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Bourbonnais (dialectes)

langue d'oïl de France
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Bourbonnais
Bourbonnais (oïl) / Borbonés (oc)
Pays France
Région Allier et sud-est du Cher.
Typologie SVO
Classification par famille
Codes de langue
Glottolog bour1246
Échantillon
Premier article de la déclaration universelle des droits de l'homme : (oïl)


L'houme é nessu libre et anyère anvé des drets et d'la digneté. Al'a unhne aime et unhne radzon et tos les houmes douévent s'aidié ente ieux keme des frères.


Premier article de la déclaration universelle des droits de l'homme : (oc)

L'ome naissa liure e egal en dignitat e en drèit. Los omes son dotats de razon e de consciéncia mas zo fau agir entre eles dins un eime de frairessa.
Carte
Carte linguistique du Bourbonnais. La ligne violette sépare les parlers occitans - au sud - de ceux d'oïl - au nord.
Carte linguistique du Bourbonnais. La ligne violette sépare les parlers occitans - au sud - de ceux d'oïl - au nord.

Situés dans la région historique du Bourbonnais (centre de la France), c'est-à-dire dans une partie du département de l'Allier et dans le sud-est du département du Cher (vers Saint-Amand-Montrond), les parlers bourbonnais se trouvent aux confins des domaines d'oïl, d'oc et du francoprovençal.

L'actuel département de l'Allier est ainsi coupé en une moitié nord de langue d'oïl (avec Moulins, Bourbon et Saint-Pourçain) et une moitié sud occitane (avec Montluçon, Gannat, Vichy)[1].

Au Moyen Âge, l'apparition et l'émancipation d'une seigneurie de Bourbon pro-française dans une situation de marge au nord de l'Auvergne va permettre l'adoption de la langue d'oïl par cette dernière au détriment de l'occitan[2]. L'émergence d'une principauté bourbonnaise va voir la langue d'oïl avancer plus au sud amenant à une évolution géographique des parlers. Ainsi l'actuel département de l'Allier se voit être divisé en une moitié méridionale occitanophone (dialecte auvergnat) mais francisée dans la langue et dans la moitié nord un parler d'oïl bourbonnais mais marquée par un substrat occitan/auvergnat[3].

Bourbonnais : un terme ambiguModifier

Bien qu'initialement arvernophone à l'époque médiévale, l'évolution géopolitique de la région, à la rencontre de grandes zones culturelles et politique a permis la scission du parler local en deux idiomes cousins dans le Bourbonnais.

Le bourbonnais d'oïlModifier

 
Le bourbonnais d'oïl par les autres dialectes de langue d'oïl/français. Carte à l'échelle communale.

La langue d'oïl, sous une forme dialectale, se parle dans une moitié nord du département de l'Allier, au nord d'une ligne Montluçon (oc) - Saint-Pourçain-sur-Sioule (oïl) - Lapalisse (oïl), ainsi que dans la partie bourbonnaise du Cher. Le dialecte est originaire de la région de Moulins, Bourbon-l'Archambault et Souvigny, où il s'est formé à l'époque médiévale à la suite de l'émergence de la seigneurie de Bourbon, un fief tourné vers le domaine royal, qui assimila la langue d'oïl médiévale dans une zone géographique entourée de parlers d'oc. Ainsi, pendant longtemps, l’aristocratie locale fut francophone tandis que la majorité de la population restait arvernophone. L'évolution de la principauté des Bourbons et son expansion ont permis d'agrandir le domaine linguistique de ce parler d'oïl au détriment de territoires parlant l'auvergnat[4].

Ainsi, un substrat auvergnat se retrouve dans la langue d'oïl du Bourbonnais, ce qui fait notamment dire aux linguistes que l'intégralité du Bourbonnais est initialement arvernophone mais que le français s'est imposé prioritairement dans certaines zones entraînant ainsi une situation diglossique semblable à celle que connaît actuellement le territoire français[5],[6].

