Célibat sacerdotal dans l'Église catholique

Le célibat sacerdotal, dans l'Église catholique latine, est une règle selon laquelle seuls des hommes célibataires peuvent être ordonnés prêtres. Cette règle est présente dès les premiers temps de l'Église, comme l'attestent différents conciles du début du IVe siècle. Elle n'est globalement pas respectée jusqu'au XIIe siècle et, en pratique, si le mariage est interdit, le concubinage reste très commun (plus de 50 % des prêtres[réf. souhaitée]) au moins jusqu'à la fin du Moyen Âge. De nos jours les Églises d'Orient et d'Occident observent sur ce point une discipline différente.

L'abstinence sexuelle semble avoir été encouragée très tôt chez les clercs, et notamment les évêques, sans toutefois exclure la possibilité d'ordonner prêtres des hommes déjà mariés : il existe ainsi un certain nombre d'exemples historiques d'évêques mariés aux premiers siècles de l'église. La première prescription connue date de 306 : « Les évêques, prêtres, diacres et autres personnes occupant un ministère doivent s'abstenir totalement de rapports sexuels avec leur femme et de procréer des enfants. Quiconque désobéirait serait exclu de sa position ». Le célibat ecclésiastique qui, du Ier au IVe siècle, avait été en honneur sans être obligatoire, tomba du IVe au XIIe siècle sous le coup de lois très précises et beaucoup plus rigoureuses en Occident qu’en Orient. Au XIe siècle, le mariage des prêtres est encore la norme jusqu'à la réforme grégorienne. Cette réforme est difficile à mettre en œuvre : dans plusieurs pays européens, à la fin du Moyen Âge, on trouve encore plus de 50 % de prêtres vivant maritalement. Le deuxième concile du Latran prend un décret en 1132 interdisant d'ordonner des hommes mariés. Ce décret n'a pas qu'un but spirituel et théologique mais aussi financier : le développement de la féodalité à la suite du démembrement de l'Empire romain d'Occident touche aussi l'Église dans la mesure où l'existence de prêtres de père en fils risquait d'aboutir à une appropriation par ces familles sacerdotales des biens de l'Église, car à tout office (fonction ecclésiastique) correspondait un bénéfice (revenus plus ou moins substantiels selon les paroisses).

Ces mesures sont cependant peu efficaces, si bien qu'en 1074, le synode du Latran condamne de nouveau les prêtres concubinaires qui sont interdits de célébration de messe et en 1075, Grégoire VII excommunie plusieurs évêques ou archevêques. Les siècles suivants, cette politique stricte se relâche, appliquant l'adage Si non caste, tamen caute (it), « si tu ne peux vivre chastement, fais preuve au moins de prudence » (scholie du traité Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum) qui montre que les évêques ferment les yeux lorsque leurs prêtres concubinaires se montrent discrets.

Elle est affirmée et justifiée dans le Code de droit canonique par le canon 277 :

« Les clercs sont tenus par l'obligation de garder la continence parfaite et perpétuelle à cause du Royaume des Cieux, et sont donc astreints au célibat, don particulier de Dieu par lequel les ministres sacrés peuvent s'unir plus facilement au Christ avec un cœur sans partage et s'adonner plus librement au service de Dieu et des hommes[1]. »

Il s'agit d'une règle de discipline et non d'un point de foi ; ce n'est notamment pas un dogme. Elle ne s'applique pas de façon absolue. En effet, les églises catholiques orientales ordonnent des hommes mariés, et au sein de l'Église latine, des exceptions sont possibles, par exemple dans le cas d'ecclésiastiques protestants ou anglicans convertis au catholicisme. Les églises orthodoxes, comme les églises catholiques orientales, appliquent une règle un peu différente, permettant l'ordination d'hommes mariés au sacerdoce, mais pas à l'épiscopat.

La discipline de l’Église latine est contestée pour diverses raisons. Ces contestations ont poussé deux partis opposés à évaluer la nature de la loi du célibat et les motifs qui la sous-tendent. Les papes ont plusieurs fois souligné l'importance qu'ils accordent au maintien de cette règle. Cela constitue notamment le thème de l'encyclique Sacerdotalis caelibatus émise par Paul VI en 1967.

Théologie et histoireModifier

La théologie questionne l’HistoireModifier

Cette réflexion a amené les théologiens à examiner de près la relation que le célibat peut entretenir avec le sacerdoce. Ainsi, le second concile du Vatican, puisant à la source évangélique, affirme que « le célibat a de multiples convenances avec le sacerdoce. »[2]. Celle-ci repose sur le sens et la réalité de l’ordination sacerdotale qui configure ontologiquement le prêtre au Christ-Tête en vue de la mission. L’approfondissement théologique de l’identité du prêtre opéré à la suite de ce concile, et spécialement lors de l’exhortation post-synodale Pastores dabo vobis, renforce la conscience de cette cohérence entre sacerdoce et célibat. « C'est ici que l'Histoire rejoint la théologie. Car une question vient aussitôt à l'esprit. S'il est vrai qu'il existe un lien étroit entre le célibat, — ou la continence parfaite —, et la vie de ceux qui, par un choix privilégié du Seigneur, ont été appelés à lui ressembler par le sacrement de l'Ordre, qu'en a-t-il été des Apôtres ? Ces douze hommes, les premiers choisis, dont l'un au moins était marié, ont-ils perçu et vécu cette exigence profonde de leur appel, ou « lents à comprendre », en quelque sorte, ne se sont-ils sentis nullement concernés et ont-ils continué librement leur mode d'existence antérieur ? Qu'en a-t-il été ensuite de leurs successeurs immédiats, et de la pratique ecclésiale pendant les premiers siècles ? La continence parfaite des évêques, des prêtres et des diacres était-elle laissée à la libre décision des intéressés, par fidélité à une tradition qu'on estimait remonter aux Apôtres, ou, au contraire, par fidélité à ces mêmes Apôtres, gardait-on dans les Églises la coutume de n'ordonner au sacerdoce que des hommes acceptant de vivre dans la chasteté parfaite ? »[3].

Les réponses à ces questions qui ont une forte incidence en théologie relèvent de l’Histoire.

Le principe augustinienModifier

L’Histoire joue nécessairement un rôle très important dans l’élaboration de la théologie catholique. La vie de l’Église est un des principaux « lieux théologiques » définis par Melchior Cano[4] car elle manifeste au cours des siècles la compréhension de la Foi assistée du Saint-Esprit et vécue par les fidèles. C’est ce que l’on nomme le Sensus Fidei des fidèles, celui-ci est infaillible[réf. nécessaire]. L’Église tout entière exprime sa Foi par sa vie autant que par son discours. En effet, la Révélation du Verbe Incarné, transmise par les Saintes Écritures, est portée par la Tradition. La formule « Ce qui a été cru partout, toujours et par tous » de Saint Vincent de Lérins définit la Tradition de façon claire et concise. L’Évangile a d’abord été vécu et prêché avant d’être écrit. C’est le témoignage oral et l’exemplarité de la vie des Apôtres qui fondent la Foi et qui attestent de la véracité des Évangiles. Il est donc important pour établir une vérité de foi d’en vérifier l’origine apostolique. Saint Augustin nous donne la méthode à suivre pour discerner ce qui appartient authentiquement à la Tradition en écrivant : « Ce qui est gardé par toute l'Église et a toujours été maintenu, sans avoir été établi par les conciles, est regardé à très juste titre comme n'ayant pu être transmis que par l'autorité apostolique »[5]. Les critères ainsi établis appartiennent au domaine de l’Histoire.

