Carence en fer sans anémie

carence en fer sans anémie

La carence en fer sans anémie ou carence martiale sans anémie se définit par une carence martiale, un manque de fer, sans anémie.

ClassificationModifier

Deux études indiquent que la carence en fer sans anémie n'évolue pas forcément vers une anémie[1],[2]. Une carence en fer sans anémie pouvant exister sans être une anémie latente, une étude suggère une classification distincte pour cette pathologie[1].

CausesModifier

Mêmes causes que dans l'anémie ferriprive.

SymptômesModifier

Les symptômes de la carence en fer sont très variables car le fer a un rôle important pour des enzymes qui interviennent dans des centaines de réactions biochimiques[2].   

Certains symptômes sont communs,d'autres sont rares ou très rares[2].  

L' anémie ferriprive débute habituellement par une carence en fer sans anémie[3]. Mais la carence en fer sans anémie n'est pas une "anémie ferriprive" latente[2],[1]. Suivant les cas, la carence en fer peut ne jamais évoluer vers une anémie, et rester une carence en fer sans anémie toute la vie[1],[2].

La carence en fer sans anémie se présente sous les mêmes symptômes que la carence en fer avec anémie[3],[4],[5],[6] : fatigue, malaises, faiblesse ou baisse de concentration, dyspnée, palpitations, difficulté à avaler, diminution de l'acidité gastrique[7], atrophie villositaire[7], pica(géophagie, pagophagie)[7], glossite[7], ongles cassants[7].

La carence en fer sans anémie peut aussi être asymptomatique[8].

La carence en fer avec et sans anémie serait un facteur de risque d'ostéopénie et ostéoporose[9],[10],[11],[12].

La carence en fer entraine un risque plus élevé de dépression postpartum[13].

Les troubles de l'humeur, habituellement imputé aux changements hormonaux pendant les règles, pourraient être causés par des niveaux de fer réduits[14].

Des études ont montré un risque plus élevé de carence en fer sans anémie chez les bébés et enfants sujets aux convulsions fébriles[15],[16],[17],[18],[19].

Une anisocytose, différence de taille entre plusieurs cellules sanguines d’une même lignée cellulaire, est souvent présente an cas de carence en fer avec ou sans anémie. L'anisocytose est détéctée par l'indice de distribution des globules rouges ou IDR supérieur à 15, de l'hémogramme (prise de sang).

EpidémiologieModifier

Dans une étude, 20% des femmes en âge de procréer présentaient une carence en fer sans anémie (ferritine < 15 μg/l)[4].

Dans le monde, il y a environ 1 milliard de cas de carence en fer sans anémie[20].

Il y a bien plus de cas de carence en fer sans anémie que de carence en fer avec anémie[21].

DiagnosticModifier

Le diagnostic se fait par une prise de sang et la réalisation d'un hémogramme.

Une analyse de sang avec la ferritine peut ne pas être suffisante, et être complémentée avec le coefficient de saturation de la transferrine, le récepteur soluble de transferrine (sTfr), et l'hepcidine[3]. Savoir à partir de quelle concentration de ferritine il y a carence en fer est peut être difficile à déterminer[3].

Une étude indique que si les symptômes correspondent à ceux d'une carence en fer, le patient devrait être considéré déficient en fer si la ferritine est inférieure à 100 μg/L[3], voir plus en cas de condition inflammatoire.

Le dosage de l'hepcine est attendu dans le futur dans le but de différencier une carence en fer vraie d’une carence en fer par séquestration[22].

Une étude remet en question les valeurs de références de la ferritine et de l'hémoglobine, utilisés pour déterminer la carence en fer[23]. Car selon l'étude, avoir des valeurs de référence différentes concernant l'hémoglobine et la ferritine pour les hommes et les femmes n'est pas justifié[23].

La synthèse de transferrine est augmentée[24], le taux d'hémoglobine peut être réduit[24], le VGM (volume globulaire moyen) est réduit[24], la TCMH (teneur corpusculaire moyenne en hémoglobine) est réduite[24], l'IDR (indice de distribution des globules rouges) est élevé[24] (Anisocytose), le RsTf (récepteur soluble à la Transferine) est augmenté[24], et la ferritine est basse.

Parfois, connaitre la concentration de l'hepcidine peut être utile[2].

Avant un hémogramme avec évaluation du fer sérique et de la transferrine, un jeûne de 10 heures (et sans supplément de fer) est nécessaire[2].

TraitementModifier

Une étude indique que le traitement avec du fer devrait être donné 6 à 12 mois, au lieu de la pratique habituelle consistant à quelques mois[3].

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. a b c et d Hassan Al-Jafar, « HWA: Hypoferritinemia without anemia a hidden hematology disorder », Journal of Family Medicine and Primary Care, vol. 6,‎ , p. 69–72 (DOI 10.4103/2249-4863.214986, lire en ligne, consulté le 20 novembre 2019)
  2. a b c d e f et g « Iron Deficiency Without Anemia – Common, Important, Neglected », sur www.oatext.com (consulté le 22 novembre 2019) : Before blood sampling for serum iron and transferrin, a 10-hours fast (including no iron supplements) is necessary.
  3. a b c d e et f (en) Esa T. Soppi, « Iron deficiency without anemia – a clinical challenge », Clinical Case Reports, vol. 6, no 6,‎ , p. 1082–1086 (ISSN 2050-0904, PMID 29881569, PMCID 5986027, DOI 10.1002/ccr3.1529, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2019) :