L'arverno-bourbonnais (occitan)Modifier

L'arverno-bourbonnais[7], occitan bourbonnais ou auvergnat du Croissant[8], se parle dans une moitié méridionale et occidentale du territoire de l'ancien duché de Bourbon[9]. L'ouest de ce parler correspond à une grande zone occidentale de l'actuel département de l'Allier et qui a pour centre Montluçon. Le sud-est du département est également occitanophone, ce qui comprend notamment la ville de Vichy. Il s'agit des parlers orientaux du Croissant, occupant le sud du Bourbonnais : ils connaissent des traits de transition vers le français[10]. Au sud-est, dans la Montagne bourbonnaise, les parlers auvergnats reçoivent des influences du francoprovençal[11].

Le terme de bourbonnais est donc ambigu : il désigne aussi bien les parlers auvergnats dits arverno-bourbonnais que les parlers français du Bourbonnais[12].

État actuel des parlers bourbonnaisModifier

Comme toutes les langues régionales de France, les parlers bourbonnais ont subi les effets du centralisme parisien, et ce d'autant plus que la présence des parlers d'oïl au nord, qui sont proches du français standard ou du francien (dialecte de l'Île-de-France), facilite l'assimilation linguistique en direction du sud.

Comme la plupart des dialectes, les parlers bourbonnais sont surtout oraux et la littérature reste rare. Cependant, il existe des expériences en littérature. En particulier, l'écrivain Louis Péroux Beaulaton (1872-1946) a affiché une ambition littéraire pour son parler de langue auvergnate des environs de Montluçon[13]'[14]'[15]'[16]'[17], entre crochets la forme phonétique à la française[18].

Aujourd'hui seuls quelques passionnés ou des personnes âgées peuvent s'exprimer assez complètement dans les parlers d'oc ou d'oïl du Bourbonnais. Cependant les dialectes n'ont pas totalement disparu et se sont immiscés dans le français courant, dans de nombreuses tournures ou expressions, et aussi dans le vocabulaire, si bien que les habitants de cette région parlent un français teinté de formes bourbonnaises sans même s'en rendre compte, alors que cela frappe les visiteurs.

Géographie dialectalesModifier

Fortement liée aux évolutions des aires linguistiques une délimitation actuelle est retenue entre bourbonnais d'oc et d'oïl. Les historiographie et lexicographie locales ont au cours du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle longtemps appuyé le point de vue d'une langue d'oïl descendant fortement au sud du département malgré l'existence des parlers d'oc locaux et ces derniers furent assimilés à la langue d'oïl dans des soucis de faire correspondre province et langue. Les dernières recherches tendent à revoir cette idée et la survie des parlers auvergnats dans une aire beaucoup plus vaste. Le travail fut d'abord mené par Simone Escoffier dans la moitié est du département de l'Allier[19]. Le découpage linguistique de cette partie est retenue actuellement. S’insérant dans un schéma fort politisé la méthode fut reprise en 1969 par le théoricien François Fontan dans la moitié ouest et les parlers occitans se sont révélés préservés dans une majorité du bocage bourbonnais situé au sud de la forêt de Tronçais[20]. Des chercheurs ont réalisés parallèlement des études qui confirment l'extension septentrionale dans le nord-ouest du Bourbonnais comme Pierre Bonnaud dans les années 1970 qui reprend déjà le tracé retenu actuellement[21] - ce dernier va se raviser postérieurement mais souligne néanmoins l'existence d'un superstrat auvergnat dans le parler français de la région qui est plus présent que dans le bocage oriental et la Sologne Bourbonnaise. Basé sur les différentes études l'état actuel des données donne une moitié bourbonnaise d'oïl mais fortement marqué par un substrat d'oc, la moitié occidento-méridionale est restée dans l'aire occitano-méridionale malgré une forte influence de la langue d'oïl sur les parlers auvergnats. Malgré l'avancée du bourbonnais d'oïl une limite est actuellement retenue entre les deux aires linguistiques, elle passe à l'ouest au niveau de la forêt de Tronçais (Épineuil-le-Fleuriel et Le Brethon sont les premières communes bourbonnaises d'oc) puis s'avance à l'est en suivant la topographie et le relief ; Le Montet est d'oc tandis que Cressanges est à cette latitude la première commune d'oïl. La langue d'oïl descend nettement plus au sud à l'est et débute à Saint-Pourçain sur Sioule et Lapalisse et laisse au sud le Gannatois, une partie de la Forterre et la Montagne Bourbonnaise[22].

