Canon de marine de 8 pouces BL Mk VIII

Le canon de calibre de 8 pouces BL Mark VIII[note 1] était le canon de batterie principal utilisé sur les croiseurs lourds de la classe Country de la Royal Navy[note 2] conformément au traité naval de Washington de 1922. Ce traité permettait aux navires de 10 000 tonnes de déplacement maximum et disposant de canons ne dépassant pas 8 pouces (203 mm) de ne pas être comptabilisés dans le tonnage total de navires capitaux d'un pays qui lui était limité. La limite de 10 000 tonnes était un facteur important dans les décisions de conception telles que les tourelles et les canons. Un canon similaire constituait la batterie principale des croiseurs espagnols de la classe Canarias[3]. En 1930, la Royal Navy adopta le canon de marine de 6 pouces BL Mk XXIII pour les batteries principales des croiseurs, de préférence à ce canon de 8 pouces[4].

Canon de marine de 8 pouces BL Mk VIII
Image illustrative de l'article Canon de marine de 8 pouces BL Mk VIII
Tourelles avant de 8 pouces du HMAS Canberra.
Caractéristiques de service
Type Artillerie navale
Artillerie côtière
Service 1927 – 1954[1]
Utilisateurs Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy,
Naval Ensign of Australia.svg Royal Australian Navy
Conflits Seconde Guerre mondiale
Production
Exemplaires produits 168[2]
Caractéristiques générales
Poids du canon et de l'affût 17,5 tonnes[2]
Longueur du canon seul 10 mètres<[2]
Longueur en calibre 50
Calibre 203 mm (8 pouces)
Vitesse initiale 855 m/s
Portée maximale 28 km
Munitions obus de 116 kg

DescriptionModifier

Ce canon constitué de deux tubes frettés disposait d’une culasse Welin et d’un mécanisme Asbury hydraulique ou manuel. Deux sacs en tissu contenant chacun 15 kg de cordite étaient utilisés pour tirer un projectile de 116 kg. Les tourelles Mark I permettaient un tir avec une élévation à 70 degrés pour tirer des obus explosifs contre les avions. Les pompes hydrauliques se révélèrent incapables de fournir une vitesse suffisante en rotation et en élévation pour suivre les avions contemporains. Des tourelles Mark II simplifiées avec une élévation maximale de 50 degrés furent installées dans le sous-groupe Norfolk constitué du HMS Dorsetshire et du HMS Norfolk et sur les croiseurs de la classe York, le HMS York et le HMS Exeter. Chaque canon pourrait tirer environ cinq obus par minute. L’espérance de vie utile du canon était de 550 charges effectives pleines[2].

Service navalModifier

Les navires suivants étaient équipés de canons Mk VIII dans des tourelles jumelées de 188 tonnes[2]. La batterie principale standard était constituée de quatre tourelles, mais l’Exeter et le York n’en emportaient que trois pour réduire le poids et formaient la sous-classe York[5].

Canon de défense côtierModifier

 
Canon de la 428eme batterie de l’artillerie côtière tirant au crépuscule pendant la Seconde Guerre mondiale.

Six canons capables de tirer avec une élévation allant jusqu'à 70 degrés furent installés comme artillerie côtière dans la région de Folkestone-Dover pendant la Seconde Guerre mondiale[2].

MunitionsModifier

Trajectoire de l’obusModifier

Portée[2] Élévation Durée de vol Angle de descente Vitesse d’impact
4,6 km 2° 11′ 6 s 2° 31′ 657 m/s
9,1 km 5° 14′ 14 s 7° 15′ 513 m/s
14 km 9° 47′ 25 s 15° 49′ 403 m/s
18 km 16° 34′ 38 s 28° 31′ 356 m/s
23 km 26° 44′ 56 s 43° 7′ 355 m/s
27 km 41° 28′ 79 s 56° 37′ 378 m/s

Voir aussiModifier

Armes ayant un rôle, des performances et d'époque comparablesModifier

Exemplaires subsistantsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Mark VIII = Mark 8. La Grande-Bretagne utilisa les chiffres romains pour désigner les modèles de canons jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Par conséquent, c'était le huitième modèle de canon de marine de 8 pouces BL.
  2. Un terme plus précis est « croiseur du traité », car le terme « croiseur lourd » n'a été défini formellement qu’au moment du Traité naval de Londres de 1930. Cependant, tous les croiseurs aux canons de 8 pouces avaient été introduits à la suite du traité de Washington de 1922, et furent appelé les « croiseurs lourds ».

RéférencesModifier

  1. Whitley 1995, p. 17,83 et 89.
  2. a b c d e f et g Campbell 1985, p. 31-33.
  3. Campbell 1985, p. 389.
  4. Whitley 1995, p. 96-127.
  5. Lenton et Colledge 1968, p. 36-39.

BibliographieModifier

  • (en) John Campbell, Naval Weapons of World War Two, Conway Maritime Press, [détail de l’édition]
  • (en) H.T. Lenton et J.J Colledge, British and Dominion Warships of World War Two, Doubleday and Company,
  • (en) M.J. Whitley, Cruisers of World War Two : An International Encyclopedia, Brockhampton Press, , 288 p. (ISBN 1-86019-874-0)

Liens externesModifier