Le rôle attribué à la discipline historique consistera donc à vérifier que la loi du célibat ait bien été gardée par toute l’Église et qu’elle ait été observée de manière ininterrompue depuis les temps apostoliques.

Le débat historico-théologique autour du célibat sacerdotalModifier

L’Histoire de la discipline ecclésiastique du célibat ne fait pas l’unanimité. Deux écoles se disputent.

La première prétend que la loi du célibat a été imposée d’autorité au IVe siècle au Concile d'Elvire, alors qu’auparavant coexistaient prêtres célibataires et prêtres mariés. Cette version de l’Histoire se fonde principalement sur le témoignage de l’Écriture-Sainte qui attesterait de l’ordination d’hommes mariés, du concile d’Elvire qui semble être un virage en la matière, de l’épisode de l’évêque égyptien Paphnuce qui au concile de Nicée contesta la volonté des Pères de décréter l’obligation générale de la continence et obtint de relayer cette question au niveau des Églises locales et du Concile « in Trullo » qui serait le témoin de la position antique toujours en vigueur dans l’Église d’Orient. Cette école est représentée par de très nombreux historiens contemporains parmi lesquels doivent être cités François-Xavier Funk (1840-1907), Roger Gryson et Georg Denzler.

La seconde école prétend pouvoir établir l’origine apostolique de la loi du célibat. Soutenue par l’immense majorité des historiens jusqu’au XIXe siècle dont Gustav Bickell auquel s’est opposé victorieusement Funk, elle émerge à nouveau depuis les années 1980 grâce aux travaux de Christian Cochini, A.-M. Stickler et R. Cholij, cités parmi d’autre. Cette école semble faire autorité à l’état actuel des avancées scientifiques, c’est pourquoi la suite de l’article se placera dans cette lignée.

Importance de la TraditionModifier

L'Église catholique reconnaît un rôle important à la Tradition. Les sources écrites ne sont pas la seule référence à prendre en compte. En effet, certains historiens ont affirmé que puisque le premier document écrit formulant explicitement la loi du célibat n’apparaît qu’au début du IVe siècle, l’obligation qui en découle est une création de cette époque. Selon Stickler, la plus grave erreur de Funk, Vancandard et Leclerq fut de ne vouloir admettre une obligation officielle du célibat qu’à partir d’une loi écrite. Cependant, l’expression écrite d’une loi est l’aboutissement d’un long processus de transmission oral qui forme le droit coutumier. Cette tradition orale qui garde une place encore de nos jours au sein de l’Église[6], était pratiquement la seule forme de droit durant l’antiquité chrétienne. Saint Paul témoigne de son importance et de son autorité en affirmant dans la seconde épître aux Thessaloniciens (2,15) : « Ainsi donc, mes frères, tenez ferme et gardez les traditions que vous avez apprises de nous, soit de vive voix, soit par lettre ». Voir aussi : 1 Co 11, 2 « Gardez les traditions telles que je vous les ai transmises ». Les Pères de l'Église expriment la même conviction, par exemple saint Basile écrivait : « Parmi les doctrines et les définitions conservées dans l'Église, nous tenons les unes de l'enseignement écrit et nous avons recueilli les autres, transmises secrètement, de la tradition apostolique. Toutes ont la même force au regard de la piété, nul n'en disconviendra, s'il a tant soit peu l'expérience des institutions ecclésiastiques ; car, si nous essayions d'écarter les coutumes non écrites comme n'ayant pas grande force, nous porterions atteinte, à notre insu, à l'Évangile sur les points essentiels eux-mêmes... »[7]

Une difficulté s’ajoute à l’étude de notre sujet[8]. En effet, le célibat des prêtres relève de l’Histoire de l’Église, du droit ecclésiastique et de la théologie catholique. Cela oblige l’historien non seulement à bien comprendre la nature de l’Église, de son droit et de sa théologie mais aussi à posséder les bases de ces matières elles-mêmes.

HistoireModifier

La question du mariage des ApôtresModifier

Le récit de la guérison de la belle-mère de Pierre atteste du mariage de celui-ci. Cependant, aucune mention n’est faite de sa femme dans les Saintes-Écritures. Peut-être était-il veuf lorsqu’il rencontra Jésus ? Toujours est-il qu’on ne peut l’affirmer avec certitude[Interprétation personnelle ?]. D’autre part, une tradition[9] raconte la vie de Sainte Pétronille, fille de l’Apôtre Pierre.

On considère que les apôtres étaient probablement mariés. Plusieurs éléments l'attestent : 1 Co., chapitre 9, verset 5 : « N'avons-nous pas le droit de mener avec nous une soeur qui soit notre femme, comme font les autres apôtres, et les frères du Seigneur, et Céphas? ». Actes, chapitre 21, versets 8 et 9 : « [...]la maison de Philippe l'évangéliste, qui était l'un des sept, nous logeâmes chez lui.Il avait quatre filles vierges qui prophétisaient ». Clément d'Alexandrie attaque l'encratisme, courant radical qui prône l'ascétisme, en prenant l'exemple des apôtres qui se sont mariés et ont eu des enfants[10].

On en fait généralement l’hypothèse en prenant en compte le contexte juif de leur époque qui ne semble pas admettre le célibat.[réf. nécessaire]

La Tradition rapporte que l’Apôtre Jean est vierge, ayant été choisi par Jésus avant l'âge de se marier[11].

Saint Paul, se déclare non-marié dans la Première épître aux Corinthiens. Certains spécialistes pensent qu'il a été célibataire toute sa vie, d'autre qu'il était veuf ou divorcé[12].

les Pères de l'Église affirment tous que les apôtres ont pratiqué la continence parfaite après avoir suivi Jésus[3]. Cette unanimité des Pères permet, selon un principe catholique, de faire une herméneutique autorisée des passages évangéliques faisant allusion au renoncement des Apôtres comme par exemple celui-ci : Alors Pierre lui dit : « Voilà que nous, en quittant tout ce qui nous appartenait, nous t'avons suivi. » Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté à cause du Royaume de Dieu une maison, une femme, des frères, des parents, des enfants, sans qu'il reçoive en ce temps-ci bien davantage et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »[13]

Ce sentiment commun des Pères est l’expression de la mémoire collective des Églises apostoliques dont la prédication fut un écho de l’exemple que les Apôtres ont laissé aux générations futures. Cela constitue, pour les catholiques, un solide argument de tradition.[réf. nécessaire]

De l’origine apostolique au IVe siècleModifier

Les sources écrites sont rares pour les premiers siècles : les archives de l’Église ont souvent été détruites durant les persécutions. Cela contraint l’historien à recourir à la tradition orale. Le témoin de celle-ci est la vie même de l’Église étudiée méthodiquement grâce au principe augustinien sur les traditions apostoliques.

