Campagne de 1871 à l'intérieur

opérations militaires françaises contre la Commune de Paris et les autres insurrections communalistes
Campagne à l'intérieur
Description de cette image, également commentée ci-après
Gustave Boulanger, La Villette cernée par les troupes versaillaises, mai 1871, musée Carnavalet.
Informations générales
Date -
Lieu France
Issue Victoire des Versaillais
Belligérants
Flag of France.svg République françaiseDrapeau de la Commune de Paris Commune de Paris
Red flag.svg Commune de Lyon
Red flag.svg Commune de Saint-Étienne
Red flag.svg Commune de Marseille
Commandants
Patrice de Mac Mahon
Pertes
873 morts[1]
6 454 blessés[1]
183 disparus[1]
10 000 à 17 000 morts[2]
43 522 prisonniers[2]

Batailles

La Campagne de 1871 à l'intérieur est l'ensemble des opérations militaires françaises organisées pour rétablir l'ordre, en réprimant la Commune de Paris et, dans une moindre mesure, les autres insurrections communalistes (Lyon, Marseille, Saint-Étienne...) entre le 18 mars et le 7 juin 1871.

HistoireModifier

La campagne de 1871 suit de peu la fin des combats de la guerre franco-allemande de 1870 lesquels s'étaient conclus par l'armistice du 28 janvier. D'autres répressions armées de mouvements insurrectionnels ont lieu à la même époque en Algérie (répression de la révolte des Henanchas puis de celle des Mokrani).

Dans un premier temps, les troupes présentes à Paris se replient sur Versailles dès l'éclatement de l'insurrection (18 mars)[3]. Au cours des derniers jours de mars, des escarmouches ont lieu à l'ouest de la capitale, notamment au rond-point de Courbevoie, qui est repris par l'armée régulière commandée par le général Vinoy[4]. Le 3 avril, au lendemain d'un premier engagement au rond-point des Bergères (bataille de Courbevoie), les troupes gouvernementales parviennent à contrecarrer la « marche sur Versailles » lancée par la Commune[5] (batailles de Rueil et de Meudon).

Le 6 avril 1871, soit 19 jours après le début de l'insurrection parisienne, Adolphe Thiers, alors « chef du pouvoir exécutif de la République française », signe à Versailles un arrêté organisant l'armée « pour le rétablissement de l'ordre en France ». Comme Vinoy porte la responsabilité de l'échec du 18 mars[6], c'est le maréchal de Mac Mahon, plus populaire, qui est nommé général en chef[7].

Les opérations commencent le 11 avril autour de la capitale, avec pour objectifs la prise du fort d'Issy puis celle du saillant du Point-du-Jour. Pendant le reste du mois, de nombreuses positions sont reprises par l'armée versaillaise, qui a été renforcée dès le 23 avec l'arrivée de deux nouveaux corps formés avec les prisonniers de guerre évadés ou libérés par l'Allemagne. Le 9 mai, le fort d'Issy est occupé au terme de deux semaines de combat. Celui de Vanves tombe à son tour le 13 mai, jour où commence véritablement l'attaque de l'enceinte de la capitale[8]. Le 21 mai, les troupes versaillaises font leur entrée dans Paris intra-muros, lançant ainsi une semaine de combats et d'exactions connue sous le nom de « Semaine sanglante »[9].

Si les derniers assauts ont lieu le 28 mai[8], la fin de la campagne ne sera fixée qu'au 7 juin suivant par une circulaire ministérielle datée du 22 mai 1873. Celle-ci rattache également à la « campagne à l'intérieur » les interventions militaires, plus limitées, concernant les villes de :

Le traité de Francfort est signé le 10 mai 1871, alors que la situation intérieure en France n'est pas normalisée. Les troupes allemandes occupent le territoire.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Patrice de Mac Mahon, L'Armée de Versailles, depuis sa formation jusqu'à la complète pacification de Paris, Paris, Ghio, 1872, p. 44.
  2. a et b Jacques Rougerie, La Commune de 1871 (5e édition mise à jour), Paris, Presses universitaires de France, 2016, p. 118-119.
  3. Pierre Milza, « L'Année terrible », t. II (La Commune), Paris, Perrin, 2009, p. 23-24.
  4. Milza, p. 136-138.
  5. Milza, p. 141-149.
  6. Milza, p. 135-136.
  7. Journal officiel de la République française, 8 avril 1871, p. 461.
  8. a et b Gustave Hue, Analyse des principales campagnes conduites en Europe depuis Louis XIV jusqu'à nos jours, Paris, Jouvet, 1880, p. 50-53.
  9. Milza, p. 378-414.
  10. Pensions militaires : volume mis à jour à la date du 13 mai 1930, Paris, Lavauzelle, 1930, p. 376.