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Bretagne (cuirassé)

navire de guerre lancé en 1913

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Bretagne
Image illustrative de l’article Bretagne (cuirassé)
Le cuirassé Bretagne après sa refonte de 1932 à 1935
Type Cuirassé
Classe Bretagne
Histoire
A servi dans Ensign of France.svg Marine nationale
Commanditaire Drapeau de la France France
Chantier naval Arsenal de Brest
Lancement
Armé septembre 1915
Statut coulé le
Équipage
Commandant Pirot (1920-1923?)
Cadart (1936-1937)
Équipage 1 133 officiers et matelots
Caractéristiques techniques
Longueur 166 m
Maître-bau 27 m
Tirant d'eau 9,80 m
Déplacement 23 500 tonnes
Propulsion Turbines Parsons à engrenage actionnant 4 hélices
Puissance 43 000 ch
Vitesse 21,5 nœuds (40 km/h)
Caractéristiques militaires
Blindage 400 mm en tourelles
180 à 260 mm en ceinture
60 mm en pont
314 mm en kiosque
Armement (après refonte) 5x2 canons de 340 mm en tourelle
14 canons de 138 mm en casemate
8 canons de 75 mm
12 mitrailleuses anti-aériennes de 13,2 mm
Rayon d'action 13 000 km à 10 nœuds

La Bretagne était un cuirassé français de la classe Bretagne, en service durant les Première et Seconde Guerre mondiale. Mis en service en 1915, il est coulé lors de l'attaque britannique sur Mers el-Kébir le .

ConstructionModifier

La classe Bretagne est issue de la loi-programme du 30 mars 1912. Le texte était ambitieux, qui visait à fixer la flotte à vingt-huit cuirassés, dix éclaireurs d’escadre, cinquante-deux torpilleurs dits de « haute-mer », dix bâtiments pour divisions lointaines et quatre-vingt quatorze sous-marins.

À l'époque du vote de la loi, la France dispose d'une flotte de cuirassés non négligeable (dont douze cuirassés modernes : deux « classe République » ; quatre « classe Liberté » ; et six « classe Danton »), mais qui compte aussi des navires totalement dépassés, dont ceux issus programme naval de 1890, dit flotte d'échantillons. Ce programme avait le tort de fixer uniquement la composition de l'artillerie principale, la vitesse minimale et le déplacement maximal de 12 000 tonnes. Le reste était laissé à l'imagination des ingénieurs, ce qui a donné des bâtiments n'ayant pas la même forme, la même motorisation, le même calibre d'artillerie secondaire, le même compartimentage ou le même cuirassement.

Cette absence de normes avait des conséquences désastreuses en termes d'entretien, d'approvisionnement ou même en ordre de bataille, avec des bâtiments parfois très différents, mais qui avaient en commun une mauvaise protection de la zone en dessous de la ligne de flottaison. Ainsi, le Bouvet, issu du programme de 1890 chavirera et coulera en moins d'une minute, emportant la majeure partie de son équipage de 700 personnes, après avoir touché une mine dans le détroit des Dardanelles le 18 mars 1915 à l'occasion de la bataille du même nom.

Cette flotte de cuirassés est donc assez disparate et est surtout quasiment rendue obsolète par l'entrée en service du HMS Dreadnought (1906) britannique en 1906.

La France réagit tardivement à cette révolution, qui a conduit à une course à l'armement, et ce n'est qu'à l'occasion du programme naval de 1910 que la première classe de Dreadnoughts français est programmée, avec la classe Courbet, qui sera suivie par la Classe Bretagne, dont est issue la Bretagne.

Le pays est toutefois handicapé par le manque de forme de radoub de taille suffisante, les bassins Vauban de Toulon ne seront terminés qu'en 1927, ce qui va conduire à une reprise par les classes Bretagne des coques des Classe Courbet, en vue de remplacer le Carnot, le Charles Martel, et la Liberté. Cela conduit à des bâtiment de même dimension que ceux de la classe Courbet, mais leur armement est plus lourd, grâce à la puissance de dix canons de 340 mm en tourelles jumelées. Deux tourelles tirant vers l'avant, deux vers l'arrière, et une au milieu, tirant des deux côtés.

La Bretagne est armée en septembre 1915 mais ne participa à aucun combat pendant la Première Guerre mondiale, le conflit ayant évolué à partir de 1916 vers la lutte anti-sous-marine, mission pour laquelle il n’était pas adapté..

