Bombardement de Bahreïn pendant la Seconde Guerre mondiale

Le bombardement de Bahreïn pendant la Seconde Guerre mondiale sont les raids aériens, menés par la Regia Aeronautica le 19 octobre 1940 ciblant les intérêts britanniques au Moyen-Orient[1]. Bien qu'ayant provoqué peu de dégâts, la mission a permis de détourner le transport des ressources alliées déjà limitées vers un théâtre obscur initialement considéré comme sûr[réf. nécessaire].

ContexteModifier

Le 10 juin 1940, le Royaume d'Italie déclare la guerre à la République française et au Royaume-Uni. L'invasion italienne de la France est de courte durée et les Français signent un armistice avec les Italiens le 25 juin, trois jours après l'armistice de franco-allemand Cela permet aux Italiens d'affronter les Britanniques et les forces du Commonwealth au Moyen-Orient.

À l'été 1940, le dirigeant italien et premier ministre Benito Mussolini reçoit un plan de destruction des champs pétrolifères de Bahreïn afin de perturber l'approvisionnement en pétrole de la marine britannique. Le plan est suggéré par le pilote d'essai italien, le capitaine de l'armée de l'air Paolo Moci[2] et promu par Ettore Muti (en), qui était en charge de l'attaque.

Bahreïn (et Dhahran, Arabie saoudite)Modifier

Tôt le 19 octobre 1940, trois des quatre bombardiers italiens SM.82 attaquent des raffineries de pétrole exploitées par les Américains dans le protectorat britannique de Bahreïn, endommageant les raffineries locales[3]. Au même moment, le quatrième bombardier attaque Dhahran en Arabie saoudite, mais ne cause que quelques dégâts mineurs.

Afin de frapper les raffineries de pétrole sous contrôle britannique à Manama dans le golfe Persique, les bombardiers SM82 entreprennent un vol de 4 200 km, d'une durée de 15 heures à une vitesse de 270 km/h, c'est sans doute pour l'époque un record pour une mission de bombardement. Chaque avion transportait une charge de 1 500 kg[4]. Cette action à longue portée est couronnée de succès, prenant la cible totalement par surprise, et les SM.82 atterrissent sans problème à Zula, en Érythrée. Les avions italiens commencent leur vol depuis l'Europe, attaquent des raffineries en Asie et atterrissent en Afrique (Érythrée italienne).

Au cours de l'attaque, 132 bombes de 15 kg ont été largués, endommageant fortement 2 raffineries[5].

Le raid cause des inquiétudes de la part des Alliés, les obligeant à améliorer leurs défenses, ajouté à la quantité limitée des dommages causés, met encore à rude épreuve les ressources militaires alliées.

 
Ettore Muti.

Rome déclare que leurs bombardiers avaient établi un nouveau record de distance, couvrant 3 000 milles au départ des bases situées dans l'île de Rhodes dans les îles italiennes de la mer Égée. Le magazine américain Time reprit la propagande italienne, insistant sur le fait que les avions avaient été ravitaillés à partir de ravitailleurs de sous-marins[6], bien qu'en réalité les avions furent simplement chargés de plus de 1 300 gallons de carburant.

Ettore Muti, secrétaire du Parti national fasciste, prend part au raid contre le Bahreïn (en tant que commandant) et à au moins un des bombardements de Haïfa[7].

« Au début de la guerre... un grand succès qui permet aux Italiens de mener un combat majeur en Afrique du Nord sont les missions de bombardement à longue portée lancées par le lieutenant-colonel Ettore Muti sur la Palestine et Bahreïn qui causera de graves dommages aux installations portuaires et aux raffineries de pétrole britanniques. Ces missions causent des problèmes logistiques considérables aux Britanniques, les contraignants à détourner des ressources pour défendre le Moyen-Orient cruellement nécessaires ailleurs. Ces missions ont également contribué à atténuer la menace pesant sur les voies de navigation en Méditerranée, permettant aux forces italiennes d'être déplacées vers l'Afrique du Nord avec très peu de pertes. »

— Bjr-Researchomnia

Le raid de Bahreïn fut suivi d'autres raids italiens à longue distance sur l'Éthiopie et l'Érythrée en 1942.

Une autre action était prévue pour l'été 1943 – à l'aide d'un bombardier à longue portée Savoia-Marchetti SM.82 – dans le cadre d'un raid sur New York si l'Italie n'avait pas capitulé. Un voyage aérien commercial fut effectué entre Rome et Tokyo à l'été 1942[8].

Notes et référencesModifier

  1. « Missione Bahrein » [archive du ] (consulté le )
  2. « Map of the attack » [archive du ] (consulté le )
  3. « Air Raid! A Sequel », Aramco World, vol. 27, no 4,‎ (lire en ligne [archive du ])
  4. Lembo 2002, p.5.
  5. « History of the Bahrain bombing (in Italian) » [archive du ] (consulté le )
  6. "Record Raid". Time.
  7. "Daily Damage". Time.
  8. « The Secret Italian Air Raid Rome-Tokyo – Summer 1942 » (consulté le )

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Lembo, Daniele. SIAI SM.82 Marsupiale. "Aerei Nella Storia", Issue 22. Parma, Italy: West-ward Edizioni, 2002, p. 10–31.

Liens externesModifier