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Camaïeu (entreprise)

entreprise française de distribution textile
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Camaïeu.

Camaïeu International
logo de Camaïeu (entreprise)
illustration de Camaïeu (entreprise)

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Dates clés 28-06-1988 immatriculation sté actuelle
Personnages clés Nicolas Woussen[1],[2]
Forme juridique Société par actions simplifiée
Slogan Le vrai bonheur est fait de petits bonheurs
Siège social Roubaix
Drapeau de France France
Direction Nicolas Woussen
Activité Commerce de détail d'habillement en magasin spécialisé (4771Z)
Produits Vêtements
Société mère Modacin France et Modamax (groupe Cinven Guernesey)
Effectif 5200 salariés dans le monde (4000 en France dont 600 à Roubaix)[3]
SIREN 345 086 177
Site web www.camaieu.fr

Chiffre d'affaires comptes non disponibles
Ancien logo.

Camaïeu est une entreprise de distribution de prêt-à-porter focalisée sur le segment de la femme de 20 à 60 ans[4]. L'entreprise, qui en 2018 détient 11% de parts de marché du prêt-à-porter féminin en France[5],[6], revendique un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros réalisé dans 900 magasins dont 650 en France[7].

HistoireModifier

Camaïeu est créé en 1984 par Jean-Pierre Torck, Éric Vandendriessche, Jean Duforest et Dominique Debruyne[8]. Ces quatre hommes ont tous travaillé pour les entreprises au sein de l'association familiale Mulliez. Dominique a connu Miniper, le hard discounter de Gérard Mulliez, Jean venait d'Auchan et de Kiabi, Eric a commencé sa carrière à Auchan, et Jean-Pierre y a été formé[8]. L'enseigne tente de court-circuiter ses concurrents tels que Pimkie ou Promod en privilégiant le circuit court et en ajustant l'approvisionnement des rayons en fonction de la demande[8]. L'entreprise vend en petites séries à bon marché les vêtements plébiscités[8]. Dix ans après, l'entreprise compte 200 boutiques[8].

L'entreprise crée Camaïeu Homme en 1991[9]. En 1993, l'entreprise rachète l'entreprise Tandy et ouvre un nouveau siège social accolé d'un entrepôt logistique, avenue Brame à Roubaix[9]. L'année suivante Camaïeu Enfant est créé. Jean Duforest reprend l'activité et renomme l'enseigne Okaïdi en 1996[9].

Camaïeu change de stratégie en 1996 et se recentre sur les boutiques de vêtements et accessoires destinés aux femmes 20-40 ans. Camaïeu Hommes est cédé au groupe Mulliez qui rebaptise l'enseigne en 2000 Jules, et Camaïeu Enfants est cédé à Jean Duforest un ancien de Camaïeu Enfant, qui rebaptise l'enseigne en 2000 en Okaïdi, les segments homme et enfant ne font donc plus partie du groupe. Le segment féminin Camaïeu est le leader du marché français du prêt-à-porter depuis les années 1990.

En 2000, le réseau s'étend à l’international en ouvrant des boutiques en Europe. Des accords sont également passés avec des partenaires en Russie et au Moyen-Orient.

En 2011, la société est retirée de la cotation en Bourse de Paris et cédée au fonds d'investissement Cinven pour une estimation de 1,47 milliard d'euros[10]. Deux ans plus tard, Cinven demande la restructuration de la dette (1 milliard d'euros) et en obtient le report en 2018 avec l'intervention de deux autres fonds Polygon et Boussard&Gavaudan. Cinven met en vente Camaïeu mais ne reçoit pas de proposition à hauteur de sa demande[11].

En juillet 2016, Xavier Bertrand fait pression sur la BNP pour lui demander de maintenir ses lignes de crédit et éviter une crise de trésorerie[12],[13].

En septembre, Camaïeu réussit la restructuration de sa dette. L'enseigne veut alors augmenter sa capacité d'investissement de 10 millions d'euros par an et souhaite rénover ses points de vente, en France comme à l'étranger[14],[15],[16],[17].

En 2017, l'enseigne fait peau neuve à travers un projet de refonte de sa marque et la mise en ligne d'un nouveau site internet[18]. Cette année-là, elle réalise environ un milliard d'euros de chiffre d'affaires[6].

En 2018, l'entreprise est la première chaîne française en matière d'habillement féminin[6].

Le , Modacin France, la holding financière (groupe Cinven), maison-mère de Camaïeu est placée sous contrôle de sauvegarde en raison d'une dette importante (459 M€). Camaïeu fait face à une chute importante de la consommation d'habillement en France[19],[20]. L'enseigne souffre d'un LBO effectué alors que le marché de l'habillement est en perte de vitesse depuis 2008[21] ; de plus, l'entreprise reste peu présente sur internet avec moins d'un vingtième de ses ventes réalisées par ce biais et a du mal à lutter face aux enseignes internationales de fast fashion[21].

En août 2019 Joannes Soenen est nommé président[7].


Engagements de CamaïeuModifier

Camaïeu affiche son engagement solidaire à travers plusieurs initiatives.

En effet, depuis 2015, l’entreprise mène régulièrement des opérations de collecte de vêtements au profit d’associations venant en aide aux femmes. Lors de l’opération conduite au printemps 2017, les vêtements rapportés ont été redistribués ou vendus par les 70 associations qui soutiennent les femmes en difficulté[22].

Par ailleurs, Camaïeu propose régulièrement à ses clientes d’arrondir en caisse, le montant de leurs achats au montant supérieur au profit d’associations. Durant les soldes d’hivers 2018, cette opération était menée au profit de la fédération nationale « Solidarité Femmes » qui aide les femmes victimes de violence[23],[24].

