Carcasan, est un chef berbère des Ifuraces, une des tribus marmaride qui réside en Tripolitaine et qui est active pendant les insurrections berbères dans la préfecture du prétoire d'Afrique au milieu du vie siècle. Il apparaît pour la première fois dans les rapports de la campagne du général Jean Troglita de l'hiver 546/547, lorsqu'il est vaincu avec Antalas et d'autres chefs berbères par les troupes byzantines. Au printemps 547, après la mort du chef laguatan Ierna, il réunit les tribus berbères dispersées et est acclamé chef par celles-ci. Après avoir consulté l'oracle d'Amon, il reprend la guerre contre les Byzantins et leur inflige une lourde défaite lors de la bataille de Marta[1].

Lorsque Cusina, un chef berbère allié de Jean Troglita, intercepte l'avance des tribus libyennes au passage de l’isthme de Gabès, Carcasan l’entraîne dans une poursuite au sud des Chotts, dans des régions où l’eau et les approvisionnements firent vite défaut. Après avoir épuisé ainsi ses adversaires, Carcasan revint ensuite vers la côte, dans la région de Marta (Mareth), et, près d’un cour d’eau pérenne dont l’embouchure était envasée (probablement l’oued Es-Zeuss), il inflige à Jean sa première défaite, qui fut aussi la plus belle victoire des berbères contre les Byzantins depuis la bataille de Cillium[2].

Au printemps 548, Antalas et lui se confrontent à nouveau avec Jean, ce dernier est allié avec une large coalition de chefs berbères[1]. Les troupes berbères en révolte marchent contre Jean Troglita et campent dans la plaine de Mammès. Carcasan, confiant après sa victoire l'an dernier, souhaite affronter immédiatement l'armée de Jean, mais il cède sa place à Antalas, qui prône une tactique plus prudente, se retirer et attirer les Byzantins vers l'intérieur des terres, les forçant à marcher loin de leurs bases d'approvisionnement, et à travers le pays dévasté, dans le but de les épuiser et démoraliser[3],[4]. Les rebelles berbères mettent en pratique la tactique d'Antalas, mais lorsqu'ils campent dans la plaine des champs de Caton, ils sont forcés de se battre en bataille rangée. Dans la confrontation qui s'ensuit, les Byzantins et leurs alliés berbères sont victorieux et Carcasan, lors d'une contre-attaque, est tué, probablement par Jean Troglita lui-même[5],[6].

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RéférencesModifier

  1. a et b Martindale, Jones et Morris 1992, p. 270.
  2. Y. Modéran, « Jean Troglita », dans Encyclopédie berbère, Éditions Peeters, (ISBN 9782744904240, lire en ligne), p. 3866–3870
  3. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 648.
  4. Diehl 1896, p. 377-378.
  5. Martindale, Jones et Morris 1992, p. 648-649.
  6. Diehl 1896, p. 378-380.

BibliographieModifier

  • (en) John Robert Martindale, Arnold Hugh Martin Jones et John Morris, The Prosopography of the Later Roman Empire, Volume III : A.D. 527–641, Cambridge, Cambridge University Press, , 1575 p. (ISBN 0-521-20160-8)
  • Charles Diehl, L'Afrique byzantine : histoire de la domination byzantine en Afrique (533-709), Paris, , 644 p. (lire en ligne)