    « Iron deficiency anemia (...) is a late manifestation of iron deficiency. . This may lead confusion as the role of ferritin in the detection of iron deficiency is not unequivocal. Then the ferritin can be supplemented with determination of transferrin saturation, soluble transferrin receptor (sTfr) and the ratio between sTfr and logarithm of ferritin as well as hepcidin. (...)it may be difficult to determine which ferritin concentration is indicating iron deficiency. If symptoms are in accordance with iron deficiency, the patient should be considered iron deficient at least up to a serum ferritin concentration of 100 μg/L, or even much higher. Symptoms of iron deficiency anemia (...) would indicate iron deficiency. »

  4. a et b Netgen, « Diagnostic et traitement de la carence en fer sans anémie », sur Revue Médicale Suisse (consulté le 23 octobre 2019)
  5. Falkingham N, Abdelhamid A, Curtis P, Fairweather-Tait S, Dye L, Hooper L, The effects of oral iron supplementation on cognition in older children and adults: a systematic review and meta-analysis, Nutr J, 2010;9:4
  6. Sawada T, Konomi A, Yokoi K, Iron deficiency without anemia is associated with anger and fatigue in young Japanese women, Biol Trace Elem Res, 2014;159:22–31
  7. a b c d et e Professeur Dominique PLANTAZ, « Anémie par carence martiale chez l’enfant »,
  8. (en) Esa T. Soppi, « Iron deficiency without anemia – a clinical challenge », Clinical Case Reports, vol. 6, no 6,‎ , p. 1082–1086 (ISSN 2050-0904, PMID 29881569, PMCID 5986027, DOI 10.1002/ccr3.1529, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2019) :

    « Iron deficiency anemia (hemoglobin ≤ 130 g/L in males and ≤120 g/L in females) is a late manifestation of iron deficiency. »

  9. Mei-Lien Pan, Li-Ru Chen, Hsiao-Mei Tsao et Kuo-Hu Chen, « Iron Deficiency Anemia as a Risk Factor for Osteoporosis in Taiwan: A Nationwide Population-Based Study », Nutrients, vol. 9, no 6,‎ (ISSN 2072-6643, PMID 28621741, PMCID 5490595, DOI 10.3390/nu9060616, lire en ligne, consulté le 24 octobre 2019) :

    « Compared with individuals without IDA, patients with a history of IDA had a near two-fold risk for osteoporosis. »

  10. Laura Toxqui et M. Pilar Vaquero, « Chronic Iron Deficiency as an Emerging Risk Factor for Osteoporosis: A Hypothesis », Nutrients, vol. 7, no 4,‎ , p. 2324–2344 (ISSN 2072-6643, PMID 25849944, PMCID 4425147, DOI 10.3390/nu7042324, lire en ligne, consulté le 24 octobre 2019)
  11. (en-GB) « Relationship between the presence of anemia and the risk of osteoporosis in women with rheumatoid arthritis », sur Revista de Osteoporosis y Metabolismo Mineral · Publicación Oficial SEIOMM, (consulté le 24 octobre 2019)
  12. Netgen, « L’anémie du sujet âgé : une pathologie fréquente à ne pas banaliser », sur Revue Médicale Suisse (consulté le 1er novembre 2019) : des taux d’hémoglobine de < 140 g/l chez l’homme et < 130 g/l chez la femme seraient des facteurs prédictifs d’ostéoporose.
  13. « Anaemia and depletion of iron stores as risk factors for postpartum depression: a literature review » (consulté le 24 octobre 2019)
  14. « Iron deficiency during your period can raise risk of mood disorders », sur Mail Online, (consulté le 24 octobre 2019)
  15. Mansour SADEGHZADEH, Parisa KHOSHNEVIS ASL et Esrafil MAHBOUBI, « Iron Status and Febrile Seizure- A Case Control Study in Children Less Than 3 Years », Iranian Journal of Child Neurology, vol. 6, no 4,‎ , p. 27–31 (ISSN 1735-4668, PMID 24665277, PMCID 3943016, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2019)
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  18. Razieh FALLAH, Behnaz TIRANDAZI, Farzad FERDOSIAN et Nafiseh FADAVI, « Iron Deficiency and Iron Deficiency Anemia in Children With First Attack of Seizure and on Healthy Control Group: A Comparative Study », Iranian Journal of Child Neurology, vol. 8, no 3,‎ , p. 18–23 (ISSN 1735-4668, PMID 25143769, PMCID 4135276, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2019)
  19. Richard Idro, Samson Gwer, Thomas N. Williams et Tuda Otieno, « Iron Deficiency and Acute Seizures: Results from Children Living in Rural Kenya and a Meta-Analysis », PLoS ONE, vol. 5, no 11,‎ (ISSN 1932-6203, PMID 21103365, PMCID 2982825, DOI 10.1371/journal.pone.0014001, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2019)
  20. « Le rôle de l’enrichissement des aliments dans la lutte contre la malnutrition par carence en micronutriments » (consulté le 3 novembre 2019) : tableau 1.2 page 6 Carences en micronutriments : prévalence, facteurs de risque et conséquences pour la santé
  21. (en) Esa Soppi, « Iron Deficiency Without Anemia – Common, Important, Neglected », sur oatext.com, (DOI 10.15761/CCRR.1000456, consulté le 20 novembre 2019)
  22. Netgen, « Marqueurs diagnostiques de la carence en fer : lequel choisir ? », sur Revue Médicale Suisse (consulté le 29 octobre 2019)
  23. a et b « What is the evidence for gender differences in ferritin and haemoglobin? » (consulté le 31 octobre 2019)
  24. a b c d e et f Professeur Dominique PLANTAZ, « Anémie par carence martiale chez l’enfant »,