Blanche de France (1282-1305)

aristocrate française (1278-1305)

Blanche de France
Illustration.
Portrait rétrospectif, XVIe siècle.
Titre
Duchesse d'Autriche

(4 ans, 9 mois et 4 jours)
Prédécesseur Élisabeth de Tyrol
Successeur Élizabeth Ryksa
Biographie
Dynastie Capétiens
Date de naissance vers 1278/1282
Lieu de naissance Paris
Date de décès
Lieu de décès Vienne (Autriche)
Sépulture Église des Minimes
Père Philippe III de France
Mère Marie de Brabant
Conjoint Rodolphe III de Habsbourg

Blanche de France (1282-1305)

Blanche de France, née vers 1278/1282 à Paris et morte le à Vienne est une princesse capétienne, fille du roi Philippe III le Hardi. Elle fut duchesse d'Autriche par son mariage avec Rodolphe III de Habsbourg en 1300.

FamilleModifier

Blanche est une fille du roi Philippe III de France (1245-1285) et de sa seconde épouse Marie de Brabant (1254-1321)[1], fille du duc Henri III. Elle est la sœur du comte Louis d'Évreux et de Marguerite de France, reine consort d'Angleterre[1] de 1299 à 1307. Elle a deux demi-frères ainés, issus du premier mariage de son père avec Isabelle d'Aragon (1247-1271) : Philippe IV le Bel, roi de France depuis 1285, et le comte Charles de Valois.

Par son deuxième mariage, Philippe III avait créé des remous dans la famille royale. Soutenu par l'oncle du roi, Charles d'Anjou, Marie de Brabant cherchait à se maintenir face à la reine mère Marguerite de Provence et le grand chambellan Pierre de La Brosse. Suite à la mort de son père au retour de la croisade d'Aragon en 1285, Philippe IV fut couronné roi à la cathédrale Notre-Dame de Reims le  ; il a su terminer les luttes intestines et se mit avec force à instituer la France en tant qu'une grande puissance européenne.

Fiançailles et mariageModifier

 
Rodolphe de Habsbourg, mari de Blanche de France.

Avant son mariage, Blanche a été fiancée à plusieurs reprises (à des fins politiques) par son frère le roi Philippe IV. Elle est ainsi promise notamment au prince de Galles, puis en 1293 au père de celui-ci, le roi Édouard Ier d'Angleterre. Mais les négociations n'aboutissent pas et, en 1299, Édouard Ier épouse finalement Marguerite, la sœur de Blanche.

En matière de relations avec le Saint-Empire, la position de la France est devenue après l'extinction de la maison de Hohenstaufen et le Grand Interrègne encore plus forte. Déjà en 1273, Philippe III était un candidat à l'élection du roi des Romains qu'il a néanmoins perdue contre Rodolphe Ier de Habsbourg. Par sa politique rigoureuse en Flandre, son fils Philippe IV est entré en conflit avec le roi germanique Adolphe de Nassau qui a soutenu l'aspiration du comte Gui de Dampierre à l'autonomie. Après la mort d'Adolphe en 1298, les relations avec son successeur Albert Ier de Habsbourg se sont améliorées. Lors de deux réunions qui se sont tenues en Lorraine en décembre 1298 et en avril de l'année suivante, les deux souverains ont discuté des questions frontalières concernant le Barrois mouvant à l'ouest de la Meuse et le comté de Bourgogne.

Durant la période suivante, Philippe IV arrange le mariage de son demi-sœur Blanche avec le fils aîné d'Albert Ier, Rodolphe III de Habsbourg[2], alliance prestigieuse et expression des ambitions d'Albert de relier plus étroitement le Saint-Empire à la France. Les cérémonies nuptiales ont eu lieu à Pentecôte, le . À Noël, la fiancée fait son entrée dans la ville de Vienne en Autriche avec la plus grande pompe. Albert avait adopté une résolution selon laquelle les descendants de Rodolphe et Blanche devraient être seuls héritiers des territoires des Habsbourg ; toutefois, les deux enfants du couple sont morts en bas âge. Blanche a su seconder son mari, notamment par sa prèsence au duché de Styrie, le second pays des Habsbourg.

Blanche de France meurt en 1305, elle est inhumée dans la crypte de l'église des Minimes (Minoritenkirche) à Vienne. Rodolphe III se remarie l'année suivante avec Élizabeth Ryksa, héritière des trônes de Bohême et de Pologne ; il meurt dans la lutte contre des insurgés le près de Horažďovice après avoir porté durant un an le titre de roi de Bohême.

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995 (ISBN 2-04-027115-5) tableau 65, p. 128
  2. Louda et MacLagan, 1995, tableau 78 p. 156

Voir aussiModifier