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Bouche du diable

album de bande dessinée

Bouche du diable
One shot
Scénario Jerome Charyn
Dessin François Boucq
Couleurs François Boucq
Genre(s) Bande dessinée fantastique, bande dessinée d'espionnage

Thèmes Espionnage
Personnages principaux Youri, le colonel Stavroguine, le professeur Grigori, le chef amérindien Red Eagle
Lieu de l’action Ukraine - URSS - États-Unis
Époque de l’action XXe siècle

Autres titres Billy Budd, KGB
Éditeur Casterman
Collection (À suivre)
Première publication janvier 1990
ISBN 2-203-33832-6
Nb. de pages 122

Bouche du diable est une bande dessinée scénarisée par Jerome Charyn, dessinée et mise en couleurs par François Boucq et publiée en janvier 1990 chez l'éditeur Casterman dans la collection (À suivre). L'œuvre, qui compte 122 planches, raconte l'histoire de Youri, orphelin en URSS, de son enfance à sa mort. En raison d'un bec-de-lièvre, Youri est surnommé « Bouche du diable ». Doué de facultés télépathiques, il devient ensuite espion de haut niveau pour le compte du KGB et opère aux États-Unis. À mesure que progresse la narration, Youri prend conscience des crimes perpétrés par le KGB et se retourne contre son employeur[1].

Sommaire

SynopsisModifier

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, une paysanne trouve un enfant abandonné et le recueille. Menacé de mort par l'époux de la paysanne, l'enfant s'enfuit et il est recueilli dans un orphelinat d'État à Karkhov. Son nom est Youri. Ses camarades le maltraitent pendant des années et le surnomment « Bouche du diable » en raison d'un bec-de-lièvre. Adolescent, Youri est recruté par le colonel Stavroguine pour apprendre le métier d'espion, auprès notamment d'un ancien prêtre devenu instructeur, le père Grigori[2], qui initie son étudiant au myticisme. Youri semble doué de pouvoirs télépathiques. Sa formation terminée, il bénéficie d'une opération de chirurgie plastique pour corriger sa lèvre puis le KGB l'envoie en mission aux États-Unis, sous le nom de Billy Budd[3]. Il exerce le métier de bâtisseur sur les échafaudages, où il rencontre un chef amérindien, Red Eagle : les deux hommes deviennent alliés et, progressivement, Youri s'émancipe des « mensonges, faux-semblants et machinations »[4].

PublicationModifier

Le premier volume paraît chez Casterman en janvier 1990 dans la collection (À suivre). Il est suivi de six rééditions chez le même éditeur puis chez Le Lombard[5].

Bouche du diable paraît en anglais sous le titre Billy Budd, KGB chez la maison d'édition Dover Graphic Novels, qui a aussi édité Little Tulip et La Femme du magicien (The Magician's Wife).

Genèse de l'œuvreModifier

Les deux collaborations avec Jerome Charyn pour La Femme du magicien et Bouche du diable représentent un tournant dans la carrière de François Boucq : « C'était un tournant voulu. J'aimais beaucoup faire de l'humour, essayer de dénoncer la bêtise humaine, montrer la supercherie du monde. Mais au bout d'un moment, le cynisme, la satire peut te conduire au désabusement », explique Boucq dans Aujourd'hui en France[6]. Dans Le Figaro, le dessinateur explique ce virage dans ces deux albums : « D'emblée, je mets de côté l'humour pour rentrer dans la dimension plus tragique du personnage »[7]. D'après La Tribune de Genève en 2014[8], Boucq s'est investi dans la narration au point de « dévorer quantité de livres consacrés à l'espionnage, et rencontrer différents espions ».

Accueil critiqueModifier

D'après Thibaut Dary dans Le Figaro[1] « C'est par le récit complet que François Boucq s'est imposé dans la cour des grands, tout particulièrement en 1990 avec Bouche du diable, histoire du retournement intérieur progressif d'un espion soviétique missionné aux États-Unis ». Dans La Montagne en 2013[3], l'album est décrit comme un « chef-d'œuvre », « une époustouflante histoire d'espionnage et de destinée qui transcende avec grâce toutes les règles du genre ». Dans Le Soir, « la force graphique de Boucq donne au récit une beauté surnaturelle »[9] ; l'œuvre « fait déjà partie des classiques de la bande dessinée contemporaine ».

ExpositionsModifier

En 2014, la galerie Perspectives Art9, à Genève, présente une exposition de planches originales tirées de Bouche du diable[8]. Lors du festival BD à Bastia en 2014, une autre exposition présente des planches originales de Boucq, dont Bouche du diable[10].

RéférencesModifier

  1. a et b Thibaut Dary, « François Boucq : Le dessin dans la peau », Le Figaro,‎
  2. « Bouche du diable, Jérôme Charyn, François Boucq », sur livrelibre.blog.lemonde.fr,
  3. a et b Pat, « 40 Festival d'Angouleme », La Montagne,‎
  4. Thierry Groensteen, « Un souffle romanesque », Le Monde,‎
  5. « Bouche du Diable », sur BD Gest
  6. François Boucq et C.L., « Dessiner, c'est traduire la vie », Aujourd'hui en France,‎
  7. Aurelia Vertaldi, « Janitor, Bouncer, Jérôme Moucherot... François Boucq expose tout son talent », Le Figaro,‎
  8. a et b Muri, « Boucq planque un espion en plein Genève : En Vieille-Ville, le célèbre auteur de BD présente les planches de «Bouche du diable», un album mythique », La Tribune de Genève,‎
  9. La Rédaction, « Dans la bouche de l'enfer rouge », Le Soir,‎
  10. Laurence Le Saux, « BD à Bastia 2014 : l’expo François Boucq », sur BoDoï,

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  •   La Rédaction, « Dans la bouche de l'enfer rouge », Le Soir,‎
  • Vincent Bernière, « Bouche du diable », dans Les 100 plus belles planches de la bande dessinée, Beaux-Arts éditions, (ISBN 9791020403100), p. 40-41
  • Vincent Bernière et collectif, « 92. Bouche du diable », dans La bédéthèque idéale, Revival, (ISBN 9791096119165)
  • Mick Léonard, « Bouche du diable », sur Planète BD, .

Liens externesModifier