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Boris Ier
Illustration.
Boris Ier en 1934.
Titre
Roi d'Andorre

(13 jours)
Prédécesseur Albert Lebrun (coprince français)
Justí Guitart i Vilardebó (coprince épiscopal)
Successeur Albert Lebrun (coprince français)
Justí Guitart i Vilardebó (coprince épiscopal)
Biographie
Nom de naissance Boris Mikhailovitch Skossyreff-Mawrusow
Date de naissance
Lieu de naissance Vilnius
(Empire russe)
Date de décès (à 92 ans)
Lieu de décès Boppard (Allemagne de l'ouest)

Boris Skossyreff
Roi d'Andorre

Boris Mikhailovitch Skossyreff-Mawrusow est un aventurier du XXe siècle qui a été proclamé[réf. nécessaire] roi d'Andorre en 1934 sous le nom de Boris Ier[1].

Sommaire

L'aventurier devenu roiModifier

Après avoir fui la révolution russe en 1917, il se serait réfugié en Grande-Bretagne et aurait obtenu un passeport Nansen. Là il aurait commencé une carrière de diplomate, voyagé dans de nombreux pays, et exercé l'activité d'espion en mission en Sibérie, au Japon et aux États-Unis.

En janvier 1919, un certain Boris Skossyreff - âgé de 22 ans, ancien traducteur au service de la Mission militaire japonaise - est jugé par le tribunal de police de Westminster à Londres, pour avoir émis un ou des chèques sans provision, selon The Times.

En 1925, il s'installe aux Pays-Bas, au service de cet État, obtient un passeport néerlandais et reçoit de la reine Wilhelmine le titre de comte d'Orange[réf. nécessaire]. La même année, il rencontre Marie Louise Parat de Gassier, une Française issue d'une vieille famille de Provence, plus âgée que lui. Ils se marient le 21 mars 1931. Ce mariage, qui semblait être de pur intérêt, s'avéra cependant une relation affective stable malgré les frasques de l'époux : escroqueries, chèques sans provision, adultère... Skossyreff quitte cependant son épouse pour s'installer avec une jeune Anglaise, Polly Heard.

 
Drapeau de l'Andorre sous Boris Ier.

Accompagné de Florence Marmon, ex-épouse du milliardaire américain Howard Marmon, et de sa compagne anglaise, il arrive en Andorre en juillet 1934 après avoir été expulsé de Majorque quelques mois auparavant pour troubles à l'ordre public. Le pays est alors aussi pauvre qu'isolé. Soutenu par un membre du Conseil général, Skossyreff promet à la Chambre un régime libéral et la modernisation du pays. Il projette de développer une activité économique autour d'un casino, sur le modèle de Monaco, et de faire des pâturages pyrénéens un paradis fiscal attirant des investissements étrangers, sur le modèle du Liechtenstein. Il conteste l'autorité française sur l'Andorre, soutenant que Jean d'Orléans, « duc de Guise » est le vrai héritier des comtes de Foix et de Béarn, princes d'Andorre, et que « les Andorrans se sentent administrés contre leur volonté par Albert Lebrun, président de la République française ».

Le , il se proclame Roi du Gouvernement d’Andorre sous le nom de Boris Ier. Deux jours plus tard, le Conseil général des Vallées entérine la monarchie à l'unanimité moins une voix, soit vingt-deux voix contre l'avis de monsieur Cinto, représentant des Encampadans. Un gouvernement provisoire est constitué dès le lendemain. Le Conseil général devient le parlement, et un nouveau drapeau, orné d'une couronne, est adopté[réf. nécessaire]. Une nouvelle constitution doit être rédigée.

Skossyreff proclame la liberté politique, religieuse et d'opinion. La France, en qualité de coprince d'Andorre, accepte la décision du Conseil général d'Andorre[réf. nécessaire]. Monsieur Cinto, seul conseiller qui s'oppose à Skossyreff, se rend en Espagne chez l'évêque d'Urgell, l'autre coprince d'Andorre, pour l'informer de la situation. Le 10 juillet, le Parlement renouvelle sa confiance à Boris Ier (toujours à l'unanimité moins une voix)[réf. nécessaire]. La population semble voir l'avènement de la monarchie d'un bon œil.

La déchéance et l'exilModifier

Après une semaine de règne, le roi est destitué le 14 juillet sur ordre des coprinces, l'évêque espagnol d'Urgell et le président français Albert Lebrun. Un groupe de la Guardia civil (la gendarmerie espagnole) entre en Andorre et arrête Boris Ier. Il sera transféré à Barcelone, puis à Madrid pour être finalement expulsé vers le Portugal en novembre 1934. Selon les autorités espagnoles, il portait un passeport néerlandais indiquant qu'il était né le 12 juin 1896.

Quittant le Portugal, Skossyreff arrive à Gênes en 1935, s'embarque immédiatement pour Marseille et retrouve son ancienne compagne Marie-Louise à Saint-Cannat. Il est alors arrêté et emprisonné trois mois à Aix-en-Provence avant d'être à nouveau extradé vers le Portugal. Il arrive à Lisbonne en mai 1936 avec Marie-Louise, mais il est aussitôt interpellé faute de pouvoir produire une autorisation de résidence. Il se dirige alors vers l'Espagne où vient d'éclater la guerre civile. Son périple s'achève finalement en 1937 à Saint-Cannat, en France, où il est encore arrêté[2].

Il est alors détenu au camp de prisonniers de Rieucros. Fin 1939, quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il est transféré au camp militaire du Vernet d'Ariège. Il n'en sera libéré qu'en octobre 1942 par l'occupant allemand. Des historiens[Lesquels ?] suggèrent qu'il a obtenu sa libération en échange d'un poste de traducteur pour l'armée allemande sur le front russe.

On a longtemps estimé[évasif] que Skossyreff serait mort en 1944 dans un camp de prisonniers près de Perpignan. Il semble en fait avoir été libéré par les soldats américains après la victoire des alliés, puis une fois encore arrêté en décembre 1946 par les autorités françaises à Berlin. Emprisonné quelques jours à Coblence, il aurait été sérieusement maltraité par ses gardiens français en raison de sa collaboration avec les nazis.

Selon certaines sources[Lesquelles ?], il se serait finalement installé dans la ville allemande de Boppard puis, arrêté par les autorités d'occupation soviétiques, il aurait été condamné à 25 ans de travaux forcés et envoyé dans un camp de travail en Sibérie. Relâché en 1956, il serait retourné à Boppard où il serait mort en 1989. Un site portugais fournit d'ailleurs la photo d'une tombe à Boppard en Allemagne, avec pour simple indication « Boris von Skossyreff, 1900-1989 » [3].

Notes et référencesModifier

  1. Luis Capdevila. Nouvelle Découverte de l'Andorre. Nouvelles Éditions Latines. Paris. 1959. p. 183 NOUVELLE DECOUVERTE DE L'ANDORRE Par … - Google Llibres [28/10/2010].
  2. Diario de Lisboa, 13-07-1937.
  3. (pt) O Rei de Andorra, page très documentée consacrée à Skossyreff sur un site portugais.

Voir aussiModifier

Philatélie : une série de 16 timbres à l’effigie de Boris 1er est émise en juillet 1934 pour le Royaume d'Andorre : imprimée en France, avec légende en français, elle n'arrivera jamais sur place, et la série n'est cotée ni reconnue par aucun catalogue de Philatélie, et n'est pas reconnue par les PTT de France et d'Espagne, ainsi que par l'évêque d'Urgell (co-prince). La série n'est pas non plus reconnue par l'UPU (Union Postale Universelle).

Sources et bibliographieModifier

Liens externesModifier