CERIS

école belge de relations internationales

Le CERIS (Centre de formation continue en Relations Internationales et Stratégiques), également dénommé depuis 2019 en anglais : CERIS-ULB Diplomatic School of Brussels, anciennement European Post Graduate School of International & Development Studies, est une association sans but lucratif offrant des formations dans le domaine des relations internationales, du développement et de la diplomatie, fondée en 1985 à l'initiative de professeurs, de diplomates et de hauts fonctionnaires internationaux, situé à Bruxelles, et dont certaines formations se font depuis 2018 en partenariat avec l'université libre de Bruxelles. La devise du CERIS est Mundum intelligere - Futuram aedificare (Comprendre le Monde pour construire l'avenir).

HistoriqueModifier

L'école est fondée en 1985 à l'initiative de professeurs, de diplomates, et de hauts fonctionnaires internationaux qui avaient constaté des carences importantes de formations dans leurs domaines spécifiques d'activité, avec d'étroits liens avec le Centre d'Études des Relations Internationales de l'Université libre de Bruxelles (CERI), fondée la même année. Les fondateurs souhaitaient créer un centre de recherches et de formations post universitaires (3e cycle) dans les domaines des relations internationales répondant aux standards internationaux et aux exigences de leurs professions.

Conflit avec le CERI de l'Institut d'études politiques de ParisModifier

En 1989, le président du CERI, Centre de Recherches Internationales de Sciences Po à Paris, ordonne le changement de nom du centre belge d'acronyme homonyme. Les initiateurs du projet changent le nom de CERI "Centre d'Études des Relations Internationales" en CERIS "Centre d'Études des Relations Internationales & Stratégiques" pour éviter toute confusion avec le centre français.

Distanciation de l'ULB et recherche de nouveaux partenairesModifier

En 2000, la formation du CERIS quitte l'université libre de Bruxelles pour s'installer à la Fondation universitaire. L'année suivante, le CERIS établit une convention de partenariat avec l'université Paris-Sud 11, incluant une habilitation pour le diplôme de Master of Arts in International Politics délivré par le CERIS.

Au cours des années qui suivent, le CERIS développe ses activités en tant qu'école privée, indépendamment de l'ULB. En 2006, le CERIS initie son système d'enseignement à distance par eLearning et en 2008 inaugure un deuxième programme de formation intitulé Master of Arts in Governance & Development Policy. En 2013, l'asbl CERIS ajoute un nom anglais à sa dénomination; l'association se dénomme désormais "European Post Graduate School of International & Development Studies" en anglais et "Centre Européen de Recherches Internationales & Stratégiques" en français, en abrégé CERIS. En 2016 le CERIS subit de profonds changements et un remaniement de son leadership qui initie un rapprochement avec l'université libre de Bruxelles. En 2018 un nouveau partenariat est conclu entre le CERIS et l'ULB, et le CERIS prend la dénomination anglaise de "CERIS-ULB Diplomatic School of Brussels", en abrégé CERIS.

Présidence du CERIS et haute diplomatieModifier

Alfred Cahen, professeur à l'ULB, ancien administrateur au ministère des affaires étrangères et ambassadeur, fut le premier président du CERIS. Alfred Cahen a toujours mené une carrière d'enseignant parallèlement à sa carrière de diplomate. Quand il préside à la fondation du CERI dès 1985 il est nommé ambassadeur de Belgique en France. Il dispose alors d'un réseau relationnel qui permet rapidement au CERI d'avoir des liens avec les milieux diplomatiques et avec des institutions internationales telles que l'OTAN ou l'UE à Bruxelles, et également, avec des instituts et universités dans le monde entier. L'héritage intellectuel d'Alfred Cahen a surtout été développé par Winand Pascaline et Eric Remacle, professeurs à l'ULB[1]. Cahen est décédé en 2000 et jusqu'en 2016 lui a succédé à la présidence du CERIS, Georges Delcoigne.

Depuis 2016, la présidence du CERIS a été scindée en deux. En effet, il y a un président exécutif (Assemblée Générale et Conseil d'Administration) et un président du conseil académique et scientifique du CERIS. Le président exécutif du CERIS est, depuis 2016, l'ambassadeur Jan De Bock et le président du conseil académique et scientifique du CERIS est, depuis 2016, Marc Bossuyt, professeur à l'université de Gand.

Programmes de Cours et CertificationsModifier

À ses débuts, la formation est consacrée à l'étude approfondie des relations internationales contemporaines par le biais du droit et de l'histoire comme cela se pratique couramment à l'université, mais aussi de manière plus novatrice pour l'époque, sur ses aspects politiques, économiques et sociologiques. De plus, le programme comporte des cours dispensés selon la méthode des cas et fait appel au concours d'experts, ce qui est aussi innovant pour l'époque. La formation était en français, anglais ou néerlandais et impliquait la participation active des étudiants. Dès 1988, le CERIS propose une première formation dans le domaine des relations internationales tournée vers les problématiques liées aux rapports Est-Ouest, aux rapports Nord-Sud, aux questions de sécurité et de désarmement, aux relations économiques dans le monde, au monde Arabe, à l'Asie et à la zone Pacifique, à l'Afrique et enfin à l'Amérique Latine. Le diplôme proposé est une Maîtrise ou Master considérée alors comme un DESS (Diplôme d'études supérieures spécialisées) de 3e cycle universitaire. Le but initial était donc de compléter le programme de sciences politiques par la création d'un 3e cycle universitaire (diplôme d'études spécialisées en relations internationales), qui prendrait place aux côtés des licences spéciales en droit international et en études européennes. Le diplôme délivré par le CERIS est alors un diplôme d'Université de l'ULB. Cependant à la fin de l'année 2000, la formation du CERIS quitte l'ULB et s'installe à la fondation universitaire, et l'année suivante, le CERIS établit une convention de partenariat avec l'Université Paris-Sud, dont une habilitation pour le diplôme de Master of Arts in International Politics délivré par le CERIS. Cette convention, ainsi que l'habilitation du diplôme du CERIS ont été entérinées le 1er octobre 2001 à l'unanimité du Conseil d'Administration de l'Université Paris sud 11.

Son enseignement à l'origine dispensé, dans une même proportion, en anglais et en français, s'est transformé en un enseignement exclusivement anglophone. Cependant, le CERIS a conservé la particularité du multilinguisme pour ses participants et son administration: pour les examens, la rédaction des mémoires, les mémos de séminaire et la communication verbale. En effet, l'institut a gardé la particularité liée à ses origines, d'accepter l'anglais, le français ou le néerlandais comme langue des examens, de rédaction de documents ou de communication pour son administration. Quand il a fallu traduire le nom du diplôme que délivrait le CERIS en anglais, le terme de "Master of Arts" a été utilisé. En effet, cette appellation de "Master of Arts" est utilisée dans la nomenclature anglo-saxone (depuis le IXe siècle) et aujourd'hui internationalement reconnue pour désigner des 3e Cycles universitaires "Postgraduate Certificates". Cependant, pour ne pas entraîner de confusion avec le nouveau système de Bologne, le CERIS nomme désormais ses formations "Executive Master" afin de les distinguer des Masters Bologne de 2e Cycle Universitaire (120 ECTS) "Graduate Certificates". En 2018 un nouveau partenariat privilégié est conclu entre l'Université libre de Bruxelles et le CERIS, les formations du CERIS sont désormais sanctionnées par un certificat délivré avec l'Université libre de Bruxelles et d'une reconnaissance de ses deux Executive Masters (60 ECTS) par l'Académie de Recherche et d'enseignement Supérieur, organisme chargé de la reconnaissance des certificats d'enseignement belge en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les Certificats de 60 ECTS délivrés par le CERIS et l'ULB correspondent au niveau 7 du Cadre Européen des Certifications (CEC).

Prix Alfred-CahenModifier

Le prix Alfred-Cahen est décerné au meilleur article de recherche écrit au CERIS durant l'année universitaire. Les lauréats du prix Alfred-Cahen sont :

  • 2010-2011 : Iancu Lidia Codruta pour son article consacré à l'économie verte en Corée du Sud : "Jumping on the green trampoline : Korea's struggle to become a regional leader" et sa contribution au 5e numéro de la revue du CERIS Journal of International & Strategic Studies: "North South Korean relations and the environment"
  • 2011-2012 : Dr. Anne Françoise Morel pour son mémoire consacré à la problématique identitaire dans les Balkans : « Identity and Conflict: Cultural Heritage and the re-construction of Identities after conflict»
  • 2016-2017 : Bram Rijgersberg pour son mémoire consacré à la problématique du développement durable : «Why we should eat insects again: How bugs can help sustainable development and meet rising food needs in Nigeria»
  • 2017-2018 : Joel Hirv pour son mémoire consacré à l'évolution des valeurs dans les traités de l'Union Européenne : "Evolution of Values of the European Union in the Treaties: A Comparative Analysis"
  • 2018-2019 : Krisztián Manzinger pour son Mémoire de fin d'année consacré à la problématique du processus de paix en Colombie: "The Current Peace Process in Colombia As Nation Building – Todos Por Un Nuevo País?"

Lien externeModifier

Notes et référencesModifier

  1. Alfred Cahen: le double tropisme européen et atlantiste « Alfred Cahen: le double tropisme européen et atlantiste », sur http://difusion.ulb.ac.be