Brique (couleur)

couleur

Brique est un nom de couleur qui se réfère à celle de la brique, un matériau de construction, en général dans sa variété rouge.

Motif décoratif utilisant les teintes variées de la brique.

NuanceModifier

En 1905, le Répertoire de couleurs de la Société des chrysanthémistes indique, comme origine de la couleur Brique, « couleur la plus fréquemment observée sur la brique de construction[1] ». La définition dépend de la qualité de brique la plus couramment utilisée dans un lieu et à une époque donnée, et celle-ci est assez variable. Les architectes et les maçons jouent souvent des différences de couleur entre briques pour réaliser des motifs décoratifs. Les couleurs de brique débordent du champ chromatique du rouge, varient du jaune clair au rouge profond, et la seule constante en est leur caractère un peu terne, leurs couleurs peu saturées.

La Cosmographie universelle d'André Thevet (1575) mentionne ainsi les briques blanches de la mosquée de La Mecque[2] et le Dictionnaire des teintures de l’Encyclopédie méthodique (1828) évoque une « couleur brique-jaunâtre »[3].

Le Répertoire de couleurs classe Brique entre terre de Sienne et terre cuite pour la teinte et entre le n° 318 Rouille et le n° 320 terre de Sienne brûlée pour la force du ton, ce qui fait une couleur d'un brun orangé[4].

Au XIXe siècle, Chevreul a entrepris de repérer les couleurs les unes par rapport aux autres et par rapport aux raies de Fraunhofer. Pour lui, la couleur brique correspondant au 3 rouge-orangé 510 12 ton est un peu plus rouge que la Couleur de tuile de l’Instruction sur la teinture des laines de 1671[5].

Dans les nuanciers modernes de peintures pour la décoration, on trouve rouge brique brique 2 brique 4 brique 5 brique 6[6] ; brique de Garonne[7]. brique est également un des noms de couleur retenus pour décrire l'apparence des vins rosés de Provence[8].

Brique piléeModifier

Le broyage changeant, comme toujours, l'apparence des pigments, la couleur brique pilée, visible sur les courts de tennis du stade Roland-Garros, est une nuance sans doute différente.

Un nuancier de sols synthétiques pour les courts de tennis propose brique[9].

LittératureModifier

L'expression « un teint de brique », comparant un teint de peau rougeâtre à la brique est attestée en 1834 sous la plume de Roger de Beauvoir[10]. De nombreux auteurs reprirent la comparaison. Un autre écrivain populaire, Henry Murger, précise avec humour dans La vie de bohème « brique pilée »[11].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Michel-Eugène Chevreul, « Moyen de nommer et de définir les couleurs », Mémoires de l'Académie des sciences de l'Institut de France, t. 33,‎ (lire en ligne)
  • Henri Dauthenay, Répertoire de couleurs pour aider à la détermination des couleurs des fleurs, des feuillages et des fruits : publié par la Société française des chrysanthémistes et René Oberthür ; avec la collaboration principale de Henri Dauthenay, et celle de MM. Julien Mouillefert, C. Harman Payne, Max Leichtlin, N. Severi et Miguel Cortès, vol. 2, Paris, Librairie horticole, (lire en ligne)

Articles connexesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. RC2, p. 330.
  2. « Cosmographie universelle », sur gallica.bnf.fr.
  3. G.T. Doin, « Dictionnaire des teintures », dans Encyclopédie méthodique, Paris, Pankoucke, (lire en ligne).
  4. RC2. La conservation de la pigmentation des encres des échantillons ne permet pas donner une couleur précise.
  5. Chevreul 1861, p. 118, 130. La couleur est calculée à partir des repères donnés p. 39, pour une longueur d'onde dominante de 611,6 nm, une pureté colorimétrique de 510 et une luminosité de 14 %, à 1220 du maximum pour cette pureté).
  6. « Nos couleurs », sur duluxvalentine.com (consulté le 5 novembre 2014).
  7. « Nuancier des peintures », sur v33.fr (consulté le 6 novembre 2014).
  8. « Nuancier Provence », sur centredurose.fr
  9. « Nuancier tennis », sur soframap.com (consulté le 6 novembre 2014).
  10. Roger de Beauvoir, « La fiole de Cagliostro », La mode,‎ , p. 94 (lire en ligne).
  11. Henry Murger, La vie de bohème, Paris, (lire en ligne), p. 29.