Catherine Kerbrat-Orecchioni

linguiste française
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Catherine Kerbrat-Orecchioni
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Catherine Kerbrat-Orecchioni est une linguiste française, née en 1943, connue entre autres pour ses travaux sur l’énonciation (description des “subjectivèmes”, “relationèmes” et autres “taxèmes”), l’implicite, les interactions verbales (avec un intérêt particulier pour le fonctionnement de la politesse et pour l’approche interculturelle) et l’analyse du discours politique.

Parcours et domaines d’activitéModifier

Après des études secondaires à Rennes, Catherine Kerbrat-Orecchioni est admise en classes préparatoires au Lycée Fénelon à Paris. Elle entre en 1963 à l’École normale supérieure de jeunes filles[1] (Sèvres).

Reçue première à l’agrégation de grammaire en 1966, elle est recrutée l’année suivante comme assistante en philologie française à l’Université de Lyon devenue Université Lyon 2, où elle assurera tout au long de sa carrière (en tant que maître-assistante puis professeure) des enseignements de sémiologie, sémantique, pragmatique et analyse des interactions verbales. Elle a parallèlement été professeure invitée à la Columbia University (NYC, 1981 et 1994), à l’Université de Genève (1983 et 1991) et à l’University of California (Santa Barbara, 2006 et 2008). Elle a également assuré des séminaires dans une trentaine de pays.

Elle a soutenu à Lyon en 1977 sa thèse de Doctorat d’État, intitulée De la sémantique lexicale à la sémantique de l’énonciation.[2]

De 2000 à 2005, elle a été titulaire de la chaire Linguistique des interactions à l’Institut Universitaire de France.

Ses activités de recherche sont marquées par le souci d’établir en permanence des ponts entre différentes branches de la linguistique — par exemple, entre la sémantique, la rhétorique et la pragmatique (voir ses travaux sur l’ironie, ou sa conception étendue des tropes, incluant différents “tropes pragmatiques” tels que les tropes illocutoires, présuppositionnels, fictionnels et communicationnels) ; ou encore, entre l’analyse conversationnelle et l’analyse du discours (voir ses analyses sur les débats présidentiels). En effet, si C. Kerbrat-Orecchioni a joué un rôle important dans l’implantation en France de l’approche interactionniste (elle a fondé et dirigé jusqu’en 1999 le GRIC, “Groupe de Recherches sur les Interactions Conversationnelles”, laboratoire rattaché au CNRS en 1983 et devenu, à la suite de divers regroupements, ICAR[3] en 2003, auprès duquel elle est toujours chercheuse associée[4]), et si elle a toujours insisté sur la spécificité des échanges oraux (sans cesser pour autant de s’intéresser au dialogue littéraire), elle considère les conversations et autres types de “discours en interaction” comme des formes particulières de productions langagières, dont la description doit donc mobiliser des outils provenant des différents secteurs des sciences du langage (approche dite “éclectique“).

Par-delà leur diversité, les recherches de C. Kerbrat-Orecchioni se caractérisent par le souci constant de rendre compte du fonctionnement de la langue in situ, telle qu’il peut être observé dans les diverses situations de communication, et en particulier de la complexité des mécanismes interprétatifs.

En 1998, C. Kerbrat-Orecchioni a été reçue dans l’ordre de la Légion d’honneur[5] par le Président de l’Université Lumière Lyon 2, Bruno Gelas.

Elle s'intéresse actuellement à la question animale, envisagée dans une perspective linguistique (lexique, discours, argumentation)[6].

