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Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Calystène.
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Callisthène
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Naissance
Décès
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Callisthène (grec ancien : Καλλισθένης, Kallisthénès) est un historien grec né à Olynthe (vers 360-327 av. J.-C.). Il est le neveu d'Aristote, dont il a reçu l'enseignement, et l'historiographe officiel d'Alexandre le Grand avant d'être placé en captivité à la suite de la conjuration des pages.

Sommaire

BiographieModifier

Callisthène est le neveu d'Aristote, qui le forme ainsi qu'Alexandre le Grand et Théophraste, dont il devient l'ami et qui lui dédiera, quelques années plus tard, son Callisthène. Il reçoit cet enseignement à Assos en Asie Mineure où Aristote s'est installé en 347 av. J.-C., créant pendant trois ans une sorte de succursale de l'Académie, avec vraisemblablement la présence de Théophraste, Callisthène et Nélée de Scepsis[1].

Vers 335 av. J.-C., Callisthène accompagne Alexandre durant la conquête de l'Empire perse en tant qu'historiographe officiel. Il rédige un ouvrage intitulé Récit de la campagne d'Alexandre dont il envoie des comptes rendus en Grèce et en Macédoine. D'après Porphyre, cité par Simplicius, il envoie à Aristote un recueil d'observations astronomiques ininterrompues depuis 2230 av. J.-C. jusqu'à lui (c'est-à-dire 325 av. J.-C.), trouvées à Babylone, mais qui sont malheureusement perdues[2]. Il explore, lors du passage de l'expédition en Égypte, la région du Haut-Nil et en fait un rapport à Alexandre.

De mœurs sévères, Callisthène blâme les excès auxquels se livre Alexandre ; il refuse de reconnaître sa divinité, et a même le malheur de lui déplaire par quelques railleries. Il semblerait que Callisthène ait encouru la disgrâce d'Alexandre parce qu'il témoigne de la répugnance à se rendre à des dîners où l'on boit trop ; qu'un jour même, une certaine coupe, appelée « coupe d'Alexandre », et d'une dimension énorme, étant venue à son tour jusqu'à lui, Callisthène l'a repoussé, s'écriant « qu'il ne voulait pas boire en Alexandre, pour avoir ensuite besoin d’Asclépios ». En 327, Callisthène adresse une protestation officielle au roi quand celui-ci cherche à imposer à ses officiers grecs et macédoniens de se prosterner devant lui selon le rite perse de la proskynèse. Si Alexandre comprend qu'il doit renoncer à ce cérémonial, il ne le pardonne pas à Callisthène qui est jeté en prison à Bactres après la conjuration des pages qu'il aurait poussé à contester l'absolutisme d'Alexandre ; il meurt en captivité quelques mois plus tard[3]. Callisthène aurait par ailleurs reçu une lettre d'Aristote, peut-être apocryphe, dans laquelle il condamne les dérives tyranniques d'Alexandre inspirées par le philosophe Anaxarque[4]. Justin rapporte que Lysimaque, qui s'est opposé à Alexandre en aidant Callisthène à mourir par le poison pour abréger ses souffrances, a été jeté aux lions, mais, qu'ayant fini par terrasser le fauve, il devient un favori du roi[5]. La mort de Callisthène amène Aristote à s'éloigner de son ancien élève[6].

ŒuvresModifier

Avant son départ pour l'Asie, Callisthène a composé une Histoire grecque et une Histoire de la Guerre sacrée dont il ne subsiste rien. Il a commencé en Asie une Histoire d'Alexandre dont le récit s'arrête vers 328 av. J.-C.[7]. Le dernier événement mentionné dans les fragments de Callisthène est la bataille de Gaugamèles (331)[8] ; mais Strabon (Géographie, XI, 14, 13) évoque d'après Callisthène le fleuve Iaxarte atteint en 328. Cet ouvrage semble avoir été largement utilisé dans l'Antiquité bien que son impartialité soit douteuse[9]. On retrouve quelques passages dans l'Anabase d'Arrien et dans une Vie d'Alexandre, fragmentaire, rédigée par Amyntianus au IIIe siècle. On retrouve en outre quelques fragments des ouvrages de Callisthène dans les Histoires de Polybe, parfois commentés, critiqués ou rectifiés. Enfin, il existe sous le nom du Pseudo-Callisthène une version légendaire de l'épopée d'Alexandre, La Vie et les hauts faits d'Alexandre de Macédoine, composée au IIIe siècle, qui a inspiré le Roman d'Alexandre au Moyen Âge.

Notes et référencesModifier

  1. Jaeger 1997, p. 115.
  2. Jean Charon, Les grandes énigmes de l'astronomie, Paris, Éditions Planète, coll. « L'Encyclopédie Planète », , 253 p., p. 216
  3. Paul Faure, Alexandre, Fayard, 1985, p. 106.
  4. Goukowsky 1993, p. 291.
  5. Justin, Abrégé des Histoires philippiques de Trogue Pompée [détail des éditions] [lire en ligne], XV, Histoire de Lysimaque».
  6. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne][réf. non conforme].
  7. P. Pédech, Historiens compagnons d'Alexandre, CEA, , p. 40.
  8. Fragmente der griechischen Historiker, 124, F 14.
  9. Goukowsky 1993, p. 249.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Olivier Battistini (dir.) et Pascal Charvet (dir.), Alexandre le Grand, Histoire et dictionnaire, Paris, Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 222109784X), s. v. Callisthène d'Olynthe (608-610)
  • Paul Goukowsky, Le monde grec et l'Orient : Alexandre et la conquête de l'Orient, t. 2, PUF, coll. « Peuples et Civilisations », (1re éd. 1975), 307 p. ;
  • Werner Jaeger (trad. Olivier Sedeyn), Aristote : Fondements pour une histoire de son évolution, L'Éclat, , 512 p. (ISBN 9782841620142) ;
  • Kevin Trehuedic, « Le spectacle du pouvoir. Callisthène et la panoplie d’Alexandre », Pallas [En ligne] 104 (2017), mis en ligne le 17 août 2017.

Article connexeModifier

Liens externesModifier