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Brasserie de l'Espérance
Image illustrative de l’article Brasserie de l'Espérance
La brasserie de l'Espérance à Schiltigheim.
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Ville 4-10 rue Saint-Charles, Schiltigheim
Caractéristiques
Fondée en 1746 par Jean Hatt
Dates clés 1862 : la brasserie s'implante à Schiltigheim.
1969 : intègre l'Alsacienne de Brasserie (Albra).
1972 : intègre le groupe Heineken.
2009 : reprend la production de la brasserie Fischer.
Société mère Heineken
Maîtres brasseurs Stéphane Crepel (directeur)
Principales bières Ancre
Edelweiss
Fischer
Heineken
Site web Heineken France

La brasserie de l'Espérance est une brasserie alsacienne installée à Schiltigheim, commune voisine de Strasbourg, dans le Bas-Rhin. Fondée en 1746 elle appartient aujourd'hui au groupe Heineken.

Sommaire

PrésentationModifier

 
La salle de brassage.

La brasserie de l'Espérance est fondée à Strasbourg en 1746. Sa bière traditionnelle est l'Ancre. Les marques d’origine alsacienne Desperados, Fischer et Adelscott y sont brassées depuis la fermeture de la brasserie Fischer. En 2014 elle emploie 193 personnes et a brassé 1,1 million d'hectolitres, soit un sixième de la production totale d'Heineken en France[1], pour 80 références. Elle peut produire 100 000 bouteilles par heure[2]. C'est la seule des trois brasseries Heineken en France à disposer d'une ligne de conditionnement de bouteilles consignées.

En plus de la production, la brasserie abrite diverses fonctions de recherche et développement : la direction générale technique du groupe, la direction qualité et technologie ainsi que le pôle innovation et développement d’Heineken en France.

Elle comporte également un « Espace Découverte Heineken France » , lieu privilégié de partage de la culture brassicole destiné au public professionnel et privé (clientèle Cafés-Hôtels-Restaurants, alimentaire, institutions, presse...). La Taverne des Brasseurs, anciennement le Poêle de l'Espérance, est un restaurant traditionnel attenant à la brasserie.

La brasserie de l'Espérance dispose d'un important embranchement ferroviaire relié à la ligne de Strasbourg à Lauterbourg.

Le grand château d'eau de la brasserie, haut de 65 mètres et surmonté du logo Heineken (autrefois Ancre), est l'un des symboles de Schiltigheim et de l'agglomération strasbourgeoise. L'eau pompée dans la nappe phréatique à 63 mètres de profondeur y est stockée. La superficie de la brasserie est de 12 hectares[3].

HistoireModifier

 
L'ancre au sommet du clocher donna son nom à la brasserie et à sa bière.
 
Capsule ancienne aux couleurs de la Brasserie de l'Espérance.
 
Canettes de bière anciennes de la marque Ancre.

En 1746, Jean Hatt, petit-fils de Jérôme Hatt fondateur de la brasserie Hatt qui devint ensuite Kronenbourg, fonda la brasserie de l’Espérance rue des Veaux à Strasbourg[1]. L’ancre du clocher de l’église Saint-Guillaume située non loin de là, symbole d'espoir pour les bateliers, donna son nom à la brasserie et à sa bière[4],[5].

Elle fut la première brasserie d'Alsace à s'équiper d'une machine à vapeur en 1842[6].

En 1862, la brasserie est transférée à Schiltigheim, la Cité des Brasseurs, commune voisine de Strasbourg. En 1880, un système industriel de refroidissement viendra compléter les installations[7].

La brasserie de l'Espérance se dote d'un embranchement ferroviaire dès 1870. La gare aux marchandises de Schiltigheim s'installe juste à côté de la brasserie la même année[8].

En 1932, la brasserie se modernise avec une nouvelle salle de brassage, surnommée la « cathédrale », comprenant six cuves en cuivre, des vitraux et un sol de mosaïques fastueuses. Cette salle, toujours en activité, reste le symbole de la brasserie[9].

En 1964, la brasserie produit 600 000 hectolitres. C’est aussi à cette époque que sont menées les premières campagnes de publicité pour la marque Ancre[10]. La bière Ancre est alors exportée dans une cinquantaine de pays.

En 1967 la brasserie de Sarrebourg, en Moselle, fusionne avec la brasserie de l'Espérance. La brasserie de Sarrebourg est définitivement fermée en 1970[11].

La brasserie de l'Espérance intègre l'Alsacienne de Brasserie (Albra) en 1969, aux côtés des brasseries de la Perle, Mutzig, de Colmar, et Haag à Ingwiller[12].

En 1972, Heineken acquiert l'Albra et la brasserie de l’Espérance, pour y développer l’activité brassicole et s’implanter en France[13].

 
Logo de la bière Heineken.

En 1980 arrivent les premiers brassins de bière Heineken. L'Espérance est alors l’unique site de production français du groupe et le siège social d’Heineken France SA y est installé.

Depuis 2005, pour lutter contre la prolifération des pigeons qui envahissent la brasserie lors des livraisons de malt, un nichoir avec des faucons pèlerins a été installé[14],[15].

Une nouvelle ligne de conditionnement en fûts est installée en 2006.