Ouvrages (hors articles et contributions à des ouvrages collectifs)Modifier

Ouvrages individuelsModifier

  • 1977 : La connotation, PUL : Lyon. [Traduction en espagnol : La Conotación, Buenos Aires : Hachette 1993].
  • 1980 : L'énonciation de la subjectivité dans le langage, Paris : A. Colin. [Traduction en espagnol : La Enunciación, Buenos Aires : Hachette 1986].
    Compte rendu de lecture publié en 1980[7]
  • 1986 : L’implicite, Paris : A. Colin. [Traduction en arabe, Beyrouth : Arab Organization for translation, 2008] [lire en ligne]
  • 1990 : Les interactions verbales, t. I, Paris : A. Colin.
  • 1992 : Les interactions verbales, t. II, Paris : A. Colin.
  • 1994 : Les interactions verbales, t. III, Paris : A. Colin.
    Compte rendu de lecture publié en 1994[8]
  • 1996 : La conversation, Paris : Seuil (“Mémo”). [Traduction en portugais : Analise da conversaçao, Principios e metodos, Sao Paulo : Parabola Editorial, 2006].
  • 2001 : Les actes de langage dans le discours, Paris : Nathan [rééd. A. Colin, 2008]. [Traduction en portugais : Os Atos de Linguagem no Discurso, Niteroi : edUFF, 2005]
  • 2005 : Le discours en interaction, Paris : A. Colin.
  • 2017 : Les débats de l'entre-deux-tours des élections présidentielles françaises. Constantes et évolutions d'un genre, Paris : L'Harmattan.
  • 2019 : (avec la collaboration de Domitille Caillat et Hugues Constantin de Chanay) : Le débat Le Pen/Macron : un débat “disruptif” ?, Paris : L’Harmattan.

Direction ou co-direction d’ouvrages collectifsModifier

  • 1976 : L'isotopie, Lyon : PUL.
  • 1978 (avec A. Berrendonner) : Stratégies discursives, Lyon : PUL.
  • 1979 : L'ironie, Lyon : PUL.
  • 1980 : Le discours polémique, Lyon : PUL.
  • 1981 : L'illocutoire, Lyon : PUL.
  • 1984 (avec M. Mouillaud) : Le discours politique, Lyon : PUL.
  • 1987 (avec J. Cosnier) : Décrire la conversation, Lyon : PUL.
  • 1988 (avec J. Cosnier & N. Gelas) : Échanges sur la conversation, Paris : Éditions du CNRS.
  • 1991 : La question, Lyon : PUL.
  • 1995 (avec C. Plantin) : Le trilogue, Lyon : PUL.
  • 1998 (avec N. Gelas) : La dicharazione d'amore - La déclaration d'amour, Genova : Erga edizioni.
  • 2004 : Polylogues, numéro spécial de la revue Journal of Pragmatics.
  • 2007 (avec V. Traverso) : Confidence/Dévoilement de soi dans l’interaction, Tübingen : Max Niemeyer.
  • 2008 (avec V. Traverso) : Les interactions en site commercial : invariants et variations, Lyon : ENS Éditions.
  • 2010 : S’adresser à autrui. Vol. 1 : Les Formes Nominales d’adresse dans les interactions orales en français, Chambéry : Université de Savoie.
  • 2014 : S’adresser à autrui. Vol. 2 : Les Formes Nominales d’Adresse dans une perspective interculturelle, Chambéry : Université de Savoie.

Articles d’encyclopédieModifier

  • 1985 : « Sémantique », in Encyclopædia Universalis (Corpus 16).
  • 1990 : « Connotation », « Implicite », « Sémantique linguistique », « Trope », in Encyclopédie philosophique universelle, Paris : PUF (vol. II, « Les notions philosophiques »).
  • 1993 : « Implicite », « Pragmatique », in L. Sfez (éd.) Dictionnaire critique de la communication vol. 1, Paris : PUF.
  • 1996 : « Sémantique » (nouvelle édition), in Encyclopaedia Universalis, t. 20, 873-9[9].
  • 2002 : Responsabilité du secteur « Interactions » du Dictionnaire d’Analyse du Discours (P. Charaudeau & D. Maingueneau éds), Paris : Seuil. Rédaction des articles “Acte de langage”, “Acte de langage indirect”, “Adoucisseur”, “Adresse”, “Connotation”, “Contexte”, “Dialogue”, “Double contrainte”, “Euphémisme”, “Face”, “Figure”, “Hyperbole”, “Implicite”, “Litote”, “Maximes conversationnelles”, “Monologue”, “Négociation”, “Politessse”, “Présupposé/présupposition”, “Relation interpersonnelle”, “Rituel”, “Subjectif”, “Trope”.

Liens externesModifier

RéférencesModifier