, par exemple, où Hitler tient des discours antisémites[94]).

SpectaclesModifier

En janvier 2014, le Conseil d'État confirme un arrêté d’interdiction d'un spectacle de Dieudonné[95]. Cette ordonnance suscite la condamnation de la Ligue des droits de l'homme[96] et les critiques de nombreux juristes qui la qualifient de censure[97],[98],[99]. Selon Évelyne Sire-Marin, vice-présidente du TGI de Paris, la circulaire du ministre de l’Intérieur Manuel Valls « rompt avec des décennies d'abolition de la censure »[100]. Jack Lang juge que l'ordonnance du Conseil d'État « tend à instaurer une sorte de régime préventif, voire de censure morale préalable à la liberté d'expression »[101],[102].

InternetModifier

Limitations à la liberté d'expressionModifier

La loi Gayssot (1990) « ten[d] à réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe ». Présentée au Parlement par le député communiste Jean-Claude Gayssot, son article premier dispose que « Toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite. »

La loi qualifie également de délit, dans son article 9, la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité comme définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, punissant ainsi les auteurs et diffuseurs de propos négationnistes et révisionnistes.

En outre, la loi du 30 décembre 2004 punit les auteurs de propos incitant « à la haine ou à la violence » ou « l'injure commise dans les mêmes conditions à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap »[103]. C'est sur cette base que le député UMP Christian Vanneste a d'abord été condamné le 24 janvier 2006 par le tribunal correctionnel de Lille pour avoir tenu des propos homophobes dans différents journaux, qualifiant notamment l'homosexualité d'« inférieure à l’hétérosexualité », la jugeant « dangereu[se] pour l’humanité » si « pouss[ée] à l’extrême ». Cette condamnation fut d'abord confirmée en appel avant d'être cassée le 12 novembre 2008 par la Cour de cassation qui a alors blanchi le député en estimant que ses propos ne dépassaient pas le cadre de la liberté d'expression.

Liste de films censurésModifier

(Liste non exhaustive)

Liste de chansons censuréesModifier

  • Quand un soldat, de Francis Lemarque, chantée par Yves Montand en 1953
  • Sanguine de Prévert, musique Henri Crolla, déconseillée en 1953, chantée par Yves Montand, Claude Nougaro et Lio.
  • Liste des chansons censurées de Jean Ferrat :
    • Nuit et Brouillard, « déconseillée » sur les antennes ;
    • Potemkine, décrite comme appel à la révolte ;
    • Ma France, dite « irrévérencieuse » pour le pays ;
    • Au Printemps de quoi rêvais-tu ?, en plein contexte de l'après Mai 1968 ;
    • Un Air de Liberté, dite « diffamatoire » à l'encontre de Jean d'Ormesson.
  • Liste des chansons censurées de Léo Ferré :
    • Mon Général, Les Quat'Cents Coups... en 1961.
  • Un cas particulier, Les Ricains (comme Douce France, chanson de résistance sous Pétain, et chanson collabo en 1945)
    • Les Ricains, de Michel Sardou, la chanson devenue un classique du répertoire de Michel Sardou a pourtant suscité la critique, et ce pour différentes raisons, toutes d'ordre idéologique, qui parfois s'additionnent. Ainsi, les antifascistes accusent l'interprète de complaisance en exécutant le salut hitlérien durant le tour de chant, les antiaméricains accusent l'auteur d'Atlantisme, les ex-collaborationnistes relativisent les méfaits de l'occupation allemande, les communistes dénoncent le caractère antisoviétique de l'interprétation par son assimilation du soviétisme au nazisme: à la fin du tour de chant l'interprète est bras tendu et enchaîne de la main le salut hitlérien avec le salut de Lénine en chantant « Vous seriez tous en Germanie / À parler de je ne sais quoi / À saluer je ne sais qui »; si les crimes d'Hitler sont établis dès 1946 avec le procès de Nuremberg, ce n'est qu'en 1956 que sont révélés les crimes de Staline. Quant aux gaullistes, ils dénoncent la minimisation de la participation française à la libération du pays.
  • Jacques Brel :
    • Les Bourgeois, ce qui conduit l'auteur à remplacer dans le refrain « con » par "..."
  • Liste non exhaustive des chansons de Georges Brassens interdites par le comité d'Écoute en Radiodiffusion[113] :
    • Le Gorille (traite de la peine de mort par métaphore[114]). Brassens s'est autocensuré en élaguant une dernière strophe[115] : « Nous terminerons cette histoire / Par un conseil aux chats-fourrés / Redoutant l'attaque notoire / Qu'un d'eux subit dans des fourrés: / Quand un singe fauteur d'opprob'e / Hante les rues de leur quartier / Ils n'ont qu'à retirer la robe / Ou mieux à changer de métier. »
    • Hécatombe
    • La Mauvaise réputation
    • Le Mauvais sujet repenti
    • La Mauvaise herbe
    • Vénus callipyge
    • La complainte des filles de joie
    • Putain de toi
    • Les Deux oncles
    • La Tondue
    • La fille à cent sous
    • Le Cocu
    • Brave Margot
    • La Femme d'Hector
    • Le Fossoyeur
    • Les Croquants
    • Le Pornographe
    • Les Trompettes de la renommée
    • Le Mécréant
    • Le temps ne fait rien à l'affaire
  • Boris Vian, Le Déserteur (1954). Censurée une première fois de passage à la radio en 1954, la deuxième version est interdite de vente et de diffusion jusqu'en 1962[116].
  • Jacques Debronckart, Mutins de 1917 Cette chanson, enregistrée sur le premier 33 tours de Jacques Debronckart en 1967, a été censurée en France, et n'a été diffusée que plus de 30 années plus tard sur les ondes publiques, sur France Inter (Histoires possibles et impossibles, Robert Arnaud) le 22 novembre 1998.
  • Renaud, Hexagone (1975) Chanson interdite par une circulaire sur la radio France Inter pendant la visite du pape Paul VI en France[117].
  • Pauline Ester, Le monde est fou (1990) retirée d'antenne pour cause de guerre du Golfe ! (voir article dans l'Humanité https://www.humanite.fr/node/23397)
  • Les Wampas, Chirac en prison (2006). La publicité pour cet album a été interdite, et non sa diffusion[118].
  • Charles Aznavour, L'Amour et la Guerre (1960). Pendant la guerre d'Algérie, la chanson est interdite sur les ondes nationales[108]. Elle sera la bande son du film de Claude Autant-Lara Tu ne tueras point [109].

Les quatre membres du groupe Matmatah, leur manager, ainsi que l'éditeur graphique, ont été condamnés chacun à une amende de 15 000 francs pour « provocation à l'usage de stupéfiants » à cause de leur chanson L'Apologie qui est en faveur de la dépénalisation du cannabis[119].

Liste de livres censurésModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Sur la gauche, le roi Louis-Philippe plaque sa main sur la bouche d'une ouvrière symbolisant la liberté de la presse. Derrière lui se tient le député et magistrat Jean-Charles Persil, avec son nez en forme de bec de perroquet et, à la main, une grande paire de ciseaux représentant la censure. Sur la droite, d'autres membres du gouvernement s'en prennent aux imprimeurs et au matériel d'imprimerie. Sous la plafond sont accrochées des revues anti-gouvernementales telles que La Caricature et les Droits de l'homme[1].