 
Le Fischermannele. Depuis la fermeture de la brasserie Fischer, la production de celle-ci a été transférée à la brasserie de l'Espérance.

En 2009, la brasserie Fischer ferme ses portes et son activité est transférée à la brasserie de l’Espérance qui devient le site unique de production Heineken de Schiltigheim[16].

En 2010, la brasserie est dotée d’une ligne de conditionnement de bouteilles consignées destinées au marché Café-Hôtels-Restaurants : 17 types de bouteilles différentes peuvent y être conditionnés, avec des changements réguliers de format. La même année un bâtiment de la brasserie de style art déco est démoli[17].

En 2012, la brasserie de l’Espérance a célébré ses 150 ans d’activité à Schiltigheim[18]. Cette année-là, la brasserie a produit 1,8 million d'hectolitres et employait 220 personnes, ce qui faisait d'elle la deuxième brasserie alsacienne après la brasserie Kronenbourg d'Obernai.

Le 19 septembre 2013, Heineken a annoncé qu'un tiers du volume brassé à l'Espérance (500 000 hectolitres) allai être ré-alloué aux brasseries du Pélican et de la Valentine. La brasserie de l'Espérance perdit alors 27 emplois. Néanmoins Heineken a annoncé 10 millions d'euros d'investissements étalés sur trois ans pour moderniser et développer la brasserie[19]. En 2014, elle a brassé 1,1 million d'hectolitres.

La gamme Fischer, brassée exclusivement à l'Espérance, a enregistré une hausse des volumes de 11 % au cours de l'année 2014.

Au printemps 2015 l'Espérance a débuté la production de trois nouvelles variétés aromatisées de la bière Edelweiss (herbes des Alpes, fruits des bois et fleur de sureau, zestes d’agrumes et miel) élaborées par son pôle innovation et développement. Heineken a ainsi investit 1,4 million d'euros pour adapter une ligne de conditionnement à la bouteille Edelweiss et mettre en place une nouvelle machine à packs pour l’emballage[20].

L'Espérance a été récompensée par les Heineken Quality Awards (évaluation des brasseries du groupe sur la qualité de la bière Heineken) en 1994 (1re place mondiale), en 2012 (3e place mondiale) et en 2015 (1re place mondiale)[21].

Début 2017, Heineken a annoncé un nouvel investissement de 9,3 millions d'euros sur le site et le recrutement de 14 personnes. Une nouvelle ligne d'embouteillage devait être opérationnelle début 2018, avec un objectif de croissance de la production de 450 000 hectolitres par an[22].

Quelques bières produitesModifier

 
L'Ancre est la bière de tradition de la brasserie. Blonde, de type pils, elle titre 4,5% et a été médaillée d'or à Paris en 1867 et 1878.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Les Saisons d'Alsace, DNA, « La bière une passion alsacienne », juin 2014, page 73.
  2. La brasserie de Schiltigheim sur le site Heineken France.
  3. Base numérique du patrimoine d'Alsace.
  4. L’Espérance, 150 ans de brasserie en Alsace, p. 48, Gérard Cardonne, éditions du brassin.
  5. La brasserie de l'Espérance vous ouvre ses portes, article du 31 août 2012 sur le site Malts et Houblons.
  6. Les Saisons d'Alsace, DNA, « La bière une passion alsacienne », juin 2014, page 24.
  7. L’Espérance, 150 ans de brasserie en Alsace, p. 53, Gérard Cardonne, éditions du brassin.
  8. Élisabeth Paillard, Christelle Briot et Jean-Philippe Meyer, « Gare de marchandises de Bischheim-Schiltigheim », Inventaire général du patrimoine culturel, sur http://www.culture.gouv.fr/, (consulté le 31 août 2014), p. IA67018078.
  9. L’Espérance, 150 ans de brasserie en Alsace, p. 54, Gérard Cardonne, éditions du brassin.
  10. L’Espérance, 150 ans de brasserie en Alsace, p. 59, Gérard Cardonne, éditions du brassin.
  11. La brasserie de Sarrebourg sur le blog « Bière et Brasseries de Moselle ».
  12. Les Saisons d'Alsace, DNA, « La bière une passion alsacienne », juin 2014, page 43.
  13. L’Espérance, 150 ans de brasserie en Alsace, p. 72, Gérard Cardonne, éditions du brassin.
  14. 11e rencontre des acteurs du développement économique chez Heineken à Schiltigheim Agence de Développement Économique du Bas-Rhin.
  15. « L'envol des jeunes faucons pèlerins », article des DNA du 25 mai 2015.
  16. « Heineken ferme la brasserie Fischer et supprime 188 emplois », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le 21 avril 2018)
  17. Site archi-Strasbourg.
  18. Site internet de la ville de Schiltigheim.
  19. « La brasserie de l'Espérance perd un tiers de son volume », Dernières Nouvelles d'Alsace, 20 septembre 2013.
  20. « Heineken mise sur les arômes », Dernières Nouvelles d'Alsace, 31 mars 2015.
  21. « Vitalité brassicole », article des DNA du 2 décembre 2015.
  22. « Heineken investit plus de 9 millions d'euros dans sa brasserie de Schiltigheim », francebleu.fr, 1er février 2017.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Gérard Cardonne, L'Espérance 150 ans de brasserie en Alsace, Éditions du Brassin, 2012, 150 p.