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Carton (art)

Ébauche à l'échelle à partir de laquelle la version définitive d'une peinture est réalisée.

En art, un carton est une ébauche, à l'échelle ou en dimensions réelles, à partir de laquelle la version définitive d'une peinture, d'une fresque, d'une mosaïque, d'un vitrail, d'une sculpture ou d'une tapisserie est réalisée[1].

Parmi les peintres les plus célèbres qui ont réalisé des cartons figurent Raphaël, Andrea Mantegna, Francisco de Goya (et ses cartons) et Léonard de Vinci, très admiré pour son carton du tableau La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne[2].

Sommaire

Carton pour toileModifier

Ce type de carton est généralement dessiné en clair-obscur[1]. C'est en ceci que se trouve la similitude entre les cartons pour toile et les cartons pour sculpture.

Carton pour fresqueModifier

Les esquisses réalisées pour les fresques sont en général faites au moyen d'un carton. C'est après que celui-ci est fait qu'on dispose le plâtre — le matériel le plus communément utilisé pour la peinture murale — sur une autre surface.

Il existe deux manières de transposer l'esquisse sur le plâtre[1] :

– en frottant le dos avec de la craie et en traçant le dessin de l'autre côté avec une pointe dure ;
– la méthode du pochoir, qui consiste à perforer le dessin et passer de la poussière de fusain à travers les orifices réalisés.

Carton pour mosaïqueModifier

Carton pour vitrailModifier

Pour réaliser un vitrail, le ou les cartons à réaliser diffèrent totalement des autres supports finaux. En effet, cet art doit être abordé de manière particulière, puisque chaque morceau de verre peut être traité indépendamment, la couleur primant sur la finesse du dessin. Il faut donc un carton général pour la distribution de toutes les pièces, puis, éventuellement, un carton pour chaque pièce[3].

Carton pour sculptureModifier

Il est très utile de réaliser un dessin préparatoire d'une sculpture sur un carton, car au moment de tailler la matière, l'artiste pourra marquer avec une grande précision les formes délinéées ainsi que toutes les mesures nécessaires avant de la commencer à travailler[1].

Carton pour tapisserieModifier

 
L'Ombrelle (1777, musée du Prado, Madrid), une peinture réalisée par Francisco de Goya dans la Fabrique royale de tapisserie appartenant à la deuxième série des cartons pour tapisserie destinée à la salle à manger du prince des Asturies du palais du Pardo.

Dans les cartons pour tapisserie, on utilise un carton coloré afin que les tisserands puissent exécuter avec habileté la transposition du carton sur la toile. Le carton se situe sous les fils s'il s'agit d'un métier à tisser horizontal. Dans le cas d'un métier à tisser de hautes lices, le carton est situé derrière celui qui manipule l'instrument de façon que l'image se voit comme si elle était reflétée dans un miroir[1].

C'est grâce aux tapisseries que la technique du carton a obtenu une popularité internationale. Au XVIe siècle, Raphaël ébaucha ses fameux Cartons de Raphaël, dans lesquels il illustrait des scènes bibliques.

Au XVIIIe siècle, afin de cesser d'importer des tapisseries flamandes et françaises, et en accord avec l'esprit afrancesado du roi Philippe, la Fabrique royale de tapisserie est fondée à Madrid. Parmi les peintres qui y travaillent, se trouvaient Raphaël Mengs et Francisco Bayeu, qui illustrait dans ses œuvres des scènes de mœurs qui plaisaient tant à Charles III et à son fils Charles IV. Bayeu embaucha son beau-frère, Francisco de Goya, qui commençait à jouir d'une bonne réputation pour ses œuvres réalisées à Saragosse. Entre 1775 et 1792, Goya réalisa plus de soixante cartons destinés à décorer les palais de l'Escurial et du Pardo du prince des Asturies.

Notes et référencesModifier

  1. a, b, c, d, e et f (es) « Article Encarta », sur encarta.msn.com (consulté le 17 mars 2014)
  2. Dans Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, Giorgio Vasari raconte comment la foule est venue en grand nombre pour apprécier le carton de La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, de Léonard de Vinci[1].
  3. Edgar Voirol, « Notes brèves sur le vitrail », Les Échos de Saint-Maurice, Abbaye de Saint-Maurice, vol. 30,‎ , p. 340-343 (lire en ligne)[PDF]

Liens externesModifier