RéférencesModifier

  1. Lithographie de Grandville (v. 1832)
  2. Jean-Christian Petitfils, Histoire de la France, Fayard, 1145 p., p.321
  3. Benedict Anderson (1983), L'Imaginaire national, La Découverte, Paris, 1996, chap. II, p. 51-52
  4. Bibliothèque nationale de France, « Livre et censure - Bibliographie » [PDF], (consulté le 8 décembre 2014)
  5. a b c et d Pascal Ory, La Censure en France à l'ère démocratique, Éditions Complexe, coll. « Histoire culturelle », 1999
  6. Émile de Saint-Auban, L'histoire sociale au Palais de justice : plaidoyers philosophiques, Paris, A. Pedone, 1895
  7. a et b Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, Gallimard, coll. « Tel », 1992 (ISBN 2070724980)
  8. Michel Auvray, Objecteurs, insoumis, déserteurs : histoire des réfractaires en France, Paris, Stock 2, , 439 p. (ISBN 9782234016521, OCLC 10810295, lire en ligne), p. 140
  9. a b et c Odile Krakovitch, La censure des théâtres durant la grande guerre, in : Théâtre et spectacles hier et aujourd'hui, Époque moderne et contemporaine, Actes du 115e congrès national des sociétés savantes (Avignon 1990), CTHS Paris 1991, p. 331-332, (ISBN 2-7355-0220-1)
  10. Jean-Yves Le Naour, Dictionnaire de la Grande guerre, Paris, Larousse, , 476 p. (ISBN 978-2-03-583789-9), p. 149-150
  11. Pascal Ory, La censure en France, Editions Complexe, , p. 218
  12. « Des dirigeants du P.C.I. inculpés pour la campagne contre la guerre d’Indochine », La Vérité,‎
  13. Madeleine Jacob, « Pour une affiche condamnant la guerre d’Indochine huit militants ont comparu en correctionnelle », Franc-Tireur, no 1150,‎ , p. 4
  14. « Des militants frappés d'amendes pour avoir condamné la guerre d'Indochine », Franc-Tireur, no 1162,‎ , p. 4
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  16. J-M. Théolleyre, « Charles Heimburger fera cinq ans de prison », Le Monde,‎
  17. Alain Ruscio, « Libérez Henri Martin », L'Humanité,‎
  18. Hervé Bazin, Marc Beigbeder, Jean-Marie Domenach, Francis Jeanson, Michel Leiris, Jacques Madaule, Marcel Mer, Jean Painlevé, Jean-Paul Sartre, Jacques Prévert et al., L'Affaire Henri Martin, Paris, Gallimard, coll. « Hors série Connaissance », , 296 p.
  19. « Lire « Drame à Toulon - Henri Martin » », sur observatoiredelacensure.over-blog.com, (consulté le 17 mai 2020)
  20. Philippe Roger, « La guerre froide sur le littoral du Pas-de-Calais : l'interdiction des représentations de « Drame à Toulon » à Calais en décembre 1951 », Revue du Nord, no 394,‎ , p. 187-197 (lire en ligne)
  21. « Le retrait de toiles jugées subversives au Salon d'automne provoque un incident », Le Monde,‎
  22. Nils Andersson, « Les résistances à la guerre d'Algérie », Savoir/Agir, no 21,‎ , p. 97 (lire en ligne)
  23. « Réponses des ministres aux questions écrites, Armées », Journal officiel de la République française,‎ , p. 1586, article no 4783 (lire en ligne)
  24. Louis Namy, « Amnistie, adoption d'un projet de loi », Journal Officiel de la République française, no 21 S,‎ , p. 397 (lire en ligne)
  25. « Travaux forcés pour les journalistes qui portent atteinte au moral de l'armée demandent plusieurs députés U.N.R. », Le Monde,‎
  26. « Théâtre : seuls les comédiens des scènes subventionnées de Paris seraient visés », Le Monde,‎
  27. « Cinéma : aide financière retirée aux signataires inculpés », Le Monde,‎
  28. « Les signataires de la déclaration sur l'insoumission ne pourront faire l'objet d'aucune citation à la R.T.F. », Le Monde,‎
  29. a et b « Les comédiens font grève jusqu'à mardi • Des émissions importantes sont annulées », Le Monde,‎
  30. « Les mesures de suspension prises à la R.T.F. risquent de remettre en cause un grand nombre d'émissions à la télévision comme à la radio », Le Monde,‎
  31. « Jérôme Peignot », sur remue.net, (consulté le 16 novembre 2018)
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  64. Maurice Balmet, Patrice Bouveret, Guy Dechesne, Jean-Michel Lacroûte, François Ménétrier et Mimmo Pucciarelli, Résister à la militarisation : Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation, Lyon 1967-1984, Lyon, Atelier de création libertaire, , 324 p. (ISBN 9782351041215), p. 75
  65. « Le pasteur René Cruse est inculpé pour divulgation du « statut » de l'objection de conscience », Le Monde, 10 décembre 1971
