Catherine de Henneberg

femme politique allemande

La comtesse Catherine de Henneberg (née vers 1334 à Schleusingen à Meissen) devint en 1347 margravine de Misnie et comtesse de Thuringe par mariage avec le margrave Frédéric le Sévère. Elle transmit par sa dot les possessions de Franconie à la Maison de Wettin. Catherine est en outre passée à la postérité pour le « miroir des princes » qu'elle commanda à Heinrich von Vippach : Katherina divina.

Catherine de Henneberg
Illustration.
Portrait allégorique des princes Frédéric et Catherine de Misnie (XIXe siècle).
Titre
Margravine de Misnie
landgravine de Thuringe
Prédécesseur Frédéric III de Thuringe
Successeur Frédéric Ier de Saxe
Biographie
Dynastie Maison d'Henneberg
Date de naissance vers 1334
Lieu de naissance Schleusingen
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Meissen (Saxe)
Père Henri IV d'Henneberg-Schleusingen
Mère Judith de Brandebourg-Saltzwedel
Conjoint Frédéric III de Thuringe
Religion catholique
Résidence palais de Cobourg

Catherine de Henneberg
souverains de Misnie

BiographieModifier

Catherine était la cadette des quatre filles du comte Henri d'Henneberg-Schleusingen et de Judith de Brandebourg, fille d'Hermann Ier de Brandebourg.

Le transfert du fief de Cobourg entre les Henneberg et la Maison de Wettin fut ponctué d'incidents : par testament, Henri IV léguait un fief reconstitué à sa femme et ses filles, le reste de l'ancien comté d'Henneberg devant aller à son frère Jean, ce qui signifiait un partage du patrimoine des Henneberg ; mais le fait de léguer des terres à des femmes signifiait aussi qu'à la mort d'Henri IV en 1347, son gendre ne pourrait pas hériter immédiatement, mais seulement à la mort de la veuve, Judith de Brandebourg, qui ne survint en effet que le . Dès le , le margrave Frédéric se présenta à la cour de l'empereur Charles IV à Prague, réclamant pour lui les terres entourant Cobourg.

Les règles complexes du droit successoral contrariaient les souhaits du beau-père de Catherine, Frédéric le Grave : en témoigne l'anecdote rapportée par une chronique du temps, selon laquelle Catherine aurait été chassée par sa belle-famille jusqu'à ce que sa dot revienne effectivement aux Wettin. Selon une autre tradition, Catherine ne porta plus que des habits noirs après la mort prématurée de son premier enfant (Frédéric, † 1350), et elle aurait même renoncé aux bijoux jusqu'à la naissance d'un nouveau fils. Quoique ces récits soient sans fondement, ils sont l'écho de faits mystérieux : la succession problématique de Catherine et l'intervalle de vingt années qui sépare son mariage de la naissance de son premier fils. Entre 1370 et 1380, elle donne naissance à trois fils, qui lui ont survécu :

À la mort de son époux, en 1381, ses fils étaient encore mineurs. En application des dernières volontés du défunt margrave, Catherine assura la régence des comtés et devait conserver jusqu'à sa mort la souveraineté sur les fiefs de Cobourg et de Weißenfels (dont elle jouissait par douaire) tout en administrant avec ses fils les territoires de la moyenne vallée de la Saale ainsi que ceux compris entre Saale et Mulde, qu'ils avaient obtenus lors de la succession de Chemnitz de 1382. En tant que princesse souveraine de Thuringe et de Misnie, de nombreux documents portent son sceau.

Elle s'établit dans le palais de Cobourg, où sa mère, Judith de Brandebourg, avait elle aussi résidé.

BibliographieModifier

  • Georg Spalatin, Chronik der Sachsen und Thüringer. Bilderhandschrift aus der ersten Hälfte des 16. Jahrhunderts, vol. 3, 3 vol., p. 215r - 218v, conservée à la bibliothèque régionale de Cobourg, sous la cote Ms Cas 9–11. Le texte a été numérisé en version intégrale : on peut le consulter sur le site [1].
  • Reinhardt Butz et Gert Melville, Coburg 1353. Stadt und Land Coburg im Spätmittelalter., vol. 17, Cobourg, coll. « Schriftenreihe der Historischen Gesellschaft Coburg e.V. », .
  • Wilhelm Füßlein, « Der Übergang der Herrschaft Coburg vom Hause Henneberg-Schleusingen an die Wettiner 1353 », Zeitschrift des Vereins für Thüringische Geschichte und Altertumskunde N.F., no 28,‎ , p. 325–434.
  • Eckart Hennig, « Die neue Herrschaft Henneberg 1245–1353 », Jahrbuch der Coburger Landesstiftung, no 26,‎ , p. 43–70.
  • Johann Gottlieb Horn, Lebens- und Heldengeschichte (…) Friedrichs des Streitbaren, Leipzig, .
  • Michael Menzel, « Die "Katherina divina" des Johann von Vippach. Ein Fürstenspiegel des 14. Jahrhunderts », Mitteldeutsche Forschungen, Cologne et Vienne, no 99,‎ .
  • August Wilhelm Müller, Die erlauchten Stammütter des Hauses Sachsen Ernestinische Linie in Skizzen und einem ausführlichen Lebensbilde der Mark- und Landgräfin Katherina, gebornen Gräfin von Henneberg, Meiningen, .
  • Silvia Pfister, Das Huhn, das goldene Eier legt : Katharina von Henneberg (vor 1334–1397) und ihr Erbe, "Seien Sie doch vernünftig!", Frauen der Coburger Geschichte, Cobourg, Gaby Franger, Edmund Frey & Brigitte Maisch, , p. 18–33.
  • Franz Otto Stichart, Galerie der Sächsischen Fürstinnen, Leipzig, , p. 102–110

Liens externesModifier