D’autre part, cette discipline du célibat est gardée par toutes les Églises apostoliques[14]. Celles-ci sont les Églises qui ont été personnellement fondées par les Apôtres (Rome, Alexandrie, Antioche…) ou qui en dérivent directement (l’Église d’Afrique, des Gaules, d’Espagne..). Si ces Églises connaissent une diversité d’usages et de coutumes, notamment en liturgie, elles s’accordent sur les points de doctrine et de discipline tant qu’elles demeurent en communion avec l’Église de Rome. Le témoignage de cette dernière est de première importance « car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des Apôtres.»[15] Or les décrétales du Pape Sirice, qui seront évoquées plus loin, répondant à des contestations isolées, attestent de la fermeté de l’obéissance des Églises occidentales à la tradition de la continence des clercs explicitement reconnue comme apostolique.

Saint Jérôme, Père latin ayant vécu en Terre Sainte, rapporte que « les Églises d’Orient, d’Égypte et du Siège apostolique » tiennent fermement la discipline de la continence parfaite pour le clergé. Il n’y a pas de raison de mettre en doute son témoignage, d’autant plus qu’il n’existe aucune Église apostolique reconnaissant, en sens contraire, le droit d’user légitimement du mariage après l’ordination.

Le IVe siècle, profitant de la paix constantinienne, est plus riche en témoignage en Orient comme en Occident. On peut établir pour vingt-quatre pour cent d’entre eux[réf. nécessaire] qu’ils observèrent la continence parfaite depuis leur ordination. Il est même précisé, dans trois des notices biographiques, qu’agissant ainsi ils obéissaient à une discipline formelle. Pour les autres, on ne peut souvent rien affirmer, ni dans un sens ni dans l’autre.

Christian Cochini a établi qu'un nombre important d'évêques, de prêtres et de diacres des quatre premiers siècles étaient mariés avec des enfants. Pour certains d'entre eux il est précisé qu'ils vécurent dans la continence parfaite après leur ordination, pour d'autres il n'est pas possible de le savoir[3]. Pour lui : « La liste nous montre qu'il n'existe aucun exemple de clerc marié dont on puisse affirmer qu'il a vécu maritalement avec son épouse après l'ordination en conformité avec une coutume reconnue ou une discipline officielle. Bien plus, les récits nous prouvent que certains vécurent dans la continence parfaite par soumission à une discipline bien établie, comme dans les Gaules ou en Italie. Dans d'autres cas, comme pour l'Arménie en communion avec Rome, on peut le supposer avec raison. »[3].

Dans les Philosophoumena attribués à Hippolyte de Rome, les accusations contre le pape Calixte confirment indirectement la discipline de continence des clercs[16].

Tertullien fait écho de plusieurs laïcs qui s'imposent la discipline de la continence, inspirés en cela par le monachisme et les exemples de vie ascétique. Jérôme et Augustin en témoignent également au siècle suivant[16].

Du IVe siècle au VIe siècleModifier

L’Édit de Constantin met fin aux persécutions. Une ère nouvelle s’ouvre pour l’Église qui peut sortir de l’ombre et s’organiser librement.

Plusieurs Pères de l’Église font état de la discipline de la continence parfaite. Cochini met quatre exemples en avant : Épiphane de Salamine, Ambrosiaster, Ambroise de Milan ou Saint Jérôme[3].

Saint Jérôme défend le célibat sacerdotal face à Jovinien et Vigilance qui y étaient opposés[3]. Ceux-ci ont été ultérieurement vus comme des précurseurs du protestantisme[17].

Léon Bussy cite comme « chrétiens illustres » et toujours mariés Grégoire de Nysse, Grégoire l'Ancien et Synésios de Cyrène[17].

Plusieurs conciles locaux ont eu lieu du cinquième au septième siècle et réaffirment le célibat sacerdotal, ce qui implique des manquements[16].

Le concile d’ElvireModifier

Le concile d’Elvire s’est tenu au début du IVe siècle, probablement aux alentours de 305, pour clarifier et raviver des domaines importants de la discipline de l’Église d’Espagne qui ont été abandonnés durant les persécutions. L’arrivée au pouvoir de Constance Chlore, favorable aux chrétiens a permis la réunion de ce premier concile espagnol. Il est le plus ancien texte juridique sur le célibat qui ait été conservé.

« On est tombé d’accord sur l’interdiction totale faite aux évêques, aux prêtres et aux diacres, c’est-à-dire à tous les clercs employés au service de l’autel, d'avoir, de commercer avec leurs épouses et de procréer des enfants ; cependant, celui qui l’aura fait devra être exclu de l’état clérical. » (XXXIIIe canon)

Pour Funk, « Le synode d’Elvire de l’an 300 marque un tournant. Le canon 33 de ce synode impose en effet aux clercs supérieurs... une continence absolue, tandis qu'il avait été jusqu'alors permis de poursuivre la vie matrimoniale même après l'ordination si le mariage avait été contracté avant cette dernière »[18].

Le concile d'ArlesModifier

Le Concile d'Arles de 314 proscrit dans son canon 29 les relations conjugales des prêtres et des diacres[17],[19].

Le Concile de Nicée (325)Modifier

Premier concile œcuménique, le premier concile de Nicée a été réuni pour définir la doctrine christologique de l’Église et répondre ainsi à la doctrine arienne. La réunion de nombreux évêques fut aussi l’occasion de statuer une vingtaine de canons disciplinaires, parmi lesquels le troisième aborde notre sujet.

Canon 3 : « Des femmes qui cohabitent avec des clercs » « Le grand concile a défendu absolument aux évêques, aux prêtres et aux diacres, et en un mot à tous les membres du clergé d'avoir avec eux une femme « co-introduite », à moins que ce ne fût une mère, une sœur, une tante, ou enfin les seules personnes qui échappent à tout soupçon. »

Ce canon ne mentionne pas les épouses, qui par conséquent ne peuvent plus cohabiter avec leurs maris après leur ordination. Celles-ci étaient prises en charge par l’Église, qu’elles entrent soit dans un couvent de religieuses, soit dans une communauté de femmes créée à cet effet par l’Église. L’objectif de cette mesure est clairement de protéger la continence des clercs et leur réputation. Cette interprétation traditionnelle est d’autant plus plausible que sont nommés les évêques qui ont toujours, en Occident et en Orient, été soumis à cette discipline, sans aucune exception.

Quant à la prétendue intervention de Paphnuce, qui aurait dissuadé les Pères du concile d’interdire aux clercs d’avoir des relations conjugales avec leurs épouses, les études historiques récentes ont prouvé avec certitude qu’elle n’était qu’une fable[20]. Celle-ci n'est mentionnée que par Socrate le Scolastique vers l'an 440 sans mentionner de source. Le nom de Paphnuce n'est mentionné nulle part dans aucune des listes de souscription au concile disponible[18].

Conciles d'Ancyre et NéocésaréeModifier

Lors du synode d'Ancyre (en) et du synode de Néocésarée (en) au début du IVe siècle il est décidé que les prêtres et les diacres ne doivent plus se marier après avoir été ordonnés[16].

