Carême catholique

période pénitentielle observée par l'Église catholique précédant Pâques

Au sein de l'Église catholique, le carême est un temps de conversion de 40 jours en préparation aux fêtes pascales qui se prolongent jusqu'à la Pentecôte. Le carême commence le mercredi des Cendres et prend fin le Jeudi saint au matin, la messe du soir (Cène du Seigneur) marquant l'entrée dans le Triduum pascal. Puisque le carême n'inclut pas les dimanches, il s'étend en fait sur 46 jours calendaires. Le carême catholique comprend trois facettes : le jeûne, la prière et l'aumône.

RitesModifier

Le carême est un temps de pénitence, de prière et de partage qui ne sont pas des fins en soi mais des moyens au service de la conversion. Particulièrement, c'est l'ultime temps de préparation pour les baptêmes d'adultes, célébrés durant la Vigile pascale. La pénitence peut être marquée par le jeûne ou l'abstinence de viande. L'accent est surtout mis à présent sur le caractère spirituel du carême, et le jeûne est davantage perçu comme un jeûne spirituel. Chacun décide de la façon dont il va se priver de quelque chose qui tient de la place (peut-être trop) dans sa vie, pour se préparer à entrer dans la joie de la Résurrection.

Il existait auparavant d'autres périodes de jeûne, notamment aux Quatre-Temps. Cependant, c’est principalement le Carême de Pâques qui était observé, ainsi que l'Avent. Mais celui-ci ne peut d'aucune manière être assimilé au Carême. La prescription d’abstinence sexuelle était particulièrement observée, au point qu’on constatait une diminution des naissances neuf mois après la date du Carême de Pâques.

Depuis 1983, l'Église catholique ne prescrit plus le jeûne et l'abstinence de viande que le mercredi des Cendres et le Vendredi saint[1].

Dans les pays occidentaux, le carême a perdu beaucoup de son caractère rituel, en raison de la sécularisation de la société. Toutefois, l'Eglise continue à faire retentir, durant tout le Carême, l'appel à la conversion entendu dès le mercredi des Cendres : «Convertissez-vous et croyez à l'évangile» (Mc 1,15).

Dans d'autres régions du monde, le carême est marqué de diverses façons dans l'espace public.

LiturgieModifier

La couleur liturgique est le violet (qui peut être remplacé par le rose le quatrième dimanche de Carême, dit dimanche de Lætare). Dans certains endroits, le gris peut être employé pour les féries de Carême (c'est en particulier le cas dans le rite lyonnais).

Chaque jour du Carême a une messe propre en souvenir de la période où, à Rome, on célébrait la messe quotidiennement, dans une église chaque jour différente appelée « station ». Celle du mercredi des Cendres se fait à Sainte-Sabine.

L'Alléluia est supprimé à la Messe et à l'Office, de même que le Gloria (sauf aux solennités tombant en Carême). Le verset d'alléluia est remplacé par un trait, chant ayant un caractère plus pénitentiel. Le même trait est utilisé pendant tout le Carême les lundis, mercredis et vendredis :

« Domine, non secundum peccata nostra quæ fecimus nos neque secúndum iniquitátes nostras retríbuas nobis.

V Dómine, ne memíneris iniquitátum nostrárum antiquárum : cito antícipent nos misericórdiæ tuæ, quia páuperes facti sumus nimis.

V Adjuva nos, Deus salutáris noster : et propter glóriam nóminis tui, Dómine, líbera nos : et propítius esto peccátis nostris, propter nomen tuum. »

(Trait Ps102, 10 – 78, 8-9)

« Seigneur, ne nous traite pas selon les péchés que nous avons commis, et ne nous rends pas ce que méritent nos fautes.

V. Seigneur, ne te souviens pas de nos fautes passées; que ta miséricorde nous prévienne plutôt, car nous sommes devenus pauvres à l’extrême.

V. (on fléchit le genou) Aide-nous, Dieu notre sauveur, et pour la gloire de ton nom, Seigneur, délivre-nous, et pardonne-nous nos péchés pour la cause de ton nom. »

Voir aussiModifier

Lien externeModifier

Notes et référencesModifier

  1. Code de droit canon no  1251