Candace

titre porté par les reines de Koush

Candace
Image illustrative de l’article Candace
Bas-relief d'époque romaine figurant une candace d'Aksoum soumettant ses ennemis.

Transmission Cognatique
Assis sur Royaume de Koush
Premier titulaire Shanakdakhete
Dernier titulaire Lakhideamani
Extinction c.IVe siècle
Résidences Kerma (XXVeXVIe siècle avant notre ère)
Napata (VIIIeIVe siècle avant notre ère)
Méroé (IVe avant—IVe siècle de notre ère)

Une candace est une reine chez les Koushites, comme pharaon signifie roi chez les Égyptiens et qore étant l'équivalent masculin de candace. En effet, il s'agit d'un titre qui se déduit probablement du méroïtique « la mère du roi », k(n)dke. Le titre de candace, ainsi à l'origine équivalent de reine mère, était traditionnellement accompagné de la titulature pharaonique des noms de Sa-Rê, de Nebty et de Nesout-bity.

HistoriqueModifier

Il y eut plusieurs reines en Nubie, de plus en plus fréquemment à partir du IIIe siècle avant notre ère[1]. La présence de femmes détentrices d'un rôle de premier plan dans les affaires publiques remonte cependant à des temps beaucoup plus anciens : Le temple de Deir el-Bahari pourrait afficher sur un bas-relief une candace du pays de Pount, et la XXVe dynastie, dite des « pharaons noirs », consacre réellement le début de l'ère des candaces, portée au sommet par la reine Shanakdakhete. Au Ier siècle, les Actes des Apôtres (Actes 8:27-39) mentionnent une d'entre elles (sous forme de nom propre, la reine en question étant probablement Amanitore), dont un ministre eunuque fut converti et baptisé par saint Philippe le diacre.

 
Le diacre Philippe baptisant l'eunuque, par Joseph-Ferdinand de Veaux (1780).

« Καὶ ἀναστὰς ἐπορεύθη : καὶ ἰδού, ἀνὴρ Αἰθίοψ εὐνοῦχος δυνάστης Κανδάκης τῆς βασιλίσσης Αἰθιόπων, ὃς ἦν ἐπὶ πάσης τῆς γάζης αὐτῆς, ὃς ἐληλύθει προσκυνήσων εἰς Ἱερουσαλήμ [...] »

« Et Philippe se mit en marche. Or, un Éthiopien, un eunuque, haut fonctionnaire de Candace, la reine d’Éthiopie, et administrateur de tous ses trésors, était venu à Jérusalem pour adorer. »

Ce récit est repris par Eusèbe de Césarée, qui précise que cette reine Candace régnait dans l'île de Méroé de la terre des Éthiopiens[2]. De son côté, Pline l'Ancien rapporte que, de son temps, la reine de l'île de Méroé s'appelle Candace, et que ce nom se transmet depuis longtemps de reine en reine (Plin. Nat. 6.57)[3] : Cette assertion semble en réalité une référence au mécanisme de succession original des rois de Koush, basé sur le passage de la dignité royale de frère à frère ou de sœur à sœur.

« Juxtaque aliam insulam Tadu dextro subeuntibus alveo, quae portum faceret. Aedificia oppidi pauca ; regnare feminam candacen, quod nomen multis jam annis ad reginas transiit ; delubrum Hammonis et ibi religiosum et toto tractu sacella. Cetero cum potirentur rerum aethiopes, insula ea magnae claritatis fuit. »

« [...] À côté est une autre île, dite de Tadu (i.e. île de Méroé, ou Butana), qu'on rencontre en entrant par le bras droit du Nil, et qui fait un port ; la ville a peu d'édifices ; le pays est gouverné par une femme, la reine Candace, nom qui, depuis grand nombre d'années, passe de reine en reine. Amon a ici aussi un temple révéré, et l'on trouve des chapelles dans toute la contrée ; au reste, au temps de la puissance des Éthiopiens, cette île jouissait d'un grand renom »

Mais la plus connue reste la candace Amanishakhéto (fille de la candace Amanirenas et mère de la candace Amanitore), reine du royaume soudanais de Napata et Méroé au temps d'Auguste, qui refuse de se soumettre et harcèle les légions romaines. En l'an -20, elle fait une incursion en Égypte, en pillant toutes les villes sur son passage jusqu'à Éléphantine. Arrêtée par les troupes romaines, elle demande la paix et rentre dans son royaume qui, grâce au traité conclu par elle avec l'empereur Auguste, prospère durant encore plus de deux cents ans[4].

Notes et référencesModifier

  1. Babacar Sall, « L'Avènement des Candaces », ANKH: Égyptologie et Civilisations africaines,‎ (lire en ligne)
  2. Eusèbe de Césarée
  3. Pline
  4. Vincent Noyoux, « Soudan, sur les traces des pharaons noirs », Le Figaro Magazine,‎ , p. 80-87 (lire en ligne).

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

ArchéologieModifier

  • [Trigger 1974] Bruce G. Trigger, « La Candace, personnage mystérieux de la Haute-Égypte : le royaume de Méroé au Soudan », Archéologia, no 77 : « Toulouse romane et gothique »,‎ , art. no 1, p. 10-17.

AntiquitéModifier

BibleModifier

Littérature médiévaleModifier

  • [Gaullier-Bougassas 1991] Catherine Gaullier-Bougassas, « Alexandre et Candace dans le Roman d'Alexandre d'Alexandre de Paris et le Roman de toute chevalerie de Thomas de Kent », Romania, t. 112, nos 445-446,‎ , p. 1re partie, art. no 2, p. 18-44 (DOI 10.3406/roma.1991.1659, lire en ligne [fac-similé], consulté le ).

SourcesModifier

  • [Cordts et van Oppel 2006] Dethlev Cordts et Nicola von Oppel (dir.), Les reines noires : Méroé, l'empire africain au bord du Nil [« Die schwarzen Königinnen : Vergessenes Reich am Nil »] (documentaire de 52 min), Arte, .
  • [De Medeiros 1985] François de Medeiros (préf. Jacques Le Goff), L'Occident et l'Afrique, XIIIe – XVe siècle : images et représentations, Paris, Karthala et Centre de recherches africaines, coll. « Hommes et sociétés / Histoire et anthropologie », , 1re éd., 1 vol., 305-[12], 24 cm (ISBN 2-86537-133-6, EAN 9782865371334, OCLC 417660070, BNF 37016546, SUDOC 005116163, lire en ligne).