Les décrétales du Pape SiriceModifier

Trois documents ont été publiés par le Pape Sirice au début de son pontificat[3] :

  • La décrétale Directa de 385 envoyée par le pape Sirice à l'évêque espagnol Himère, métropolitain de la Tarraconaise. Il rappelle à l’ordre le clergé espagnol.
  • La décrétale Cum in unum de 386 envoyée par Sirice aux épiscopats de diverses provinces pour leur communiquer les décisions prises en janvier 386 à Rome par un concile de 80 évêques. Il rend compte des décisions prises lors d’un synode romain
  • La décrétale Dominus inter, en réponse à des questions posées par des évêques des Gaules.

Ce sont des textes importants pour l’Histoire du célibat sacerdotal. Ils supposent naturelles et bien établies à la fois l’ordination d’hommes mariés et la discipline de la continence parfaite, et d’autre part la principale argumentation qu’ils présentent pour condamner ceux qui ne se soumettent pas à cette dernière est la contradiction avec la tradition reçue des Apôtres[3].

L'interprétation de 1 Tm 3, 2-12 et Tt 1, 6 (« que l'évêque, le presbyte ou le diacre, soit l’homme d'une seule femme ») par le pape Sirice est que la fidélité à une seule épouse dans le mariage est une garantie de chasteté dans le futur[3].

Le Concile de Carthage de 390Modifier

Le deuxième canon du concile de Carthage de 390 traite de l'exigence de la continence des clercs[21] :

« Epigone, évêque de Bulle la Royale, dit : Dans un concile antérieur, on discuta, de la règle de la continence et de chasteté. Qu'on instruise donc (maintenant) avec plus de force les trois degrés qui, en vertu de leur consécration, sont tenus par la même obligation de chasteté, je veux dire l'évêque, le prêtre et le diacre, et qu'on leur enseigne à garder la pureté.

L'évêque Geneclius dit : Comme on l'a dit précédemment, il convient que les saints évêques et les prêtres de Dieu, ainsi que les lévites, c'est-à-dire ceux qui sont au service des sacrements divins, observent une continence parfaite, afin de pouvoir obtenir en toute simplicité ce qu'ils demandent à Dieu ; ce qu'enseignèrent les apôtres, et ce que l'antiquité elle-même a observé, faisons en sorte, nous aussi, de le garder.

À l'unanimité, les évêques déclarèrent : Il nous plaît à tous que l'évêque, le prêtre et le diacre, gardiens de la pureté, s'abstiennent (du commerce conjugal) avec leur épouse, afin qu'ils gardent une chasteté parfaite ceux qui sont au service de l'autel. »

Cette déclaration ayant force d’obligation sera reprise et citée de nombreuses fois par des conciles africains, par des théologiens occidentaux et même par des papes dont Pie XI qui en fit une référence autorisée dans son encyclique Ad catholici sacerdotii fastigium. Tous s’accordent pour y reconnaître un témoin fiable de la Tradition.

Le canon met en œuvre une double argumentation. La première est d’ordre théologique et se fonde sur la nature et la mission des clercs rendus intimement participant à la Médiation du Christ par leur ordination. « L'Eucharistie est le fondement spécifique de la continence qui leur est demandée. La liturgie eucharistique fait de celui qui est au service des mystères divins un médiateur qui, de par son union intime avec l'unique Médiateur présente à Dieu les requêtes de ses frères humains. À ce titre, il doit s'assurer les conditions requises pour une prière d'intercession efficace, et la chasteté parfaite, à l'imitation du Christ, lui est une garantie d'exaucement. »[3]. La seconde repose sur l’autorité d’une Tradition venant directement des Apôtres et toujours conservée dans l’Église. Cet argument a beaucoup de poids dans l’Église d’Afrique et n’est pas utilisé sans un véritable discernement .

Le Concile général de l’Église africaine (419)Modifier

Ce concile rassembla 217 évêques d’Afrique du Nord, dont Saint Augustin. Il promulgua de nouveau le deuxième canon du Concile de Carthage qui sera à cette occasion approuvé par Rome et inscrit dans le Codex canonum Ecclesiae africanae.

À partir du VIe siècle et le rôle des papes du Moyen Âge en OccidentModifier

ConcilesModifier

Les nombreux conciles (concile de Clermont de 535, conciles de Tolède) imposant aux clercs mariés la continence perpétuelle, voyaient leurs décrets rapidement oubliés, peu appliqués, ce qui nécessitait des répétitions qui réitéraient l'injonction du célibat, allant jusqu'au rabâchage[22].

Saint Léon le GrandModifier

« La loi de continence est la même pour les ministres de l’autel (les diacres) que pour les évêques et les prêtres. Lorsqu’ils étaient encore des laïcs ou des lecteurs, ils pouvaient être autorisés à se marier et à procréer des enfants. Mais dès qu’ils atteignaient les degrés nommés ci-dessus, ce qui autrefois leur était permis cessait désormais de l’être. Pour que du mariage selon la chair naisse ainsi un mariage spirituel, il est nécessaire non pas qu’ils répudient leurs épouses, mais qu’ils les aient comme n’en ayant pas, afin que soit gardé l’amour conjugal mais que cesse en même temps l’usage du mariage »[23]

Saint Léon le Grand n’hésite pas à permettre, lorsque c’est prudent, la cohabitation des époux au nom du lien qui les unit tout en excluant l’union charnelle. Il est ainsi dans la droite ligne du troisième canon du concile de Nicée dans son interprétation traditionnelle.

Il introduit le terme de lex continentiae : les prêtres doivent vivre la continence avec leur femme, mais ne doivent pas les renvoyer[24].

Saint Grégoire le GrandModifier

« Grégoire le Grand (590-604) atteste indirectement dans ses lettres que, pour l’essentiel, la continence cléricale était observée dans l’Église d’Occident. Il décréta que l’ordination au sous-diaconat était définitive et entraînait pour tous le devoir de continence. De plus, il s’employa à plusieurs reprises à interdire en toutes circonstances la cohabitation des clercs majeurs avec des femmes non autorisées à le faire, cette cohabitation devant donc être empêchée. Comme les anciennes épouses n’appartenaient pas, normalement, aux femmes autorisées, on a ici une interprétation remarquable du canon 3 correspondant de Nicée »[25].

La réforme grégorienneModifier

Les XIe et XIIe siècles occidentaux connurent l’une des plus graves crises de la discipline de la continence des clercs. Le système des bénéfices, lié à la féodalité, avait pénétré l’Église. Un bénéfice était attaché à toutes les charges, petites et grandes. Il était attribué par des laïcs habilités à la faire et ne pouvait être que très difficilement – voire absolument pas – retiré. Ce système offrait des charges d’abbés, d’évêques ou de curé à des candidats indignes ou mal préparés, davantage attirés par le bénéfice que le service qui leur incombait. Deux abus se généralisaient : la simonie et la transgression de la continence des clercs.

Les papes à partir de Léon IX (1049-1054) entreprirent un grand mouvement de réforme qui portera le nom de « réforme grégorienne » bien qu’il se poursuivit après le pontificat de Grégoire VII (1073-1085).

Par un décret du pape Grégoire VII de 1074 le mariage et le concubinage des prêtres sont interdits[26].

On relève deux points principaux de cette réforme :

Un grand nombre de prêtres, si ce n'est la majorité, étaient mariés. La réforme grégorienne, soucieuse de maîtriser davantage la discipline de la continence et d’en faciliter la pratique, s’appliquera à mieux choisir et former les candidats au sacerdoce et renoncera petit à petit à admettre aux ordres des hommes mariés. Cette dernière mesure avait en plus l’avantage de régler le problème des héritages des charges et des bénéfices et de l’entretien des épouses. Une interprétation courante de ces faits consiste à affirmer que l’Église a imposé le célibat aux prêtres pour l’unique motif de récupérer ces héritages.

D’autre part, le deuxième concile du Latran (1139) statua solennellement que le mariage des clercs majeurs et des profès solennels était non seulement illicite mais invalide. Une mauvaise compréhension de ce fait a propagé l'idée selon laquelle c’est ce concile qui aurait introduit le célibat des clercs alors qu’en réalité il se contente de déclarer invalide un mariage conclu en violation d’une interdiction déjà ancienne.

Les conciles de Latran III (1179) et Latran IV (1215) réitèrent encore l'interdiction du mariage.

La réforme grégorienne vise à éviter l'enrichissement des clercs mariés au profit de leur descendance[27].

Au moment où le mariage chrétien s'impose comme un sacrement, le célibat sacerdotal permet de distinguer dans la société les laïcs mariés du clergé célibataire. C'est vers cette époque qu'on met en avant la vision théologique du mariage symbolique des clercs avec l'Église[28].

Le concile « in Trullo » et le célibat sacerdotal en OrientModifier

Déroulement et canons du Concile « in Trullo »Modifier

Le concile « in Trullo » fut convoqué en 691 dans un contexte historique très troublé par l’apparition et l’expansion fulgurante de l’Islam. Les patriarcats orientaux tombèrent les uns après les autres à l’exception de Constantinople qui était lui-même menacé au nord par les Slaves et les Bulgares. L’ébranlement politique fut accompagné par une décadence intellectuelle et morale semblable à celle que connut l’Empire Romain d’Occident au Ve siècle[réf. nécessaire]. En outre, les relations de l’Orient avec l’Occident s’assombrirent depuis la prétention byzantine, rejetée par Saint Léon, de s’établir comme « nouvelle Rome » sur l’Orient.

« Ces pages d'histoire nous aident à mieux comprendre pourquoi le concile Quinisexte s'ouvrit dans une certaine atmosphère d'hostilité vis-à-vis de Rome. S'il se propose de réformer les abus et les erreurs de son temps, le synode byzantin entend le faire à sa manière, prenant ses distances par rapport à l'Occident et affichant son désaccord avec certaines traditions latines. L'orthodoxie resta sauve, mais sur les questions de discipline cléricale et liturgique les 215 Pères grecs, orientaux ou arméniens réunis « sous la Coupole » du Palais impérial (in Trullo) s'opposèrent sur plus d'un point à Rome ». Le pape Serge (687-701), syrien d'origine, déclara « préférer la mort » à la reconnaissance de « certains canons (qui) étaient contre l'ordre de l'Église ». »[18].

C’est le cas par exemple du treizième canon du Concile « in Trullo » qui établit la discipline orientale du célibat des clercs encore en vigueur en Orient[29] : « Comme nous avons appris que dans l'Église de Rome il s'est établi comme règle qu'avant de recevoir l'ordination de diacre ou de prêtre, les candidats promettent publiquement de ne plus avoir de rapports avec leurs épouses ; nous, nous conformant à l'antique règle de la stricte observation et de la discipline apostolique, nous voulons que les mariages légitimes des hommes consacrés à Dieu restent en vigueur même à l'avenir, sans dissoudre le lien qui les unit à leurs épouses, ni les priver des rapports mutuels dans les temps convenables. De la sorte, si quelqu'un est jugé digne d'être ordonné sous-diacre ou diacre ou prêtre, que celui-là ne soit pas empêché d'avancer dans cette dignité parce qu'il a une épouse légitime, ni qu'on exige de lui de promettre au moment de son ordination, qu'il s'abstiendra des rapports légitimes avec sa propre épouse; car sans cela nous insulterions par-là au mariage institué par la loi de Dieu et béni par sa présence, alors que la voix de l'Évangile nous crie : « Que l'homme ne sépare pas ceux que Dieu a unis », et l'apôtre enseigne : « Que le mariage soit respecté par tous et le lit conjugal sans souillure » ; et encore : « Es-tu lié à une femme par les liens du mariage ? ne cherche pas à les rompre. ».

Nous savons d'autre part que les pères réunis à Carthage, par mesure de prévoyance pour la gravité des mœurs des ministres de l'autel, ont décidé, "que les sous-diacres, qui touchent aux saints mystères, les diacres et les prêtres aussi pour les mêmes raisons, s'abstiennent de leurs femmes"; "ainsi nous garderons, nous aussi, ce qui fut transmis par les apôtres et observé de toute antiquité, sachant qu'il y a un temps pour toute chose, surtout pour le jeûne et la prière; il faut en effet que ceux qui s'approchent de l'autel, dans le temps où ils touchent aux choses saintes soient continents en toute chose, afin qu'ils puissent obtenir ce qu'ils demandent en toute simplicité à Dieu". Si donc quelqu'un, agissant contre les canons apostoliques, ose priver un clerc des ordres sacrés, c'est-à-dire un prêtre ou un diacre ou un sous-diacre, des rapports conjugaux et de la société de sa femme légitime, qu'il soit déposé; de même, « si un prêtre ou un diacre renvoie sa femme sous prétexte de piété, qu'il soit excommunié, et s'il persiste, déposé ». ».

Cependant, Orient comme Occident s’accordent à exiger la continence parfaite pour les évêques : le canon 12 du concile « in Trullo » interdit la cohabitation des évêques avec leurs ex-épouses[29].

Regard postérieur de l’Orient sur le Concile « in Trullo »Modifier

Depuis le concile « in Trullo », rien dans la discipline et la pratique du célibat n’a changé dans les Églises locales dépendant de l’obédience byzantine[25].

Importance du concile en OccidentModifier

Le concile est considéré comme un concile œcuménique en Orient, en complément des deux conciles précédents. Par contre, le pape Serge (687-701) ne le reconnut pas. Les papes Adrien Ier, Jean VIII et Innocent III ainsi que Gratien l'ont reconnu mais en notant le caractère propre de la discipline orientale [30].

La façon dont Justinien II se fit reconnaître par le pape jeta le discrédit sur le concile lui-même. Bède le Vénérable le qualifia de synodus erratica. Au moment du schisme de 1054, Humbert de Moyenmoutier rejette en bloc les canons du concile. Grégoire VII, souhaitait cesser le schisme, cela a probablement eu pour conséquence leur étude par Yves de Chartres qui en accepte 17 canons au sein de sa Collectio Tripartita[31].

Gratien, en compilant tous les textes de droit canon du premier millénaire, pris en compte, sans esprit critique, la fable de Paphnuce comme étant un fait avéré. Son œuvre étant la référence, les canonistes crurent longtemps qu’elle fut la raison principale de l’obligation différente de continence du clergé dans l’Église orientale. « S’y ajoute le fait que le droit canon classique reconnaît l’entière validité pour l’Église d’Orient des décisions du concile « in Trullo », à Constantinople, qui fixa en 691 la discipline de la continence - différente de celle d’Occident - de l’Église byzantine et des obédiences qui devaient par la suite dépendre d’elle. »[25]

En outre, « Rome autorisa même les communautés orientales unies à elle au cours des ans, à conserver leur tradition du célibat, bien que différente de la sienne. Mais non seulement on n’opposa aucun obstacle à celles de ces communautés qui désiraient revenir à la pratique latine de la continence complète, mais ce désir fut accueilli positivement et encouragé. Jusqu’à maintenant, la reconnaissance de cette discipline différente a été l’objet, de la part des autorités centrales romaines, d’une considération courtoise qui, cependant, ne peut guère être considérée comme une approbation officielle de la modification apportée à l’ancienne discipline de la continence. »[25]

Innocent III a utilisé les canons du concile pour autoriser l'épiscopat du fils d'un prêtre grec, ce qui reconnaît implicitement la légitimité du mariage[31].

C'est au XVIe siècle que l'Église catholique accepte les prêtres mariés des Églises orientales[32].

La réforme, le Concile de Trente et les séminairesModifier

La Réforme protestante apparut alors que l’Église catholique connaissait une grave crise morale ébranlée par le scandale des indulgences et par la débauche du clergé concubinaire et simoniaque. Sa doctrine concernant le célibat des prêtres met fin au problème par le fait qu’elle ne reconnaît plus l’Ordre comme un sacrement, ce qui a pour conséquence de saper à la source la discipline du célibat sacerdotal puisqu’il n’y a plus de sacerdoce et donc plus de prêtre. Luther lui-même se maria avec Catherine de Bore dès 1525.

Pour répondre au protestantisme, l’Église Catholique amorça elle-même un vaste mouvement de réforme en s’attaquant à la doctrine protestante ainsi qu’aux abus catholiques qui en furent la source. Ainsi, la Contre-Réforme, sous l’impulsion du Concile de Trente, s’efforça d’approfondir la théologie du sacerdoce, de rectifier les mœurs ecclésiastiques et de rétablir la discipline du célibat grâce à une meilleure formation du clergé occasionnée par la création des séminaires. L’obligation de suivre des études dans ces institutions pour pouvoir être ordonné mis fin à la pratique qu’avait l’Église d’ordonner des hommes mariés. C’est depuis cette époque que seuls sont admis au sacerdoce les hommes vierges[réf. nécessaire], sauf exceptions.

Le célibat sacerdotal est réaffirmé lors du Concile de Trente, et n'est plus vraiment remis en cause jusqu'au concile Vatican II, à l'exception des mariages de la Révolution française[33].

Depuis le XXe, le Concile Vatican IIModifier

En République tchèque, le Vatican a accepté de reconnaître les prêtres mariés sous la République socialiste tchécoslovaque[34].

En 1935, Pie XI publie Ad catholici Sacerdotii, une réflexion sur la pureté sexuelle du prêtre, garante de sa sainteté[35].

En 1954, Pie XII publie Sacra virginitas pour défendre le célibat sacerdotale qu'il estime menacé[35].

Lors du concile Vatican II, Maxime IV Sayegh, primat de l'Église grecque-melkite-catholique qui compte des prêtres mariés déclare « En cas de besoin, ce n’est pas le sacerdoce qui doit être sacrifié au célibat, mais le célibat au sacerdoce ». Paul VI décide de couper court au débat en annonçant une encyclique sur le sujet après le concile. Presbyterium ordinis, un décret conciliaire, reconnaît à l'exemple des Églises orientales que la nature du sacerdoce n'impose pas de « continence parfaite et perpétuelle ». C'est également ce texte qui introduit l'idée du célibat comme un don[35].

En 1967 Paul VI publie Sacerdotalis caelibatus qui défend le célibat sacerdotal mais permet au clercs d'autres confessions de rester mariés lors de leur conversion[35].

Les évêques des Pays-Bas votent à une très large majorité en 1970 l'abandon du célibat des prêtres. Paul VI convoque en 1971 un synode sur le sacerdoce qui réaffirme le célibat sacerdotal et rejette les propositions de viri probati mariés[35].

Jean-Paul II est un défenseur du célibat sacerdotal dès le début de son pontificat. En 1990 il rejette les propositions de viri probati. En 1992 il publie Pastores dabo vobis qui rappelle l'obligation de célibat des prêtres dans l'Église latine et que « cette vocation doit se renouveler continuellement à l’aide de la prière et de l’effort ascétique »[35].

En 2005 lors du synode sur l'Eucharistie un débat émerge sur la question des viri probati, avec notamment l'intervention des membres des Églises orientales rappelant l'existence du clergé marié dans leurs Églises[35].

DébatsModifier

Au sein de l'ÉgliseModifier

En février 2022, le cardinal allemand Reinhard Marx n'effectue pas un lien absolu entre les agressions sexuelles au sein de l'Église catholique et le célibat des prêtres : « On ne peut pas le dire globalement. Mais ce mode de vie qui suppose une proximité entre des hommes attirent aussi des gens qui ne sont pas adaptés (à la fonction), qui sont sexuellement immatures ». Néanmoins, il recommande de laisser aux prêtres la possibilité de se marier[36].

Hans Küng s'est opposé à l'exigence du célibat sacerdotal, faisant le lien avec les abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique[37].

Selon un sondage du Pew Research Center de 2013 et 2014, 48 % des catholiques d'Amérique latine sont en faveur de la possibilité pour les prêtres de se marier[38]. Selon un sondage publié en 2018, ce nombre est de 63 % chez les catholiques d'Europe centrale et orientale[39].

À l'extérieur de l'ÉgliseModifier

Formation et discernement au célibat sacerdotalModifier

La sainteté et l’épanouissement des prêtres dans leurs ministères dépendent pour une part de la formation qu’ils ont reçue. Les formateurs doivent accompagner le séminariste dans la découverte de sa vocation pour qu’il puisse la choisir en toute liberté et responsabilité, « comme une révélation de son identité »[40].

Les séminaristes doivent acquérir une maturité affective. Pour cela, « L’accompagnement spirituel, doublé d’un éventuel accompagnement psychologique, permet à chaque séminariste d’avoir un espace et un lieu où faire le point sur sa vie, son identité, ses forces et ses faiblesses. C’est alors en connaissance de cause qu’il peut s’engager librement dans le célibat. »[41]. « Les années de séminaire permettent aux futurs prêtres d’acquérir des éléments psychologiques, humains et spirituels nécessaires à une meilleure connaissance de soi, à une certaine lucidité sur leurs forces et leurs fragilités. Au cours de la formation, chacun fait librement le choix ou non d’accueillir le célibat comme le don de soi au sein du projet de vie que constitue le ministère de prêtre. »[42].

Pour une vie spirituelle authentique, le prêtre doit considérer et vivre le célibat non comme un élément isolé ou purement négatif, mais comme un des aspects d'une orientation positive, spécifique et caractéristique de sa personne. Laissant son père et sa mère, il suit Jésus le Bon Pasteur dans une communion apostolique, au service du peuple de Dieu. Le célibat doit donc être accueilli dans une décision libre et pleine d'amour, à renouveler continuellement[43].