Il fut modernisé en 1919-1920 puis totalement refondu aux chantiers de La Seyne-sur-Mer de 1932 à 1935.

HistoriqueModifier

Article détaillé : Bataille de Mers el-Kébir.

Suite à la capitulation du 22 juin 1940, la flotte française doit être désarmée, sous le contrôle des autorités allemandes et italiennes .

La crainte des Britanniques, qui demeurent seuls face à l'Axe est de voir cette flotte, qui est en 1940, la 4ème marine mondiale, tomber entre les mains de ses adversaires, notamment les derniers croiseurs de bataille Dunkerque et Strasbourg, dont la vitesse leur permet de semer tout ce que la marine britannique pourrait leur opposer. Devant le risque d'un basculement du rapport de force sur les mers, le premier Ministre britannique ordonne à la Royal Navy de "neutraliser" la flotte française.

Le vice-amiral James Somerville, à la tête de la Force H, doit prendre en charge le gros de la flotte de la française, basée à Mers-el-Kébir. Elle se compose des vieux dreadnoughts Provence et Bretagne, des récents croiseurs de bataille Dunkerque and Strasbourg, du porte-hydravions Commandant Teste et six destroyers sous le commandement de l'amiral Marcel-Bruno Gensoul.

L'ultimatum qu'il a reçu l'ordre d'adresser aux Français est sans ambiguïté, rejoindre les Français Libre et les Britanniques, accepter d'être internés ou se saborder.

Le 3 juillet 1940, l'amiral Somerville et la Force H se présente aux portes de Mers-el-Kébir pour présenter l'ultimatum. Les négociations durent, jusqu'à ce qu'un message émanant du vice-amiral Maurice Le Luc, en clair, informe Gensoul que les escadres de Toulon et d'Alger se portent à son secours. Les Britanniques ayant intercepté le message, ouvrent le feu.


Les navires français sont amarrés dans le port, dans une position qui ne leur permet ni de lever l'ancre rapidement, ni de riposter efficacement avec leur artillerie principale, à l'arrêt, ils sont des cibles faciles pour les bâtiments britanniques qui n'ont aucun mal à les encadrer.

La Bretagne, demeurée à Mers El Kébir après y avoir été déployée un mois auparavant, est touchée par quatre obus de 381 mm en provenance des cuirassés Hood, Resolution et Valiant. Les deux premiers projectiles frappent en même temps à 16h59 lors de la troisième slave.

Le premier touche le bâtiment près de la tourelle n°4, causant une énorme explosion et une colonne de flammes qui dépasse le mat principal de la Bretagne, causant en outre une ouverture par laquelle la mer s'engouffre, limitant les risques d'explosions. Le second obus touche au-dessus la ligne de flottaison et expose dans la chaufferie centrale, tuant tous les marins, à l'exception d'un seul, ce qui a pour effet de priver le navire de toute puissance et d'handicaper les systèmes de communications.

Sept minutes plus tard, les deux autres projectiles frappent la Bretagne, l'un près de la tourelle n°3, mettant le feu aux projectiles anti-aériens qui étaient stockés à côté. à 17h09, une importante explosion secoue violemment le navire, qui commence à gîter immédiatement et qui chavire, tuant 36 officiers, 151 sous officiers et 825 marins.

CaractéristiquesModifier

 
Coupe longitudinale du cuirassé en 1914.

À l’origine de la première mise en service en 1913 son armement était :

  • 2 canons de 340 mm (cal. 45 modèle 1912) en tourelles doubles
  • 2 canons de 138 mm (modèle 1910) en casemates latérales
  • 4 canons de 47 mm


Après refonte son armement fut modifié, en 1939 son armement était :

Le carré des officiers était orné d'un tableau de la peintre australienne Bessie Davidson[1].

Une rue porte son nom à Brest, rue du Cuirassé-Bretagne

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Michel Bertrand (préf. Contre-Amiral Chatelle), La Marine française : 1939-1940, 83110 La Tour du Pin, Editions du Portail, coll. « Connaissance des armes », (ISBN 2-86551-005-0)
    Cet ouvrage est une véritable petite encyclopédie de la Marine, un instantané de cette période, avec des descriptions et des fiches techniques d'une grande précision.
  • Robert Dumas & Jean Guiglini, Les Cuirassés de 23 500 t, éditions Lela Presse, 2005.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier