Brude III des Pictes

Brude III, ou Bridei mac Bili, est un roi des Pictes de 672 à 693. Bridei mac Bili fut choisi comme roi à la suite d’une réaction nationale et religieuse des Pictes contre les interventions des Angles de Northumbrie sous les règnes précédents.

Brude III des Pictes
Pictish Stone at Aberlemno Church Yard - Battle Scene Detail.jpg
Scène de Bataille gravée sur la pierre picte d'Aberlemno, généralement considérée comme une représentation de la Bataille de Nechtansmere et du roi Bridei
Fonction
Roi des Pictes
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Biographie
Naissance
Décès
Activité
Père

Origine familialeModifier

Le nouveau roi était le fils de Beli ou Bili, un roi de Strathclyde[1]. Il était sans doute de ce fait le petit-fils de l’ancien roi picte Nechtan nepos Uerb[2], mais aussi le demi-frère de l'ancien roi Owen ou Hoan de Strathclyde et l’oncle de Dumngual ou Domnall mac Hoan († 694)[3] qui régnait alors à Dumbarton[4].

Brude était également, selon l’Historia Brittonum, un « cousin » (latin : fratuelem[5]) d’Ecgfrith, dont le père Oswy avait épousé vers 620 la princesse bretonne Rienmeleth, fille de Royth et petite fille d’Urien roi de Rheged[6], dont la famille était vraisemblablement alliée elle aussi à celle qui régnait sur le Strathclyde. Plus directement, la mère de Brude était peut-être une sœur de Talorgan mac Enfret[7].

RègneModifier

Brude est porté au trône de roi des Pictes après l'expulsion de Drust mac Donnel en 672[8]. Les Annales irlandaises relèvent qu'en 676 de nombreux Pictes périrent noyés à Lann Abae (?) sans doute lors d'un naufrage[9].

À la suite des conquêtes du roi Oswiu de Northumbrie, un évêque nommé Trumwine s’était installé en 681[10] sur la rive gauche du Firth of Forth, au monastère d’Abercorn, afin de créer l’embryon d’un diocèse destiné aux Pictes vivants sous le gouvernement des Angles[11].

Dès 680, le roi Brude fait le siège de Duinbaitte, ou Dunbeath, que William Forbes Skene[12] situe au Caithness[13]. En 681 il intervient dans le sud au-delà des « Monts » et assiège Dunfoither, ou Dunnotter, près de Stonehaven[14]. L’année suivante, il rassembla une flotte importante et détruisit la puissance maritime croissante des pictes des Orcades[15]. Enfin, en 683, il fit le siège de Dun At, la capitale de Scots, et de « Dun Duirn » (?) et s’assure ainsi leur vassalité et sans doute de leur alliance[16]

En effet, le fils de Domnall Brecc, Domangart mac Domnaill, ayant été tué en 673, Bridei mac Bili s'appuie sur une autre lignée scote qui prétendait descendre du roi Áedan de Dalriada, le Cenél nGartnait qui était représenté par Cano mac Gartnait († 687)[17] et son fils et successeur Conamaim mac Cano († 706)[18].

Pendant ce temps, après avoir organisé en 684[19] une expédition en Irlande condamnée par Bède le Vénérable lui-même, le roi Ecgfrith, afin de pérenniser ses conquêtes, mais contre l’avis de ses conseillers, décida d’envahir le pays des Pictes. Son armée traversa sans rencontrer de résistance le Forth et la rivière Tay et pénétra profondément dans le Fortriú qui semblait être son objectif. Elle fut encerclée dans les collines de Dunnichen au sud de Forfar en Angus et détruite le samedi à la Bataille de Nechtansmere[20]. Le roi Ecgfrith de Northumbrie, le duc Beornheth, ainsi qu’une grande partie de leur armée perdirent la vie dans cet engagement, les survivants furent réduits en esclavage et le caractère offensif du royaume Northumbrie fut brisé pour longtemps par ce désastre.

Après sa victoire sur les angles, Brude régna jusqu’à sa mort en 693[21] sur les Pictes. Il est toutefois considéré par les chroniques essentiellement comme un roi de Fortriú. Son corps fut transporté à Iona, où reposait déjà celui de son ennemi Ecgfrith, et fut enseveli par Adomnan, neuvième abbé d’Iona depuis 679[22].

Notes et référencesModifier

  1. (en) William Forbes Skene Chronicle of the Picts and the Scots, H.M General Register House Edinburgh (1867) Reprint par Kessinger Publishings's 2007 (ISBN 1432551051), « From the irish life of Saint Adomnan », Appendix IV p. 408
  2. (en)Alfred P. Smyth Warlords and Holy men Scotland AD 80~1000 Edinburgh University Press (1984) (ISBN 0-7486-0100-7) p. 64
  3. Annales d'Ulster : AU 694.5
  4. (en) James E. Fraser From Caledonia to Pictland. Scotland to 795 The New Edinburgh History of Scotland. Edinburgh University Press, Edinburgh (2009) (ISBN 978-0748612321) p. 313
  5. Selon J.M.P. Calise Pictish Sourcebook p. 184 fratuelem est la forme à l'accusatif de « fratuelus » qui dérive de « frater » (frère) qui peut également signifier « neveu »
  6. (en)Alfred P. Smyth Op. cit p. 22
  7. (en) William Forbes Skene Celtic Scotland Volume I « History and Ethnology » Réédition Forgotten Books (2010) (ISBN 978-144008053-1) p. 263 & (en) Mike Ashley British Kings & Queens, Robinson Londres (ISBN 1-84119-096-9) « The Picts » p. 166
  8. Annales d'Ulster AU 672 et Annales de Tigernach : AT 672.5
  9. Annales d'Ulster : AU 676.3
  10. Chronique anglo-saxonne : AD 681
  11. James E. Fraser Op. cit p. 213
  12. Dans Celtic Scotland Volume I « History and Ethnology » (ISBN 978-144008053-1) p. 263-264
  13. Annales d'Ulster : AU 680
  14. Annales d'Ulster : AU 681.5
  15. Annales d'Ulster : AU 682.4 et Annales de Tigernach : AT 682.5
  16. Annales d'Ulster : AU 683.3.
  17. Annales de Tigernach AT 688
  18. James E. Fraser Op. cit p. 203-208
  19. Chronique anglo-saxonne : AD 684
  20. Chronique anglo-saxonne : AD 685, Annales d'Ulster : AU 686.1 (recte 685)
  21. Annales d'Ulster AU ; 693.1
  22. (en) William Forbes Skene Op. cit p. 408

SourcesModifier

Liens externesModifier