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  69. « Radio : Michel Boyon, poursuivi par l'Association de soutien à l'armée française (ASAF) a été relaxé », Le Monde,‎
  70. Site du HLM des fans de Renaud
  71. Thierry Crépin, « Haro sur le gangster ! » : La moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS Éditions, , 493 p. (ISBN 2-271-05952-6), p. 221
  72. Frédéric Hervé, La censure du cinéma en France à la Libération, 1944-1950, Association pour le développement de l'histoire économique, , p. 14
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  74. Une « CNN à la française » - Parrain privé, chaîne publique, Le Monde diplomatique, janvier 2006
  75. « La Tribune passe Ségolène à la trappe », Le Canard enchaîné, 6 septembre 2006
  76. SNJ dénonce manip à La Tribune, Indymedia, 4 septembre 2006, 21h24
  77. Arrêt de la cour d'appel du 18 janvier 2007 concernant Schouler et Placid
  78. Crim. 17 juin 2008, pourvoi n°07-80.767 : « en subordonnant le sérieux de l'enquête à la preuve de la vérité des faits, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ».
  79. "Cachez ce groin...", Libération, 23 avril 2007 en-ligne
  80. Courrier international n°904 du 28 février au 5 mars 2008.
  81. Censuré sur le net pour propos anti-Sarko, Bakchich, 2 septembre 2008. Youtube fait taire Torapamavoa : une censure ?, vidéo du groupe Torapamavoa, sur Daily motion.
  82. Un article du "Journal du dimanche" sur Cécilia Sarkozy aurait été censuré, Le Monde, 13 mai 2007
  83. Article du JDD sur Cécilia Sarkozy : deux syndicats du groupe protestent, Le Nouvel Observateur, 14 mai 2007
  84. « Article censuré : des syndicats du groupe Hachette protestent », Libération, 14 mai 2007 (lire ici)
  85. André Rouillan, « Les vérités retouchées du Figaro », Paris Art n°257, 27 novembre 2008
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  87. Catherine Peyge lance un appel pour la liberté d’expression, L'Humanité, 25 avril 2007
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  100. Dieudonné: l'arrêt «Minority Report» du Conseil d'État, entretien, slate.fr, 10 janvier 2014
  101. Jack Lang sur l'affaire Dieudonné : « La décision du Conseil d'État est une profonde régression », entretien, lemonde.fr, 13 janvier 2014
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  104. À propos de la sortie d’INTOLERANCE en France en 1919, Louis Delluc, Paris-Midi, avril 1919 in Le Cinéma au quotidien, Cinémathèque française et Éditions de l’étoile/Cahiers du Cinéma, Paris, 1990. (extrait sur le site d'Arte, édité le 1er octobre 2007.
  105. « L'ANTICONCEPT », sur www.tofu-magazine.net (consulté le 9 septembre 2013) : « The film was shown for the first time on 11 February 1952 at the 'Avant-Garde 52' cinema club. It consisted of blank illumination projected onto a weather balloon, accompanied by a staccato spoken soundtrack. The film was banned by the French censors on 2 April 1952—when the Letterists visited the Cannes Film Festival the following month, they were forced to restrict the audience to journalists only. »
  106. Georges Sadoul, Dictionnaire des films, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Microcosme », 4e trimestre 1965, 300 p., p. 254
  107. « Tu ne tueras point », Exposition virtuelle Censure au cinéma, sur sciencespo.fr (consulté le 4 avril 2020)
  108. a et b « L'amour et la guerre interdite à la radio », La Défense, no 432,‎ , p. 10
  109. a et b François Ménétrier, « Charles Aznavour, l'amour et la guerre », Union pacifiste,‎ décembre 2018 - janvier 2019, p. 10
  110. Jean Montagnard, « Silence, on coupe », L'Unité, 1er mars 1974
  111. La bonzesse - la critique, À voir, à lire, 2010
  112. Histoire juridique des interdits cinématographiques en France, 1909-2001, Albert Montagne.
  113. « Les ciseaux d'Anastasie », sur Les copains d'accord's,  : Pierre Perret et Georges Brassens parlent de la censure (J'ai ce malheur de faire des chansons que les ondes ne supportent pas)
  114. Analyse du texte de chanson
  115. Dialogus - Georges Brassens - Le gorille
  116. Catherine Golliau, « Vive la censure ! "Le Déserteur" : danger permanent », (consulté le 8 décembre 2014)
  117. extrait d'une biographie de Renaud
  118. « Wampas : on connait la chanson » : explicitations du Bureau de vérification de la publicité
  119. Le groupe Matmatah condamné pour provocation à l'usage des stupéfiants (Nantes, 19 juin 1998)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier