Ouvrir le menu principal

Catholicisme au Japon

Église catholique au Japon
Mosaïque japonaise de la Vierge et l'Enfant, dans la Basilique de l’Annonciation (Nazareth).

Le catholicisme est une confession présente au Japon depuis le XVIe siècle. Elle compte en 2012 approximativement 537 000 fidèles [1], soit moins de 0,5 % de la population totale du pays. L'Église catholique au Japon est formée de diocèses en communion avec l'Église catholique universelle se trouvant sous la conduite spirituelle du pape, évêque de Rome.

En 2012, le territoire japonais est divisé en seize diocèses, dont trois archidiocèses [2], et 848 paroisses. 1589 prêtres[3] sont au service de l'Église.

Le christianisme est introduit dans les îles du Japon par les missionnaires jésuites, en particulier saint François Xavier qui débarque à Yamaguchi en 1549. Les catholiques portugais ont également fondé la ville de Nagasaki, considérée comme le centre chrétien le plus important en Extrême-Orient. L'archidiocèse de Nagasaki est historiquement le plus important du pays[4].

Sommaire

HistoireModifier

 
Chrétiens japonais en costume portugais, XVIe et XVIIe siècles.
Article détaillé : Histoire du catholicisme au Japon.

Les premières activités missionnaires lancées par les jésuites, dont saint François-Xavier, débutent en 1549. ils sont rejoints par les Ordres mendiants espagnols. Pendant la trentaine d'années qui suit la mort de François-Xavier, le christianisme se développe dans la région de Kyushu doucement mais sans heurts[5]. Le shogun Hideyoshi commence les persécutions contre les chrétiens en 1587.

Toyotomi Hideyoshi décide l'expulsion du pays des missionnaires en 1587, car il perçoit l'influence des jésuites, mais surtout des franciscains, comme une menace pour son pouvoir personnel. Toutefois, pour des raisons d'ordre économique ce décret est peu appliqué[6]. Ce n'est qu'en 1597, un an avant la mort de Toyotomi Hideyoshi, que 26 Chrétiens, la plupart japonais, sont crucifiés à Nagasaki.

Un premier diocèse - le tout premier d'Extrême-Orient - est toutefois créé à Funai (aujourd'hui Oita) en 1588. Mais bientôt une violente opposition s'élève. Le 5 février 1597, 26 catholiques sont crucifiés à Nagasaki, et en 1614, le shogunat Tokugawa interdit le christianisme : les missionnaires sont expulsés. En 1624, les Espagnols sont tous expulsés. En 1637-1638 la rébellion chrétienne de Shimabara est réprimée par le massacre des insurgés, et suivie de l'expulsion des Portugais du Japon. Le pays est fermé entre 1641 et 1853 : aucun étranger ne peut entrer, ni aucun Japonais ne peut sortir sous peine de mort.

Renouveau du catholicisme au JaponModifier

 
Vue de la première église des Vingt-Six-Martyrs de Nagasaki en 1885.

Au milieu du XIXe siècle, jusqu'au milieu du XXe siècle, ce sont les missionnaires français des Missions étrangères de Paris qui prennent la relève et fondent plusieurs vicariats apostoliques. Ainsi des prêtres des Missions étrangères de Paris s’établissent à Nagasaki. Le prêtre missionnaire Bernard Petitjean y construit la basilique des Vingt-Six Saints Martyrs du Japon, (L' église d'Ōura (大浦天主堂, Ōura Tenshudō?)) en 1864.

Chrétiens cachésModifier

Article détaillé : Kakure kirishitan.

Kakure kirishitan (隠れキリシタン?, japonais pour « chrétiens cachés ») est un terme moderne pour désigner un membre de l'Église catholique japonaise de l'époque d'Edo qui entre dans la clandestinité après la rébellion de Shimabara dans les années 1630[8],[9].

Environ 30 000 chrétiens cachés[10], dont certains ont adopté ces nouvelles façons de pratiquer le christianisme, sortent de cachette quand la liberté religieuse est rétablie en 1873 après la restauration de Meiji. Les kakure kirishitan sont alors appelés mukashi kirishitan (昔キリシタン?), c'est-à-dire « anciens » chrétiens, et émergent non seulement des zones traditionnelles chrétiennes de Kyushu, mais aussi d'autres régions rurales du Japon[8].

Chrétiens japonais au XXIe siècleModifier

 
Une carte des voyages de St. François Xavier.

Près de cinq siècles après l'arrivée des premiers missionnaires, il y a aujourd'hui, selon les chiffres des registres paroissiaux, environ un million de catholiques au Japon, dont plus de la moitié est issue de l’immigration[11].

Ces derniers, arrivés à la faveur de l'ouverture au compte-goutte du pays à l'arrivée d'étrangers il y a une vingtaine d'année, viennent principalement des Philippines. Mais ce sont aussi les représentants des deuxième et troisième générations de ces Japonais ayant émigré en Amérique latine au début du XXe siècle, où ils ont perdu leur langue d'origine et se sont convertis au catholicisme, avant de revenir au Japon. Une situation qui pose de nouveaux défis pastoraux.

Quant aux catholiques japonais, ils sont que 450 000 sur près de 127 millions d'habitants, soit 0,36 % de la population totale, qui est à 71 % bouddhiste et à 15 % shintoïste. Il existe également une petite minorité protestante[12].

Très peu de conversions 

Ce pourcentage est stable et la communauté ne connaît pas de croissance. « Au Japon, se convertir, c'est comme se retrancher d'une société fortement homogène ». Cette communauté pourrait toutefois être bientôt menacée par le déclin. En 2017, sur l'ensemble des 16 diocèses du pays, un seul jeune homme est entré au Grand séminaire japonais. Si l'ensemble de l'épiscopat est local depuis 1940, le poids du clergé étranger est encore important dans le pays. Sur environ 1 800 prêtres (religieux ou non), 519 sont des missionnaires étrangers, « un héritage historique »[13] ' [14].

Philosophie et mode de vieModifier

 
Eglise catholique de Hakodate.

Aujourd’hui, l'abbaye des trappistines (torapisuchinu shûdôin トラピスチヌ修道院) fondée le (Meiji 31) par 8 sœurs venues de France, près du quartier de Yunogawa-chô 湯川町 dans la ville d'Hakodate 函館 de la préfecture d'Hokkaidō 北海道県, est le tout premier édifice religieux dédié aux femmes jamais construit au Japon. Il dépend de l'Ordre cistercien de la Stricte Observance fondé en 1892 en France. Le nom de trappistes (trappistines pour les moniales) provient de celui de l'abbaye de La Trappe située à Soligny en Normandie où l'abbé Armand Jean Le Bouthillier de Rancé rétablit les strictes règles d'observance de l'ordre de Cîteaux à partir de 1662. Il désirait retourner à une vie monastique simple et authentique, fondée sur la règle de Saint-Benoît, selon laquelle le travail manuel alternait avec les prières en commun.

La philosophie et le mode de vie trappiste sont très appréciés au Japon. C'est la seule congrégation catholique qui a connu un véritable engouement au début du XXe siècle dans l'archipel grâce à l'œuvre littéraire de l'écrivain japonais chrétien, Rofū Miki 三木露風 (1889-1964) dans laquelle il relate son expérience de la vie trappiste[15].

DiocèsesModifier

Saints japonaisModifier

Notes et référencesModifier

  1. AED, Observatoire par pays, Japon.
  2. (en) Catholic Giga Catholic Information, Church in Japan
  3. (en) Statistics by Country, by Catholic Population
  4. Le christianisme au Japon. Institut Géopolitique et Culturel Jacques Cartier.
  5. Le christianisme au Japon, des origines à Meiji, Jean-Pierre Duteil
  6. Hiroyuki Ninomiya (préf. Pierre-François Souyri), Le Japon pré-moderne : 1573 - 1867, Paris, CNRS Éditions, coll. « Réseau Asie », (1re éd. 1990), 231 p. (ISBN 978-2-271-09427-8, présentation en ligne), chap. 3 (« La structure des pouvoirs »), p. 75.
  7. Reconnues en 1986, cf. l'article Akita
  8. a et b S, Tokyo, Shogakukan, (OCLC 56431036, lire en ligne)
  9. (ja) 隠れキリシタン, Tokyo, Shogakukan,‎ (OCLC 56431036, lire en ligne)
  10. Qui étaient vraiment les chrétiens cachés du Japon ?, Le Monde des religions.
  11. Selon les derniers chiffres environ 1 % de la population de l'archipel. (2017), Églises d'Asie (agence de presse), rédaction Régis Anouilh.
  12. Pour tous les chiffres voir Églises d'Asie (agence de presse) et son site.
  13. Régis Anouilh, Églises d'Asie (agence de presse).
  14. Le poids de l'Église catholique dans la société est toutefois bien supérieur à son importance numérique. La Nef [1], consacré au Japon, P. Olivier Chegaray, prêtre des MEP.
  15. Un trappiste chez les moines bouddhistes.

BibliographieModifier

  • Alessandro Valignano et Jacques Bésineau, Les jésuites au Japon - Relation missionnaire (1583), Desclée de Brouwer, coll. « Christus », , 285 p. (ISBN 978-2220031415)
  • Norbert Marchand, Saint François-Xavier, un missionnaire au Japon, Fleurus, coll. « Belles histoires, belles vies », , 48 p. (ISBN 978-2215042471)
  • Edouard Brzostowski, Évangéliser au Japon ?, Editions L'Harmattan, , 288 p. (ISBN 978-2296014909)
  • Géraldine Antille et Pierre François Souyri (Préface), Les chrétiens cachés du Japon, Labor et Fides, coll. « Religions en perspective », , 108 p. (ISBN 978-2830912265)
  • Shūsaku Endō et Henriette Guex-Rolle (traduction), Silence, Folio, , 304 p. (ISBN 978-2070414512)
  • Pierre Dunoyer :
    • Histoire du catholicisme au Japon (1543-1945), Cerf, coll. « Petits Cerf His. », , 379 p. (ISBN 978-2204093804)
    • Christianisme et idéologie au Japon : XVIe-XIXe siècles, Cerf, coll. « Histoire », , 240 p. (ISBN 978-2204098229)
  • Vittorio Volpi, Alessandro Valignano 1539-1606 Un Jésuite Au Japon, Salvator, coll. « Biographies », , 320 p. (ISBN 978-2706709722)
  • Jules Gondon, Empire du Japon ouvert au christianisme et à la civilisation européenne, Hachette Livre BNF, coll. « Histoire », , 180 p. (ISBN 978-2013412964)
  • L. Delplace, Le catholicisme au Japon. S. François Xavier et ses premiers successeurs, Hachette Livre BNF, coll. « Religion », , 302 p. (ISBN 978-2019605056)
  • Nathalie Kouamé, Le christianisme à l'épreuve du Japon médiéval : ou les vicissitudes de la première mondialisation (1549-1569), Karthala, coll. « Hommes et société », , 216 p. (ISBN 978-2811114558)

Voir aussiModifier