Sous-traitance au BangladeshModifier

Des étiquettes de la marque Camaïeu (ainsi que plusieurs autres marques françaises, telle que Tex) ont été retrouvées dans les décombres de l'immeuble de Rana Plazza au Bangladesh. L'effondrement du Rana Plaza dû aux mauvaises conditions de sécurité sur le site a causé la mort de 1 127 personnes[25]. Un porte parole de la marque a déclaré ne pas comprendre comment un pantalon de la marque avait été retrouvé sur place[26] et en a conclu à une sous-traitance de leurs fournisseurs directs en violation des conditions générales d'achat de l'entreprise[27]. Finalement, Camaïeu fut la première marque française à dédommager les familles des victimes. Depuis cet accident, Camaïeu a revu sa politique d'achat, renforcé sa transparence sur les mesures prises et a également ouvert un bureau à Dacca[28].

Données boursièresModifier

Le fonds d'investissement Cinven a racheté Camaïeu en 2007 et l'a retiré de la Bourse en 2011. Depuis 2016, Cinven et Polygon sont les actionnaires de référence, Boussard & Gavaudan et Centerbridge étant les deux autres principaux actionnaires[29],[30],[31],[14].

Notes et référencesModifier

  1. Laurance N'kaoua, « Camaïeu international : Nicolas Woussen », Les Echos,‎ , p. 37.
  2. Marion Deslandes, « Camaïeu : Nicolas Woussen remplace Elisabeth Cunin à la présidence », FashionNetwork.com,‎ (lire en ligne, consulté le 18 octobre 2018).
  3. « Camaïeu annonce la nomination d'Élisabeth Cunin comme président du directoire », sur La Voix du Nord, (consulté le 12 mai 2015).
  4. « Camaïeu : 30 ans et toujours leader sur le marché français », sur Fashion United, (consulté le 12 mai 2015).
  5. Joël Gouteron, « La personnalité de la marque, outil stratégique sur le marché du prêt-à-porter féminin », La Revue des Sciences de Gestion, vol. 222, no 6,‎ , p. 47 (ISSN 1160-7742 et 1760-6136, DOI 10.3917/rsg.222.0047, lire en ligne, consulté le 31 mars 2019)
  6. a b et c « Le plan de bataille de Camaïeu pour relancer sa croissance », sur lesechos.fr (consulté le 2 février 2019)
  7. a et b Jean Noel Caussil, « Camaieu nomme Joannes Soenen... », lsa-conso,‎
  8. a b c d et e Sauvage 2014, p. 22.
  9. a b et c Sauvage 2014, p. 24.
  10. « Camaieu. Le fonds d'investissement Cinven, qui possède... », sur lesechos.fr, (consulté le 1er septembre 2016).
  11. Nicole Vulser, « Habillement : Camaïeu à céder, Mim à vendre, Promod supprime des postes », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 1er septembre 2016).
  12. « Xavier Bertrand mouille la chemise pour sauver Camaïeu » (consulté le 1er septembre 2016).
  13. « Le regard de Challenges: Xavier Bertrand s'implique personnellement dans le nouveau plan de sauvetage de Camaïeu - 12/07 » (consulté le 1er septembre 2016).
  14. a et b « L’enseigne Camaïeu réussit à restructurer sa dette - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 29 mars 2018).
  15. « L’enseigne Camaïeu réussit à restructurer sa dette », (consulté le 26 septembre 2016).
  16. lefigaro.fr, « Camaïeu renégocie sa dette et prévoit d'investir » (consulté le 26 septembre 2016).
  17. « Camaïeu restructure sa dette LBO - Actualités Financements & Marchés », (consulté le 26 septembre 2016).
  18. « Camaïeu en Workshop sur ses fondamentaux - Stratégies », Stratégies,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2018).
  19. « Affaiblie par sa dette, Camaïeu placée sous procédure de sauvegarde », sur Le Monde.fr (consulté le 22 octobre 2018)
  20. « Camaïeu: La holding financière, propriétaire de l'enseigne, placée sous sauvegarde », sur www.20minutes.fr (consulté le 22 octobre 2018)
  21. a et b K. M., « Camaïeu en demi-teinte », Challenges, no 583,‎ , p. 40 (ISSN 0751-4417)
  22. « Camaïeu affiche son engagement solidaire - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 29 mars 2018).
  23. « Une bonne action pendant les soldes », CNews Matin,‎ , p. 16.
  24. « Une nouvelle action de solidarité durant les soldes avec SOLIDARITE FEMMES - webzine Camaïeu », sur webzine, (consulté le 31 mars 2019)
  25. [1]
  26. [2].
  27. « Rana Plaza : ce qui a changé un an après », sur lesechos.fr (consulté le 2 juin 2015).
  28. « Rana Plaza, deux ans plus tard - RFI » (consulté le 2 juin 2015).
  29. « Confidentiel », Challenges,‎ , p. 5.
  30. « Cinven va pouvoir retirer Camaïeu de la cote », sur www.agefi.fr (consulté le 2 juin 2015).
  31. Journal L'Humanité, 15 juin 2012, Article « Chez Camaïeu : "Des salariés en CDI qui se retrouvent à toucher le RSA en 2012, mais c'est Germinal !" ».

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Sauvage 2014] Valérie Sauvage, « Camaïeu : Ces quatre hommes qui rêvaient d'habiller les femmes », La Saga des marques, t. 3,‎ , p. 22-25.  
  • Fédération européenne pour l'éthique et le développement durable (préf. Pierre Cadet), Acheter pour un monde meilleur : 1 000 grandes marques passées au crible de l'éthique et de la responsabilité sociale et environnementale, Paris, Éditions Eyrolles, , 446 p. (ISBN 978-2-212-53963-9, lire en ligne), « Camaïeu », p. 126-127.