La formation doit établir des principes, offrir des critères, et donner des aides pour que le discernement du candidat soit le plus objectif possible. Il faut que les formateur aient « une personnalité mûre et forte... au plan humain et évangélique »1 afin que le candidat ait l’exemple d’un célibat choisi et assumé. Si le séminariste doit mesurer la beauté de l’engagement au célibat en le comprenant de manière toujours plus profonde, il doit aussi pour s’engager librement mesurer les difficultés qu’implique une vie de célibataire. Pour cette raison les éducateurs chercheront à présenter le célibat dans sa réalité quotidienne en en montrant les joies comme les peines, les avantages et les inconvénients, les beautés et les difficultés.

« La formation intégrale du candidat au sacerdoce doit viser à lui permettre de prendre avec une âme pacifiée, un cœur convaincu et libre, les graves engagements qu’il se devra d’assumer en sa propre conscience, devant Dieu et devant l’Église. »

« L’ardeur et la générosité sont d’admirables qualités de la jeunesse; quand elles sont éclairées et bien soutenues, ces vertus lui méritent, avec les bénédictions du Seigneur, l’admiration et la confiance de l’Église et de tous les hommes. Aux jeunes on ne cachera aucune des réelles difficultés d’ordre personnel ou social que leur choix leur occasionnera, afin de purifier leur enthousiasme de ce qu’il aurait de superficiel et d’illusoire. Mais, en même temps que les difficultés, il sera juste de mettre en relief avec non moins de vérité et de netteté la grandeur et la noblesse du choix qu’ils s’apprêtent à faire : car s’il provoque dans la personne humaine un certain manque au plan physiologique et psychique, ce choix lui apporte d’un autre côté une plénitude intérieure capable de sublimer son être profond. »[44]

« À mesure que les séminaristes développent leurs convictions et le sens de leur responsabilité dans le choix vocationnel, on doit les stimuler à aimer activement l'idéal et à vouloir vivre la chasteté parfaite sans concessions ou compromis indulgents, conscients que même d'un point de vue humain ils ne sont pas inférieurs aux autres. Chaque candidat doit se connaître soi-même, ses conditions physiques, psychiques, morales, religieuses, affectives, et mesurer pleinement sa capacité de répondre à l'appel divin avec une décision pesée, mûrie et responsable. Il doit avoir la pleine volonté libre de s'offrir totalement et sans cesse au Christ, Grand-Prêtre éternel, et à son Église. Il doit pouvoir et vouloir observer les commandements de Dieu et la discipline de l'Église. »[45]

En pratique dans les séminaires français plusieurs sessions de formation abordent la sexualité, notamment sur le thème du célibat. Le futur prêtre est évalué sur son équilibre affectif, moral, psychologique ou sexuel[46],[47].

Exceptions et situation dans le mondeModifier

Églises catholiques orientalesModifier

 
Un prêtre roumain et sa famille.

Dans les Églises catholiques orientales, les hommes mariés peuvent accéder à la prêtrise[48], mais ne peuvent pas devenir évêque. De plus, un prêtre ne peut plus se marier après avoir été ordonné[réf. nécessaire].

Dans les années 1880, l'immigration aux États-Unis de catholiques orientaux avec un clergé marié avait fait scandale chez les catholiques latins. Cela avait conduit à l'interdiction des prêtres mariés dans les « territoires » latins : Amérique, Australie ou Europe occidentale. Seuls des prêtres célibataires devaient être envoyés auprès de la diaspora. Au XXIe siècle, la situation demande un changement car ceux-ci ne sont plus assez nombreux. En 2014, le pape François autorise les prêtres mariés des Églises orientales à être envoyés partout dans le monde[49]. En 2019, un prêtre catholique marié de rite byzantin célébrait des messes dans des églises proches de Liège en Belgique[50].

Le prêtre David Gréa qui souhaitait se marier avait proposé à son évêque Philippe Barbarin de lui permettre de devenir prêtre de l'église catholique orientale puis de revenir à Lyon en mission avec son épouse. Ce dernier a refusé et David Gréa a quitté la robe.

Transferts et conversionsModifier

 
Première bénédiction d'un pasteur anglican converti au catholicisme qui reste marié.

Les prêtres anglicans[51] ou les pasteurs protestants[52] qui se convertissent au catholicisme restent mariés s'ils le sont car « Il n'appartient pas à l'homme de rompre ce que Dieu a uni », avec cependant l'impossibilité d'accéder au rang d'évêque, même s'ils l'avaient déjà.

Dans le droit civil en FranceModifier

Par une proclamation du , le Conseil exécutif oblige le clergé à marier quiconque se présente pour recevoir le sacrement du mariage, y compris les prêtres. Des jugements de tribunaux obligent des curés à marier leurs confrères et des évêques sont emprisonnés pour s'y être opposés. Le , un décret punit de déportation les évêques qui commettent ce délit[53].

Diacres permanentsModifier

Il est possible depuis le concile Vatican II d'ordonner diacre permanent un homme marié. Celui-ci doit cependant avoir été marié depuis au moins dix ans, et ne pas se remarier en cas de veuvage[54].

