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Caran d'Ache

dessinateur et caricaturiste français
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le dessinateur. Pour la firme suisse de crayons, voir Caran d'Ache (entreprise). Pour le clown soviétique, voir Karandach.
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Caran d'Ache
Caran d'Ache (atelier Nadar).JPEG
Caran d'Ache photographié par Nadar.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 50 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Emmanuel PoiréVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Activités
Lieu de travail
Œuvres principales

Caran d'Ache, nom de plume d'Emmanuel Poiré, né le [1] à Moscou et mort le à Paris, est un dessinateur humoristique et caricaturiste français d'origine russe.

Sommaire

BiographieModifier

 
Caricature de Caran d'Ache, traitant de l'affaire Dreyfus, parue dans le Figaro le sous le titre Un dîner en famille.

Son grand-père français, venu avec les armées napoléoniennes, était demeuré en Russie après la retraite de Russie en 1812. Emmanuel Poiré choisit, à sa majorité, d'émigrer en France et d'y faire le service militaire, afin de recouvrer la nationalité française qui avait été perdue par son père et qu'il n'avait donc pas eue.

Il adopte rapidement le pseudonyme de Caran d'Ache, directement transcrit du russe karandach (карандаш), mot signifiant « crayon. » Ce pseudonyme lui est attribué par Adrien de Mortillet lors de leur rencontre en Russie.

À partir de 1886, il publie ses dessins humoristiques dans Le Chat noir, Le Tout-Paris, La Vie militaire, la Caricature, le Journal, entre autres. Il s'essaie également à la bande dessinée en 1885, sur le modèle töpferrien, avec l'Histoire de Marlborough. Pour le théâtre d'ombre du cabaret Le Chat noir, il créa L'Épopée, une pièce en ombre chinoise sur le thème des guerres napoléoniennes. Ce spectacle, présenté la première fois le , rencontrera un grand succès[2]. En 1926, dans L'Amateur d'estampes, Joseph Guibert écrit : « Il y a toujours eu des cénacles d'artistes et d'écrivains. Une sorte d'air de famille les unit à travers le temps. Ils sont généralement sympathiques par la sincérité et la fraîcheur de leurs illusions. De tous on pourrait dire, comme Gérard de Nerval de ses anciens compagnons : « Nous étions jeunes, toujours gais, quelquefois riches… » L'équipe du Chat Noir n'était pas inférieure aux autres ; pour ne citer que les artistes : Henri Pille, Forain, Henri Rivière, Willette, Henry Somm, Caran d'Ache, Antonio de La Gandara, Steinlen[3] !… »

Le , Emmanuel Poiré qui habitait alors rue de la Tour, épouse à la mairie du 9e arrondissement[4] Henriette Azimont, nièce de l'actrice Cécile Azimont.

En 1894, il envoie au Figaro une lettre décrivant un grand projet : « Mais il est notoire que tous les romans parus depuis J.-C. sont bâtis d'une façon uniforme quant à l'aspect extérieur et en plus ils sont tous écrits. Eh bien, moi, j'ai l'idée d'y apporter une innovation que je crois de nature à intéresser vivement le public ! Et c'est ? Mais tout simplement de créer un genre nouveau : le roman dessiné. […] Tout sera exprimé par les dessins en 360 pages environ. » Cette œuvre, que Caran d'Ache prévoit d'appeler Maestro n'est cependant jamais publiée du vivant de l'auteur, et il faut attendre 1999 pour que 120 pages soient publiées par le CNBDI, sans que l'on sache si les autres ont survécu. En 2001, Thierry Groensteen redécouvre au département des arts graphiques du musée du Louvre quatre cahiers contenant des dessins préparatoires, des brouillons de cases et la fin du synopsis de l'histoire, ce qui permet de mieux comprendre à la fois la technique de l'auteur et le déroulement de l'histoire[5].

En 1898, Caran d'Ache est également cofondateur, éditeur, dessinateur et animateur du journal Psst...![6],[7], hebdomadaire satirique anti-dreyfusard. À cette aventure éditoriale antisémite fut associé, durant toute sa durée (85 livraisons), son ami Jean-Louis Forain, peintre, graveur et, comme lui, dessinateur, mais dans un registre plus noir.

Un de ses dessins les plus célèbres, Un dîner en famille, est le raccourci qu'il fit, le , dans les colonnes du Figaro, d'une querelle familiale concernant l'affaire Dreyfus pour illustrer la profonde division de la société française à ce sujet au tournant des XIXe et XXe siècles.

Avec d'autres artistes et hommes de lettres (dont les peintres Edgar Degas, Auguste Renoir, les poètes José-Maria de Heredia, Armand Silvestre, le romancier Jules Verne, etc.), il fut membre de la Ligue de la patrie française, ligue antidreyfusarde modérée[8],[9].

À partir de 1903, il se met à créer des jouets en bois, souvent articulés, et vendus dans les librairies : des chiens, des lions, des ours, etc.[10].

Il meurt le au 127, rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le 8e arrondissement de Paris[11] et est inhumé à Clairefontaine-en-Yvelines.

 
Les Démarches, page 622 de L'Assiette au beurre, janvier 1902.

ŒuvresModifier

Recueil de dessinsModifier

  • Nos soldats du siècle, 1889.
  • Le Carnet de chèques, 1892, consacré au scandale de Panama.
  • Pages d'histoire, 1904.
  • Les Courses dans l'Antiquité, non daté.

Bande dessinéeModifier

  • Maestro, œuvre inachevée, introduction et une postface biographique de Thierry Groensteen, Angoulême, CNBDI, coll. « Musée de la Bande dessinée », 1999.

Dessin et estampeModifier

  • Exposition russe Champ-de-Mars, dans Les Maîtres de l'affiche, 1895-1900.
  • Carte postale artistique pour la Collection des cent, 1901.
  • Caricature (orchestre de soldats de diverses nations dirigé par une femme casquée), dessin encre de Chine et gouache sur papier Japon collé sur carton, signé en bas à droite et en marges Caran d'Ache, 42,7 × 56,5 cm, musée d'Évreux.

Notes et référencesModifier

  1. Dates et lieux de naissance tels que donnés sur le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale de France, dans la notice consacrée à Caran d'Ache. Les date et lieu de naissance sont conformes à ceux qui figurent dans l'acte de mariage d'Emmanuel Poiré en 1891.
  2. Des panneaux en zinc utilisés pour créer les ombres chinoises sont conservés à Paris au musée d'Orsay où ils sont partiellement exposés. D'autres plaques en zinc sont conservées à Paris au musée de l'Armée.
  3. J. Guibert, « Adolphe Willette (1857-1926) », L'Amateur d'Estampes,‎ , p. 144 (lire en ligne).
  4. [1] Acte no 5 du registre des mariages de 1891 des Archives de Paris pour le 9e arrondissement. Le couple n'aura pas d'enfant.
  5. Thierry Groensteen, « Caran d'Ache, le retour du Maestro », 9e Art, no 7, Centre national de la bande dessinée et de l'image, janvier 2002, p. 10-15.
  6. « La caricature autour de l'affaire Dreyfus ».
  7. Numéros de Psst… ! disponibles dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.
  8. Jean-Pierre Rioux, Nationalisme et conservatisme. La Ligue de la patrie française, 1899-1904, Beauchesne, 1977.
  9. Ariane Chebel d'Appollonia, L'Extrême-droite en France, p. 137.
  10. « DomRaider », sur DomRaider.
  11. « Visionneuse - Archives de Paris », sur archives.paris.fr.

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier