Bo Diddley

musicien américain
Bo Diddley
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Bo Diddley
Informations générales
Nom de naissance Ellas Otha Bates
Naissance
McComb, Mississippi, États-Unis
Décès (à 79 ans)
Archer, Floride, États-Unis
Activité principale Musicien
Genre musical Blues, rock 'n' roll
Instruments Guitare
Années actives 1951 - 2008
Site officiel tripod.com/~Originator_2/index.html

Ellas Otha Bates dit Ellas McDaniel dit « Bo Diddley »[1], né à McComb (Mississippi) le et mort le à Archer (Floride), est un guitariste, chanteur et compositeur américain de blues et de rock and roll dont il est l'un des pionniers. Inventeur du motif rythmique appelé diddley beat, il a influencé de nombreux musiciens.

BiographieModifier

Bo Diddley naît dans une famille pauvre du Mississippi alors que sa mère n'a que 16 ans. Son père meurt peu après sa naissance, et sa mère le confie à sa cousine Gussie McDaniel, elle-même âgée de seulement 15 ans mais formant un foyer. Il prend le nom de McDaniel mais continue à y accoler celui de Bates. Des incertitudes existent quant au premier prénom qui lui est donné, celui de Ellas ou de Otha. Il aura finalement comme nom d'usage Ellas McDaniel.

Son pseudonyme, « Bo Diddley », lui vient du nom donné à un instrument rudimentaire, constitué d'un morceau de fil de fer accroché à un mur sur lequel on faisait glisser un goulot de bouteille selon la technique du bottleneck, et qui remplaçait la guitare chez les apprentis musiciens noirs des débuts du blues. Cet instrument, le diddle ou diddley bow (aussi appelé jitterbug ou one-string), est avec le jug (bouteille servant de basse dans laquelle on soufflait) à la base de l'invention des musiques afro-américaines[2].

La famille McDaniel déménage en 1934 à Chicago dans la banlieue sud réputée comme un quartier difficile. Il y étudie, s'orientant finalement vers la lutherie, y pratique de petits métiers et apprend à se défendre.

 
Guitare rectangulaire ayant appartenu à Bo Diddley (Rock and Roll Hall of Fame, Cleveland, Ohio)

Années 1940Modifier

Musicalement, Bo débute comme violoniste. Il passe à la guitare sous l'influence de Louis Jordan, John Lee Hooker, ou encore Muddy Waters.

Marié à 18 ans, il arrête en même temps la boxe à la suite d'une cuisante défaite. Depuis l'année 1943, Bo Diddley, sous ce surnom, se produit avec ses groupes aux coins des rues, puis sur les marchés (où il passe de plus en plus à la guitare) et finalement en club en 1951.

Diddley raconte qu'adolescent, il s'initia à la guitare en participant aux musiques rythmées des églises baptistes, puis pentecôtistes où, fasciné, il trouve des rythmes encore plus singuliers. Il aura tendance à en jouer comme si c'était une batterie, marquant les mesures, le tout avec des techniques propres au violon. Il développe dès lors son propre style rythmique.

Certaines guitares qu'il conçoit lui-même sont d'ailleurs faites pour jouer en même temps en percussion et peuvent intégrer une boite à rythme ou même un pad électronique. Sa formation de luthier l'amène dans ses expériences à concevoir et ajouter des fonctions supplémentaires à ses guitares, par exemple les boutons permettant de changer d'effet sans passer par un pédalier. Bo s'en vantera en inscrivant sur l'une de ses guitares la mention turbo à 5 vitesses. Il s'accorde en quinte à la manière des violons et est l'un des premiers guitaristes de rock à utiliser l'accord ouvert issu du blues, et à l'enseigner autour de lui, notamment aux Rolling Stones dès leurs premières tournées.

 
Guitare ayant appartenu à Bo Diddley (Rock and Roll Hall of Fame, Cleveland, Ohio)

Années 1950Modifier

A partir de 1950 et jusqu'en 1964, il est accompagné par Jerome Green (en), son joueur de maracas capable de soutenir leurs contre-temps. Jerome Green est selon le témoignage de Marshall Chess (Chess Records) [3], celui qui a introduit chez Bo Diddley les rythmes dits jungle. Le fruit de leur rencontre sera le diddley beat.

En 1952, il acquiert un ampli de guitare d'où il va sortir son premier vrai son saturé allié à une réverbération généreuse. Il bricole lui-même l'un des tout premiers effets trémolo/vibrato électronique (vibe, parfois appelé effet texan) avec un réveil et quelques pièces de mécanique et il crée alors son premier son spécifique (Diddley sound). Selon son témoignage recueilli par maxwellstreetdoc[4], il aurait aussi été à l'origine des premières expériences de création de vibrato (tremolo bar) bien qu'il ne se servit que très peu de cet accessoire mécanique monté sur certaines de ses premières guitares Gretsch et abandonné sur celles à forme rectangulaire (toujours des Gretsch).

L'activité musicale étant trop saisonnière pour en vivre, il concède de produire une maquette comportant 2 titres : Uncle John et I'm a Man (pour la face B). Rapidement repéré, il signe en 1954 un contrat pour un disque avec Chess Records et le titre Uncle John devient Bo Diddley.

Avec son premier single double face comportant Bo Diddley (A) et I'm a Man (B) qui sort en mars 1955, il révèle au grand public un rythme qui sera abondamment repris dans le monde du blues et du rock. On le nomme jungle beat (au sens large des rythmes proches scindés de manière identique) ou diddley beat. Le disque atteint la seconde place des charts Rhythm'n Blues aux États-Unis.

Si le diddley beat de la chanson Bo Diddley est considéré comme original et singulier pour l'histoire du rock, le riff ainsi que les paroles de I'm a Man sont directement inspirés d'une chanson de Muddy Waters, Hoochie Coochie Man écrite par Willie Dixon en janvier 1954. Waters, ami et collègue de Diddley chez Chess Records, lui répond aussitôt avec le titre Mannish Boy pour lui signifier qu'il venait de pénétrer la cour des grands. En fait, Manish Boy (un seul n dans la première orthographe du titre) est une reprise quasiment conforme, dans la mélodie et le texte, de I'm a Man. Willie Dixon s'était lui-même inspiré d'un riff déjà en vogue, que Bo Diddley vulgarisa en le personnalisant sur I'm a Man.

Ed Sullivan ShowModifier

Le , Bo Diddley passe au Ed Sullivan Show, dont il rend l'animateur furieux. Annoncé comme musicien de folk et censé jouer sagement un morceau devenu classique de la musique country, Sixteen Tons de Tennessee Ernie Ford, il interprète sans prévenir Bo Diddley. Ed Sullivan lui dira qu'il est "l'un des premiers hommes de couleur à l'avoir jamais doublé". Face à cette expression ressentie comme raciste et dominatrice, Bo Diddley avouera s'être retenu de s'emporter physiquement contre lui. À la suite de cet événement, il sera empêché de participer à plusieurs autres émissions, et Ed Sullivan lui prédit que sa carrière serait finie avant six mois. Au contraire, Bo Diddley venait de lancer son premier grand succès sur les ondes et dans le commerce, tout en ayant tenu tête au système médiatique alors soumis à la ségrégation raciale et au conservatisme. Malgré l'approximation lui faisant dire qu'il aurait été le premier noir à passer dans le Ed Sullivan Show en tant que vedette, il devint un exemple pour les années 1960.

En 1956, il fait la connaissance de celle qui deviendra en 1957 Lady Bo, Peggy Jones, la toute première guitariste de rock, toujours active et dont il affirme qu'elle est la seule à connaitre les voies de l'origine[5]. Parmi les femmes qui l'ont accompagné se trouve aussi celle qu'il a surnommée la Duchesse, the Duchess (1962-1966), Norma-Jean Wofford (en). Elle permit la transition durant l'envol en solo de Lady Bo avec son propre groupe (Lady Bo & The Family Jewel) et Bo avait fait passer la Duchesse pour une demi-sœur uniquement pour alimenter la curiosité de ceux qui osaient demander où avait pu passer Lady Bo. Il avait appris la guitare à la Duchesse et elle était entourée de deux autres choristes : Gloria Morgan et Lily "Bee Bee" Jamieson, dont le trio en compagnie de Diddley est connu sous le nom de Bo-ettes. Elle quitta à son tour le groupe pour fonder sa famille, puis il y eut notamment Cornelia Redmond surnommée Cookie ainsi que Debby Hastings.

Il écrit en 1957 sous le pseudonyme de sa femme d'alors, Ethel Mae Smith, le titre Love is Strange pour le duo Mickey et Sylvia (Mickey Baker et Sylvia Robinson, créatrice de Sugar Hill Records) qui en font l'un des plus grands classiques du Rhythm and Blues. Il sera repris par Buddy Holly, les Everly Brothers, Sonny and Cher, Paul McCartney, Everything but the Girl, etc., ainsi que dans le film Dirty Dancing.

Aux États-Unis, à la fin des années 1950 et jusqu'en 1962, le rock'n'roll connaît un recul face au retour d'un esprit réactionnaire et de la compartimentation ségrégationniste dans les médias. Elvis Presley est cantonné à ne plus chanter que des ballades et au mieux du rockabilly. Bo Diddley couve durant ce temps là son retour devant les médias et prépare l'esprit Soul parallèlement à Ray Charles avec des morceaux comme The Great Grandfather (1959), qu'il joue au violon, ou Working Man (1960) qui aboutiront à des tubes comme Ooh Baby (1966).

Années 1960Modifier

Dans les années 1960, il produit beaucoup de morceaux dont certains sont accompagnés de « paroles parlées » à l'instar de son hit Say Man (1958). Leur style humoristique est parfois bien particulier et consiste en des joutes orales traditionnellement appelées par les afro-américains « The Dozens (en) » ou « your father » (dérivé bien plus tard, à la fin des années 1980, en ta mère pour les francophones) où l'on épuise les comparatifs et réflexions burlesques jusqu'à ce que l'un des interlocuteurs n'ait plus de répondant. Sur certaines chansons primordiales comme Who do you love (1956) et I'm a man (1955) Diddley adopte et développe en outre le style chanté-parlé de Hooker qui s'assimile au deejaying sur le point de naître en Jamaïque. Diddley est perçu comme un géniteur très précoce du hip-hop qu'il rejoindra très naturellement dans les années 1980 et 1990 sans délaisser sa guitare ni son diddley beat.

Bo Diddley joue à la Maison Blanche au concert d'investiture de John Fitzgerald Kennedy le 20 janvier 1961.

Il passe haut la main la fameuse épreuve du train relative aux bluesmen qui est d'imiter le train avec la guitare[6], avec le morceau Please Mister Engineer (1961) où il réaffirme le son saturé et son importance, ainsi que sa toute simplicité (toujours très relative avec Bo Diddley). Il n'utilise pas le diddley beat à proprement parler sur cette chanson. Bo Diddley pense par ailleurs qu'avec son diddley beat il a trouvé « le son d'un train de marchandises »[7].

Avec le morceau Bodiddley-itis enregistré la décennie suivante (1972), il compte démontrer aux mauvaises langues - intriguées par la qualité peaufinée que prennent ses albums à la fin des années 1960 - qu'il maîtrise toujours la scène et qu'il faut même se passer des studios pour n'avoir qu'à jouer. Il y exécute sauts et contorsions, guitare entre les jambes, toujours avec son célèbre jeu de jambes, et a fortement influencé Pete Townshend des Who (dont beaucoup de morceaux sont des diddley beats comme Magic Bus de 1968). Pete Townshend étant finalement devenu le maitre médiatique de la hard-attitude et des sauts avec guitare, Bo Diddley renchérira sur le même morceau live (Bo Diddley at his Best) en imitant jusqu'au saut spécifique de Pete.

Leonard Chess, fondateur de Chess Records meurt en 1969. Bo Diddley s'aperçoit peu avant que ce dernier n'a pas encore payé tous les impôts relatifs à Bo Diddley et qu'il lui doit "des millions" en droits d'auteur. Ce décès lui fait perdre la main dans son procès et met fin aux mythiques "années Chess" (Chess years) de Bo Diddley. Dès cet instant et à la décennie suivante, Bo Diddley commence à trouver d'autres alternatives de production (dont l'auto-production) et élargit finalement ses relations et ses partenariats musicaux comme la rencontre avec Johnny Otis qui produira notamment l'album d'anthologie Where It All Began sorti en 1971.

Années 1970Modifier

La décennie suivante est moins prolifique, sa créativité décline et il semble se contenter de remanier ses vieux titres.

En mars 2005 est commercialisée la compilation Tales From The Funk Dimension 1970-1973[8]. Elle montre une facette jusqu'alors passée inaperçue de Bo Diddley, celle d'un musicien qui a aussi touché précocement au Funk, dès 1966 avec des morceaux comme Do The Frogg qui s'inscrivaient encore dans le mouvement soul. Les titres (Funky Fly, Pollution, Bad Side of the Moon (Elton John, 1970)...) sont extraits de ses trois premiers albums du début des années 1970 et montrent une assimilation méticuleuse du style et du son et finalement une grande aisance à créer dans ce registre ou à en faire des reprises parfois mieux travaillées que les originaux.

En 1976, Bo Diddley édite un album composé de reprises personnelles (à l'exception de Not Fade Away) et de quelques compositions nouvelles, toutes envisagées en Funk. L'album, conçu pour saluer les 20 ans du Rock'n'Roll, s'intitule 20th Anniversary of Rock & Roll. Sur sa reprise de Not Fade Away (Buddy Holly) on entend une introduction particulière, inspirée d'un riff de Jimi Hendrix.

Au beau milieu des années 1970 et à la suite de cinq albums funk, Bo Diddley s'engage durant deux ans et demi dans la police de la commune de Los Lunas dans le comté de Valencia au Nouveau-Mexique où il devient shérif et député. Il accrochera à son palmarès trois courses poursuites à bord de voitures de police affectées aux autoroutes. Il gardera de cette période le port d'écussons métalliques personnalisés qu'il portera traditionnellement à son chapeau.

Années 1980Modifier

Bo Diddley en 2004 à Wolfsburg

Bo Diddley commence à déserter les studios d'enregistrement et retourne à ses premiers principes : pas de studio, pas de dépendance ni de contrainte autre que jouer.

Durant les années 1980, continuant à adopter les nouvelles technologies de son comme le filtron ou l'usage rythmique et mélodique des harmoniques, il produit dans des concerts de grande et petite taille qu'il multiplie, un nombre important mais difficilement estimable de morceaux sans titre ni édition en formats audio ou vidéo, que seul des particuliers ont enregistrés et conservés (« Never Before Seen Live », Never Let Me Go, 1981). On y remarque aussi qu'il envisage ses morceaux classiques sur d'autres modes. Quelques concerts seulement, ne comportant souvent que des reprises régulières de ses standards, sortent en album.

Sur cette période il n'enregistrera qu'un album en 1983 : Ain't It Good To Be Free, enregistré avec le groupe de ses filles Tammi et Terri resté underground : Offspring (ne pas confondre avec The Offspring plus commercial), qu'il rééditera en 1995 sous le nom de The Mighty Bo Diddley pour en appuyer les aspects intemporels et précurseurs. Le groupe de ses filles présente un registre allant du blues au black metal en passant par le breakbeat et pratique toujours la scène sans aucune annonce médiatique. Sur la seconde face du disque, il présente des classiques blues de Lady Bo. Il préfigure la période Rap (qui n'a pas encore de nom spécifique et n'est pas encore extraite du rock) avec des morceaux comme I Don't Want Your Welfare, et Électro-pop et même Techno avec Stabilize Yourself mais reste plus globalement dans un style Rock et Funk.

Bo Diddley fait quelques brèves apparitions au cinéma dans des films comme Un fauteuil pour deux (Trading Places) de John Landis (1983) et Eddy and the Cruizers II (en) (1989, où il incarne un guitariste de légende). Il crée aussi 2 chansons pour le film documentaire sur les motards de l'enfer ou Hells Angels, en rupture apparente avec sa fonction de shérif qu'il occupait quelques années plus tôt : Hells Angels Forever (1983), où il joue en live en s'adressant à eux (Do Your Thing et Nasty Man). Il n'y abandonne cependant pas sa droiture, mais réaffirme le droit à la liberté quand elle n'interfère pas fondamentalement avec les règles de l'ordre social sous quelque forme qu'elles soient.

Il est élu membre du prestigieux musée Rock and Roll Hall of Fame en 1987, et donc parmi les premiers artistes inscrits, à savoir le treizième.

En 1989 Bo Diddley crée finalement, en studio, l'un de ses albums les plus énigmatiques : Breakin' Through The B.S., annonçant la couleur musicale des années 1990 et décomposant celle du passé. Son style est exclusivement urban dans la première partie (break, électro, rap...) et "roots" et rock (R.U. Serious) dans la seconde partie où il aborde aussi des modes du heavy metal (Home to McComb). Les arrangements y sont complexes jusqu'à celui de sa voix (Bo Pop Shake, Turbo Diddley 2000) ou dans un retour à des couleurs racines notamment caribéennes, clés dans l'histoire exhaustive du rock (Louie Louie) et des raves). Il y pratique l'ensemble des instruments principaux (synthétiseur, percussions, guitare, voix) et est le producteur exécutif, accompagné d'autres guitares, de basse, saxophone, batterie et vocales. Sa guitare est parfois utilisée en percussion selon ses manières inédites et l'album entier est concept faisant lien entre le rhythm and blues (R&B) classique et moderne.

En 1989 toujours, il participe à une publicité pour Nike qui restera très populaire et parodiée aux États-Unis jusque dans 1, rue Sésame. La vedette principale est Bo Jackson une star de baseball autant que de football américain qui s'essaye à toutes sortes de sports avec à chaque fois la même exclamation : "Bo knows football, ou basketball ou tenis, etc." La musique est celle de Bo Diddley et Bo Jackson finit par se mettre à la guitare mais le résultat est catastrophique. Bo Diddley lui dit : "Bo you don't know Diddley!". Six mois plus tard Bo Jackson revient et joue en compagnie de Diddley en synchronisant même ses jeux de jambe. Finalement Bo Diddley, confus et époustouflé, s'exclame à Bo "qu'il connait Diddley"[9].

Années 1990Modifier

Avec des albums qu'il réenregistre donc en studio tels que This Should Not Be[10] en 1992, Bo Diddley aborde des genres éclectiques qui comprennent tant le reggae, le rock et le funk, que le RnB contemporain naissant, ou des bases electro proches du new wave et même du new beat (forgé sur les débuts de la Techno noire et du rap des années 1980). C'est un album très incisif vis-à-vis de la guerre du Golfe dans la chanson portant le titre de l'album This Should Not Be par laquelle il fait remarquer les décalages qu'il peut exister entre l'argent déployé en Irak, dont parle indirectement un ex-soldat du Viêt Nam, avec la pauvreté d'une grande frange des américains dont fait partie "sa famille" (puis du reste du monde) qu'il estime "under attack" (« Our great nation is under attack, all their pray say : "In this country it should not be!" Bo knows. All of them may say... », dit-il en introduction alors que cette terminologie ne sera utilisée stratégiquement qu'en 2001). Il vise des dirigeants qu'il dit voués à l'argent comme il l'affirmait auparavant dans la chanson Wake Up America de 1989 en pensant aux récentes élections et à la famille Bush, déjà illustre dans le monde politique, de la CIA, des affaires et discrètement condamnée pour l'armement et la montée du nazisme (les Bush-Walker étaient 2 des 7 banquiers de l'ange d'Hitler, Fritz Tissen, selon la dénomination du Herald Tribune en 1942, banquiers et fournisseurs secrets du carburant illicite issu de technologie militaire américaine, du futur lobby G. Bush, pour Adolf Hitler dès 1928) ainsi que dans le travail des déportés d'Auschwitz où ils avaient aussi leurs propres firmes comme en témoignent les archives révélées en 2002, 60 ans après le procès de Prescott Bush. Son son n'est pas sans rappeler celui de Prince ou même d'Afrika Bambaataa (son premier hit Planet Rock, 1982) et se fait résolument moderne jusqu'à l'inclusion du Hip Hop sur des titres très étonnants et travaillés comme Rock Patrol (un autre clin d'œil à sa période de shérif où il a recours à des voix d'enfants). Il utilise toujours sporadiquement ses formes de diddley beat, qui est en lui-même un Breakbeat primordial et qu'il n'hésite pas à désarticuler ou envisager dans de nouvelles optiques musicales.

Il participe au film rock fantastique de série B Rockula sorti en 1990 et fait une apparition plus prestigieuse dans Blues Brothers 2000 (1998).

Durant les années 1990, Bo Diddley pratique toujours les concerts avec ses nouvelles compositions mais surtout avec ses classiques qui sont très demandés (quand on ne connait pas qu'eux), ainsi que des grands Jams rocks et fait notamment des apparitions en compagnie des Rolling Stones qui avaient débuté en tournant avec lui.

En 1995 il réédite son album Ain't it Good to Be Free (1983) sous le nom de The Mighty Bo Diddley et le fait passer pour un album moderne de fusion rock-electro comportant des accents de techno primitive des années 1980 dans Stabilize Yourself, dont le renouveau populaire avait débuté depuis peu. L'album est tout autant roots'n'blues, funk et même rap (lui aussi revenu très en vogue à l'époque) et son exercice de datation, à cause de la modernité des sons, des techniques, des styles et des effets reste confondant pour le néophyte. L'exploration techno de Stabalize Yourself, avec des sons électroniques particuliers, rappelle des morceaux de Kraftwerk comme Pocket Calculator (1981) tout en restant sur les premières bases rocks et acoustiques de la techno noire débutée en 1979 à Detroit et vulgarisé par le Sharevari du groupe A Number of Names en 1981. Ce mélange agrémenté d'un jeu rock de Bo Diddley le rapproche finalement d'un style à peine plus tardif et représentatif des années 1980, la synthpop, initié aux origines avec des titres comme Video Killed the Radio Star (1979) des Buggles.

En 1996 Bo Diddley sort un autre album, A Man Amongst Men orienté à nouveau rock. D'autres compositions qui suivront (Bo Diddley's Rap...) et qu'il continuera à faire de manière moins fréquente ne seront jouées qu'en concert mais seront cette fois-ci enregistrées par des sources officielles (dont des radios), contrairement à ce qu'il avait fait durant les années 1980.

Il reçoit en 1996 une récompense d'honneur de la Rhythm and Blues Foundation pour l'ensemble de sa carrière et en 1998 la même récompense de la Recording Academy (Grammy Awards).

Années 2000Modifier

 
Bo Diddley, lors d'une tournée au Japon avec le groupe Bo Gumbos.

En 2005 et 2006, entamant une tournée mondiale pour ses 50 ans de carrière, il continue de jouer avec le groupe de Johnnie Johnson, mais il a de fréquents problèmes cardiaques notamment en 2007. Une certaine perte de vélocité et de mobilité due à l'âge le conduit dans les années 2000 à compenser en accentuant l'usage de sons qui lui sont spécifiques (filtron, chorus, u-vibe, auto wha...). Il lui arrive parfois de rapper de façon moderne ses morceaux en faisant aussi des clins d'œil à de célèbres Raps.

Lors d'un concert en Espagne au festival de jazz de San Javier le , une fan ne cesse de hurler avec zèle par-dessus la foule : « Bo Diddley [...] is Rock'n'Roll! ». Il lui répondra qu'il ne pratique pas ce genre de musique, qu'il comprend les générations plus jeunes, mais qu'elles se trompent, il joue du Bo Diddley. Il signifie ainsi aux générations de fans intrigués par les grands médias tout autant que l'information alternative, qu'il n'a pas pratiqué que la musique qu'ils lui attribuent, celle compartimentée et censurée par ces mêmes médias (qu'il a défié dès sa première apparition en 1955), et à laquelle on le réduit en négligeant terriblement l'ensemble de son œuvre, jusqu'à croire communément que sa créativité s'arrête avec les années 1960. S'il reste l'un des pères, peut-être le père du rock, c'est-à-dire du rock 'n' roll en général, il demande à chacun de se rappeler ce qu'il a réellement joué, créé et inspiré ; qu'il a finalement accompagné l'ensemble des changements d'époque depuis le rhythm and blues en passant par la soul, le funk, les styles caribéens (calypso, le reggae), différents États du rock et jusqu'à l'urban, au breakbeat et subrepticement à la techno qu'il n'a finalement jamais opposés ni limités.

Le 2 juin 2008, Bo Diddley meurt à l'âge de 79 ans[7], d'un arrêt cardiaque dans sa maison d'Archer, en Floride. Une page du rock fut tournée le jour de sa mort et tous les plus grands artistes de rock comme les Rolling Stones déplorèrent le décès de celui qu'ils admiraient et qu'ils considèreront toujours comme l'un des plus grands guitaristes et chanteurs de rock.

Le Diddley BeatModifier

La forme originelle du diddley beat peut être entendue dans la chanson intitulée Bo Diddley et qui se décline en plusieurs types que Bo Diddley utilise et développe dans ses morceaux.

Il rejoint par endroit le jungle beat primaire, qui fut souvent utilisé dans la Rumba et qui apparait par exemple dans son simple appareil dans la musique de la série Georges de la Jungle. Ce rythme n'est donc pas considéré dans ce contexte comme un diddley beat original.

Le jungle beat de base fait ceci : boom boom, ba-boom ba-boom.

Le diddley beat primordial donne quant à lui ce type de mélopée : boom boom boom, boom-boom.

Le second boom de la première mesure du diddley beat est placé sur un quart-temps à égale distance du premier et du troisième, lui-même placé sur un contretemps. Ils sont disposés à 3 quart-temps d'intervalle et l'effet que l'on ressent (ou reproduit maladroitement) d'un "contre-temps" entre le second et le troisième ne vient pas d'une différence d'écart entre les trois notes, mais du décalage que ces espaces réguliers créaient avec le tempo. En divisant la première partie de la mesure en 3 parties égales, un rythme ternaire est introduit dans une mesure à temps binaire, engendrant son effet particulier.

Cette particularité de contretemps provoque une sensation d'accélération globale de la cadence du tiers de sa valeur initiale (par exemple de 120 vers 160 BPM) qui fait sa nervosité alors que le tempo n'est pas modifié.

Ce rythme devient : boom a-boom a-tchak, a-boom-boom quand on y mêle les premiers contretemps naturels. Il pouvait apparaître dans la Juba dance (en), encore appelée Hambone, pratiquée à l'origine sans instrument et en tapant sur les parties du corps, exécutée par les esclaves des XVIIIe et XIXe siècles, sur les bases de rythmes africains devenus caribéens et du Delta du Mississippi. Dans les musiques caribéennes actuelles, et notamment la salsa et le son, le rythme Clave, de type Son, correspond exactement au Diddley Beat[11].

Dans ses manières plus complexes, le diddley beat fait entrer bien d'autres séries de contretemps et décale encore les temps marqués sur des demi- et quart-temps. Ceci provoque avec le jeu des effets acoustiques d'écho, de réverbération et finalement d'amplification mécanique de la sonorité. Cela inverse parfois les remontées et descentes du médiator ou de la main sur la guitare par rapport au diddley beat simple. Il y est recherché une répercussion des ondes complémentaires et contraires afin de créer des vagues de saturation et de larsens sans même utiliser de distorsion et sans avoir à gratter fort. Des courts moments de réversibilité de l'entropie sont recherchés pour la mettre à profit, notamment par le biais d'effets et de distorsions qui les colorent, c'est-à-dire concrètement, le son vibrant, résonnant, chargé et "énergisé" qui en ressort. De légères différences de cadence s'avèrent aussi avoir un effet mécanique sur ces propriétés et il est préférable que la guitare serve elle-même de métronome suivant le son qu'elle fait ressortir, suivant sa résonance.

Le diddley beat peut entre autres prendre la forme de : boom a-tchak a-up, a-tchic-tchic, mais aussi : boom a-poom tchak, ba-dam ba-dim-a, sur différentes versions live de Hey Bo Diddley, ou encore : boom tchak boom, ba-doom poom-tchik up-a, boom a-poom-poom tchick, ba-doom poom-tchik up (Mona).

C'est au niveau du jeu de guitare que le diddley beat est le plus dense. On le mesure souvent en 2 fois 4 temps (8 temps) pour 1 mesure (beat très élevé ou 2 fois plus dense que le tempo, facilitant l'appréhension des quart-temps) et il peut s'étaler sur 2 mesures comme dans Mona en utilisant un jeu asymétrique et décalé qui crée un Breakbeat, un rythme brisé spécifique et fondamental alternant ternaire et binaire.

Il prend ainsi la forme rythmique ordinaire en 2 fois 4 temps pour une seule mesure (correspondant à : boom boom boom, boom-boom) :

un et deux et trois et quatre et un et deux et trois et quatre et....

ou sur une seule mesure à 4 temps (100 à 140 battements par minute) :

un et (boom) deux et trois et quatre et...

InfluenceModifier

 
Buddy Holly représenté sur un timbre poste

L'année 1957, Jerry Allison, le batteur de Buddy Holly adopte ce rythme jungle sur la chanson Peggy Sue. La même année, Oh Boy, toujours de Buddy Holly, comporte un phrasé type de diddley beat marqué à la voix au milieu de la chanson comme une pierre d'angle apparente[Quoi ?] de sa structure. Bo Diddley en parle dans sa chanson des années 1980 : Bo Diddley Put the Rock in Rock'n Roll. Buddy Holly, l'enfant doux et chéri du rock'n'roll enregistre plusieurs reprises de Bo Diddley (Bo Diddley, Love is Strange), s'en inspire sur plusieurs de ses compositions en y créant ses touches personnelles (Not Fade Away, Words of Love, Well Alwright, Oh Boy). Il s'apprêtait à reprendre Mona avant de mourir brutalement en compagnie de Ritchie Valens dans un accident d'avion en tout début d'année 1959. Les enregistrements de 1957 qu'il reste de sa version montrent le travail que l'acquisition d'un tel rythme demande.

Il influence de nombreux groupes des sixties : The Rolling Stones, The Yardbirds, The Strangeloves, The Pretty Things, The Animals, Led Zeppelin, The Shadows of Knight, The Kinks, The 13th Floor Elevators, The Kingsmen, The Who, Them et la scène rock'n'roll en général.

Les Rolling Stones commencent leur carrière en tournant avec Bo Diddley en 1964. Ils lui vouent une admiration toujours renouvelée, feront plusieurs reprises et s'en inspireront régulièrement. Ils l'inviteront par la suite dans plusieurs de leurs concerts pour jouer avec eux.

En 1964, The Animals reprennent The Story of Bo Diddley qu'ils réarrangent et développent.

Les Moody Blues lui consacrent des prestations live remplies d'admiration et d'énergie. Parmi ses fans et pairs ayant fait des reprises sans jamais payer de droits durant des concerts, sous couvert de clins d'œil ou de medleys, on compte aussi Janis Joplin et Jimi Hendrix.

Les Pretty Things, qui avaient pris leur nom ainsi que leur vigoureuse énergie d'une chanson de Bo Diddley (Pretty Thing), sont parmi les premiers avec les Kingsmen à pratiquer le Rock Garage puis l'Extrem R'N'B[Quoi ?] selon la dénomination des Who, aux origines du hard rock et du punk. Le Rock Garage est un courant alternatif ouvert par les Trashmen en 1963, eux-aussi très inspirés par Bo Diddley, issu et parallèle en Angleterre de la seconde vague de Surf Music de 1962 (cf. notamment leur reprise Bird Diddley Beat de 1964 ainsi que leur très célèbre Surfin' Bird de 1963 basé sur le diddley beat vocalisé en Doo-wop et retournant parfois à une mesure à temps simple liant le diddley beat au jungle beat. Ce mode trouvait initialement son origine avec les Rivingtons qui utilisaient le jungle beat sur leurs morceaux Papa-Oom-Mow-Mow et The Bird's the Word de 1962). En 1963, l'influence et le sentiment de paternité de Bo Diddley sur la Surf Music de seconde génération, utilisant le diddley beat confondu au jungle beat, et dont font aussi partie les Beach Boys avec des morceaux comme Surfin' USA (1963), était telle qu'il enregistre en s'appropriant l'air du temps, un concert intimiste sur une plage, précurseur pour une génération d'adolescents acquérant sa toute nouvelle autonomie dans les loisirs et sobrement intitulé Bo Diddley's Beach Party.

Parmi les histoires remarquables qui touchent Bo Diddley, le groupe des Strangelove présente les paradoxes de la dérive commerciale et de la contrefaçon avec des aspects de farce culturelle[Quoi ?]. Monté de toutes pièces par des producteurs new-yorkais (Bob Feldman, Jerry Goldstein et Richard Gottehrer), le groupe se fait passer pour trois frères australiens et prétend que sa musique est aborigène alors que tous les morceaux sont en diddley beat[12]. Leur meilleure vente, I Want Candy (1965), ne montre aucune différence avec le morceau Hey, Bo Diddley, sinon le contenu des paroles et le type d'orchestration. Le groupe réussissant à devenir populaire par cette formule, les producteurs durent employer des musiciens du studio pour les remplacer et jouer dans des émissions ou sur scène. Leur produit, totalement artificiel, avait pris mais posait dorénavant pour Bo Diddley la question des droits d'auteur qui lui seraient dus mais jamais reconnus en leur temps.

La pop anglaise n'échappe pas à l'influence de Bo Diddley et elle va découvrir très tôt à travers des groupes comme les Kinks le proto-Punk[Quoi ?] amenant directement au style Rock qui ne s'épanouira que durant les années 1980. Leur morceau You Really Got Me (1964) est un équilibre parfait entre les 2 chansons du premier single de Bo Diddley : Bo Diddley et I'm a Man (1955), et générera bien d'autres titres comme Should I Stay or Should I Go (1981) des Clash. Ces derniers avaient expressément demandé à Bo Diddley d'ouvrir leur tournée en Amérique en 1979, Joe Strummer s'exclamant qu'il ne pouvait garder la bouche fermée quand il voyait Bo Diddley. Ces morceaux ne se classent pas dans le Punk qui est lui bien plus minimaliste et qui rejette certaines formes de contretemps, exception faite de groupes plus tardifs comme The Gories qui dans les années 1980 feront une place très privilégiée au diddley beat. Ce schéma fait finalement que l'on peut s'éloigner ou se rapprocher du diddley beat, mais qu'il se tient en permanence comme repaire ou objet de positionnement. Les Stooges d'Iggy Pop, précurseurs les plus directs du Punk à la fin des années 1960, avaient eux-mêmes repris le diddley beat, comme dans leurs morceaux 1969 ou No Fun de leur premier album en 1969.

 
Diddley en 2004

Van Morrison formant le groupe Them va se montrer lui aussi très inspiré par Bo Diddley. Les premières reprises du groupe sont à la base issues de toutes les parties du Rhythm and Blues mais ses compositions comme Mystic Eyes et le célèbre Gloria (1964) se montrent proches de la dynamique et de l'intensité de Diddley (même douce) ainsi que de certaines de ses chansons basées sur deux accords possédant un ton d'intervalle (Dearest Darling, 1958 ; Please Mister Engineer, 1961) ou encore sur leur atmosphère singulière et aérienne (Mona, 1956 ; Sad Sack, 1963) et sans oublier l'utilisation récurrente du break en slide toujours avec 1 ton de moins, caractéristiques de Diddley et qu'utilise à son tour Van Morrison, et non sur un simple jungle beat d'une seule note. Avec Van Morrison, la musique psychédélique va commencer à se développer et atteindre consécutivement les Doors (1965) (qui avaient enregistré une longue version de Who Do You Love sur scène) avec encore une fois la seule influence restreinte et intime[Quoi ?] de la musique de Bo Diddley qui venait à nouveau de se répercuter[Quoi ?]. Le film "Ne Nous Fâchons Pas" de Georges Lautner et Michel Audiard en 1965 avec Mireille Darc met en avant cette musique et la forme de danse très hypnotique qu'elle suscite en approfondissant la transe du Jerk et en y recherchant les effets stupéfiants. Cependant, ni Bo Diddley, ni Van Morrison ne seront usagers de drogue et Diddley en fera un combat, ne connaissant que trop les dérives de l'alcool et des drogues dont il était témoin très jeune dans les quartiers pauvres. Le terme « hypnotique » dans son sens psychédélique deviendra conventionnel pour parler de la musique de Bo Diddley.

Hey Jude des Beatles sort en août 1968. Le diddley beat y est très lent, appréhendé initialement en binaire, mais il est finalement utilisé conventionnellement sur les 2 parties distinctes de la chanson célèbre pour son renversement. Elle garde son principe fondamental d'alternance ternaire et binaire sur une seule mesure, devenu alors une marque de fabrique du rock enfin détaché de sa première forme[Quoi ?] de rock'n'roll à temps simple, ainsi que sa répétition infinie élevant l'expérience émotionnelle[Quoi ?]. Les Beatles, qui avaient sublimé l'œuvre et la voie ouverte par Buddy Holly sur les pas de Bo Diddley pour la Pop musique et le Rock'n'Roll, annonce la fin de la période des Yéyés, la fin de l'insouciance (c'est un blues plein d'émotion évoquant un réel divorce, un fait social nouveau et déchirant), avec ce morceau symbolique qui fut leur record de vente en single. Il a la particularité d'annoncer une nouvelle évolution de la musique populaire, de son esprit, affrontant la maturité, une nouvelle conception musicale à venir et qui se cherche[Quoi ?], nous sommes en 1968, et il le fait à nouveau sur le diddley beat.

En 1968, un groupe espagnol brise à son tour le diddley beat, le rhabille spécialement (il est joué seul dans l'introduction par la guitare qui dure tout le morceau), garde sa densité, sa technique (grattement harmonique et étouffé) ainsi que son énergie fulgurante et reprend un titre qui va se faire très singulier[Quoi ?] : Bring a Little Lovin' (original des Easybeats, Australie, 1964). Il s'agit des Los Bravos, connus pour leur tube Black is Black (en). Dix ans avant que le mot ne soit employé, le diddley beat inspire le principe même du Disco sur un titre a priori parfaitement délirant et anachronique dans son contexte bien qu'il ne cessera d'être mis en valeur culturellement et avec modernité par le régime politique durant lequel il fut créé[Quoi ?].

Avec la guerre du Viêt Nam, la mélodie de Bo Diddley va se retrouver au cœur de l'entraînement des marines en devenant leur refrain le plus célèbre (distinct du chant des marines) pour les chants de cadence (tels qu'ils apparaissent dans le film Full Metal Jacket de Stanley Kubrick). Beaucoup de mélodies populaires modernes ont constitué le registre des chants marines (issus de la Soul, du Rock'n' Roll et des ballades Pop et Folk) mais c'est incontestablement celle de Bo Diddley qui s'imposera et se dérivera jusqu'à en garder le nom sur les refrains les plus courants (Bo Diddley, Bo Diddley have you heard, base de I'm a Marine Corps Infantry[13] ou encore de My Grand Mother was 71 dont sont déclinés[Quoi ?] beaucoup d'autres).

C'est dans les années 1970 que ses premiers émules se mettent à construire leurs œuvres. Sylvia Robinson (née Sylvia Vanderpool), pour qui Bo avait écrit le légendaire Love is Strange en formant avec Mickey Baker le duo guitare-chant Mickey & Sylvia, ouvre le label Sugar Hill Records (1979), l'une des toutes premières maisons de disques R'n'B et Rap, qui est la première à avoir une chanson Hip Hop dans les charts (no 2 du Top 40 avec Rapper's Delight en 1979). Elle lance juste auparavant, sous le label All Platinum Records (en) (1974) et avec sa plume, les premiers tubes Dance ou Disco (le nom de ce style ne viendra que plus tard) tels que Shame, Shame, Shame (en) (1975) interprété par Shirley Goodman (Shirley & Company) sur un pur diddley beat.

En 1974, Kraftwerk, un groupe alors expérimental issu du Rock psychédélique et de la musique classique, créant depuis peu les premiers instruments purement électroniques, utilise le diddley beat sur Autobahn et cherche à le déconstruire en travaillant longuement dessus (le mystère du contre-temps qu'ils marquent par 2 booms seulement sur de longs passages. Le morceau est introduit par un diddley beat conventionnel, celui utilisé par la vague surf et garage de la décennie précédente). Il s'agira du tout premier morceau de Techno de l'Histoire (voir par ailleurs dans la section des années 1990).

Le diddley beat inspire aussi des groupes tels que AC/DC avec It's a Long Way To The Top ou High Voltage (1974) qui le manie à sa façon, ou plus spécifiquement Kiss avec New York Groove en 1978 qui est une reprise du groupe Hello (groupe) (en) de 1975, ou encore Aerosmith avec Sweet Emotion en 1975 sur un diddley beat lent mais très soutenu. Il pénètre donc à présent le hard rock qui vient de trouver ses formules. Les riffs, mais aussi les sauts de Bo Diddley vont être à nouveau au centre d'une discipline en expansion et qui ne sont plus les prémisses, bien que puissants, des Who. Dès la fin des années 1960 et le début des années 1970, de nombreux groupes comme The Guess Who furent marqués par les influences majeures de Diddley dans le rythme syncopé qui se retrouvent sur des titres comme American Woman et qui plongent à leur tour dans l'univers des Led Zeppelin ou même des Black Sabbath tel leur morceau Wizard contenant lui-même le diddley beat original.

Le groupe de hard rock progressif Queen sort en 1977 son morceau We Will Rock You. C'est l'un des plus puissants standards du rock malgré la simplicité de sa composition et l'absence de cohérence des paroles dont le but n'est que d'évoquer l'esprit rock à travers les jeux de rue des enfants et le dérangement des voisins. Si le thème rythmique du corps du morceau est dépouillé, le solo de fin aborde des contretemps relativement complexes et marquants. Il s'agit de ceux du diddley beat dont on entend sur les trois dernières mesures (doubles pour s'accorder à un diddley beat) la structure fondamentale classique qui rend la partie guitare si énigmatique. On note aussi que la voix de Freddie Mercury rejoint sur ce morceau la manière de chanter primitive de John Lee Hooker qui avait inspiré Bo Diddley sur plusieurs titres fondamentaux (Who Do You Love) et qui évolua vers le Rap mais surtout ici vers la fusion hard-urban et qui se poursuivit avec des groupes comme Faith No More. Dans le clip Freddy Mercury s'est aussi attaché à plusieurs symboles dont celui des bottes de caoutchouc, les gumboots, avec lesquelles il marque le rythme à la manière du Hambon, de la Jumba dance, origine certaine et très lointaine du diddley beat et devenu symbole de l'ensemble des luttes contre l'apartheid et les ségrégations, des passés de l'esclavage.

En 1977 toujours, Devo, un groupe post-punk Industriel utilisant lui aussi de nombreux instruments et effets électroniques qu'il crée, atomise cette fois-ci le diddley beat en le poussant à l'extrême. Leur morceau Jocko Homo (1977) l'aborde sous différents angles avec de redoutables effets et des raccourcissements en boucle. La déconstruction est l'enseigne du groupe qui prophétise un monde en désévolution (deevolution) afin de l'en avertir. Le message indus, scrutant les entrailles, choisi la voie de la farce mais n'en est pas une. Ceci sera saisi en 1995 par le groupe commercial Daft Punk qui découvre en Devo le matériel du futur ainsi que le célèbre rythme de Da Funk / Rollin' and Scratchin' (1995) fruit de la déconstruction (il ne s'agit pas de déstructuration) du diddley beat dans Jocko Homo. Chez Daft Punk le diddley beat est parfois marqué avec des morceaux comme Revolution 909 (1997).

L'album The Wall des Pink Floyd sort en novembre 1979. La chanson Mother, qui dévoile les liens symboliques entre la mère, le dictateur et la nation dans l'angoisse schizophrénique du personnage principal Pink, présente un exemple spécifique de l'intégration du diddley beat ordinaire dans les ballades rocks ainsi que sa capacité à tolérer les improvisations et les mouvements rythmiques atypiques. Cette particularité, qui ne se remarque souvent qu'en constatant la complexité de la partition, sera l'une des origines du math rock.

En France, c'est Claude François qui utilisera avec le plus de retentissement le diddley beat en marquant son époque et toute la nostalgie relative aux années 1960 et aux yéyés. En 1976 il sort son morceau Cette Année Là, reprise de Ho, What a Night du groupe The Four Seasons de 1963. La rythmique, singulière et difficile à contrefaire sans la reconnaitre instantanément, n'est autre que le diddley beat classique sur lequel sont posés des accords basiques du Rhythm'N'Blues (Louie Louie) et tout le morceau, au texte réécrit, raconte a posteriori la renaissance que fut cette année 1962 dans l'Histoire de la musique populaire, de la mode, de l'état d'esprit et des évènements mondiaux.

 
Eric Bell et Bo Diddley en 1984 à Novi Sad

Son titre blues Before You Accuse Me (1957) connaît de nombreuses reprises, notamment par Eric Clapton, qui le popularise dans un arrangement contemporain en 1989 sur l'album Journeyman puis dans une version acoustique sur l'album Unplugged (Eric Clapton)Unplugged.

Le diddley beat reste régulièrement à la mode et permet à des artistes comme George Michael avec Faith (1987) d'atteindre les premières places des ventes. Il est utilisé ou adapté par de nombreux groupes comme les Cure dans Close to Me, U2 dans "Desire" ou encore Niagara dans Flammes de l'Enfer.

La publicité l'utilise aussi, accompagné parfois du hambone (façon sixties), comme dans la campagne de publicité d'Eram de 1983-1984[14].

Les jeux vidéo se développent à travers les arcades, les consoles et les ordinateurs et leurs musiques se complexifient au point de former la première musique technologique entièrement électronique et entendue par un public jeune qui s'y initie. Elles mélangent sans complexe les styles musicaux les plus novateurs et paradoxaux (urban et rock, classique) et recherchent les accroches émotionnelles et nerveuses propres au jeu. Parmi les plus célèbres, celles de R-Type (1987) avec notamment le stage 1 et celle de Xenon II (1989) utilisent majoritairement les bases du diddley beat dans l'accompagnement et la mélodie, alors que celle de Project-X (1992) n'a pour rythme que le diddley beat simple. Il prédomine ainsi à l'acmé des shoot'em up.

Le diddley beat apparait aussi dans des génériques de séries télévisées d'animation. Il est ainsi la base emblématique du refrain de Fraggle Rock ("Entrez dans la danse, clap-clap, [...] la musique commence, clap-clap, Ca c'est Fraggle Rock, (clap-clap)") et commence les premières mesures de celui du Croque-Monstres Show où se redécouvre encore en binaire dans le canon de Clémentine qui présente la densité des orchestrations martiales occidentales (tambour) sur une base rock. Son break est très utilisé dans le générique des Mystérieuses Citées d'Or pour figurer un rythme sud-américain modernisé et introduit la chanson dans une ponctuation énigmatique.

Le renouveau populaire du genre hard rock a lieu au tout début des années 1990 entraîné primordialement par une vague heavy metal à la musique de plus en plus sophistiquée. L'un des titres phare, notamment pour tout une génération de guitaristes, Painkiller de Judas Priest en 1990, condense toute la technique la plus pointue propre à la discipline du metal d'alors autour d'un riff résonnant en diddley beat. Sa particularité est de jouer sur des harmoniques artificielles franches et rapides alternées en contretemps sur des pédales d'harmonie qui peuvent être jouées sur les mêmes cordes à vide selon la technique du tapping simple. La même technique sans harmoniques est utilisée sur Thunderstruck d'AC/DC la même année.

Le genre hard rock et les groupes progressifs assimilés utilisent toujours les bases de Bo Diddley, telles que les Smashing Pumpkins. La première ou encore la cinquième chanson de leur premier album Gish (1991) sont par exemple des variations simples et dynamiques du diddely beat, alors que le second titre, Shiva, est une reproduction personnalisée de la structure standard des morceaux de Bo Diddley tel qu'aurait pu les influencer le groupe garage-punk the Gories la décennie d'avant.

On note que dans l'univers Techno on considère le plus souvent le morceau Autobahn (1974) de Kraftwerk (Allemagne) comme étant le tout premier morceau de Techno. Ce morceau très singulier ne fait qu'utiliser le diddley beat sous diverses formes. Il part du surfin' diddley beat (Surf music) et le déconstruit à travers le morceau pour en garder l'essence du contre-temps (du diddley beat originel) qui se transpose de plus en plus dans la rythmique électronique afin d'en explorer l'univers et ses possibilités les plus modernes et expérimentales.

En 1994, le groupe de techno progressive Underworld reprend le principe du morceau Antena (1975) de Kraftwerk et y dépose à nouveau le diddley beat en utilisant à la fois la fameuse vibration hypnotique du rythme et l'utilisation poussée des harmoniques créées synthétiquement. En 1980 Frank Zappa s'était déjà essayé au jeu exclusif en harmonique artificielle et modulation par pédale wah-wah dans son album Shut Up 'n' Play Yer Guitar avec le morceau Ship Ahoy qui représente finalement la première exploration totalement aboutie et manuelle des sons aujourd'hui utilisés dans les modes trances. Le morceau d'Underworld, Rez (1994), mais aussi Cowgirl qui lui est enchaîné (où le diddley beat est utilisé sans artifice en fin du morceau cette fois-ci) formeront l'apogée à la fois de la Techno et de la Trance dans les années 1990. La musique Rave crée alors une boucle avec ses origines caribéennes et du Delta du Mississippi du début des années 1960 pour revenir à son état primordiale de transe musicale qui avait atteint les milieux londoniens dont la musique Louie Louie et la légende skin-head portent encore la trace, l'engouement identique pour la musique noire et le voyage Londres-Caraïbes avec une prévalence de la Jamaïque.

Dans des souvenirs évoqués en 2004[15] en lien avec la série "Martin Scorsese present The Blues (no 5)", Chuck D le fondateur et chanteur du groupe de rap Public Enemy fait part de sa rencontre avec Bo Diddley dans les années 1990. Il évoque à la fois le précurseur du Rap, mais surtout un musicien qu'il découvre funk futuriste hors pair et qui l'a fortement impressionné à cet instant avec Scott Free (Scott Deverin Smith), guitariste du groupe Offspring des filles Diddley, lors d'une nuit dont il estime qu'il lui faudra attendre 2025 avant de pouvoir arriver à saisir sa hauteur et en quoi dans les années 1950, il avait déjà 10 ans d'avance. Chuck D travaillera sur un projet de Bo Diddley et lui consacrera spécialement un morceau de rap.

Toujours très utilisé dans les musiques à succès populaire (type danse de l'été), le diddley beat apparait dans le morceau Chihuahua de DJ BoBo qui permet de le propulser, après une carrière débutée en 1989, sur la scène internationale en 2002 et 2003.

Il apparaît aussi dans le film d'animation Bob et Bobette : Les Diables du Texas sur la bande originale interprétée par Morane et Beverly Jo Scott en 2009[16].

Les Black Eyed Peas sortent leur cinquième album, The E.N.D. en juin 2009. Le single Boom Boom Pow[17], sorti en mars, arrive très rapidement au sommet des chartes à travers le monde. Le morceau utilise le diddley beat et contient une multitude de clins d'œil aux origines de la musique électronique et du R'n'B, notamment à Kraftwerk dont le minimalisme autant que le graphisme sont réutilisés (Music Non Stop (Boing Poom Tchak), 1986). Stacy Ferguson (Fergie), la chanteuse, avait pris pour pseudonyme The Dutchess en rapport avec sa noble homonyme anglaise mais il existe des liens plus substantiels avec l'univers de Bo Diddley qui se manifeste comme une énergie musicale récurrente et est revendiqué comme un renouveau (le thème même de l'album). Le morceau Electric City[18] n'utilise par exemple que le diddley beat alors que Boom Boom Pow, et de manière moindre I Gotta Feeling (objet du plus grand flash mob commercial connu jusqu'alors en septembre 2009[19]), reprennent la déconstruction du diddley beat par Devo, tout autant que le diddley beat conventionnel. L'album entier s'avère être l'un des prolongements les plus méticuleux du breakbeat qui soit à la fois techno, rock et urban, utilisant l'ensemble des ressources générées en plusieurs générations par l'influence de Bo Diddley. Il faut cependant remarquer que quelques pistes spécifiques ont été standardisées en vue de favoriser la commercialisation et on note la participation de David Guetta, crédité sur 2 morceaux, qui modère dans I Gotta Feeling les aspects progressifs et breaks inhérents au groupe en y plaçant sa musique (en mode binaire) et une structure conventionnelle aux normes de la bande FM et des usages marketing (thème, jingle...). Antérieurement, dans l'album Monkey Business de 2005, le morceau Dum Diddbly jouait déjà sur le diddley beat et sa dérivation dans d'autres formes de breakbeat (le morceau superpose notamment les deux parties du beat).

Le diddley beat utilisé par d'autres artistesModifier

Artistes ayant repris le diddley beat[réf. souhaitée] :

DiscographieModifier

AlbumsModifier

  • Rhythm and Blues With Bo Diddley (1956) (EP)
  • Bo Diddley (1958) (EP)
  • Go Bo Diddley (1959)
  • Have Guitar-Will Travel (1960)
  • Bo Diddley In The Spotlight (1960)
  • Bo Diddley Is A Gunslinger (1960)
  • Bo Diddley Is A Lover (1961)
  • Bo Diddley's A Twister (1962)
  • Hey! Bo Diddley (1962)
  • Bo Diddley (1962)
  • Bo Diddley & Company (1962)
  • Hey Bo Diddley (1963) (EP)
  • Surfin' with Bo Diddley (1963)
  • Bo Diddley's Beach Party (1963)
  • Two Great Guitars (avec Chuck Berry) (1964)
  • Hey Good Lookin' (1965)
  • 500% More Man (1965)
  • The Originator (1966)
  • Super Blues (avec Muddy Waters & Little Walter) (1967)
  • Super Super Blues Band (avec Muddy Waters & Howlin' Wolf) (1967)
  • The Black Gladiator (1970)
  • Another Dimension (1971)
  • Where It All Began (1972)
  • Got My Own Bag of Tricks (1972)
  • Big Bad Bo (1974)
  • 20th Anniversary of Rock & Roll (1976)
  • Ain't It Good To Be Free (1983)
  • Bo Diddley & Co - Live (1985)
  • Breakin' Through The BS (1989)
  • Living Legend (1989)
  • Rare & Well Done (1991)
  • This Should Not Be (1992)
  • Promises (1994)
  • The Mighty Bo Diddley (1995)
  • A Man Amongst Men (1996)
  • Moochas Gracias (avec Anna Moo, musique pour enfant) (2002)
  • Vamp (avec Mainsqueeze) (2005)

ConcertsModifier

 
Bo Diddley en concert au Long Beach Blues Festival, septembre 1997.
  • The London Bo Diddley Sessions (1973)
  • I'm a Man (2 LP set, Live at Joyous Lake Nightclub, Woodstock, NY, October 21 and 22, 1977)
  • Toronto Rock 'n' Roll Festival-Vol. 5 (1982)
  • Chuck Berry & Bo Diddley's Rock 'n' Roll All Star Jam (1985)
  • In Concert With Mainsqueeze (1986)
  • Hey...Bo Diddley in Concert (1986)
  • Bo Diddley & Ron Wood (Live in) Japan (1988)
  • Turn Up The House Lights Live in France, Rennes (1989)
  • Live At The Ritz (avec Ron Wood) (1992)
  • San Javier Jazz Festival (30 juillet 2006, diffusé le 21/12/2006 par Radio 3, Espagne, album non commercial)

CompilationsModifier

  • Bo Diddley's 16 All-Time Greatest Hits (1964)
  • Bo Diddley - His Greatest Sides - Volume 1 (1984)
  • Rare & Well Done (1991)
  • Signifying Blues (1993)
  • Jungle Music (1994)
  • The Chess Box, les années Chess Record, 2CD (1999)
  • Rock'n Roll Forever, compilation de différents lives en Europe en 1984 (2002)
  • Drive by Bo Diddley, Tales from the Funk Dimension 1970-1973 (2005)
  • Bo's the Man! / Live on Tour, compilation de différents lives (2007)
  • Let Me Pass, album 1 titre (2009)

SinglesModifier

  • Bo Diddley / I'm a Man (1955)
  • Diddley Daddy / She's Fine, She's Mine (1955)
  • Pretty Thing / Bring It to Jerome (1955)
  • Diddy Wah Diddy / I Am Looking for a Woman (1956)
  • Who Do You Love? / I'm Bad (1956)
  • Cops and Robbers / Down Home Special (1956)
  • Hey! Bo-Diddley / Mona (1957)
  • Say! (Boss Man) / Before You Accuse Me (Take a Look at Yourself) (1957)
  • Hush Your Mouth / Dearest Darling (1958)
  • Willie and Lillie / Bo Meets the Monster (1958)
  • I'm Sorry / Oh Yeah (1959)
  • Crackin' Up / The Great Grandfather (1959)
  • Say Man / The Clock Strikes Twelve (1959)
  • Say Man, Back Again / She's Alright (1959)
  • Road Runner / My Story (1960)
  • She's Alright / Road Runner (1960)
  • Walkin' and Talkin' / Crawdad (1960)
  • Gun Slinger / Signifying Blues (1960)
  • Not Guilty / Aztec (1961)
  • Pills / Call Me (1961)
  • You Can't Judge a Book by the Cover / I Can Tell (1962)
  • Surfers' Love Call / The Greatest Lover in the World (1963)
  • Who Do You Love? / The Twister (1963)
  • Bo Diddley / Detour (1963)
  • Memphis / Monkey Diddle (1963)
  • Bo Diddley Is a Lover / Doin' the Jaguar (1963
  • Mona / Gimme Gimme (1964)
  • Jo Ann / Mama, Keep Your Big Mouth Shut (1964)
  • Hey, Good Lookin' / You Ain't Bad (1965)
  • Somebody Beat Me / Mush Mouth Millie (1965)
  • Let the Kids Dance / Let Me Pass (1965)
  • 500 Percent More Man / Let the Kids Dance (1965)
  • Ooh Baby / Back to School (1966)
  • We're Gonna Get Married / Do the Frog (1966)
  • Wrecking My Love Life / Boo-Ga-Loo Before You Go (1967)
  • I'm High Again / Another Sugar Daddy (1968)
  • Bo Diddley 1969 / Soul Train ((1969)
  • I Said Shut Up Woman / I Love You More Than You'll Ever Know (1971)
  • The Shape I'm In / Pollution (1971)
  • Husband-in-Law / Bo-Jam (1972)
  • Infatuation / Bo Diddley-Itis (1972)
  • Bo Diddley / Road Runner (1973)
  • Husband-In-Law / Going Down (1973)
  • Make a Hit Record / Don't Want No Lyin' Woman (1973)
  • Not Fade Away / Drag On (1976)
  • Ain't It Good to Be Free / Bo Diddley Put the Rock in Rock 'n' Roll (1984)
  • Bo Diddley Is Crazy / Can I Walk You Home (1996)
  • We Ain't Scared of You (2002)

FilmographieModifier

BibliographieModifier

  • George R. White, Living Legend, éditions Sanctuary Publishing Ltd, 1995.
  • Laurent Arsicaud, Bo Diddley, Je suis un homme, éditions Camion Blanc, 2012.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier

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