Le bourbonnais, langue d'oïlModifier

Dans cette partie, l'étude se consacre variante d'oïl du Bourbonnais.

PrononciationModifier

  • Différenciation des prononciations avec le français
    • o prononcé ou : exemple tonner = tounner
    • oi prononcé oué, é ou è : exemple noir = nouère, droit = drèt
    • er prononcé ar : exemple merci = marci
    • re prononcé er : exemple bredin (voir vocabulaire) se dira berdin
    • eau prononcé iau : exemple couteau = coutiau
    • -lier prononcé -yé exemple palier = pailler
    • r roulé à la campagne
    • -eur prononcé -eux exemple meneur = meneux
    • ch prononcé j : exemple cheval = j'val

GrammaireModifier

  • Le pronom adverbial Y est utilisé en lieu et place d'un pronom personnel représentant un objet, exemple fais-le = fais-y, donne-le(la) moi = donne-moi z'y, ne le casse pas = n'y casse pas, tu me le(la) prête = tu m'y prête etc.
  • On note la présence d'une forme de genre neutre en bourbonnais. En effet le pronom Al désigne aussi bien un masculin qu'un féminin, pour les choses, comme pour les personnes. Ainsi le chien, comme la chienne pourra être désigné par ce pronom al, tout comme un membre de la famille, ou une voisine. (exemple : al a tout mangé).

Petit lexiqueModifier

Quelques mots de vocabulaireModifier

Mot bourbonnais Équivalent français Mot bourbonnais Équivalent français Mot bourbonnais Équivalent français
abonde grande quantité abraser détruire, casser, démolir annouer (s') boire de travers, suffoquer
aluchon ou arluchon enfant de constitution faible voire malingre ajouter traire à l'écoué à l'abri
arcandier vaurien, filou artoupan personne suspecte, bizarre bachât auge des cochons et des porcs
baraille dispute barbitra écrit long et ennuyeux bauge grand sac
belet agneau bergot frelon. Ne pas confondre avec le veson (bourdon) berzin, berzine fou, folle, dépressif
besugne vêtement biaude grande blouse bigot (faire bigot) mettre bas
biziot propriétaire terrien parfois également agriculteur bounhoume paysan bourse porte-monnaie, portefeuille
bourri âne (animal) bousson paquet, tas d'habits en désordre, capharnaüm bredin simple d'esprit (cf. la débredinoire de Saint-Menoux)
brelotter secouer cacrot sommet du crâne catin poupée
chaleu veilleuse cheu chez ch'ti petit, chétif
cobi dindon crassou sale cro mare
dâler utilisé plus communément dans l'expression "ça dâle" à comprendre au sens suivant "le soleil cogne dur" décaniller mourir dépenailler déchirer
drille diarrhée ébouellé éventré, avachi écrapoire rateau
emmanche problème, complication figot feu gassouiller barboter
gibalbouser mettre le désordre gibalbouser (être) barbouillé (ex: al a trop bu, al est tout gibalbousé) gouiller marcher dans un trou d'eau
gounelles jupons gourgandine fille facile grenouillat petite mare (dire guernouillat)
jau coq maraud chat de gouttière mazibler abîmer
mourer abîmer ouaille brebis oyas (oyasse) pie
pluire pleuvoir potin bruit, tintamarre pochon sac en plastique
pontère fille de mauvaise vie rassouiller tremper ravauder bricoler
taillon quartier de fruit trace haie tuniaud idiot, incapable
verpi vipère zieu œil adauber arranger, réparer

Expressions apparues en français communModifier

  • Aga don (v.): Regarde (diminutif de regarde donc)
  • Arpion (n.m.): Orteil
  • Beugner (v.): Cogner. Une beugne est un coup, une bosse.
  • Boucan (n.m.): Du bruit.
  • Bouchure (n.f.): Une haie si possible avec des ronces pour se piquer.
  • Bousiller (v.): Abîmer.
  • Chabrot (n.m.): Mettre du vin dans sa soupe (faire chabrot).
  • Ch'ti, ch'tite (n.m. ou f.): Petit, petite.
  • Crognon (n.m.): Extrémité du pain (le crognon ou le quignon de pain).
  • Dépenaillé (n.m.): Avoir les vêtements en désordre.
  • Jargeot (n.m.): Quelqu'un qui parle souvent et est un peu simple d'esprit.
  • Soulot (n.m.): Ivrogne. (préférence de certains, mot rentré dans les mœurs)
  • Taloche (n.f.): Gifle.

Arverno-bourbonnaisModifier

Dans cette partie, l'étude se consacre à la région arvernophone du Bourbonnais (dite « arverno-bourbonnais ») observée dans la commune de Busset, canton de Cusset[23]. Les mots bourbonnais sont transcrits en graphie classique de l'occitan.

Petit lexiqueModifier

Quelques mots de vocabulaireModifier

Mot arverno-bourbonnais Équivalent français Mot arverno-bourbonnais Équivalent français Mot arverno-bourbonnais Équivalent français
abonda [abonde] abondance, profit abrasar [abrasâ] détruire, casser, démolir aiga [ajge] eau
arcandeir [arcandji] vaurien, filou, sans parole (un) aria objet sans valeur (i) arpion les orteils
bachà auge, abreuvoir (prendre) baralha se disputer beire [bajr] boire
bargeir, bargeira [barji, barjire] berger, bergère bauga/boga [bawge] grand sac belon[belou] mouton
bisbilha [bisbille] dispute bisiau petite bize, vent du nord bralha [braye] pantalon
bulha [buille] bouillie brelot simple d'esprit brugiera [bregira] bruyère
cacoela [cacouelle] récipient (marmite, casserole) chausir choisir chancha [chantcho] morceau de pain
chamina [ch’mina] cheminée coanar [couana] crier comme un canard creire [crajre] croire
cusina [cusino] cuisine cros, craus [cro, crao] trou, creux dalhira [daïir] vite
desgobilhar [degobillâ] vomir di [di] doigt desgelar [déjalâ] / desgautar [déjautâ] dégeler
doçament [dousamin] doucement esbolhar, esgoerar [ébouélaer, égoueraé] écraser (mal) encarat [encarâ] mal lavé, mal luné
endreit [endreï] endroit figò [figo] feu de branche, feu de joie Fiolat [fiola] Ivre
fromatge fromage gadolha [gadouillo] boue Genti [ginti], genta [gintà] beau, belle
goera [gouère] tarte golhar [gouillâ] faire entrer de l'eau dans ses chaussures golharda [gouyarde] serpe
gota [goutte] eau de vie ora [ouro] heure jau [jô] coq
journà journée las [laï] les (féminin) lo [lou (si le mot suivant commence par une consonne-ex: lou figo ; sinon:"i", que le mot soit masculin ou féminin-ex: i arpion, i auilles)] les (masculin)
meidia [maïde] midi masiblar [maziblé] cribler melhor [meïou] meilleur
momen [moumin] moment novie [noviaeu], novia [novia] jeune marié, jeune mariée oalha [ouaille] brebis
ausiau [ozio] oiseau pleuia [pleuille] pluie poela [pouéla] poêle
quauque n-un [quoque nun], quauque n-una [quoque nune] quelques-uns, quelques-unes avaudar faire du bruit, remuer des choses saveir dau bon [savaïr do bon] soulager, améliorer
sinlhar sanglier sorchia [sortchà] sortie tabasar [tabaza] frapper, battre
treuia [treuilla] truie voiatge [voïatge] voyage volan [voulan] faucille
verpi vipère

TextesModifier

Les textes présents sont issus d'ouvrages rédigés par les auteurs de l'historiographie du XIXe siècle.

L'ajaça de Gaieta

Texte occitan de transition (arverno-bourbonnais) prélevé en 1904 par Paul Duchon - L'Oïasse de Gayette - sur la commune de Varennes-sur-Allier[24]. Texte étudié et transcrit en graphie classique de l'occitan par le linguiste Domergue Sumien[25] :

« Vèrs lo borg de Montodre, sus un tural que i a de bòscs d’un costat e de prats de l’autre, fòrterrins e fòrterrinas, vesètz l’Espital de Gaieta? Es ben aisat de veire dreit ailà: ont es, sembla un vilatge. Es una retirança per los vielhs estropiats. Mas faudriá pas creire qu’es estat bastit exprès per devenir una boita de vermena. Sens una ajaça, seriá pas daus paures. Èra un bèl chastèl qu’una dama ben richa abitava.

Dins los vaisselèirs, las serventas pausavan totes los jorns de pichèirs, de forchetas e de culhèirs d’argent, la dama aviá chausit las filhas pus onèstas dau país, e jamai degun las auriá inculpadas de raubament.

Una d’elas elevava una ajaça qu’un chaitiu garç aviá desnisat dins las branchas dau chasnhe, ont òm embrejava los maufasents. “Tè,” li aviá dit aquel garç ben desgordit, “te portarà bonaür.” E la li donèt.

La serventa elevèt aquela ajaça; li apreniá a devisar.

L’endeman d’un apòrt, la dama avisèt çò qu’aviá d’argentariá; li mancava un culhèir.

Ela trechèt la gata qu’aviá renjat los vaisselèirs: èra mesmament la serventa de l’ajaça. La faguèt emponhar e la questionèt: [la serventa] aguèt bèla dire qu’èra pas ela, [la dama] la condemnèt e l’embregèt au chasnhe daus maufasents.

Diguèt, en morent, la paura serventa: “Vaquí çò que m’a costat mon ajaça que me deviá portar bonaür!”

Un an après, en reparant la cobertura dau chastèl, sos una teula, lo cobreire trobèt lo culhèir perdut. A aquel moment, l’ajaça emportava au mesme endreit una pèça de moneda que veniá de prene. Lo cobreire diguèt a la dama, qu’agora se lanhava: “Paura serventa qu’ai fait morir!”, qu’ela diguèt.

Doas annadas pus tard, ela donèt son chastèl e sas apertenéncias aus paures de Varenas, de Montodre, de Bocèc, de Montagut, de Rongèiras, de Langic, de Sant Gerand, de Creschic, de Sançat e daus alentorns.

Vaquí çò que me diguèt Josèp, lo vielh ancian menaire de lops qu’es mòrt i a mai de seissanta ans [qu’es mòrt a mai de seissanta mans?], e que lo mond ne devisan encara. »

L’Agrôle et le Rena

Texte occitan (arverno-bourbonnais) de la région de Montluçon (entre Commentry et Néris-les-Bains)[26]. Version arvernophone de la fable de la Fontaine Le Corbeau et le Renard.

« En 1850, le bétchio parlève inquère ; v’la c’quo disève : Un jou d’hivia, quou ne fasève pas trop biau, L’agrôle ère juchade au bout d’un baliviau L’ère su daut moutade, Pa fère son dinâ que l’aye prépara. Embéi un groua fromage vainhiu de Chambéra Le rena dépeu treis jous que n’aye pas de pain, Aussitôt s’appeurché en fasant le câlin. Eh, bonjou note dame, coumant vous pourtez-vous ? Hela ! qué sé contint de vous véire chia n’zote ! Et vous trouve si gente embé quo nail mantiau ! Présoune dé le boux n’en pourte un aussi biau ! Votés souliés sont faits d’iune piau qué tant fine, Et creyes que le ré n’en a pas de parés pindus à sa souline. Ar sé é vous écouti dire iune chansou Et cregus, oui ma foué, quou ére le rossignou Si zère chabretère, par avi voté jeu E’ doniau, é n’en jure, la méta de ma queue. L’agrôle qu’ère enchantade de se veire vantade Pa li douna l’aubade se meté à couana, Son froumage dévalé dé la gueule do renâ, Alle resté su-daut le bé bada. Ma l’autre, li dissé, en migeant son fricot, Ne si’a don pas si buse un autre co. »

Au cinémaModifier

Dans le film La Soupe aux choux, certains personnages emploient un français plus ou moins standard qui est mâtiné de traits, de tournures, de mots et de phonétique bourbonnaise d'oïl.

Notes et référencesModifier

  1. André Billange, En Bourbonnais aux confins du pays d'oc, Montpellier, Institut d'études occitanes,
  2. (oc) Domergue Sumien, « La plaça de Borbonés en Occitània », Jornalet,‎ (ISSN 2385-4510, lire en ligne)
  3. Pierre Bonnaud, « Toponymes de type auvergnat en Bourbonnais "d'oïl" », Bïzà Neirà,‎ (ISSN 0398-9453)
  4. Pierre Bonnaud, Introduction générale à l'onomastique d'après l'exemple du fichier onomastique de l'Auvergne, Clermont-Ferrand, Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand,
  5. Pierre Bonnaud, De l'Auvergne : 2600 ans au cœur de la Gaule et de la France centrale, Nonette, Créer, , 318 p. (ISBN 2-84819-001-9, lire en ligne)
  6. (oc) Domergue Sumien, « Classificacion dei dialècles occitans », Linguistica occitana - VII,‎ (lire en ligne)
  7. Karl-Heinz ReichelÉtudes et recherches sur les parlers arverno-bourbonnais aux confins de l'Auvergne, du Bourbonnais, de la Marche et du Forez, collection Eubransa/TravauxCTA, Chamalières 2012.
  8. « Nouvel ouvrage sur les parlers arverno-bourbonnais. », La Montagne,‎ (ISSN 0767-4007, lire en ligne)
  9. (oc) Domergue Sumien, « Lo nòrd-occitan: mites e realitats (II) », Jornalet,‎ (ISSN 2385-4510, lire en ligne)
  10. (oc) Domergue Sumien, « Lo Creissent es Occitània », Jornalet,‎ (ISSN 2385-4510, lire en ligne)
  11. Karl-Heinz Reichel, « Quelques particularités du parler du Mayet-de-Montagne », Bïzà Neirà, no 75,‎ (ISSN 0398-9453)
  12. « Arverno-Bourbonnais », sur Cercleterredauvergne.fr ; site de la société savante Cercle Terre d'Auvergne (consulté le 13 août 2016)
  13. Pierre Bonnaud, « Une oeuvre exceptionnelle aux marges de l'Auvergne : Les parlers populaires en le Centre de la France" de Louis-Péroux Beaulaton », Bïzà Neirà, no 98,‎ (ISSN 0398-9453)
  14. « Péroux-Beaulaton Louis », sur Cercleterredauvergne.fr/ (consulté le 3 novembre 2016)
  15. Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer, , 878 p. (ISBN 2-8481-9021-3, lire en ligne)
  16. Pierre Bonnaud, Nouveau Dictionnaire Général Français - Auvergnat, Nonette, Créer, , 776 p. (ISBN 2-909797-32-5, lire en ligne)
  17. Karl-Heinz Reichel, Études et recherches sur les parlers arverno-bourbonnais aux confins de l'Auvergne, du Bourbonnais, de la Marche et du Forez, Chamalières, CTA, coll. « Eubransa/Travaux »,
  18. Pierre Bonnaud, Le dialecte de la Montagne Bourbonnaise (grammaire), Le Mayet-de-Montagne, Les Amis de la Montagne Bourbonnaise,
  19. Simone Escoffier, La rencontre de la langue d’oïl, de la langue d’oc et du franco-provençal entre Loire et Allier, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Publications de l’Institut de Linguistique Romane de Lyon »,
  20. François Fontan, La nation occitane - ses régions, ses frontières, 1969
  21. Pierre Bonnaud, « Géographie linguistique. L'exemple de l'Auvergne », Revue d'Auvergne, vol. 87, no 4,‎ , p. 287-339.
  22. (oc) Joan-Francés Blanc, Las comunas d'Occitània, La Talvera, coll. « Esbrigalhs », , 366 p. (ISBN 979-10-90696-36-5, lire en ligne)
  23. Jean-Louis Bourrioux, Le parler de Busset, Association dà coutà d'vé Buss
  24. Paul Duchon, Grammaire et dictionnaire du patois bourbonnais : canton de Varennes, Moulins, Crépin-Leblond, , 120 p.
  25. (oc) Domergue Sumien, « Un conte borbonés: l’ajaça de Gaieta », Jornalet,‎ (ISSN 2385-4510, lire en ligne)
  26. Pierre Bonnaud, « À propos d’une fable en parler arverno-bourbonnais de la région Néris-Commentry : l’Agrôle et le Rena, par M. l’abbé Forichon », Bïzà Neirà, no 118,‎ (ISSN 0398-9453)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean Bernard et Jean Chardonnet, Lexique du parler bourbonnais. Le bocage bourbonnais, Charroux, Éd. des Cahiers bourbonnais.
  • Marcel Bonin (1984) Dictionnaire général des patois bourbonnais, Moulins, impr. Pottier. (ISBN 978-2950068712)
  • Pierre Bonnaud, « Biai auvernhat de parlâ dïn le mitan deu Barbounez d'oc entre leù buo de la Couleta e là Fortarà e mo de que relouvâ queu parlâ - Traits auvergnats dans les parlers du centre du Bourbonnais d'oc entre la forêt des Colettes et la Forterre et comment réhabiliter ces parlers », VIIe Congrès international de langue et de littérature d'oc et d'études franco-provençales de Montélimar (1975), CTA, Clermont-Ferrand, 1976.
  • Pierre Bonnaud (1992 [date non indiquée]), Grammaire générale de l’auvergnat à l’usage des arvernisants, coll. Eubransa / Travaux, Chamalières, Cercle Terre d’Auvergne.
  • Pierre Bonnaud, Le dialecte de la Montagne Bourbonnaise (grammaire), Les Amis de la Montagne Bourbonnaise, Le Mayet-de-Montagne 1982.
  • Pierre Bonnaud, Nouveau dictionnaire général français-auvergnat, Nonette, Créer, , 776 p. (ISBN 2909797325 et 2-84819-001-9, lire en ligne)
  • J.L. Bourioux, Le parler de Busset, association "dà coutà d'vé Buss".
  • Jean-Pierre Chambon et Philippe Olivier (2000), « L’histoire linguistique de l’Auvergne et du Velay: notes pour une synthèse provisoire », Travaux de linguistique et de philologie 38, p. 83-153.
  • Frantz Brunet, Dictionnaire du parler bourbonnais et des régions voisines, Paris, 1964 ; rééd., De Borée, 1993.
  • René Chicois, Le parler biachet et montluçonnais au milieu du XXe siècle, Charroux, Éd. des Cahiers bourbonnais.
  • Wolfgang Dahmen (1985), Étude de la situation dialectale dans le Centre de la France : un exposé basé sur l’Atlas linguistique et ethnographique du Centre, Paris, CNRS.
  • Pierrette Dubuisson, L'Atlas linguistique du Centre in Revue de linguistique romane, numéros 91-92, juillet-décembre 1959
  • Simone Escoffier (1958) La rencontre de la langue d’oïl, de la langue d’oc et du franco-provençal entre Loire et Allier : limites phonétiques et morphologiques, coll. Publications de l’Institut de linguistique romane de Lyon, vol. 11, Paris, Les Belles Lettres
  • Simone Escoffier (1958) Remarques sur le lexique d’une zone marginale aux confins de la langue d’oïl, de la langue d’oc et du francoprovençal, coll. Publications de l’Institut de linguistique romane de Lyon, vol. 12, Paris, Les Belles Lettres
  • Michel Labonne, Alain Muller, Sylvie Vilatte, Mémoires du patois de Sologne bourbonnaise. Langage et société, Moulins, Société d'émulation du Bourbonnais (prix Achille-Allier, 2014).
  • Louis Péroux-Beaulaton (1940), Les parlers populaires en le Centre de la France : pays de Combrailles, voisinages du Berry, du Limousin et de l'Auvergne, sn., Montluçon [1re éd. sd., vers 1907].
  • Karl-Heinz Reichel, Études et Recherches sur les parlers arverno-bourbonnais aux confins de l'Auvergne, du Bourbonnais, de la Marche et du Forez, collection Eubransa/Travaux , Chamalières, Cercle Terre d'Auvergne,
  • Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer, (ISBN 9782848190211 et 2-8481-9021-3, lire en ligne)
  • Jules Ronjat (1930-1941), Grammaire istorique [sic] des parlers provençaux modernes, 4 vol. [rééd. 1980, Marseille, Laffitte Reprints, 2 vol.]
  • Jean Roux, L'auvergnat de poche, Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne), Assimil, coll. « Assimil évasion », (ISBN 9782700503197 et 2700503198)

AutreModifier

  • Enquête de l'IFOP pour le compte de la section auvergnate de l'I.E.O, 2006.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier