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Capital culturel

concept en sociologie
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le capital culturel au sens sociologique. Pour la traduction de l'anglais « cultural capital » au sens de patrimoine culturel, voir patrimoine (culture).

Le capital culturel est un concept sociologique introduit par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans La Reproduction[1],[2], qui désigne l’ensemble des ressources culturelles dont dispose un individu[2]. Bourdieu et Passeron le définissent comme « les biens culturels qui sont transmis par les différentes actions pédagogiques familiales[1] ». Il existe aux côtés du capital économique et du capital social.

Sommaire

Trois formes distinctesModifier

Pierre Bourdieu y voit un instrument de pouvoir au niveau de l'individu sous forme d'un ensemble de qualifications intellectuelles produites par l'environnement familial et le système scolaire. C'est un capital parce qu'on peut l'accumuler au cours du temps et même, dans une certaine mesure, le transmettre à ses enfants, l'assimilation de ce capital à chaque génération étant une condition de la reproduction sociale. Comme tout capital, il donne un pouvoir à son détenteur.

Le capital culturel défini par Bourdieu se présente sous trois formes distinctes :

  • Une forme incorporée : c'est l'habitus culturel. Il se construit par socialisation successive et comprend par exemple l'aisance sociale et la capacité à s'exprimer en public.
  • Une forme objectivée : ce sont les biens culturels (livres, tableaux, disques, etc.). Pour s'approprier un bien culturel, il faut être porteur de l'habitus culturel.
  • Une forme institutionnalisée : ce sont les titres scolaires. Un titre scolaire s'évalue sur un "marché" : celui des titres scolaires. Sa valeur est relative et dépend de sa position au sein de l'échelle toute relative des titres scolaires. C'est notamment la valeur d'un titre qui permet de se monnayer ensuite, par exemple, sur le marché du travail ou sur le marché des productions de biens culturels[3]

Approches critiquesModifier

La notion de capital culturel a largement été employée en sociologie. Et son utilisation diffuse dans d'autres secteurs en se popularisant. Toutefois, le concept a fait depuis l'objet de critiques. Dans ces critiques, relativistes et déjà envisagées et disqualifiées d'avance dans son livre - et auquel aucune réponse n'est apportée - la vision de Bourdieu énoncée dans La Distinction, ne prendrait pas en compte la culture populaire décrite par Richard Hoggart dans La culture du pauvre. D'autre part, le transfert héréditaire conçu par Bourdieu fait abstraction des cas atypiques de personnes issues d'un milieu culturellement défavorisé et qui réussissent à l'école (et des cas inverses). À la légitimité de la culture savante, vient s'opposer la légitimité de l'éclectisme, qui pour Philippe Coulangeon n'est toutefois qu'une autre forme de compétences inégalement distribuées[4].

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Marie-Céline Huguet, « Capital culturel et inégalités sociales de réussite scolaire : les effets des pratiques musicales », Revue française de pédagogie, no 162,‎ , p. 45–57 (ISSN 0556-7807, DOI 10.4000/rfp.774, lire en ligne)
  2. a et b Anne Jourdain et Sidonie Naulin, « Héritage et transmission dans la sociologie de Pierre Bourdieu », Idées économiques et sociales, no 166,‎ , p. 6–14 (ISSN 2257-5111, DOI 10.3917/idee.166.0006, lire en ligne)
  3. Pierre Bourdieu, « Les trois états du capital culturel », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 30,‎ , p. 3-6 (DOI 10.3406/arss.1979.2654)
  4. Christine Détrez, Le capital culturel en questions Idées no 142, décembre 2005 [PDF]

Voir aussiModifier