Campagnol

mammifère
Campagnol
Nom vulgaire ou nom vernaculaire ambigu :
l'appellation « Campagnol » s'applique en français à plusieurs taxons distincts.
Description de cette image, également commentée ci-après

Taxons concernés

Dans la sous-famille des Arvicolinae :

Campagnol est un terme très général, appartenant au vocabulaire français courant, qui ne correspond pas exactement à un niveau de classification scientifique. « Campagnol » est le nom vernaculaire ambigu, donné à un grand nombre de rongeurs de la sous-famille des Arvicolinae (famille des Muridés ou Cricetidés selon les classifications). Il est souvent confondu avec « mulot », terme désignant de petits mammifères campagnards ayant plus ou moins l'allure d'une souris, de couleur brune et à la queue courte, voire confondu parfois avec la musaraigne, qui n'est pourtant pas un rongeur. Les campagnols peuvent aussi être confondus avec le rat des moissons (Micromys minutus).

Étymologie et histoireModifier

Il semble que les campagnols étaient autrefois englobés dans le terme « rat des champs »[1].

En 1758, le mot « campagnol » est employé pour la première fois par Buffon dans son Histoire naturelle, en adaptant l'adjectif italien campagnoli (qui vivent à la campagne), lui-même dérivé de campagna (campagne)[2],[1].

Le mot « campagnol » n'apparaît qu'assez tardivement dans les dictionnaires. Le Dictionnaire de L'Académie française ne le mentionne qu'au XIXe siècle dans sa 6e édition (1832-1835), le distinguant du mulot et de la souris par sa couleur brune et sa queue courte[3].

Biologie, comportement et écologieModifier

Les caractéristiques générales des campagnols sont celles des rongeurs de la sous-famille des Arvicolinae, avec des différences pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations, notamment sur leur constitution physique ou leur mode de vie respectif.

Ce mammifère[Lequel ?] a une particularité au niveau de ses chromosomes : le chromosome Y a disparu[4].

Caractéristiques communesModifier

On distingue de façon générale les campagnols des autres muridés par leur allure plus trapue, leur queue courte, des yeux et des oreilles peu proéminents.

La différenciation avec les souris ou les mulots se fait par leur couleur généralement brune et leur queue plus courte. Certains auteurs précisent qu'ils ont trois molaires à chaque mâchoire[5],[1].

Ils mènent généralement une vie souterraine. Certaines espèces sont soumises à des pullulations périodiques qui en font des ennemis redoutés pour l'agriculture.

Noms français et noms scientifiques correspondantsModifier

 
Campagnol commun (Microtus arvalis)
 
Campagnol-lemming de Cooper (Synaptomys cooperi)
 
Campagnol de Pennsylvanie (Microtus pennsylvanicus)
 
Campagnol sylvestre (Microtus pinetorum)
 
Campagnol terrestre (Arvicola amphibius)

Liste alphabétique des noms vulgaires ou des noms vernaculaires attestés[n 1] en français.
Note : certaines espèces peuvent avoir plusieurs noms différents).

Statut de protectionModifier

Plusieurs de ces rongeurs sont considérés comme nuisibles pour l'agriculture tandis que d'autres sont des espèces menacées.

En France les espèces sujettes à des pullulations périodiques sont principalement le Campagnol terrestre (Arvicola terrestris) et dans le sud le Campagnol provençal (Microtus duodecimcostatus), dans une moindre mesure par exemple, car ils fréquentent moins les vergers, le Campagnol commun (Microtus arvalis) et le Campagnol agreste (Microtus agrestis)[13]. Ils causent dans ce cas de gros dégâts aux cultures. L'homme a développé de nombreux moyens de lutte contre ce fléau, aidé par de nombreux prédateurs naturels pour qui le campagnol est un menu de prédilection, comme la Chouette chevêche, le Busard cendré, la belette, le renard, le grand hamster d'Europe, etc.

À l'inverse, des espèces comme le Campagnol amphibie (Arvicola sapidus), déclaré vulnérable en 2008 par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), peuvent être des espèces protégées[14].

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Attention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet.
Références
  1. a b et c Voir Campagnol dans Le Trésor de la Langue Française Informatisé (TLFI), consulté en mars 2010
  2. [Buffon 1758] Buffon, Histoire naturelle, t. VII, Paris, Imprimerie royale, , 378 p., sur gallica (lire en ligne), p. 369.
  3. « Campagnol », dans les dictionnaires des XVIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècles, sur portail.atilf.fr, Dictionnaires d'autrefois (consulté en mars 2021).
  4. Françoise Ibarrondo, « Le chromosome Y des Mammifères », EVO-BIO,‎ (lire en ligne, consulté le 1er octobre 2018).
  5. [Coupin 1909] Henri Coupin, Animaux de nos pays, Paris, libr. Armand Colin, coll. « Bibliothèque de dictionnaires manuels », , 500 p., sur gallica (lire en ligne), p. 22.
  6. a b c d e f g et h [Meyer 2009] Christian Meyer, Dictionnaire des Sciences Animales, Montpellier, Cirad, , sur dico-sciences-animales.cirad.fr (lire en ligne). Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al am an ao ap aq ar as at au av aw ax ay az ba bb et bc (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé
  8. a b c d e f g h i j k l et m (en) Derwent, Thesaurus of agricultural organisms: pests, weeds and diseases, Volume 1. Derwent Publications, Ltd. Éditions CRC Press, 1990. 1529 pages. (ISBN 0412372908), 9780412372902. Rechercher dans le document numérisé
  9. Évaluation des espèces sauvages, « Mammifères terrestres »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur cosepac.gc.ca.
  10. a b c d e et f « Noms vernaculaires français », Dictionary of Common (Vernacular) Names (consulté en mars 2021).
  11. The effect of interspecific competition on habitat selection by voles : an experimental approach (en)
  12. [Deblock & Pétavy 1983] S. Deblock et A.F. Pétavy, « Les larves hépatiques de cestode, parasites du grand campagnol Arvicola terrestris en Auvergne (France) », Annales de parasitologie humaine et comparée, t. 58, no 5,‎ , p. 423-437 (ISSN 0003-4150, https%3A//www.parasite-journal.org/articles/parasite/pdf/1983/05/parasite1983585p423.pdf [PDF] sur parasite-journal.org, consulté en mars 2021).
  13. Les campagnols sur Terre vivante, l'écologie pratique, consulté en mars 2010
  14. (en) Référence UICN : espèce Arvicola sapidus Miller, 1908

Voir aussiModifier