Black November

film de Jeta Amata, sorti en 2012
Black November : Struggle for the Niger Delta
Description de l'image black_november.jpg.
Titre québécois Le Soulèvement
Titre original Black November: Struggle for the Niger Delta
Réalisation Jeta Amata
Scénario Jeta Amata
Acteurs principaux
Sociétés de production Wells & Jeta Entertainment
Pays d’origine Drapeau du Nigeria Nigeria
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre drame, thriller
Durée 95 minutes
Sortie 2012


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Black November: Struggle for the Niger Delta (ou Black November) est un film dramatique américano-nigérian dirigé et co-produit par Jeta Amata, sorti en 2012.

Le film raconte la lutte d'une communauté du delta du Niger contre le gouvernement nigérian et une société multi-nationale pétrolière pour sauver leur environnement détruit par des déversements excessifs de forages pétroliers[1]. Il a pour principaux interprètes Mbong Amata, Hakeem Kae-Kazim, Mickey Rourke, Kim Basinger et Sarah Wayne Callies[2].

SynopsisModifier

Ebiere Perema est une jeune femme qui après un séjour financé par une compagnie pétrolière dans une université américaine, revient dans son pays et dirige malgré elle la résistance de son peuple qui lutte contre son propre gouvernement et cette multinationale.

Le récit, raconté par des terroristes tenant en otage un ensemble de personnes dans un tunnel, retrace en flashback la vie d'Ebiere Perema, depuis sa naissance.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

DéveloppementModifier

Jeta Amata, qui a grandi dans le delta du Niger, désirait depuis longtemps faire un film sur cette région. Il avait écrit trois scénarios sur une période de huit ans. Au fil des versions et au vu des questions que le film soulevait, il semblait plus difficile à faire, jusqu'au moment où le projet fut enfin réalisable (budget)[4].

Black November tire son titre du mois au cours duquel le militant Ken Saro-Wiwa a été exécuté en 1995. Jeta Amata avait rencontré une fois Saro-Wiwa grâce à son père et a été affecté par sa mort[1].

Les récents conflits dans le delta du Niger, avec l'émergence de groupes armés, a déclenché l'intérêt d'Amata pour faire le film. Jeta Amata a rencontré la plupart des ex-militants du delta du Niger tels que Asari Dokubo et Boyloaf[5]. À écouter leurs versions de l'histoire : « Nous ne cherchons pas à combattre le gouvernement, en essayant de lutter contre les compagnies pétrolières, nous essayons de réparer ce qui a été endommagé... », il a déclaré : « Ce que je fais est ce qu'ils ont fait, mais sans armes. » Jeta Amata a expliqué que même si le film a touché quelques points politiques, il est plus axé sur le côté humain du conflit, sur les sentiments des gens et ce qu'ils traversent. Le film a été financé par un baron du pétrole nigérian, le capitaine Hosa Wells Okunbo qui a dit qu'il ne voulait pas être vu dans l'histoire « juste comme un riche exploitant » et qu'il voulait donner quelque chose en retour à la région qui l'avait rendu riche. À la fin 2011, le réalisateur a annoncé le lancement de la version définitive du film qui avait initialement vu le jour avec le titre Black Gold dans les premiers mois de 2011. Selon Amata, le film a été « mis à jour. » Il devait se conformer strictement à ce qui se passait en ce moment-là (le Printemps arabe). Ce changement a entraîné la suppression de 60 % des scènes de Black Gold[3]. Malgré tout, les deux métrages se fusionnent parfaitement. Mickey Rourke, Kim Basinger et Anne Heche qui ne faisaient pas initialement partis de Black Gold ont été ajoutés à la refonte de Black Novembre.

Le film, qui est une fiction, basé sur des événements réels, a été projeté la première fois au Kennedy Center le 8 mai 2012 et également le 26 septembre 2012 au cours de l'Assemblée générale des Nations unies. Il a été rencontré de nombreux commentaires négatifs. Il a cependant eu un impact significatif. Amata et le producteur associé du film, Lorenzo Omo-Aligbe, ont été invités à la Maison-Blanche[6]. Bobby Rush du Congrès et son collègue républicain Jeff Fortenberry ont été tellement touchés par le film qu'ils ont parrainé une résolution commune visant à mettre sous pression le gouvernement nigérian et les compagnies pétrolières occidentales pour nettoyer les déversements dans le Delta du Niger[3].

Le film, initialement, avait un budget de 300 000 $ à prélever sur les indemnisations par rapport aux déversements d'hydrocarbures et qui devaient mettre un terme aux mauvaises conditions de vie des Nigérians affectés. Face au changement radical du projet du film, il a fallu prendre 16 000 000 $ pour la production. Le montant pour la production et la commercialisation du film a totalisé environ 22 000 000 $. Le tournage a été fait en partie dans le Delta du Niger et à Los Angeles Californie. Des parties du film ont également été tournées à Makurdi, capitale du Nigeria[7]. Le film a été produit par Wells et Jeta Divertissement, en collaboration avec Rock City Entertainment, Inc. et Starkid. Des menaces de mort ont été envoyées à l'actrice principale Mbong Amata au cours de la réalisation du film en 2011. La source de la menace reste encore inconnue, mais il en a été déduit que cela pouvait provenir soit d'un groupe militant ou d'une compagnie pétrolière. Il y a eu une période pendant le tournage ou certains équipements de production en provenance de l'étranger ont été saisis par les douanes du Nigeria. L'équipe du film devait rester inactive à l'hôtel des semaines, alors que l'équipement attendait l'autorisation des douanes.

CritiquesModifier

Black November a eu un avis globalement défavorable de la part du public[8],[9].

Le film a une cote de 67 % sur Nollywood Reinvented qui trouve que le film met en avant une histoire émotionnellement convaincante avec au premier plan une question politique très pertinente[10]. Il déplore seulement le manque de développement du rôle principal. Black Novembre est brillant sur le plan cinématographique avec un scénario captivant et cohérent mais qui manque de caractère pour le protagoniste. Le site a toutefois noté la performance de Mbong Amata comme son rôle le plus convaincant à ce jour.

Références historiquesModifier

 
Image satellite du delta du Niger.

La crise dans le delta du Niger peut faire référence au film. En effet, pendant plus de 50 ans, il y eut des déversements de pétrole chaque année dans le Delta du Niger, sans que rien soit fait pour en empêcher de nouveaux. L'eau contaminée n'a jamais été nettoyée, laissant ainsi l'eau impropre à la consommation, les terres stériles et la mort de la faune aquatique et terrestre. Les conséquences ont été comparées à la crise provoquée par l'échouage du pétrolier Exxon Valdez dans le golfe du Mexique.

Ken Saro-Wiwa était un écrivain originaire du peuple Ogoni du delta du Niger et un critique régulier du gouvernement nigérian. Dans les années 1990, il a dirigé de nombreuses manifestations contre les pollutions de pétrole du Delta du Niger en demandant que la région soit nettoyée. Il fut l'un des pionniers du mouvement MOSOP (Mouvement pour la survie du peuple Ogoni). Beaucoup de manifestations de Ken Saro-Wiwa furent menées contre la compagnie pétrolière géante Shell[11], qui avait un rôle majeur dans le secteur pétrolier nigérian à ce moment-là. En 1995, Ken Saro-Wiwa avec neuf autres écologistes furent arrêtés et exécutés par la dictature militaire de Sani Abacha. L'indignation internationale a conduit à l'expulsion du Nigeria du Commonwealth des Nations jusqu'en 1999.

En 2006, la situation dans le pays ogoni s'est assouplie de manière significative lors de la transition vers un régime démocratique en 1999. Cependant, rien n'a été fait par le gouvernement ou une organisation internationale pour rendre justice en enquêtant et poursuivant les personnes impliquées dans les tueries et dans la destruction des terres Ogoni[12]. Cependant Shell a été poursuivie par les familles des militants qui ont accusé la compagnie de complicité dans leur mort. La société a déclaré qu'elle n'a jamais préconisé d'actes de violence contre les militants mais qu'elle avait plutôt essayé de convaincre le gouvernement d'accorder la clémence. En 2009, l'entreprise a accepté un règlement à l'amiable avec les familles et leur a versé 15 500 000 $.

En 2009, le gouvernement nigérian a accordé l'amnistie et un pardon inconditionnel pour les militants du delta du Niger contre une période de 60 jours, du 6 août 2009 au 4 octobre 2009 au cours de laquelle les insurgés devaient rendre leurs armes au gouvernement[13]. Le gouvernement a également lancé le programme YEP : «Niger Delta Youth Empowerment Project" qui visait la création d'emplois, des initiatives pour la prévention des conflits, l'acquisition de compétences professionnelles, la réduction du niveau de la pauvreté et la stimulation du développement durable dans le delta du Niger. YEP a été créé en réponse directe aux conflits avec les jeunes insurgés dans le delta du Niger[14].

MusiqueModifier

Black November

Bande originale de Joel Goffin
Sortie
Durée 1:25:23
Genre musique de film
Producteur Joel Goffin
Label Bluestone Symphonics

La musique de Black November a été composé par Joel Goffin. On peut entendre également des chansons produites indépendamment par Akon, Dede Mabiaku et Mavado [15]. Le 25 février 2015, l'album a été digitalisé par Bluestone Symphonics[16].

Liste des titresModifier

Notes et référencesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b (en) « Article sur Black November », sur The Africa Report (consulté le 16 août 2015)
  2. (en) « Interview », sur Movie Web (consulté le 17 août 2015)
  3. a b et c « Article détaillé », sur Cinémasculin (consulté le 16 août 2015)
  4. (en) « Projet film », sur The Guardian (consulté le 17 août 2015)
  5. (en) « BestofNollywood », sur Best of Nollywood (consulté le 17 août 2015)
  6. (en) « Maison Blanche », sur Nigeria Films (consulté le 17 août 2015)
  7. « Orthographe » (consulté le 17 août 2015)
  8. (en) « Rotten Tomatoes », sur Rotten Tomatoes (consulté le 17 août 2015)
  9. (en) « Metacritic », sur Metacritic (consulté le 17 août 2015)
  10. (en) « NollywoodreInvented », sur NollywoodreInvented (consulté le 17 août 2015)
  11. (en) « Schell », sur Sahara Reporters (consulté le 17 août 2015)
  12. (en) « Pdf », sur Pdf (consulté le 17 août 2015)
  13. (en) « Amnistie », sur BBC News (consulté le 17 août 2015)
  14. (en) « Programme YEP », sur UNDP (consulté le 17 août 2015)
  15. (en) « AfricanCinema », sur African Cinema (consulté le 17 août 2015)
  16. (en) « Titres musicaux de Black November », sur Film Music Reporter (consulté le 16 août 2015)

Voir aussiModifier

Liens externesModifier