Notes et référencesModifier

  1. Extrait du Code sur le site du Vatican.
  2. Presbyterorum Ordinis no 16, lire en ligne.
  3. a b c d e f g h i et j Christian Cochini S.J., « Aux origines de la discipline du célibat sacerdotal. », sur clerus.org, .
  4. Melchior Cano, De Locis Theologicis, Salamanque, (lire en ligne)
  5. De baptismo contra Donatistas,. 1, VII, IV, 31 ; CSEL 51, 259
  6. Cf Code de droit canon, c.23-28, la Coutume, lire en ligne.
  7. Saint Basile, Traité du Saint-Esprit, 28
  8. Il est conseillé à ce sujet de lire le premier chapitre, « Concept et méthode » (p. 9-18), de l’ouvrage de A.-M. Stickler, Le célibat des clercs, Téqui, 1994.
  9. Saint Marcel, Martyrologe d'Adon (IXe siècle)
  10. (en) Charles J. Reid, Jr., « The Married Apostles and What They Mean Today », sur huffpost.com, .
  11. Fr. Geoffroy-Marie de Beaurepaire, csj, « Saint Jean, un apôtre pour aujourd’hui ? », sur fr.aleteia.org, .
  12. Jean-Chrysostome Zoloshi, « Le statut matrimonial de Paul », sur interbible.org, .
  13. Lc XVIII 28-30
  14. « On doit croire, sans l'ombre d'un doute, qu'une chose vient d'une tradition apostolique si elle est tenue pour telle dans les Églises où existe une succession sans faille et continue depuis les Apôtres. » St Robert Bellarmin, Prima controversia generalis de Verbo Dei, lib IV
  15. Irénée de Lyon, Contre les hérésies
  16. a b c et d (en) Roman Cholij, « Priestly celibacy in patristics and in the history of the Church », sur vatican.va (consulté le ).
  17. a b et c Léon Bussy, Jovinien et Vigilance ou deux protestants à la fin du IVe siècle, Impr. Bonnardel, , 98 p. (lire en ligne), page 10.
  18. a b et c Christian Cochini S.J., « Le célibat sacerdtal dans la tradition primitive de l'Église », sur clerus.org.
  19. Androniki BARLA, L'obligation canonique du célibat des ministres, vers 380 en Occident et en Orient. Comparaison entre les Traditions orientales et occidentales, Université de Strasbourg, (lire en ligne).
  20. F.WINKELMANN, Paphnutios, der Bekenner und Bischof. Probleme der koptischen Literatur, 1968.
  21. Christian Cochini s.j, « LE CELIBAT ECCLESIASTIQUE DANS LA DOCTRINE ET L'HISTOIRE DE L'EGLISE », sur clerus.org, .
  22. Michel Rouche (dir.), Mariage et sexualité au Moyen Age : accord ou crise, Presses Paris Sorbonne, , p. 173-174.
  23. Léon le Grand, Lettre à l’évêque Rustique de Narbonne, 456
  24. Joseph Loïc Mben, « Qu’est-ce que le célibat clérical ? », sur africa.la-croix.com, .
  25. a b c et d Cardinal Alfons-Maria Stickler, Le célibat des clercs, Pierre Téqui, (ISBN 2-7403-0499-4).
  26. « Saint Grégoire VII, grand réformateur du XIe siècle », sur cath.ch, .
  27. André Larané, « 22 avril 1073 Grégoire VII et la réforme grégorienne », sur herodote.net, .
  28. Florian BESSON et Catherine KIKUCHI, « Actuel Moyen Âge - La sexualité des prêtres », sur nonfiction.fr, .
  29. a et b « Canons byzantins », sur theologica.fr (consulté le ), p. 29-30.
  30. Olivier Clément, « IN TRULLO CONCILE (692) », sur universalis.fr (consulté le ).
  31. a et b Laurent Vitalien, « L'œuvre canonique du concile in Trullo (691-692), source primaire du droit de l'Église orientale », Revue des études byzantines,‎ (lire en ligne).
  32. Anita S. Bourdin et Laurent Touze, « « L'avenir du célibat sacerdotal », par l’abbé Laurent Touze », sur fr.zenit.org, .
  33. Jean Mercier et Sophie de Villeneuve, « Pourquoi le célibat des prêtres ? », sur croire.la-croix.com, .
  34. Jean-Marie Guénois, « Pourquoi la question du mariage des prêtres est relancée », in Le Figaro, vendredi 13 septembre 2013, page 9.
  35. a b c d e f et g Maurice Page, « Le célibat des prêtres vu par les papes contemporains », sur cath.ch, .
  36. « Le cardinal Marx plaide pour la fin du célibat obligatoire », sur Cath.ch, (consulté le )
  37. AFP, « Faut-il abolir le célibat des prêtres? », sur liberation.fr, .
  38. (en) MANOLO CORICHI et JONATHAN EVANS, « Many Catholics in Latin America – including a majority in Brazil – support allowing priests to marry », sur pewresearch.org.
  39. (en) Jonathan Evans, « Pope Francis to visit the three Baltic countries – only one of which is majority Catholic », sur pewresearch.org, .
  40. Amedeo Cencini, Les sentiments du Fils, , 271 p. (ISBN 284713011X).
  41. « La formation au célibat sacerdotal », sur communauté Saint-Martin (consulté le ).
  42. Luc Crépy, « “Parler du célibat au séminaire… “, par le père Luc Crépy », sur eglise.catholique.fr (consulté le ).
  43. Pastores dabo vobis, n°29, lire en ligne sur vatican.va
  44. Sacerdotalis caelibatus, Paul VI, n°69, lire en ligne sur vatican.va
  45. « Orientation sur l’éducation au célibat sacerdotal », sur clerus.org, Congrégation pour l’éducation catholique, .
  46. Anthony Cortes, « Pédophilie, célibat, sexualité... Comment les futurs prêtres sont sensibilisés (et scrutés) pendant les séminaires de formation », sur marianne.net, .
  47. Marion Joseph, « Comment l'Eglise parle de sexualité aux futurs prêtres », sur lefigaro.fr, .
  48. « Prêtres célibataires, prêtres mariés dans les Eglises Catholiques Orientales : l'exemple ukrainien », sur chretiensorientaux.eu,
  49. Jean Mercier, « Comment le pape a autorisé les prêtres mariés orientaux en Occident », sur lavie.fr, .
  50. Marianne Klaric, « Célibat des prêtres: dans le Hainaut, le père Igor, marié, deux enfants », sur rtbf.be,
  51. Jean-Claude Leclerc, « Conversion dans l'Église - Quand des évêques mariés deviennent prêtres catholique », sur ledevoir.com,
  52. « Mariés, ils ont été ordonnés prêtres », La croix,‎ (lire en ligne)
  53. Albert Mathiez, La Révolution française, vol. 2, Paris, Denoël, , 248 p., p. 45
  54. Sophie le Pivain, « Pourquoi des diacres mariés ? », sur famillechretienne.fr, .

BibliographieModifier

HistoireModifier

  • Christian Cochini, Origines apostoliques du célibat sacerdotal. Ed. Lethielleux (collection Le Sycomore), Paris, 1981, réimpression Ad Solem, 2006, (ISBN 978-2-88482094-3) Trad. ang. : The apostolic originis of priestly celibacy, Ignatius Press San Francisco, 1990.
  • Christian Cochini, Ce que les apôtres ont enseigné, 1996
  • Christian Cochini, Le célibat sacerdotal dans la tradition de la primitive Église, conférence donnée en 1993.
  • Christian Cochini, Le célibat ecclésiastique dans la doctrine et l’Histoire de l’Église, conférence donnée en février 2002 à l’Institut Sacrum ministerium.
  • Henri Crouzel, « Une nouvelle étude sur les origines du célibat ecclésiastique », 1982, tome 83, no 4, p. 293-297 (lire en ligne)
  • A. Stickler, Le célibat des clercs, Téqui, 1993
  • I. Coppens, Sacerdoce et célibat, Bibliotheca Ephemeridum Theol. Lovanien, 1972
  • R. Gryson, Les origines du célibat ecclésiastique, Duculot, 1970
  • F. Liotta, la Continenza dei Chierici nel pensiero canonistico classico,Giuffrè, Milano, 1971
  • R. Cholij, Clerical Celibacy in East and West, Flowler Wright Books, Leominster, 1988

MagistèreModifier

Documents conciliairesModifier

  • Concile Vatican II, Presbyterorum Ordinis, no 16
  • Concile Vatican II, Optatam Totius, no 10

Documents pontificauxModifier

  • Pie XI, Ad catholici sacerdotii, 1935 (DC 143)
  • Pie XII, Sacra virginitas, 1954
  • Jean XXIII, Sacerdotii nostri primordia, 1959 (DC 1031)
  • Paul VI, Sacerdotalis coelibatus, 1967 (DC 1249)
  • Jean-Paul II, Pastores Dabo Vobis, 1992, no 29, 44, 49-50.

Documents de la Curie RomaineModifier

  • Directoire pour le ministère et la vie des prêtres, Congr. pour le Clergé, Centurion, 1994, no 57-60
  • Ratio fundamentalis Institutionis Sacerdotalis, Congr. pour l’éducation catholique, 1970, no 48
  • Orientation sur l’éducation au célibat sacerdotal, Congr. pour l’éducation catholique, 1974

EssaisModifier

Voir aussiModifier

Liens internesModifier