Boverisuchus

genre de reptile fossile

Boverisuchus magnifrons

Boverisuchus
Description de cette image, également commentée ci-après
Squelette de Boverisuchus magnifrons reconstitué dans un musée allemand.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Ordre Crocodilia
Famille  Planocraniidae

Genre

 Boverisuchus
Kuhn, 1938

Espèces de rang inférieur

  • B. magnifrons Kuhn, 1938 espèce type
  • B. vorax Troxell, 1925

Synonymes

  • Crocodylus vorax Troxell, 1925
  • Pristichampsus vorax (Troxell, 1925) Langston, 1975
  • Weigeltisuchus Kuhn, 1938
  • Weigeltisuchus geiseltalensis Kuhn, 1938

Boverisuchus est un genre fossile de crocodilien terrestre de la famille des Planocraniidae (en). Il vivait durant le lutétien, étage de l'éocène moyen, en Europe et en Amérique du nord.

CaractéristiquesModifier

L'histoire évolutive du genre Boverisuchus semble découler de la compétition entre prédateurs à cette période : si nombre de crocodiliens se disputaient les proies disponibles dans les zones humides, il y avait peu de grands prédateurs terrestres, les grands mammifères carnivores n'étant pas encore apparus. Boverisuchus représente une adaptation d'un crocodilien pour occuper cette niche écologique[1].

Aucun fossile ne permet d'établir la transition entre les ancêtres aquatiques des Boverisuchus vers leur forme terrestre. On considère qu'une analogie est fournie par le caïman de Schneider, un crocodilien (mais d'un autre genre, Paleosuchus) tendant lui aussi vers un mode de vie plus terrestre. La forme assez plate de ses dents, sa capacité à tenir la tête plus haute que la majorité des crocodiliens, la forme de son nez et de ses orbites représentent tous des parallèles avec l'évolution des Boverisuchus[2].

Boverisuchus était adapté à la course terrestre. Ses griffes avaient pris une forme de rapprochant de celle de sabots[2]. Ses pattes étaient droites et hautes, et les pattes arrières plus développées que les pattes avant, ce qui suggère une capacité à la bipédie.

Il mesurait environ trois mètres de long.

EspècesModifier

En 1824, Georges Cuvier décrit le Crocodile des Marnières d'Argenton, sur la base de quelques fragments fossiles découverts dans l'Indre, dans le centre de la France. Il remarque la forme particulière des dents, assez aplatie, quand celles des crocodiles sont presque cylindriques, et présentant des serrations, ce qui suggère un comportement de prédation terrestre (espèce zyphodonte). Gray décrit, sur la base des schémas de Cuvier, l'espèce Crocodilus rollinati, transférée en 1853 par Gervais au nouveau genre Pristichampsus[2].

Boverisuchus vorax est décrit en 1925 sur la base de fossiles trouvés dans le Wyoming, tandis que Boverisuchus magnifrons est ajouté en 1938, à partir d'un fossile type découvert dans le gisement de fossiles du Geiseltal (Saxe-Anhalt, Allemagne)[2].

Néanmoins des auteurs récents estiment que tous ces fossiles doivent être attribués au même genre, et peut-être même à la même espèce. Les spécimens découverts en Amérique du nord ont un crâne de forme légèrement différente de ceux des spécimens allemands, mais cette différence n'est pas plus importante que les variations observées à l'intérieur d'une même espèce chez des crocodiliens actuels. En outre, le type étudié par Cuvier semble trop incomplet pour poser une définition. D'autres fossiles peuvent y être aussi rattachés, comme Planocrania datangensis (Li 1976), découvert dans le Guandong (Chine), qui a été relié à Pristichampsus en 1998, et peut être Crocodilus bolcensis, découvert dans les Alpes italiennes et décrit en 1896. Si tous ces taxons sont synonymes, il s'agisait d'une espèce relativement cosmopolite[2].

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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ArticlesModifier

  • (en) Alexander K. Hastings et Meinolf Hellmund, « Evidence for prey preference partitioning in the middle Eocene high-diversity crocodylian assemblage of the Geiseltal-Fossillagerstätte, Germany utilizing skull shape analysis », Geological Magazine, vol. 154, no 1,‎ , p. 119–146 (ISSN 0016-7568 et 1469-5081, DOI 10.1017/S0016756815001041, lire en ligne, consulté le ).  
  • (en) Christopher A. Brochu, « Phylogenetic relationships of Palaeogene ziphodont eusuchians and the status of Pristichampsus Gervais, 1853 », Earth and Environmental Science Transactions of the Royal Society of Edinburgh, vol. 103, nos 3-4,‎ , p. 521–550 (ISSN 1755-6910 et 1755-6929, DOI 10.1017/S1755691013000200, lire en ligne, consulté le ).  

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

Références taxinimiquesModifier

RéférencesModifier

  1. Hastings et Hellmund 2017, p. 119–146.
  2. a b c d et e Brochu 2012, p. 521–550.